CGT : les guignolos !
- 10 septembre 2021 11:00
Le syndicat rend à l’acteur Jean-Paul Belmondo un hommage en forme de récupération puis s’exclame : « Salut camarade ! »
Lors des hommages nationaux, il n’est pas rare que certains veuillent tirer une gloire éphémère d’une prétendue proximité avec le défunt. La disparition de Jean-Paul Belmondo, dont les obsèques ont lieu ce vendredi, a permis à la CGT de se livrer à ce genre de récupération. Dès mardi 7 septembre, le Syndicat français des artistes interprètes (SFA), affilié à la Fédération du spectacle CGT, publiait un communiqué toujours bien en vue sur son site. Intitulé « Jean-Paul Belmondo, artiste dramatique et… syndicaliste », il rappelle que le comédien a démarré sa carrière, en 1957 – il y a donc 64 ans –, dans un film commandé par la CGT et destiné à être diffusé dans les comités d’entreprise pour « célébrer la fraternité ouvrière ».
Il insiste sur le fait qu’il fut aussi président du Syndicat français des acteurs de 1963 à 1966. Pour preuve de ce distingué compagnonnage, le Syndicat reproduit la lettre de démission adressée par Jean-Paul Belmondo à ses « chers camarades », dans laquelle il se dit trop occupé par ses projets professionnels pour poursuivre son activité militante. C’était donc il y a 55 ans. Cela prouve au moins que les archives syndicales sont bien tenues !
À la CGT, on ne voit pas le temps passer…
Mercredi 8 septembre, la CGT de France Télévisions ne veut pas être en reste. Dans un tract intitulé « Salut camarade ! », elle reproduit en médaillon une couverture de La Vie ouvrière qui date de 1964, avec en pleine page une grande photo de Jean-Paul Belmondo. « Il se trouve qu’à la CGT nous n’avons pas beaucoup entendu dans les médias en général, et à France Télévisions en particulier, que Jean-Paul Belmondo a été un camarade de lutte engagé. Cela gênerait-il les institutions en place ? » s’indigne le rédacteur de ce texte, avant de conclure : « La CGT Spectacle et le SFA prévoient de rendre hommage au comédien et au travailleur, car “un acteur est un travailleur et donc il peut se syndiquer pour défendre ses droits”. »
Il faut beaucoup d’imagination, et une bonne dose de toupet, pour faire de la disparition d’un grand acteur aimé de tous un instrument de propagande syndicale. Mais la CGT ose tout ! Elle ne voit pas le temps passer, malgré l’hémorragie de ses adhérents. Jean-Paul Belmondo a démissionné de ses fonctions, dans une de ses instances, il y a plus d’un demi-siècle, mais tout est fait pour donner l’impression que c’était hier. Et qu’une sorte d’omerta s’est abattue pour taire un lointain engagement de jeunesse.
Chacun fait selon ses moyens !
Sophie Coignard - Le Point 10/09/2021
CGT : les guignolos !
10 septembre 2021 11:00
Le syndicat rend à l’acteur Jean-Paul Belmondo un hommage en forme de récupération puis s’exclame : « Salut camarade ! »
Lors des hommages nationaux, il n’est pas rare que certains veuillent tirer une gloire éphémère d’une prétendue proximité avec le défunt. La disparition de Jean-Paul Belmondo, dont les obsèques ont lieu ce vendredi, a permis à la CGT de se livrer à ce genre de récupération. Dès mardi 7 septembre, le Syndicat français des artistes interprètes (SFA), affilié à la Fédération du spectacle CGT, publiait un communiqué toujours bien en vue sur son site. Intitulé « Jean-Paul Belmondo, artiste dramatique et… syndicaliste », il rappelle que le comédien a démarré sa carrière, en 1957 – il y a donc 64 ans –, dans un film commandé par la CGT et destiné à être diffusé dans les comités d’entreprise pour « célébrer la fraternité ouvrière ».
Il insiste sur le fait qu’il fut aussi président du Syndicat français des acteurs de 1963 à 1966. Pour preuve de ce distingué compagnonnage, le Syndicat reproduit la lettre de démission adressée par Jean-Paul Belmondo à ses « chers camarades », dans laquelle il se dit trop occupé par ses projets professionnels pour poursuivre son activité militante. C’était donc il y a 55 ans. Cela prouve au moins que les archives syndicales sont bien tenues !
À la CGT, on ne voit pas le temps passer…
Mercredi 8 septembre, la CGT de France Télévisions ne veut pas être en reste. Dans un tract intitulé « Salut camarade ! », elle reproduit en médaillon une couverture de La Vie ouvrière qui date de 1964, avec en pleine page une grande photo de Jean-Paul Belmondo. « Il se trouve qu’à la CGT nous n’avons pas beaucoup entendu dans les médias en général, et à France Télévisions en particulier, que Jean-Paul Belmondo a été un camarade de lutte engagé. Cela gênerait-il les institutions en place ? » s’indigne le rédacteur de ce texte, avant de conclure : « La CGT Spectacle et le SFA prévoient de rendre hommage au comédien et au travailleur, car “un acteur est un travailleur et donc il peut se syndiquer pour défendre ses droits”. »
Il faut beaucoup d’imagination, et une bonne dose de toupet, pour faire de la disparition d’un grand acteur aimé de tous un instrument de propagande syndicale. Mais la CGT ose tout ! Elle ne voit pas le temps passer, malgré l’hémorragie de ses adhérents. Jean-Paul Belmondo a démissionné de ses fonctions, dans une de ses instances, il y a plus d’un demi-siècle, mais tout est fait pour donner l’impression que c’était hier. Et qu’une sorte d’omerta s’est abattue pour taire un lointain engagement de jeunesse.
Chacun fait selon ses moyens !
Sophie Coignard - Le Point 10/09/2021
