L’encre d’imprimante, ce faux produit de luxe "à 1 600 euros la pinte"

- 29 juillet 2021 13:04

Le liquide des cartouches est vendu aussi cher que des vins grands crus ou que du parfum Chanel N°5 par les fabricants comme HP, Epson ou Canon. Explications.

L’encre d’imprimante grand public est une « arnaque », selon l’association de consommateurs Which ?, l’équivalent britannique d'UFC-Que choisir. Pour les fabricants comme HP, Epson, Canon ou encore Brother, « vendre cette encre permet en réalité d’imprimer des billets », ironise l’organisation, qui a comparé les prix de l’encre des cartouches avec ceux d’autres liquides. Puisque nous sommes en Grande-Bretagne, c’est bien sûr en pintes (568 ml) que Which ? fait ses comptes. « Un pack de cartouches pour l’imprimante Epson WF-7210DTW (un modèle vendu 250 euros environ) coûte 88 euros : cela signifie qu’une rafraîchissante pinte d’encre d’imprimante achetée au pub du coin vous coûterait 1 600 euros », poursuivent les experts.

Un simple produit en croix permet d’obtenir le prix au litre : 2 800 euros. « Ça fait cher la tournée », grince Which ?, qui constate que l’on frôle ainsi les prix d’excellents vins grands crus ou du parfum Chanel N°5. Les fabricants d’imprimantes à jet d’encre sont assis sur une mine d’or, qu’ils alimentent sans cesse avec de nouveaux stratagèmes. C’est bien connu, ils vendent à prix cassé les imprimantes neuves, parfois dotées à la vente de cartouches à capacité réduite, afin de tirer plus rapidement des bénéfices de la vente des consommables.

Le low-cost, solution mal-aimée

Leur modèle économique est révoltant sur tous les plans : prix, considération du client et, bien sûr, écologie puisque le recyclage des cartouches reste compliqué et que leur transport incessant émet du CO2. Comme si cela ne suffisait pas, les logiciels associés aux imprimantes sous-estiment la quantité d’encre restante, quand celle-ci n’a pas simplement séché entre deux utilisations. Il est habituel pour les clients de devoir racheter une cartouche neuve après seulement une poignée de pages imprimées à quelques semaines d’écart.

Depuis quelques années, les fabricants sont confrontés à grande échelle aux cartouches « low cost », vendues entre 20 et 80 % moins cher et qui fonctionnent généralement aussi bien que les cartouches labellisées. « Les 16 premières places de notre classement de 26 marques d’encre sont occupées par des produits tiers, laissant les marques des fabricants dans la poussière », avance Which ?, qui a mené une étude auprès de 8 000 utilisateurs. Malgré des investissements indéniables en recherche et développement pour leurs encres, dont ils doivent trouver la recette parfaite mêlant vecteurs, additifs et pigments ou colorants, les fabricants ne semblent donc pas avoir réussi à faire la différence auprès des consommateurs. Pas plus qu’avec leurs packs dits « économiques » ou leurs recharges à moindre prix, qui restent plus chers que les cartouches tierces.

Une puce pour les gouverner tous

Pour préserver la poule aux œufs d’or, les constructeurs doivent maintenir, pour le gros du marché, une dépendance aux cartouches dites authentiques. Dès l’achat, le client trouve les cartouches labellisées à côté de l’imprimante en rayon, ou sur la même page Web s’il fait son achat en ligne. Lorsqu’il déballe son appareil, s’il prend le temps de lire la notice ou les petits cartons d’instructions condensées, il sera bombardé de messages lui enjoignant d’utiliser uniquement les cartouches du constructeur.
Les fabricants répètent qu’ils ne peuvent pas prouver d’incompatibilité… mais qu’ils ne garantissent pas le fonctionnement de l’appareil avec une cartouche tierce. Et ça marche : plus de la moitié des 8 000 clients interrogés par Which ? affirment utiliser « majoritairement » des cartouches de fabricants, par peur que l’encre ne soit pas compatible, que l’impression soit de mauvaise qualité ou que la cartouche fuie et endommage l’imprimante. Une fois qu’ils ont acheté l’imprimante, les clients acceptent majoritairement que l’appareil soit si peu robuste ou agile qu’il ne puisse pas supporter une encre tierce.
Pour contrer les aventuriers qui achètent des cartouches compatibles, certains fabricants intègrent désormais une puce dans leurs cartouches afin de permettre à l’imprimante d’en contrôler l’authenticité. Certaines imprimantes ne fonctionneront donc simplement plus si le client décide de changer de crémerie.

Vive le « laser »

Outre les imprimantes à réservoir d’encre, qui peinent à s’imposer sur le marché en raison de performances inférieures aux modèles à jet d’encre, une solution peut être de quitter le monde des imprimantes à encre pour rejoindre celui des imprimantes laser, dotées non pas de cartouches mais de toners, dont la poudre ne sèche pas. Un modèle d’entrée de gamme, qui imprime en noir et blanc, coûte environ 120 euros et peut imprimer 1 000 à 1 500 pages avant que le toner ne soit vide. Son remplacement coûte 70 à 100 euros. Nous avons testé au Point des modèles grand public d’entrée de gamme qui continuent d’imprimer plus de dix ans après leur achat, avec le même toner, à raison de quelques pages par mois.

Pour une imprimante laser couleur, il faut doubler le prix, mais l’investissement est là aussi vite rentabilisé. En revanche, le passage au laser n’est pas un acte spécialement écologique : l’empreinte carbone reste à peu près la même pour le jet d’encre ou le laser. Le seul moyen d’imprimer écolo, c’est de ne pas imprimer… Ou, à défaut, d’utiliser des imprimantes collectives.

Le Point - 28/07/2021

L’encre d’imprimante, ce faux produit de luxe "à 1 600 euros la pinte"

29 juillet 2021 13:04

Le liquide des cartouches est vendu aussi cher que des vins grands crus ou que du parfum Chanel N°5 par les fabricants comme HP, Epson ou Canon. Explications.

L’encre d’imprimante grand public est une « arnaque », selon l’association de consommateurs Which ?, l’équivalent britannique d'UFC-Que choisir. Pour les fabricants comme HP, Epson, Canon ou encore Brother, « vendre cette encre permet en réalité d’imprimer des billets », ironise l’organisation, qui a comparé les prix de l’encre des cartouches avec ceux d’autres liquides. Puisque nous sommes en Grande-Bretagne, c’est bien sûr en pintes (568 ml) que Which ? fait ses comptes. « Un pack de cartouches pour l’imprimante Epson WF-7210DTW (un modèle vendu 250 euros environ) coûte 88 euros : cela signifie qu’une rafraîchissante pinte d’encre d’imprimante achetée au pub du coin vous coûterait 1 600 euros », poursuivent les experts.

Un simple produit en croix permet d’obtenir le prix au litre : 2 800 euros. « Ça fait cher la tournée », grince Which ?, qui constate que l’on frôle ainsi les prix d’excellents vins grands crus ou du parfum Chanel N°5. Les fabricants d’imprimantes à jet d’encre sont assis sur une mine d’or, qu’ils alimentent sans cesse avec de nouveaux stratagèmes. C’est bien connu, ils vendent à prix cassé les imprimantes neuves, parfois dotées à la vente de cartouches à capacité réduite, afin de tirer plus rapidement des bénéfices de la vente des consommables.

Le low-cost, solution mal-aimée

Leur modèle économique est révoltant sur tous les plans : prix, considération du client et, bien sûr, écologie puisque le recyclage des cartouches reste compliqué et que leur transport incessant émet du CO2. Comme si cela ne suffisait pas, les logiciels associés aux imprimantes sous-estiment la quantité d’encre restante, quand celle-ci n’a pas simplement séché entre deux utilisations. Il est habituel pour les clients de devoir racheter une cartouche neuve après seulement une poignée de pages imprimées à quelques semaines d’écart.

Depuis quelques années, les fabricants sont confrontés à grande échelle aux cartouches « low cost », vendues entre 20 et 80 % moins cher et qui fonctionnent généralement aussi bien que les cartouches labellisées. « Les 16 premières places de notre classement de 26 marques d’encre sont occupées par des produits tiers, laissant les marques des fabricants dans la poussière », avance Which ?, qui a mené une étude auprès de 8 000 utilisateurs. Malgré des investissements indéniables en recherche et développement pour leurs encres, dont ils doivent trouver la recette parfaite mêlant vecteurs, additifs et pigments ou colorants, les fabricants ne semblent donc pas avoir réussi à faire la différence auprès des consommateurs. Pas plus qu’avec leurs packs dits « économiques » ou leurs recharges à moindre prix, qui restent plus chers que les cartouches tierces.

Une puce pour les gouverner tous

Pour préserver la poule aux œufs d’or, les constructeurs doivent maintenir, pour le gros du marché, une dépendance aux cartouches dites authentiques. Dès l’achat, le client trouve les cartouches labellisées à côté de l’imprimante en rayon, ou sur la même page Web s’il fait son achat en ligne. Lorsqu’il déballe son appareil, s’il prend le temps de lire la notice ou les petits cartons d’instructions condensées, il sera bombardé de messages lui enjoignant d’utiliser uniquement les cartouches du constructeur.
Les fabricants répètent qu’ils ne peuvent pas prouver d’incompatibilité… mais qu’ils ne garantissent pas le fonctionnement de l’appareil avec une cartouche tierce. Et ça marche : plus de la moitié des 8 000 clients interrogés par Which ? affirment utiliser « majoritairement » des cartouches de fabricants, par peur que l’encre ne soit pas compatible, que l’impression soit de mauvaise qualité ou que la cartouche fuie et endommage l’imprimante. Une fois qu’ils ont acheté l’imprimante, les clients acceptent majoritairement que l’appareil soit si peu robuste ou agile qu’il ne puisse pas supporter une encre tierce.
Pour contrer les aventuriers qui achètent des cartouches compatibles, certains fabricants intègrent désormais une puce dans leurs cartouches afin de permettre à l’imprimante d’en contrôler l’authenticité. Certaines imprimantes ne fonctionneront donc simplement plus si le client décide de changer de crémerie.

Vive le « laser »

Outre les imprimantes à réservoir d’encre, qui peinent à s’imposer sur le marché en raison de performances inférieures aux modèles à jet d’encre, une solution peut être de quitter le monde des imprimantes à encre pour rejoindre celui des imprimantes laser, dotées non pas de cartouches mais de toners, dont la poudre ne sèche pas. Un modèle d’entrée de gamme, qui imprime en noir et blanc, coûte environ 120 euros et peut imprimer 1 000 à 1 500 pages avant que le toner ne soit vide. Son remplacement coûte 70 à 100 euros. Nous avons testé au Point des modèles grand public d’entrée de gamme qui continuent d’imprimer plus de dix ans après leur achat, avec le même toner, à raison de quelques pages par mois.

Pour une imprimante laser couleur, il faut doubler le prix, mais l’investissement est là aussi vite rentabilisé. En revanche, le passage au laser n’est pas un acte spécialement écologique : l’empreinte carbone reste à peu près la même pour le jet d’encre ou le laser. Le seul moyen d’imprimer écolo, c’est de ne pas imprimer… Ou, à défaut, d’utiliser des imprimantes collectives.

Le Point - 28/07/2021

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Avatar jerrycan

jerrycan

31 juillet 2021 20:36
Guenievre a écrit :
HP a trouvé une formule.. abonnement selon le nombre de pages imprimées mensuellement, cela commence à 0.99 euros/mois... ils envoient des cartouches quand l'imprimante signale que le niveau de l'encre est faible
c'est INSTANT INK et d'après les avis de Que Choisir ou autres comparateurs, le système est très intéressant pour l'utilisateur car c'est 50% moins cher et on n'a plus besoin de s'occuper des cartouches..
HP a mis ce système en place pour éviter que ses clients justement achètent des cartouches d'une autre marque ou fassent remplir leur cartouche (Auchan le fait)

Merci pour l'info, je vais essayer

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Avatar colni

colni

30 juillet 2021 16:05

Il faut éviter HP car il n'y a pas de cartouches compatibles moins chères et les cartouches HP sont plus chères que l'appareil....

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Avatar jiteka

jiteka

30 juillet 2021 15:19

10 CENTIMES LA PHOTOCOPIE OU L'IMPRESSION D'UNE PAGE NOIR/BLANC CHEZ BUREAU VALLEE.
PS : JE N'AI PAS D'ACTIONS CHEZ BUREAU VALLEE!

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Avatar aconitine

aconitine

30 juillet 2021 14:57

Merci pour cette communication ... mais quelle solution écologique sans anarque pas trop onéreuse ? Vu que l'on nous demande à tout les niveaux administratifs professionnel maintenance des fournisseurs de notre vie : enedis véolia etc .... l'utilisation du tout numérique donc je suppose que tout doit être stocké sur clé etc ... donc pollution autre ... est ce sans fin ?

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Avatar Claude-

Claude-

30 juillet 2021 10:47

Texte très enrichissant dans tous les sens du terme

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Avatar Lionel102127

Lionel102127

30 juillet 2021 10:20
Adalbert a écrit :
Euh, personnellement je n'ai jamais acheté du pinard à 2112,67605634 euros la bouteille ...

moi non plus! d'ou le peu d'intérêt de comparer l'encre à des vins aussi cher!
par contre dire que les entreprises qui vendent cette encre font leur bénéfice sur les consommables est vrai, mais c'est un produit moins consommé que le vin.

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Avatar Adalbert

Adalbert

30 juillet 2021 10:15
Lionel102127 a écrit :
petite question: pourquoi acceptez vous de payer un parfum au prix de l'encre?
Pourquoi certains vins coûtent aussi cher que l'encre?

Euh, personnellement je n'ai jamais acheté du pinard à 2112,67605634 euros la bouteille ...

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Avatar Lionel102127

Lionel102127

30 juillet 2021 09:58

petite question: pourquoi acceptez vous de payer un parfum au prix de l'encre?
Pourquoi certains vins coûtent aussi cher que l'encre?

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Avatar Blanche-jo29

Blanche-jo29

30 juillet 2021 08:54
didjo a écrit :
ordinateur,imprimante,encre.......tout des achats imposés par notre époque
enfin quand on poste une lettre vaut mieux pas calculer en franc:1 timbre équivaut à 6,55 franc!!!!!!!!

c'estexact et souvent ellmet 8 jours comme celle reçue de la meme ville 8jours de porte à porte ,alors onenvoie un mail ..et on consomme en double ..trop cher les encres ;

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Avatar didjo

didjo

30 juillet 2021 08:46

ordinateur,imprimante,encre.......tout des achats imposés par notre époque
enfin quand on poste une lettre vaut mieux pas calculer en franc:1 timbre équivaut à 6,55 franc!!!!!!!!

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Avatar NSZ78

NSZ78

30 juillet 2021 08:34

Merci pour toutes vos remarques constructives devant prochainement renouveler mon matériel informatique. Ordinateur et imprimante inclus.

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Avatar rodoalex

rodoalex

30 juillet 2021 08:31

En fait supprimer la couleur et si ça ne va pas virer l’imprimante.
Quand je veux imprimer je vais à la mairie.
Au début le préposé à la photocopieuse demandait 20 centimes d’euro.
Maintenant plus .ce matériel est acheté avec nos impôts donc j’ai argumenté et je ne crache plus dans le bassinet.
J’avais souvent beaucoup de photocopies.

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Avatar helene9434

helene9434

30 juillet 2021 07:57
hervé Nono a écrit :
les imprimantes collectives me semblent être la solut la plus écologique....encore faut il mettre mettre en place des organismes sociaux qui le permettent....

vous croyez vraiment qu'on va se déplacer plus ou moins loin chaque fois qu'on fait une lettre ou qu'on reçoit (courrier ou mail) un document qu'il est essentiel d'imprimer pour signature ou que l'on doit garder sous forme papier ?
surtout quand on fait ladite lettre le soir après fermeture ou un jour férié pour pouvoir la poste dans les délais requis ?
En supposant qu'il y en ait une par immeuble, je sais d'avance comment ça se passera quand il faut mettre du papier, des cartouches, appeler le dépanneur...

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Avatar kisscool

kisscool

30 juillet 2021 07:24

* Contrairement à l'Epson EcoTank ET-2750 , de notre ami Sixsous
, qui malgré une baisse de tarif est encore vendue 349 euros.

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Avatar fabienne

fabienne

30 juillet 2021 06:48

J ai remplacé mon imprimante Canon il y a quelques mois qui m a été livrée avec un pack de cartouches le tout pour 40 € - 20 pct de remise. J imprime peu, et ne l ai pas utilisé pendant 1 mois car absente. Hier impression parfaite. Un pack de cartouches dure à peu près 1 an et demi. Beaucoup moins cher sur la boutique canon en ligne qu en rayon fnac et autres vendeurs. L imprimante collective est une bonne idée mais ou ? Il faudrait qu elle ne soit pas trop loin de son domicile

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