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Molière

Pimaly - 15 janvier 2022 18:30

Jean-Baptiste Poquelin, plus célèbre sous le nom de Molière, va être commémoré tout au long de l’année. Même si sa date de naissance précise n’est pas connue (seule l’est celle de son baptême le 15 janvier 1622), le 400e anniversaire de l’homme de théâtre va donner lieu à une multitude de spectacles et d’expositions à travers la France.

***************

N’était-ce pas magnifique d’imaginer Molière monter en scène pour jouer Le Malade imaginaire et s’écrouler, mort, juste après la dernière tirade? Et d’en rajouter en affirmant qu’il aurait même refusé d’annuler la représentation malgré l’insistance de ses proches pour que tous les comédiens et même le concierge du théâtre ne perdent pas la recette de la soirée. La vérité est moins héroïque.


Ce funeste vendredi 17 février 1673, le théâtre du Palais-Royal affiche la quatrième représentation de la nouvelle pièce de Molière, Le Malade imaginaire. Il y a du monde. C’est vrai, le patron de la troupe est mal fichu. Comme chaque hiver ou presque, il a attrapé une fluxion de poitrine. Ce qui, à l’époque, pouvait aussi bien désigner un rhume, une bronchite ou encore une pneumonie. Mais à chaque fois, Molière s’en remet. C’est un homme doté d’une bonne santé. Les rumeurs sur une prétendue tuberculose n’ont jamais été confirmées. Le registre des représentations tenu par Lagrange ne signale qu’une seule annulation pour indisposition du patron de la troupe.


C’est vrai que depuis plusieurs jours, le comédien tousse sévèrement. Ce n’est pas une raison suffisante pour lui de ne pas jouer, même s’il souffre d’une grande fatigue. Il parvient à mener Le Malade imaginaire jusqu’au bout, malmené par la toux. Les spectateurs purent constater sa souffrance, mais, contrairement à ce que certains de ses contemporains ont écrit, il n’a pas interrompu la pièce et encore moins craché du sang.

Sitôt la pièce achevée, Molière regagne son domicile, tout proche, pour se mettre au lit. Il est épuisé et secoué par une toux tenace. Cependant, son état ne porte pas à inquiétude. N’est-ce pas un homme à la santé solide qui est habitué à ce genre de mal? Du reste, il semble qu’Armande ne prenne même pas la peine de l’accompagner, préférant rester au Palais-Royal pour expédier les affaires courantes. Selon Georges Forestier, le jeune comédien Baron, petit protégé de Molière, ne l’aurait pas suivi malgré l’affirmation de Grimarest dans sa biographie de Molière, publiée 32 ans après sa mort. De même, l’épisode de Molière refusant un potage pour demander du parmesan à Baron est vraisemblablement imaginaire.
Pour autant, Molière ne se retrouve pas seul chez lui. À l’époque, il hébergeait deux nonnes et un gentilhomme nommé Couthon. D’autres membres de sa famille et de son entourage étaient probablement présents, sans compter les domestiques. Vers 21heures, le malade se racle la gorge si vigoureusement pour se dégager la poitrine qu’un flot de sang surgit de sa bouche. Il faut croire que l’une des veines pulmonaires s’est rompue.
Voyant le sang jaillir, Molière comprend que sa fin est proche. Ses poumons qui se remplissent de sang ont de plus en plus de mal à assurer leur fonction. Le moribond envoie un valet et une servante quérir un prêtre à l’église Saint-Eustache. Pas question de mourir avant de signer une renonciation à la profession de comédien et de se confesser. C’est la condition sine qua non pour qu’un saltimbanque puisse être enterré dans un cimetière chrétien.

Apprenant que le mourant est Molière, le premier prêtre contacté refuse de se déplacer. Il en va de même pour le second. Désespérés, le valet et la servante apportent la mauvaise nouvelle à l’appartement. Jean-Baptiste Aubry le jeune époux de Geneviève Béjart présent sur place, part à son tour en quête d’un prêtre. Lui, il en trouve un qui accepte de venir. Mais c’est trop tard. Quand les deux hommes arrivent sur place, Molière est déjà mort. Il a expiré dans les bras de Couthon, étouffé par son sang. Entre-temps, avertie de la mauvaise tournure des choses, Armande avait accouru.

Le lendemain matin, l’épouse de Molière se voit refuser une inhumation en terre chrétienne par le curé de Saint-Eustache faute de confession et de renonciation au métier de comédien. Mais Armande ne se laisse pas démonter. Elle adresse une requête à l’archevêque de Paris dans laquelle elle affirme que son époux s’était toujours conduit en bon chrétien et qu’il avait même communié à Pâques. Après enquête, l’archevêque donne son autorisation d’inhumer Molière dans la paroisse de Saint-Eustache, mais de nuit et sans solennité. Le mardi 21février, vers 21heures, huit cents personnes assistent à l’inhumation de Molière dans le petit cimetière de Saint-Joseph dépendant de l’église Saint-Eustache.
Molière n’est donc pas mort en scène et s’il avait évité de se racler la gorge aussi fort, il aurait pu continuer à régaler le public et le roi durant de nombreuses années. Peut-être n’avons-nous jamais connu les meilleures pièces de Molière? N’oublions pas qu’il avait seulement 51ans lors de sa mort.

Frédéric Lewino – Le Point.

Molière

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Pimaly15 janvier 2022 18:30

Jean-Baptiste Poquelin, plus célèbre sous le nom de Molière, va être commémoré tout au long de l’année. Même si sa date de naissance précise n’est pas connue (seule l’est celle de son baptême le 15 janvier 1622), le 400e anniversaire de l’homme de théâtre va donner lieu à une multitude de spectacles et d’expositions à travers la France.

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N’était-ce pas magnifique d’imaginer Molière monter en scène pour jouer Le Malade imaginaire et s’écrouler, mort, juste après la dernière tirade? Et d’en rajouter en affirmant qu’il aurait même refusé d’annuler la représentation malgré l’insistance de ses proches pour que tous les comédiens et même le concierge du théâtre ne perdent pas la recette de la soirée. La vérité est moins héroïque.


Ce funeste vendredi 17 février 1673, le théâtre du Palais-Royal affiche la quatrième représentation de la nouvelle pièce de Molière, Le Malade imaginaire. Il y a du monde. C’est vrai, le patron de la troupe est mal fichu. Comme chaque hiver ou presque, il a attrapé une fluxion de poitrine. Ce qui, à l’époque, pouvait aussi bien désigner un rhume, une bronchite ou encore une pneumonie. Mais à chaque fois, Molière s’en remet. C’est un homme doté d’une bonne santé. Les rumeurs sur une prétendue tuberculose n’ont jamais été confirmées. Le registre des représentations tenu par Lagrange ne signale qu’une seule annulation pour indisposition du patron de la troupe.


C’est vrai que depuis plusieurs jours, le comédien tousse sévèrement. Ce n’est pas une raison suffisante pour lui de ne pas jouer, même s’il souffre d’une grande fatigue. Il parvient à mener Le Malade imaginaire jusqu’au bout, malmené par la toux. Les spectateurs purent constater sa souffrance, mais, contrairement à ce que certains de ses contemporains ont écrit, il n’a pas interrompu la pièce et encore moins craché du sang.

Sitôt la pièce achevée, Molière regagne son domicile, tout proche, pour se mettre au lit. Il est épuisé et secoué par une toux tenace. Cependant, son état ne porte pas à inquiétude. N’est-ce pas un homme à la santé solide qui est habitué à ce genre de mal? Du reste, il semble qu’Armande ne prenne même pas la peine de l’accompagner, préférant rester au Palais-Royal pour expédier les affaires courantes. Selon Georges Forestier, le jeune comédien Baron, petit protégé de Molière, ne l’aurait pas suivi malgré l’affirmation de Grimarest dans sa biographie de Molière, publiée 32 ans après sa mort. De même, l’épisode de Molière refusant un potage pour demander du parmesan à Baron est vraisemblablement imaginaire.
Pour autant, Molière ne se retrouve pas seul chez lui. À l’époque, il hébergeait deux nonnes et un gentilhomme nommé Couthon. D’autres membres de sa famille et de son entourage étaient probablement présents, sans compter les domestiques. Vers 21heures, le malade se racle la gorge si vigoureusement pour se dégager la poitrine qu’un flot de sang surgit de sa bouche. Il faut croire que l’une des veines pulmonaires s’est rompue.
Voyant le sang jaillir, Molière comprend que sa fin est proche. Ses poumons qui se remplissent de sang ont de plus en plus de mal à assurer leur fonction. Le moribond envoie un valet et une servante quérir un prêtre à l’église Saint-Eustache. Pas question de mourir avant de signer une renonciation à la profession de comédien et de se confesser. C’est la condition sine qua non pour qu’un saltimbanque puisse être enterré dans un cimetière chrétien.

Apprenant que le mourant est Molière, le premier prêtre contacté refuse de se déplacer. Il en va de même pour le second. Désespérés, le valet et la servante apportent la mauvaise nouvelle à l’appartement. Jean-Baptiste Aubry le jeune époux de Geneviève Béjart présent sur place, part à son tour en quête d’un prêtre. Lui, il en trouve un qui accepte de venir. Mais c’est trop tard. Quand les deux hommes arrivent sur place, Molière est déjà mort. Il a expiré dans les bras de Couthon, étouffé par son sang. Entre-temps, avertie de la mauvaise tournure des choses, Armande avait accouru.

Le lendemain matin, l’épouse de Molière se voit refuser une inhumation en terre chrétienne par le curé de Saint-Eustache faute de confession et de renonciation au métier de comédien. Mais Armande ne se laisse pas démonter. Elle adresse une requête à l’archevêque de Paris dans laquelle elle affirme que son époux s’était toujours conduit en bon chrétien et qu’il avait même communié à Pâques. Après enquête, l’archevêque donne son autorisation d’inhumer Molière dans la paroisse de Saint-Eustache, mais de nuit et sans solennité. Le mardi 21février, vers 21heures, huit cents personnes assistent à l’inhumation de Molière dans le petit cimetière de Saint-Joseph dépendant de l’église Saint-Eustache.
Molière n’est donc pas mort en scène et s’il avait évité de se racler la gorge aussi fort, il aurait pu continuer à régaler le public et le roi durant de nombreuses années. Peut-être n’avons-nous jamais connu les meilleures pièces de Molière? N’oublions pas qu’il avait seulement 51ans lors de sa mort.

Frédéric Lewino – Le Point.

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Avatar François

François

18 janvier 2022 14:25
Pimaly a écrit :
Moi aussi j'adooore le parmesan - sieur Pim j'vous raconte pas, il est littéralement addict !
Je ne l'achète jamais qu'en morceau ni au-dessous de 36 mois d'affinage. J'ai même un moulin - exclusivement réservé à Sa Majesté Parmesan -, qui trône en quasi permanence sur ma table, cuisine italienne (maison !), oblige 😊

Félicitations au Sieur Pim, mais on savait déjà qu'il avait bon goût 😏Ce qui me freine dans une consommation qui pourrait être effrénée de parmesan, c'est sa teneur astronomique en sel. Mais je pense que quand mon heure sonnera, je me ficherai pas mal de ce défaut.
Donc, pour limiter les dégâts, je ne mange du fromage qu'un jour sur deux, et ça va vous plaire, du camembert au lait cru. On est loin de Molière, désolé ! Sauf qu'on peut se demander si son goût du parmesan n'explique pas en partie la rupture de l'une de ses veines pulmonaires. 😦Va savoir !

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Pimaly

18 janvier 2022 11:46
François a écrit :
Je ne vous étonnerai pas en vous disant que ma pièce préférée de Molière est "Le misanthrope" dont je connais plusieurs passages par coeur.

"De même, l’épisode de Molière refusant un potage pour demander du parmesan à Baron est vraisemblablement imaginaire." dit l'article du Point.

Je le regrette car en lisant cela, moi qui adore le parmesan, je trouvais que c'était une bonne idée comme dernière volonté avant de trépasser.

Moi aussi j'adooore le parmesan - sieur Pim j'vous raconte pas, il est littéralement addict !
Je ne l'achète jamais qu'en morceau ni au-dessous de 36 mois d'affinage. J'ai même un moulin - exclusivement réservé à Sa Majesté Parmesan -, qui trône en quasi permanence sur ma table, cuisine italienne (maison !), oblige 😊

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Avatar François

François

18 janvier 2022 09:44

Je ne vous étonnerai pas en vous disant que ma pièce préférée de Molière est "Le misanthrope" dont je connais plusieurs passages par coeur.

"De même, l’épisode de Molière refusant un potage pour demander du parmesan à Baron est vraisemblablement imaginaire." dit l'article du Point.

Je le regrette car en lisant cela, moi qui adore le parmesan, je trouvais que c'était une bonne idée comme dernière volonté avant de trépasser.

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Avatar Henri

Henri

17 janvier 2022 00:03

Quand je pense aux 4 générations informatiques depuis le 1er PC, je dis :
"Quoi de neuf depuis le Minitel, rien !"
Des guirlandes lumineuses qui embrouillent les GOGOS.

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Avatar Cathy 77

Cathy 77

16 janvier 2022 14:44

Sur France Infos.fr,
Témoignages divers et sympathiques...

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Pimaly

16 janvier 2022 14:33

À la question : Quoi de neuf ?
« Molière ! » répondait Sacha Guitry.

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Avatar Monique

Monique

16 janvier 2022 06:37

Bonjour je vais vendredi au théâtre des variétés voir une pièce de Molière l avare ! Bon dimanche

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Pimaly

16 janvier 2022 06:26

« Molière, la fabrique d’une gloire nationale. », du 15 janvier au 17 avril 2022 à l’espace Richaud à Versailles.

Au château de Versailles, un cycle de spectacles, proposé depuis le 4 janvier et jusqu’au 26 juin à l’Opéra royal, présente, en outre, plusieurs pièces de Molière. Après George Dandin ou le Mari confondu (4 au 8 janvier), Le Malade imaginaire sera programmé du 13 au 17 avril avec Guillaume Gallienne et la troupe de la Comédie-Française et Le Bourgeois gentilhomme (du 9 au 19 juin) dans une mise en scène de Denis Podalydès.

Davantage d’informations sur le cycle Molière au château de Versailles :

https://www.chateauversailles-spectacles.fr/tag/moliere_t218/1

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Avatar margaret

margaret

16 janvier 2022 02:50

Oui c'est quelqu'un qui a beaucoup marqué le théâtre, nombre de ses pièces sont toujours jouées, moi je l'aime bien.

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Avatar PIRLOUI

PIRLOUI

15 janvier 2022 19:47

Sur le site de la ville de VERSAILLES actualité très riche en ce moment ....

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