
huarsy
QUAND ON N’A RIEN À DIRE
Quand on n’a rien à dire et du mal à se taire,
On peut toujours aller gueuler dans un bistrot,
Parler de son voisin qui n’a pas fait la guerre,
Parler de Boumedienne et de Fidel Castro,
Parler parler parler… pour que l’air se déplace,
Pour montrer qu’on sait vivre et qu’on a des façons,
Parler de son ulcère ou bien des saints de glace,
Pour fair’ croire aux copains qu’on n’est pas le plus con.
Quand on n’a rien à dire on parle de sa femme
Qui ne vaut pas tripette et qui n’a plus vingt ans,
Qui sait pas cuisiner, qui n’aime que le drame,
Qui découche à tout va, qu’a sûrement des amants.
On parle du Bon Dieu, on parle de la France
Ou du Vittel-cassis qui vaut pas çui d’avant,
On pense rien du tout on dit pas tout c’ qu’on pense.
Quand on n’a rien à dire on peut parler longtemps.
Quand on n’a rien à dire on parle du Mexique
De l’Amérique du Nord où tous les gens sont fous,
Du Pape et du tiercé, des anti-alcooliques,
Du cancer des fumeurs et des machines à sous,
Des soldats des curés, d’la musiqu’ militaire,
De la soupe à l’oignon, de l’îl’ de la Cité.
Quand on n’a rien à dire et du mal à se taire
On arrive au sommet de l’imbécilité
Bernard Dimey
sik
"STAR-IS-BORGNE" , mielleuse et condescendante:
-Aut'chose, mon prince noir et boursouflé, tête brûlée et cœur en miettes?
On m'attend sur le plateau j'te signale, môa. Tandis que toi...ben...
"CHEESE-GRATER" toisa longuement cette caricature hideuse de sa propre gloire passée. Cette marionnette avide et prétentieuse qui s'agite en gloussant, et sème ses postillons à la figure des passants qui ne demandaient que du feu.
Son regard s'allongea ensuite lentement vers ses propres pieds, espérant revoir au passage ce trio d'amis très chers qui ne donnaient plus de leurs nouvelles depuis des lustres.
Hélas. Il eût beau fermer les paupières et les rouvrir à plusieurs reprises, rien n'y fit.
Cette chose énorme, tellement enflée autour du nombril et qui pèse à elle seule la moitié de son poids était toujours là, et faisait barrage aux retrouvailles.
Il plaqua alors sur sa figure lasse un rictus qu'il voulait un sourire, celui de l' armistice des braves, fit mine de tourner les talons, se ravisa , et lança :
-Fais pas ta mijaurée et écoute plutôt ceci:
Il te faut t'assurer les faveurs d'une chienne si tu veux approcher son petit.
sik
- Auprès de ma arbreeeeeeee,.... qu'il fait bon, fait bon, fait bon .
-Mon arbre, triple buse !
-Quoi?
-Un arbre, donc "mon arbre". Il n'y a pas de "ma arbre" qui tienne, nom d'une pipe.
-Oui, c'est à propos de pipe justement, espèce de vieille branche.
Un arbre en fait des qui te brûlent la meringue, hé corniaud. Tu piges ou bien?
sik
-Anisation ? Ovinisation ou Bovidisation ?
Comment graphiterais-tu ce mascaret, ce raz-de-marée, cette scélérate que dis-je, qui semble submerger les étagères d'ici , mais pas que,.. et emporter sur son passage toute velléité de résistance au matraquage orchestré par les puissants, leurs reîtres et leurs vassaux jusque dans nos rêves? Hein?
-Ah non ! Encore ce Scarecrow d'mes fesses? Va tu meurs!
Rien à dire
RDV demain 20 heures
sik
Le Thrase de Samart rit. Un foutu bave art
Il n'y a guère que Vian d'art,
Pour bouter les souls d'art,
Par dessus le Pont des Arts.
Trompette aux vents chauds d'art,
A la nuit de Miles, tête de l'art,
Donne des Juliette et les ânes art.
Souquez Léo, et vous mes canes art,
Voici revenus les Temps d'art.
sik
-Ah ouai? Et alors?
Mais j'men bats les coucourdes moi, de tes soi-disant rencards délicieux. Rencards mes fesses ouai espèce de miteux man.
Et tu oses me sortir de ma polonaise pour me gaver avec tes sornettes à la mord-moi-l'esquimau?
Allez, dégage la passerelle et vire moi ta sale tronche par dessus bord.
Et ça se dit capitaine, hum.
T'as jamais été foutu de passer le Cap de Désespérance.
Et pi j'ai pak ça à fout Môssieur. Je taffe moi, pendant que tu fais ton important.
-Mais mon Grêmlins, je comprends ta rage et ta colère. Calme toi et écoute un peu.
Oui, tu volcanises. Tu éruptes ta lave incandescente sous l'oppression de l'envie frustrée et de la convoitise non assouvie. Tu flambes et crépites sous le feu dévorant de la jalousie rampante. Ton mercure bouillonne et tes noyaux frisent la fission, mais..
-Quoi mais?
-Ah, mon pauvre petit monstre. Comment te dire ça?
En vérité je te le dis, tu n'as que moi, de par ce vaste monde, qui te porte l'affection à laquelle tout un chacun a droit.
-Espèce de salopard arrogant et prétentieux! Mais ouk j'ai mis ce foutu gun?
-Allons, allons, j'ai pas fini.
Moi je sais ramer dans mon monde, mais pas toi.
Le tien, celui que je t'ai construit, il est ici.
Je t'ai donné "La voix de son maître" et toute ma collection de Bizet, Bellini, Gerschwin et Caruso.
Adrienne de Varsovie te réchauffe ta paillasse. J'ai fait pousser des carottes de Moselle sur le pont pour te donner de la roseur et de l'aménité.
Aujourd'hui, tu n'es pas encore prêt à venir dans mon monde.
Souviens-toi des deux ou trois tentatives de sorties effectuées par un passé pas si lointain, et qui se sont toutes soldées par des échecs retentissants. Qu'est-ce que j'avais eu honte alors.
Rappelle-toi le boxon que t'as foutu dans mes soirées avec mes gazelles douces et délicates comme le jasmin d'un soir d'été, hein?
Aujourd'hui tu dois mettre les bouchées doubles car tu n'as fait que retarder la fin de ta préparation .
Il faut du temps c'est vrai, pour séparer le bon grain de l'ivraie.
Le jour où tu verras le visage de l'amour, tu seras transfiguré.
Et crois-moi mon ptit loup, il y'a de l'espoir.
C'est fini pour ce soir, tu vois bien que je tombe en miettes.
Eh, t'as réchauffé mon pyjama et mis la bouillotte sous la couette, mon Thrase?
- Va te faire voir chez les gorgones de Bâalbeck.