C'est l'histoire d'un berger...

- 26 juin 2021 16:46

... chassé par les écologistes.

Récit.

Clac ! Criiiic ! Le vieux fourgon cabossé de François Cerbonney fend le silence religieux qui enveloppe Saint-Léonard. Comme tous les jours, le frêle berger de 44 ans réveille le hameau qui borde la baie du Mont-Saint-Michel. Il se gare devant la bergerie, laisse le moteur allumé et traverse l'allée centrale recouverte de paille. Les 350 brebis bêlent à tue-tête. Il saisit une corde, la noue à un bastaing, y passe son cou et se pend. Son épouse, arrivée quelques minutes plus tard, lui sauve la vie in extremis.

Ce 31 mars 2015, on ne verra pas François Cerbonney mener son troupeau dans la grand-rue, bâton à la main, jusque dans le pré qui fait face à l'îlot rocheux. Dans le village, le ballet strident des pompiers et gendarmes annonce le pire. Un peu plus tôt dans la journée, l'éleveur a reçu un courrier recommandé. L'association écologiste Manche Nature le somme, une nouvelle fois, de détruire sa bergerie. Les militants l'accusent d'avoir implanté illégalement un bâtiment de « dimension industrielle » à trop faible distance du rivage, sur un site classé « espace remarquable ». Six ans plus tard, cette bataille entre un éleveur et des écologistes n'est toujours pas finie…

Le soutien des grands chefs.

L'étendue sauvage qui fait face au Mont-Saint-Michel est un bijou de biodiversité que la marée couvre et découvre quatre fois par jour. Moutons et agneaux y broutent un herbu composé principalement de plantes halophiles qui confèrent à leur chair un goût iodé unique que les plus grands cuisiniers français se disputent. D'autant que ces ovins sont de fins gourmets. Ils n'arrachent pas la végétation mais la rasent pour que les sédiments rapportés par la marée ne s'y accrochent pas trop. « Les moutons luttent contre l'ensablement de la baie et entretiennent le caractère insulaire du Mont », explique François Cerbonney en connaisseur de ce paysage inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979. Pour pérenniser son activité pastorale d'élevage en pré-salé qu'il a commencé voilà vingt ans, il édifie en 2009 une bergerie dans l'illégalité. La bâtisse de 980 m2, aux murs tantôt de bois, tantôt de paille, contrevient au plan d'occupation des sols et à la loi Littoral. Les élus locaux de l'époque, dont le maire de Genêts, la commune voisine, voient une manne touristique inégalable chez ce jeune berger qui vient d'obtenir la toute nouvelle appellation d'origine protégée (AOP) « prés-salés du Mont​-Saint-Michel ». On lui promet de régulariser sa situation au plus vite et l'édile lui délivre postérieurement un permis de construire. Le gaucho normand, attentif au bien-être de son troupeau, se justifie : « J'ai besoin de ce bâtiment pour que les agneaux aient un temps minimum et nécessaire auprès des brebis pour se sociabiliser. On ne peut pas les lâcher comme ça en liberté dans les prés-salés. »

La petite bergerie n'a rien d'une ferme des mille vaches. Cachée entre deux talus, elle se fond dans le bocage et reste difficilement visible depuis le sentier des Douaniers, le GR 223 qui longe la baie. « C'est une construction légère et démontable, en bois de sapin non traité », précise Christiane Horel, amie de Cerbonney et fondatrice du collectif de soutien BAD (Bergerie à défendre). L'association Manche Nature, elle, ne l'entend pas de cette oreille. Elle accuse le berger d'ouvrir une boîte de Pandore. « Quelle que soit la construction, cela reste de l'artificialisation d'un milieu naturel classé remarquable et qui bénéficie dès lors de la plus forte protection […]. Si la construction de M. Cerbonney devient légale, plus aucun argument ne pourra empêcher des promoteurs immobiliers de faire des habitations de loisir face à la baie du Mont-Saint-Michel », expliquent Alain Millien et Delphine Chevret, le trésorier et la juriste de l'association écologiste.

Depuis 2011, Manche Nature mène un combat acharné contre la bergerie. Et gagne ses batailles : le tribunal administratif de Caen, la cour d'appel de Nantes puis le Conseil d'État en 2015 réclament le démantèlement du bâtiment de bois. Mais Cerbonney résiste, soutenu par les locaux, les élus normands de tous bords politiques, mais aussi de grands noms de la cuisine française, dont les célèbres Alain Passard et Olivier Roellinger.

« En dehors des clous »

François Cerbonney n'est pas un éleveur comme les autres. On le dit « libertarien », « paysan bourgeois bohème ». Celui qui vous reçoit clope au bec et tee-shirt troué expérimente des choses avec les produits de son pays, étonne avec son « bœuf des prés-salés ». Du jamais-vu, ici. Nous aurons droit au « rhum arrangé au homard bleu normand ». « Je ne veux pas être un agriculteur classique. Je m'interroge sur ce que je vends, sur comment je vais le vendre. Ça me met en dehors des clous. » Avant d'être berger, il a été guide et cuisinier, et passe en 2017 un BEP boucher. « J'élève, je découpe et vends ma viande. Je veux maîtriser mon produit du début à la fin », explique celui qui fournit exclusivement les tables prestigieuses et quelques bouchers du coin triés sur le volet. Olivier Roellinger, aujourd'hui retiré des fourneaux, ne s'est jamais fourni en agneau de prés-salés ailleurs que « chez François ». Il ne tarit pas d'éloges sur un homme « qui a le rythme du temps ». « Il est en parfaite harmonie avec l'écosystème de la baie du Mont-Saint-Michel. Des bergers comme lui, ça n'existe quasiment plus. »

En 2010, l'éleveur-boucher décide pourtant de quitter l'AOP, pas assez contraignante, dit-il. « Je suis le seul à faire plus que l'AOP », s'enorgueillit, un brin provocateur, Cerbonney. Lui veut faire paître ses ovins sur les prés-salés bien plus longtemps que les soixante-dix jours minimum exigés par l'AOP. Lui n'engraisse pas ses agneaux à l'aliment concentré plus d'une vingtaine de jours en bergerie, là où les éleveurs de l'appellation, dont les cheptels peuvent dépasser les mille têtes, sont autorisés à le faire pendant plus d'un mois.

Alors, forcément, Cerbonney agace. L'AOP le trouve un peu trop fantaisiste à son goût et refuse de le défendre. Son président, Yannick Frain, ne l'estime guère : « C'est un grand menteur, il n'est pas issu du monde paysan. Quand on veut rentrer dans quelque chose d'aussi prestigieux, il faut être clean. » Coupant cours à la conversation, l'homme nous menace : « Je ne veux pas que l'AOP soit citée dans cette histoire, sinon je vous retrouve et je vous mets mon poing dans la gueule. »« Il y a beaucoup de jalousies. Il a su convaincre les grands chefs de travailler avec lui, ce que beaucoup de l'AOP n'ont pas su faire », observe l'ancien sénateur normand Jean Bizet, lui aussi soutien de la première heure de François Cerbonney.

Au commissariat

À Avranches, la grande ville voisine, le berger est connu comme le loup blanc. On le voit venir pieds nus dans les troquets du centre. On se souvient d'un enfant intelligent, sympathique, drôle mais turbulent. Fils d'une famille de notables, un père et un frère chirurgiens-dentistes, François profite de l'aisance familiale, montre ses fesses aux voisines, fait la fête - beaucoup - et se retrouve parfois au commissariat. « Il n'est pas marginal, juste atypique. Il s'est raccroché aux branches. François est un produit emblématique de la baie », retrace Jean Bizet, qui a aujourd'hui rejoint un cabinet de conseil américain. L'élu normand EELV François Dufour, compagnon de route de José Bové et cofondateur d'Attac, renchérit : « À une époque où les bergeries s'éloignent du rivage et disparaissent, M. Cerbonney a montré au fil du temps, même s'il était dans l'illégalité, la nécessité de son activité pastorale pour la biodiversité de la baie. » Lobbyistes, élus de droite ou écolos… Le berger ne laisse personne indifférent.

Quand il tente de se suicider en 2015, Bizet se rend à son chevet dès le lendemain. « Occupe l'infirmière, je dois m'échapper ! » lui intime Cerbonney, les yeux encore gonflés de sang et le verbe lent tant la corde a abîmé son cou et fait gonfler sa langue. Le berger voulait retourner à ses bêtes mais devra rester un mois en hôpital psychiatrique. Bizet appelle les sachems de Manche Nature. « Ça suffit ! Il faut arrêter, maintenant, la vie d'un homme est en jeu. »

Astreinte

Mais l'association ne veut rien savoir. Face à l'opiniâtreté du pastoureau qui refuse de démonter sa bergerie malgré une énième décision de justice en 2017, Manche Nature saisit en 2020 le juge de l'exécution pour condamner Cerbonney à une astreinte provisoire de 150 euros par jour de retard à la démolition ordonnée par la justice, et ce pour une période de quatre mois, soit 18 000 euros au total à payer à Manche Nature. Un tiers du budget annuel de l'association.

Dans sa petite maison à la vue incomparable sur le Mont-Saint-Michel, factures et courriers de soutien s'amoncellent sur la table parmi les boîtes de Prégabaline, un puissant anxiolytique. François Cerbonney fume cigarette sur cigarette et chevrote : « Ça fait des années que je bouffe du fric et de l'énergie dans cette histoire. Ils veulent ma mort, je ne sais pas pourquoi mais je ne me coucherai jamais devant eux. Si je dois détruire ma bergerie, ce sera avec une allumette et moi dedans. »

Olivier Pérou - Le Point - 26/06/2021

C'est l'histoire d'un berger...

26 juin 2021 16:46

... chassé par les écologistes.

Récit.

Clac ! Criiiic ! Le vieux fourgon cabossé de François Cerbonney fend le silence religieux qui enveloppe Saint-Léonard. Comme tous les jours, le frêle berger de 44 ans réveille le hameau qui borde la baie du Mont-Saint-Michel. Il se gare devant la bergerie, laisse le moteur allumé et traverse l'allée centrale recouverte de paille. Les 350 brebis bêlent à tue-tête. Il saisit une corde, la noue à un bastaing, y passe son cou et se pend. Son épouse, arrivée quelques minutes plus tard, lui sauve la vie in extremis.

Ce 31 mars 2015, on ne verra pas François Cerbonney mener son troupeau dans la grand-rue, bâton à la main, jusque dans le pré qui fait face à l'îlot rocheux. Dans le village, le ballet strident des pompiers et gendarmes annonce le pire. Un peu plus tôt dans la journée, l'éleveur a reçu un courrier recommandé. L'association écologiste Manche Nature le somme, une nouvelle fois, de détruire sa bergerie. Les militants l'accusent d'avoir implanté illégalement un bâtiment de « dimension industrielle » à trop faible distance du rivage, sur un site classé « espace remarquable ». Six ans plus tard, cette bataille entre un éleveur et des écologistes n'est toujours pas finie…

Le soutien des grands chefs.

L'étendue sauvage qui fait face au Mont-Saint-Michel est un bijou de biodiversité que la marée couvre et découvre quatre fois par jour. Moutons et agneaux y broutent un herbu composé principalement de plantes halophiles qui confèrent à leur chair un goût iodé unique que les plus grands cuisiniers français se disputent. D'autant que ces ovins sont de fins gourmets. Ils n'arrachent pas la végétation mais la rasent pour que les sédiments rapportés par la marée ne s'y accrochent pas trop. « Les moutons luttent contre l'ensablement de la baie et entretiennent le caractère insulaire du Mont », explique François Cerbonney en connaisseur de ce paysage inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979. Pour pérenniser son activité pastorale d'élevage en pré-salé qu'il a commencé voilà vingt ans, il édifie en 2009 une bergerie dans l'illégalité. La bâtisse de 980 m2, aux murs tantôt de bois, tantôt de paille, contrevient au plan d'occupation des sols et à la loi Littoral. Les élus locaux de l'époque, dont le maire de Genêts, la commune voisine, voient une manne touristique inégalable chez ce jeune berger qui vient d'obtenir la toute nouvelle appellation d'origine protégée (AOP) « prés-salés du Mont​-Saint-Michel ». On lui promet de régulariser sa situation au plus vite et l'édile lui délivre postérieurement un permis de construire. Le gaucho normand, attentif au bien-être de son troupeau, se justifie : « J'ai besoin de ce bâtiment pour que les agneaux aient un temps minimum et nécessaire auprès des brebis pour se sociabiliser. On ne peut pas les lâcher comme ça en liberté dans les prés-salés. »

La petite bergerie n'a rien d'une ferme des mille vaches. Cachée entre deux talus, elle se fond dans le bocage et reste difficilement visible depuis le sentier des Douaniers, le GR 223 qui longe la baie. « C'est une construction légère et démontable, en bois de sapin non traité », précise Christiane Horel, amie de Cerbonney et fondatrice du collectif de soutien BAD (Bergerie à défendre). L'association Manche Nature, elle, ne l'entend pas de cette oreille. Elle accuse le berger d'ouvrir une boîte de Pandore. « Quelle que soit la construction, cela reste de l'artificialisation d'un milieu naturel classé remarquable et qui bénéficie dès lors de la plus forte protection […]. Si la construction de M. Cerbonney devient légale, plus aucun argument ne pourra empêcher des promoteurs immobiliers de faire des habitations de loisir face à la baie du Mont-Saint-Michel », expliquent Alain Millien et Delphine Chevret, le trésorier et la juriste de l'association écologiste.

Depuis 2011, Manche Nature mène un combat acharné contre la bergerie. Et gagne ses batailles : le tribunal administratif de Caen, la cour d'appel de Nantes puis le Conseil d'État en 2015 réclament le démantèlement du bâtiment de bois. Mais Cerbonney résiste, soutenu par les locaux, les élus normands de tous bords politiques, mais aussi de grands noms de la cuisine française, dont les célèbres Alain Passard et Olivier Roellinger.

« En dehors des clous »

François Cerbonney n'est pas un éleveur comme les autres. On le dit « libertarien », « paysan bourgeois bohème ». Celui qui vous reçoit clope au bec et tee-shirt troué expérimente des choses avec les produits de son pays, étonne avec son « bœuf des prés-salés ». Du jamais-vu, ici. Nous aurons droit au « rhum arrangé au homard bleu normand ». « Je ne veux pas être un agriculteur classique. Je m'interroge sur ce que je vends, sur comment je vais le vendre. Ça me met en dehors des clous. » Avant d'être berger, il a été guide et cuisinier, et passe en 2017 un BEP boucher. « J'élève, je découpe et vends ma viande. Je veux maîtriser mon produit du début à la fin », explique celui qui fournit exclusivement les tables prestigieuses et quelques bouchers du coin triés sur le volet. Olivier Roellinger, aujourd'hui retiré des fourneaux, ne s'est jamais fourni en agneau de prés-salés ailleurs que « chez François ». Il ne tarit pas d'éloges sur un homme « qui a le rythme du temps ». « Il est en parfaite harmonie avec l'écosystème de la baie du Mont-Saint-Michel. Des bergers comme lui, ça n'existe quasiment plus. »

En 2010, l'éleveur-boucher décide pourtant de quitter l'AOP, pas assez contraignante, dit-il. « Je suis le seul à faire plus que l'AOP », s'enorgueillit, un brin provocateur, Cerbonney. Lui veut faire paître ses ovins sur les prés-salés bien plus longtemps que les soixante-dix jours minimum exigés par l'AOP. Lui n'engraisse pas ses agneaux à l'aliment concentré plus d'une vingtaine de jours en bergerie, là où les éleveurs de l'appellation, dont les cheptels peuvent dépasser les mille têtes, sont autorisés à le faire pendant plus d'un mois.

Alors, forcément, Cerbonney agace. L'AOP le trouve un peu trop fantaisiste à son goût et refuse de le défendre. Son président, Yannick Frain, ne l'estime guère : « C'est un grand menteur, il n'est pas issu du monde paysan. Quand on veut rentrer dans quelque chose d'aussi prestigieux, il faut être clean. » Coupant cours à la conversation, l'homme nous menace : « Je ne veux pas que l'AOP soit citée dans cette histoire, sinon je vous retrouve et je vous mets mon poing dans la gueule. »« Il y a beaucoup de jalousies. Il a su convaincre les grands chefs de travailler avec lui, ce que beaucoup de l'AOP n'ont pas su faire », observe l'ancien sénateur normand Jean Bizet, lui aussi soutien de la première heure de François Cerbonney.

Au commissariat

À Avranches, la grande ville voisine, le berger est connu comme le loup blanc. On le voit venir pieds nus dans les troquets du centre. On se souvient d'un enfant intelligent, sympathique, drôle mais turbulent. Fils d'une famille de notables, un père et un frère chirurgiens-dentistes, François profite de l'aisance familiale, montre ses fesses aux voisines, fait la fête - beaucoup - et se retrouve parfois au commissariat. « Il n'est pas marginal, juste atypique. Il s'est raccroché aux branches. François est un produit emblématique de la baie », retrace Jean Bizet, qui a aujourd'hui rejoint un cabinet de conseil américain. L'élu normand EELV François Dufour, compagnon de route de José Bové et cofondateur d'Attac, renchérit : « À une époque où les bergeries s'éloignent du rivage et disparaissent, M. Cerbonney a montré au fil du temps, même s'il était dans l'illégalité, la nécessité de son activité pastorale pour la biodiversité de la baie. » Lobbyistes, élus de droite ou écolos… Le berger ne laisse personne indifférent.

Quand il tente de se suicider en 2015, Bizet se rend à son chevet dès le lendemain. « Occupe l'infirmière, je dois m'échapper ! » lui intime Cerbonney, les yeux encore gonflés de sang et le verbe lent tant la corde a abîmé son cou et fait gonfler sa langue. Le berger voulait retourner à ses bêtes mais devra rester un mois en hôpital psychiatrique. Bizet appelle les sachems de Manche Nature. « Ça suffit ! Il faut arrêter, maintenant, la vie d'un homme est en jeu. »

Astreinte

Mais l'association ne veut rien savoir. Face à l'opiniâtreté du pastoureau qui refuse de démonter sa bergerie malgré une énième décision de justice en 2017, Manche Nature saisit en 2020 le juge de l'exécution pour condamner Cerbonney à une astreinte provisoire de 150 euros par jour de retard à la démolition ordonnée par la justice, et ce pour une période de quatre mois, soit 18 000 euros au total à payer à Manche Nature. Un tiers du budget annuel de l'association.

Dans sa petite maison à la vue incomparable sur le Mont-Saint-Michel, factures et courriers de soutien s'amoncellent sur la table parmi les boîtes de Prégabaline, un puissant anxiolytique. François Cerbonney fume cigarette sur cigarette et chevrote : « Ça fait des années que je bouffe du fric et de l'énergie dans cette histoire. Ils veulent ma mort, je ne sais pas pourquoi mais je ne me coucherai jamais devant eux. Si je dois détruire ma bergerie, ce sera avec une allumette et moi dedans. »

Olivier Pérou - Le Point - 26/06/2021

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Avatar daniellem

daniellem

27 juin 2021 07:22

L'envie de bien faire ne peut pas pour autant tout permettre...Les règles sont les mêmes pour tout le monde...
D'autres éleveurs , fabricants de fromages et autres produits de qualité acceptent que certaines règles s'appliquent à leur implantation ...sinon ça laisse la porte ouverte à tout et n'importe quoi. Il aurait peut-être suffi de placer la bergerie quelques mètres plus loin pour éviter les problèmes...et ses moutons pourraient continuer à paître dans les prés salés...
Que dit la loi littoral dans la baie du Mont Saint-Michel
La loi littoral est né en 1986. Elle avait pour objet de préserver les côtes de la pression immobilière et portuaire de plus en plus importante à l’époque.

Son article le plus connu : L'article L. 121-16 du code de l'urbanisme dispose qu'en dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs d'une superficie supérieure à 1 000 hectares.

Une loi qui au Mont Saint-Michel est renforcée par le classement de toute la baie en « espace remarquable ». La loi Littoral consacre certains espaces comme devant être particulièrement protégés. Il s’agit des espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. Ces zones bénéficient d’une protection interdisant toute construction ou installation. Seuls quelques aménagements légers peuvent y être autorisés. (L. 121-23 du Code de l’urbanisme)

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123parti

27 juin 2021 06:49

Il ne va pas me faire pleurer, la loi littoral est la même pour tous,Il n’est pas au-dessus des lois. Pas de permis, pas permis , quand une paillote est démontée vous applaudissez .

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Avatar Dan

Dan

27 juin 2021 06:02

summum jus summum injuria

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Avatar coquelourde

coquelourde

27 juin 2021 05:58

J'avais entendu cette histoire, bien triste et injuste. Il me semble que , il y a peu, la justice a laissé une bâtisse construite illégalement, en Corse. Le propriétaire est riche et connu . Et combien d'autres !

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Avatar poloderouen2013

poloderouen2013

27 juin 2021 05:44

l'incommunicabilité et l'intolérance, l'un voit sa nature en tout humanité l'autre se préserve de conséquences immobilières.... l'herbe pousse, la mer vient nous voir, et les moutons et les veaux vont brouter dans ce pré salé. Pour quelle raison ils ne se mettent pas autour d'une table et aménagent une réserve naturelle ou ces animaux, délicieux et bien Normand qui vont s'ebattrent en toute libertés. c'est la nature pure et simple et non les lobbies de certains promoteurs immobiliers,

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Avatar Vamycrons

Vamycrons

27 juin 2021 03:21

Dans un temps... il n'y a qu'environs dix ans la loi littoral n'a-t-elle pas été violée par la construction d'une clinique au delà de l'aéroport de St Gatien... A Lisieux l'association ''AHPA'' (Avenir Hopital Pays d'Auge) avait été créée pour soutenir l'hopital local et s'opposer... sans succès... à cette construction... Cette bergerie près du Mont ne peut-elle pas bénéficier d'une protection exceptionnelle pour éviter que d'autres constructions voient le jour...
Quitte à exiger en subventionnant ce berger pour que sa construction devienne le plus possible ''liée'' au paysage...?

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

26 juin 2021 21:52
Bertille a écrit :
Comme d'hab j'ai omis de dire merci Pim et bonsoir tt le monde.

bonsoir bertille ...votre texte est très bien écrit. ,,
et vous avez beau style 😊

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Avatar Bertille

Bertille

26 juin 2021 21:46

Comme d'hab j'ai omis de dire merci Pim et bonsoir tt le monde.

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Avatar Bertille

Bertille

26 juin 2021 21:41

Je rajoute une couche, tant pis pour ceux qui souffrent lorsque les articles sont longs à lire.
Et à choisir entre quelqu'un qui fait vivre sa terre, avec excellence, (même si j'essaie de devenir végétarienne) et la menace d'une éventuelle ruée de promoteurs, "crainte" d'écolos de papier glacé, les mises en garde du lobby juteux d'une AOP complaisante, moi je garde le berger et son élevage "traditionnel" qui préservent le littoral.
Un autre article France ... :
"Le Point brosse le portrait d'un enfant de bourgeois devenu marginal par passion, qui conçoit des viandes à nulle autre pareilles, il a quitté une Appellation d'origine protégée parce qu'elle n'exigeait pas assez des éleveurs, et le responsable de l'AOP le déteste désormais, ses agneaux sont au pâturage plus de 70 jours par an, et en paissant luttent contre l'ensablement de la baie, il participe de l'écosystème... Mais en face Manche Nature n'en démord pas et le combat au nom d'une règle supérieure :" si on laisse en paix la bergerie de Cerbonney, d'autres, des promoteurs, pourront y voir un précédent et violer à leur tour la loi littoral et pas pour des moutons."..
Et lisant on se demande ce que valent nos règles indispensables si elles empêchent la passion... "

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

26 juin 2021 20:43

c’est une très belle histoire pimaly qui fait froid dans le dos ....
elle nous apprends que l’on peut être écologiste et très con en même temps ....
bien sûr on peut être écologiste et très humain en même temps....
ce que je retiens de cette histoire magistralement écrite ,,
,c.est que il vaut mieux se fier aux hommes qu’aux étiquettes...

le diable se cache dans les détails et la valeur des gens ne tient pas
a un slogan...à un drapeau ...

en cette veille de vote il est bon de s’en souvenir
soyons lucides dans nos votes ...ne soyons pas partisans
et si aucune candidature ne saurait être parfaite ,,,

VOTONS TOUJOURS POUR LA MOINS PIRE 😀...
vive françois Cerbonney ...vive la france 🇫🇷 ...
VOTONS POUR DES GENS ,,,
PAS POUR DES ÉTIQUETTES,,,😉

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Avatar Carmenlustucru

Carmenlustucru

26 juin 2021 18:58

Merci, c'est bien intéressant !
Les prés-salés, on ne pourrait pas dire que ça fait partie du patrimoine ? 🤨

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Avatar rdbrdb

rdbrdb

26 juin 2021 17:36

j'avais déjà suivi cette histoire lourde d'enseignements...

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