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Un peu d'histoire de l'automobile : la DS 19

Dany - 8 novembre 2025 21:30

En octobre 2025, devant le Grand Palais à Paris, 220 Citroën DS et ID, depuis les premiers modèles (fin 1955)
jusqu'aux derniers (1975) étaient rassemblées et ont circulé dans la capitale.
La reine du quai de Javel fêtait les 70 ans de son apparition au salon de l'auto de 1955.
.........................................

Jeudi 5 octobre 1955, au Grand Palais à Paris: 42ème édition du salon de l'auto, et 10ème depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale.
Il est 9h, on se bouscule aux entrées, plus que l'année précédente, car on attend de découvrir la bombe de ce salon, une voiture annoncée, entre autres, par l'Auto Journal que ses reporters avaient photographiée clandestinement pendant ses essais, sans l'autorisation de son constructeur, Citroën, la DS 19!
C'est presque l'émeute dans l'enceinte du salon, et l'étonnement général dans les avenues et rues de ce quartier des Champs Elysées car une dizaine de DS y circulent!
A l'intérieur, sur le stand, la bâche qui la dissimulait est enlevée et là c'est la stupeur et une véritable ovation!
Une soucoupe volante, une fusée, un gros poisson, tout y passe! La DS est là en robe blanche et au toit noir, sur une plate-forme tournante inclinée. Sa forme aérodynamique surprend, ainsi que sa surface vitrée panoramique et la ligne droite de l'arrière partant du toit jusqu'au pare-chocs. L'étonnement est aussi suscité par la façade sans calandre. Des visiteurs se mettent à plat ventre pour regarder dessous et constater que le sous-bassement est caréné pour laisser le courant d'air glisser parfaitement.

Parfois les portières sont ouvertes pour voir l'intérieur, cosy comme un salon, avec un surprenant espace à l'arrière pour allonger les jambes, et un plancher rigoureusement plat de l'avant à l'arrière, recouvert d'une épaisse moquette.
Le tableau de bord est d'un dessin jamais vu, semi incliné sur ses 2/3 et, comble d'originalité, le volant est à une seule branche, laissant ainsi une vision parfaite des indicateurs de bord.
Côté plancher du côté du conducteur, pas de pédale d'embrayage et un "champignon" poussoir pour le freinage. En revenant au tableau de bord, on constate derrière le volant une petite tige qui sert à commnder le passage des 4 vitesses, sans que le conducteur ait à débrayer.

Enfin, le coffre est très spacieux et très bas, sous le niveau de gravité du véhicule.
Tout est nouveau sur la DS … sauf le moteur. Au bureau d'études et aux prototypes moteurs, on ne parvient pas à mettre au point un 6 cylindres à plat refroidi par air, système initié par Panhard sur 2 cylindres avec sa Dyna, projet qui sera repris par Porsche plus tard. Alors, Citroën reprend le dernier moteur 11D de la Traction, qui équipé d'un vilebrequin de seulement 3 paliers ne permettra guère d'amélioration des performances jusqu'à ce qu'il soit complètement remanié. Enfin, il emmenait tout de même la voiture à 140 kmh!
Citroën avait exposé sur son stand trois DS: les deux autres, l'une noire au toit blanc, l'autre vert olive au toit crème. Et le catalogue montrait des couleurs tranchant à 100 % avec le noir de la Traction: aubergine, rouge, capucine, jaune, vert pomme, bleu ciel ...
A la fin du salon, 80.000 commandes furent enregistrées – un record mondial – mais qui augmenta d'autant les délais de livraison!

La voiture était révolutionnaire et renvoyait à la préhistoire ses "concurrentes". Par quelle magie? L'hydraulique.
Le principe: une pompe haute pression entraînée par le moteur fournit l'énergie nécessaire àpresque tous les éléments principaux de la voiture.
La direction assistée, une première, qui résout ce qui fut le casse-tête des ingénieurs sur une direction classique: démultipliée ou très directe, pas trop dure dans le 1er cas mais pas très précise, très dure dans le second mais plus précise.
La suspension, sans ressorts en acier mais sur des sphères contenant du gaz, comprimé par un liquide spécial envoyé sous pression par la pompe.
L'embrayage, activé par la pression et déclenché par la manette derrière le volant.
Le freinage, assisté par cette même pression, agissant sur des freins à disque à l'avant, une première également sur une voiture de série.
Et, lié au système de suspension, la hauteur variable du véhicule sur 3 positions permettant de rouler sur des terrains accidentés sans toucher le sous-bassement. De plus, des correcteurs d'assiette permettent à la voiture de conserver la même hauteur, quand bien même il y ait un seul passager ou cinq et que le coffre soit vide ou chargé.

Lorsque en 1975, Citroën lance la CX, qui prend la succession de la DS, c'est la première fois dans l'histoire de l'automobile où un constructeur cesse la fabrication d'une voiture qui, s'il l'avait sortie à ce moment, aurait eu encore 10 ans d'avance sur ses concurrentes!

Mes sources: ma mémoire, ma documentation, mon oncle, qui travailla 50 ans chez Citroën, et les ouvrages de JP Dauliac, René Bellu et Paul Mages ainsi qu'une vidéo d'époque de ce dernier.

Un peu d'histoire de l'automobile : la DS 19

Avatar Dany

Dany8 novembre 2025 21:30

En octobre 2025, devant le Grand Palais à Paris, 220 Citroën DS et ID, depuis les premiers modèles (fin 1955)
jusqu'aux derniers (1975) étaient rassemblées et ont circulé dans la capitale.
La reine du quai de Javel fêtait les 70 ans de son apparition au salon de l'auto de 1955.
.........................................

Jeudi 5 octobre 1955, au Grand Palais à Paris: 42ème édition du salon de l'auto, et 10ème depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale.
Il est 9h, on se bouscule aux entrées, plus que l'année précédente, car on attend de découvrir la bombe de ce salon, une voiture annoncée, entre autres, par l'Auto Journal que ses reporters avaient photographiée clandestinement pendant ses essais, sans l'autorisation de son constructeur, Citroën, la DS 19!
C'est presque l'émeute dans l'enceinte du salon, et l'étonnement général dans les avenues et rues de ce quartier des Champs Elysées car une dizaine de DS y circulent!
A l'intérieur, sur le stand, la bâche qui la dissimulait est enlevée et là c'est la stupeur et une véritable ovation!
Une soucoupe volante, une fusée, un gros poisson, tout y passe! La DS est là en robe blanche et au toit noir, sur une plate-forme tournante inclinée. Sa forme aérodynamique surprend, ainsi que sa surface vitrée panoramique et la ligne droite de l'arrière partant du toit jusqu'au pare-chocs. L'étonnement est aussi suscité par la façade sans calandre. Des visiteurs se mettent à plat ventre pour regarder dessous et constater que le sous-bassement est caréné pour laisser le courant d'air glisser parfaitement.

Parfois les portières sont ouvertes pour voir l'intérieur, cosy comme un salon, avec un surprenant espace à l'arrière pour allonger les jambes, et un plancher rigoureusement plat de l'avant à l'arrière, recouvert d'une épaisse moquette.
Le tableau de bord est d'un dessin jamais vu, semi incliné sur ses 2/3 et, comble d'originalité, le volant est à une seule branche, laissant ainsi une vision parfaite des indicateurs de bord.
Côté plancher du côté du conducteur, pas de pédale d'embrayage et un "champignon" poussoir pour le freinage. En revenant au tableau de bord, on constate derrière le volant une petite tige qui sert à commnder le passage des 4 vitesses, sans que le conducteur ait à débrayer.

Enfin, le coffre est très spacieux et très bas, sous le niveau de gravité du véhicule.
Tout est nouveau sur la DS … sauf le moteur. Au bureau d'études et aux prototypes moteurs, on ne parvient pas à mettre au point un 6 cylindres à plat refroidi par air, système initié par Panhard sur 2 cylindres avec sa Dyna, projet qui sera repris par Porsche plus tard. Alors, Citroën reprend le dernier moteur 11D de la Traction, qui équipé d'un vilebrequin de seulement 3 paliers ne permettra guère d'amélioration des performances jusqu'à ce qu'il soit complètement remanié. Enfin, il emmenait tout de même la voiture à 140 kmh!
Citroën avait exposé sur son stand trois DS: les deux autres, l'une noire au toit blanc, l'autre vert olive au toit crème. Et le catalogue montrait des couleurs tranchant à 100 % avec le noir de la Traction: aubergine, rouge, capucine, jaune, vert pomme, bleu ciel ...
A la fin du salon, 80.000 commandes furent enregistrées – un record mondial – mais qui augmenta d'autant les délais de livraison!

La voiture était révolutionnaire et renvoyait à la préhistoire ses "concurrentes". Par quelle magie? L'hydraulique.
Le principe: une pompe haute pression entraînée par le moteur fournit l'énergie nécessaire àpresque tous les éléments principaux de la voiture.
La direction assistée, une première, qui résout ce qui fut le casse-tête des ingénieurs sur une direction classique: démultipliée ou très directe, pas trop dure dans le 1er cas mais pas très précise, très dure dans le second mais plus précise.
La suspension, sans ressorts en acier mais sur des sphères contenant du gaz, comprimé par un liquide spécial envoyé sous pression par la pompe.
L'embrayage, activé par la pression et déclenché par la manette derrière le volant.
Le freinage, assisté par cette même pression, agissant sur des freins à disque à l'avant, une première également sur une voiture de série.
Et, lié au système de suspension, la hauteur variable du véhicule sur 3 positions permettant de rouler sur des terrains accidentés sans toucher le sous-bassement. De plus, des correcteurs d'assiette permettent à la voiture de conserver la même hauteur, quand bien même il y ait un seul passager ou cinq et que le coffre soit vide ou chargé.

Lorsque en 1975, Citroën lance la CX, qui prend la succession de la DS, c'est la première fois dans l'histoire de l'automobile où un constructeur cesse la fabrication d'une voiture qui, s'il l'avait sortie à ce moment, aurait eu encore 10 ans d'avance sur ses concurrentes!

Mes sources: ma mémoire, ma documentation, mon oncle, qui travailla 50 ans chez Citroën, et les ouvrages de JP Dauliac, René Bellu et Paul Mages ainsi qu'une vidéo d'époque de ce dernier.

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Avatar Dany

Dany

9 novembre 2025 08:17
Paul.Bristol a écrit :
Bonne idée d'avoir sorti cette déesse..il était béni des Dieux...
Je précise, le correcteur d'assiette étais sous-traité à Limoges..

Parce que les assiettes en porcelaine de Limoges ? 😁

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Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

9 novembre 2025 08:08

Bonne idée d'avoir sorti cette déesse..il était béni des Dieux...
Je précise, le correcteur d'assiette étais sous-traité à Limoges..

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Avatar Rosa

Rosa

9 novembre 2025 07:50

On sent à travers cette évocation , le passionné de voitures.. où la mécanique n’a pas de secret pour toi!
Mais quelle ID de parler de reine du quai de Javel …. alors qu’il s’agit d’une déesse!
Voiture prestigieuse digne des chefs d’état .. et ne sais pourquoi à l’image de cette DS , j’associe celle de Bardot .. et du général … cela sentait bon la France…
Mais là Dany , je suis hors sujet!

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Avatar huarsy

huarsy

9 novembre 2025 06:39

J’en garde de bons souvenirs de notre DS . Mariage somptueux. De belles photos de l’année 1979 .
Somptueuse pour les collectionneurs.

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Avatar yalow

yalow

9 novembre 2025 06:01

Merci. Tout est dit... voiture tres confortable... excellent souvenir de ma jeunesse avec un fiancé

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