Avatar aldu06

Choses vues

aldu06 - 1 juin 2025 15:27

Il y a quelques années, par un bel été finissant je me trouvais avec ma compagne près du Puy-en-Velay où nous avons passé une très agréable semaine en maison d’hôtes. Ce jour là, comme midi approchait, nous avions décidé de déjeuner au restaurant. Il y en avait un qui nous tendait ses tables en terrasse et nous voici donc bientôt attablés, savourant déjà des yeux notre futur repas, mis en appétit par le menu poétique proposé en termes dont la préciosité nous amusait, du genre « farandole champêtre pour chantecler », « délices de garenne au jus de soleil » ou encore « reine du fleuve sur son îlot d’amandes », et j’en passe. Je dois reconnaître que tout était effectivement très bon, amoureusement présenté et que la pratique gustative s’accordait parfaitement avec la théorie littéraire... Peu à peu la terrasse s’était remplie d’habitués et de touristes encore très nombreux en ce début septembre. Même la grande salle intérieure était totalement occupée et le personnel ne chômait pas, slalomant entre les tables, toujours avec le sourire. C’est alors que se leva un petit vent qui forcit peu à peu, nous obligeant à caler au mieux verres et serviettes pour leur éviter la casse ou l’envol.

Je pris conscience alors que face à nous, à quelques mètres se trouvait un couple d’Américains pur jus, très élégamment vêtus à la mode western-chic, souriants, volubiles, visiblement admiratifs des lieux et fascinés par les circonvolutions linguistiques des menus proposés et qu’une serveuse polyglotte leur traduisait avec des mots « de tous les jours »… Le monsieur portait un authentique Stetson, probablement texan, soigneusement rivé sur sa tête car seuls les bords tremblaient à peine sous les bourrasques facétieuses. Ils se prenaient en photo ou se faisaient photographier par le personnel. Leur menu semblait vraiment les combler et là encore les clichés s’enchaînaient depuis l’apéritif et continueraient probablement jusqu’au dessert… Lorsque leur viande arriva, le monsieur s’empressa d’épicer son pavé de bœuf avec tout un tas de sauces-maison livrées avec. Puis, il sala copieusement le tout et prit la poivrière en porcelaine Et c’est là que je me suis franchement amusé car avec le vent tout le poivre qui s’écoulait finissait dans l’assiette de sa femme, laquelle ne s’en aperçut pas du tout, occupée qu'elle était à déchiffrer la carte des vins. Le gars continuait à poivrer dans le vide, s’étonnant de ne pas voir le moindre grain dans son plat… Ce n’est que quand sa femme s’aperçut que sa truite aux amandes (la fameuse « reine du fleuve ») était bombardée qu’elle poussa un «My gosh » qui ne découragea pourtant pas son mari, toujours aux prises avec cette satanée poivrière. J’avoue avoir bien ri de cette plaisanterie « éolienne » qui aurait fait un bon gag dans le cinéma où j’aurais bien vu Pierre Richard dans le rôle du mari distrait… Finalement, le vent se calma et le poivre atterrit enfin là où il devait le faire… La dame fit contre mauvaise fortune bon cœur et se mit aussi à rire de l’incident, imitée aussitôt par son mari revenu de son erreur d’appréciation poivrière. Une serveuse compatissante apporta bien vite un autre plat à notre Américaine quand elle eut vent (si j’ose dire) de l’histoire. Le couple en fut ravi et tous deux portèrent même un toast en français « bon appétite à vous » à tous les occupants de la terrasse, le monsieur nous saluant même avec son chapeau.

C’est de genre de situation qui nous permet de savourer encore plus la vie quand elle nous offre ce genre de petit cadeau inattendu, cette irruption de la « poilade » dans le quotidien. J’ai pensé à cette anecdote aujourd’hui en voyant un reportage sur l’Auvergne et le Puy-en-Velay. J’espère qu’elle vous fera sourire, même si vous ne l’avez pas vécue. Je pense en avoir d'autres en réserve et il se pourrait que je les ressorte un jour de mes archives mentales.

Bonne fin de journée à tous.

Choses vues

Avatar aldu06

aldu061 juin 2025 15:27

Il y a quelques années, par un bel été finissant je me trouvais avec ma compagne près du Puy-en-Velay où nous avons passé une très agréable semaine en maison d’hôtes. Ce jour là, comme midi approchait, nous avions décidé de déjeuner au restaurant. Il y en avait un qui nous tendait ses tables en terrasse et nous voici donc bientôt attablés, savourant déjà des yeux notre futur repas, mis en appétit par le menu poétique proposé en termes dont la préciosité nous amusait, du genre « farandole champêtre pour chantecler », « délices de garenne au jus de soleil » ou encore « reine du fleuve sur son îlot d’amandes », et j’en passe. Je dois reconnaître que tout était effectivement très bon, amoureusement présenté et que la pratique gustative s’accordait parfaitement avec la théorie littéraire... Peu à peu la terrasse s’était remplie d’habitués et de touristes encore très nombreux en ce début septembre. Même la grande salle intérieure était totalement occupée et le personnel ne chômait pas, slalomant entre les tables, toujours avec le sourire. C’est alors que se leva un petit vent qui forcit peu à peu, nous obligeant à caler au mieux verres et serviettes pour leur éviter la casse ou l’envol.

Je pris conscience alors que face à nous, à quelques mètres se trouvait un couple d’Américains pur jus, très élégamment vêtus à la mode western-chic, souriants, volubiles, visiblement admiratifs des lieux et fascinés par les circonvolutions linguistiques des menus proposés et qu’une serveuse polyglotte leur traduisait avec des mots « de tous les jours »… Le monsieur portait un authentique Stetson, probablement texan, soigneusement rivé sur sa tête car seuls les bords tremblaient à peine sous les bourrasques facétieuses. Ils se prenaient en photo ou se faisaient photographier par le personnel. Leur menu semblait vraiment les combler et là encore les clichés s’enchaînaient depuis l’apéritif et continueraient probablement jusqu’au dessert… Lorsque leur viande arriva, le monsieur s’empressa d’épicer son pavé de bœuf avec tout un tas de sauces-maison livrées avec. Puis, il sala copieusement le tout et prit la poivrière en porcelaine Et c’est là que je me suis franchement amusé car avec le vent tout le poivre qui s’écoulait finissait dans l’assiette de sa femme, laquelle ne s’en aperçut pas du tout, occupée qu'elle était à déchiffrer la carte des vins. Le gars continuait à poivrer dans le vide, s’étonnant de ne pas voir le moindre grain dans son plat… Ce n’est que quand sa femme s’aperçut que sa truite aux amandes (la fameuse « reine du fleuve ») était bombardée qu’elle poussa un «My gosh » qui ne découragea pourtant pas son mari, toujours aux prises avec cette satanée poivrière. J’avoue avoir bien ri de cette plaisanterie « éolienne » qui aurait fait un bon gag dans le cinéma où j’aurais bien vu Pierre Richard dans le rôle du mari distrait… Finalement, le vent se calma et le poivre atterrit enfin là où il devait le faire… La dame fit contre mauvaise fortune bon cœur et se mit aussi à rire de l’incident, imitée aussitôt par son mari revenu de son erreur d’appréciation poivrière. Une serveuse compatissante apporta bien vite un autre plat à notre Américaine quand elle eut vent (si j’ose dire) de l’histoire. Le couple en fut ravi et tous deux portèrent même un toast en français « bon appétite à vous » à tous les occupants de la terrasse, le monsieur nous saluant même avec son chapeau.

C’est de genre de situation qui nous permet de savourer encore plus la vie quand elle nous offre ce genre de petit cadeau inattendu, cette irruption de la « poilade » dans le quotidien. J’ai pensé à cette anecdote aujourd’hui en voyant un reportage sur l’Auvergne et le Puy-en-Velay. J’espère qu’elle vous fera sourire, même si vous ne l’avez pas vécue. Je pense en avoir d'autres en réserve et il se pourrait que je les ressorte un jour de mes archives mentales.

Bonne fin de journée à tous.

avatar
Avatar Bibracte

Bibracte

2 juin 2025 19:07
aldu06 a écrit :
J'aurais aimé voir ça aussi... Au moins les têtes d'asperges n'auront pas fini à la poubelle.

En cuisine ils n'ont pas dû pleurer eux aussi...
Je revois la scène comme si c'était hier 😄

Répondre·

Avatar aldu06

aldu06

2 juin 2025 14:32
Bibracte a écrit :
😄Votre anecdote savoureuse m'en rappelle une autre, ancienne, "impliquant" un couple anglais.
C'était dans un restaurant parisien renommé de la place Clichy, il y a une quarantaine d'années.
Voisins de table, le couple entre deux âges très distingué avait commandé des asperges.
Amusés on avait un moment remarqué qu'ils avaient laissé les têtes des asperges dans leur assiette.
Premiers sourires entendus.
Quand le chef de rang se présente pour les débarasser un client solitaire proche lui fait signe ,lui parle à voix basse tout en lorgnant discrètement la table des Anglais.
L'expression de surprise du serveur nous intrigue...
Et un moment plus tard on le voit revenir lui servir les têtes d'asperges délaissées !
Le couple ne s'est rendu compte de rien.
Le client amateur nous ayant repérés comme spectateurs nous a adressé un clin d'œil sourire en coin.
Une tranche de vie parmi d'autres qui me fait souvent dire que la réalité dépasse souvent la fiction. 😁

J'aurais aimé voir ça aussi... Au moins les têtes d'asperges n'auront pas fini à la poubelle.

Répondre·

Avatar Bibracte

Bibracte

2 juin 2025 11:07
Roselyne a écrit :
Merci pour votre anecdote à vous aussi qui donne le sourire

Souvent quand j'ai l'esprit qui vagabonde je pense à tous ces moments de vie désopilants... j'en vis encore...et c'est pas vraiment déplaisant 😄

Répondre·

Avatar Roselyne

Roselyne

2 juin 2025 07:47
Bibracte a écrit :
😄Votre anecdote savoureuse m'en rappelle une autre, ancienne, "impliquant" un couple anglais.
C'était dans un restaurant parisien renommé de la place Clichy, il y a une quarantaine d'années.
Voisins de table, le couple entre deux âges très distingué avait commandé des asperges.
Amusés on avait un moment remarqué qu'ils avaient laissé les têtes des asperges dans leur assiette.
Premiers sourires entendus.
Quand le chef de rang se présente pour les débarasser un client solitaire proche lui fait signe ,lui parle à voix basse tout en lorgnant discrètement la table des Anglais.
L'expression de surprise du serveur nous intrigue...
Et un moment plus tard on le voit revenir lui servir les têtes d'asperges délaissées !
Le couple ne s'est rendu compte de rien.
Le client amateur nous ayant repérés comme spectateurs nous a adressé un clin d'œil sourire en coin.
Une tranche de vie parmi d'autres qui me fait souvent dire que la réalité dépasse souvent la fiction. 😁

Merci pour votre anecdote à vous aussi qui donne le sourire

Répondre·

Avatar Roselyne

Roselyne

2 juin 2025 07:46

Merci pour cette anecdote qui donne le sourire

Répondre·

Avatar Marguerite32

Marguerite32

2 juin 2025 07:25

Merci pour ce moment de délassement , d'amusement , de sérénité
Très sympa de lire vos anecdotes

Répondre·

Avatar Bibracte

Bibracte

2 juin 2025 06:22

😄Votre anecdote savoureuse m'en rappelle une autre, ancienne, "impliquant" un couple anglais.
C'était dans un restaurant parisien renommé de la place Clichy, il y a une quarantaine d'années.
Voisins de table, le couple entre deux âges très distingué avait commandé des asperges.
Amusés on avait un moment remarqué qu'ils avaient laissé les têtes des asperges dans leur assiette.
Premiers sourires entendus.
Quand le chef de rang se présente pour les débarasser un client solitaire proche lui fait signe ,lui parle à voix basse tout en lorgnant discrètement la table des Anglais.
L'expression de surprise du serveur nous intrigue...
Et un moment plus tard on le voit revenir lui servir les têtes d'asperges délaissées !
Le couple ne s'est rendu compte de rien.
Le client amateur nous ayant repérés comme spectateurs nous a adressé un clin d'œil sourire en coin.
Une tranche de vie parmi d'autres qui me fait souvent dire que la réalité dépasse souvent la fiction. 😁

Répondre·

Avatar avoriaz

avoriaz

2 juin 2025 05:25

pour info les éoliennes pause problème chez agriculteur et personne elle donne plus de lait? c'est en cours ? pour se problèmes ! je vais plus au restau mème ici a morzine avoriaz ! pourtant fondu tartiflette hors de prix ?

Répondre·