
sik
-Piment ! Piment ! Piment !..ne cessait-il de me hurler dans les oreilles à Mimi.
Je n'ai jamais pu élucider le mystère du pourquoi et du comment de ses transes à répétition à propos du pili-pili dAngoa , ou du piment enragé de Cayenne.
J'ignorais que l' ingestion de ce condiment exotique pouvait produire de tels ravages et avec autant de fulgurance.
Et quand parfois il me tournait le dos pour saisir un instrument, et me présentait de ce fait son énorme verso.. ( euh, comment te dire,... impossible de nommer cette chose inqualifiable, monstrueuse au delà du possible..)
sik
Lui aussi, l’hellène, celui qui a le même non,... l'Agha quoi...,accapare toute ma cervelle durant les interminables soirées de mes dents.
Je t'avoue qu'il me bassine, me gonfle , et me les brise menu (mes chicots) à tenir le crachoir et jacter de Collioure, Bonnard, Cros-Signac et le Batave Halluciné...
sik
-C'est d'ouïr que je veux, mon saigneur.
Oui, d'ouïr.
Et l'autre là qui insiste lourdement sur le caractère prohibitif de la parole, ici.
Saisissez- vous enfin l'inepte de ce rustre et obtus garde-chiourme bloqué au pléistocène mammalien? Mais comment vous dire...
Dire...Ah la belle affaire.
Mais Sire, c'est rien de le dire ( barre-toi Circé ), encore que,pour que ce puisse se faire, faut-il ouïr.........préalablement...probablement.
-J'entends bien, j'entends bien
sik
Sauf votre respect et celui que le proutocole m'astreint à témoigner à votre auguste et désirable poste-arrière qui ferait loucher de lubricité le seul oeil d'un cyclope , je suis au ..hum..regret de constater au bout de six semaines d’entraînements harassants, que la progression "lobe-après-lobe", que vous aviez vous-même mise au point au prix de longues nuits d'insomnie afin de rompre le poids de "comme d'habitude" et faire montre d'esprit inventif et ludique; eh bien cette progression alternée ,disai-je, produit en définitive si peu l'effet dévastateur escompté , que l'on peut estimer sans risque d'erreur qu'il nous revient de revoir toute la stratégie, et je dirais-même, si vous m'y autorisiez, refonder une vision globale de l'avenir de mes coucougnettes dans les minutes qui vont suivre immédiatement. A défaut de quoi, plus de feu d'artifice, de Stromboli , de geyser, de fontaine. Vous seriez à jamais condamnée à l'extinction, à la glaciation. C'est ça qui vous attend Maintenant, Madame. C'est ça que vous souhaitez? Non?
Au travail, alors.
Camériste, faites chauffer une grande gargamelle d'eau de giroflier pour le siège de ma mie.
Et que ça saute!.........Hein?
sik
Comprenez-vous enfin le lien étrange, cet amalgame indéfectible qui me soude bien contre mon gré à cette chose inqualifiable , surgie des cauchemars de l'Histoire obscure?
Non, vous ne pourriez pas, l’eussiez-vous voulu.
Je ne ressens aucune déception à votre ENDROIT, car cela induit que préalablement j’eus quelqu'éspoir que vous le pûtes (Aïe..Aïe..Aïe, pardonnez-lui, il ne sait pas ce qu'il dit ). Mais, étant donné que je n'en nourris point.
Là, par exemple, il vient de phagocyter ma parole pour lui substituer la sienne propre..(euh propre, propre.. c'est un nœud fait isthme ).
l'est comme ça le bougre, peut pas s'empêcher de fout' le boxon.
I'm fatigue tant i suppute.
sik
-Où ça là?
-Non, Dersu Uzala. Mais passons..
" Tu es belle Madame" ..
fut la première ( et l'unique au demeurant ) phrase qui a si soudainement jailli de mon esprit que mon larynx non prévenu en fit une descente d'organe, fermant du coup tous les clapets au passage de l'air.
Inutile de préciser la St-Cop qui suivit immédiatement. Parait même que le Thrace a eu un mal de tous les diables pour me déplier la langue , rétractée derrière la louette.
Moins une, je passais de vie à très bas. Devant une tombe. Un comble.
Quand je pense qu'au bout de mon voyage sur l'Amour entre Chinois et Bouriates, il y'avait ce cimetière, complètement repris par la Taïga et oublié du temps et des hommes, et où je voulais marquer un symbole. De là à en mourir, et si loin? Je demande à co-giter.
A la limite, ce n'est pas ce qui m'aurait le plus gêné.
Quand je me repasse le film de mon Gremlin's penché sur mon corps inanimé, je suis pris par les frissons de la répulsion.
Je l'imagine les genoux plantés de chaque côté de ma face, s'agitant comme une rûche sauvage d'Ethiopie.
J'imagine sa sueur de pluies acides mêlée à sa bave de dragon de Komodo, aspergeant à grosses gouttes ma figure livide.
Je l'imagine encore enfonçant au fond de mon gosier ses pattes aux ongles recourbés en serres de vautour, velues et calleuses....Beurk!
Mais en même temps, sans lui, que serais-je devenu? Hein?
Cela fait aujourd'hui deux longues années que j'échafaude plan après plan pour surmonter ma haine et mon dégoût , et m'acquitter de mon devoir de gratitude en y laissant le moins de plumes de dignité possible.
sik
M'enfin Gégé, tu le sais bien, on n'a rien inventé. Les mots sont les mêmes pour tous, ils sont à la portée du premier venu tout autant que du dernier. Sauf, et là commencent les différences entre les uns et les autres, qu'au départ comme à l'arrivée il s'agit toujours d'une affaire de style.
Tiens , zum Beispiel, je vais te parler de locomotion afin d'établir une analogie, une pompe à raison si tu préfères.
On peut identifier un ami qui passe au Loing sans en voir le visage ou quelqu'autre détail, uniquement à sa démarche, à sa vitesse habituelle de déplacement, au balancement ou pas des bras, si les pas sont petits et rapprochés , ou lourds et bruyants , s'il fend l'air avec un cap déterminé, ou s'il avance en maraude chaloupée tel les gigolos des Abbesses.
Et pourtant, ce quelqu'un que tu arrives à reconnaître grâce à ces petits riens... ( barre-toi Gainsbar, tu vois pas que je suis occupé? que j'essplik?)...ben ,il utilise les mêmes moyens que n'importe qui, c-à-d une paire...de guibolles.
Autrement dit, et c'est ici que s'arrête la pompe à raison, ce qui fait la distinction, c'est le modelage du matériau; le Verbe en l'occurrence. Ce Verbe qui est clôné à l'infini , qu'est-ce que tu en fais? Et ce que tu produis avec, dépend de ton style..si tu en as. Et si tu en as, lui-même peut faire l'objet d'un travail. En fait tu deviens un artisan, et si tu l'es , c'est que tu as fait ton p'tit trou...( oui, oui Serge, on a pigé, pour Invalides on change à Opéra )
