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COLUCHE

Roselyne - 20 août 2026 14:02

Un des acteurs les mieux payés de France a passé les neuf derniers mois de sa vie à nourrir des inconnus, au lieu de tourner un film de plus.

Personne ne l'y obligeait.

Il aurait pu continuer comme avant. Les affiches, les cachets, les rires.

Il s'appelait Michel Colucci. La France entière le connaissait sous un seul nom : Coluche.

Au milieu des années 1980, c'était l'un des visages les plus rentables du cinéma français. Ses films remplissaient les salles depuis plus de dix ans. Sa gueule et sa gouaille lui avaient fait fortune.

Il avait l'argent. Il avait la gloire. Il avait toutes les raisons de continuer tranquillement.

Un jour, sa cuisinière lui a parlé du prix d'un repas pour une personne dans le besoin. Environ quinze francs.

Coluche a fait un calcul, presque par réflexe, à voix haute.

"Tu te rends compte, avec tout le pognon que je donne au fisc..."

Faites le calcul vous-même. Avec ce qu'il payait chaque année en impôts, il pouvait financer des centaines de milliers de repas.

Cette fois, ce n'était pas une blague.

Le 26 septembre 1985, sur Europe 1, il a lancé un appel resté célèbre. Il proposait d'ouvrir des "restaurants du cœur", des cantines gratuites pour nourrir ceux qui n'avaient rien.

Aucune loi ne l'y forçait. Aucun tribunal. Aucun scandale à réparer. Rien à se faire pardonner.

Il aurait pu se contenter d'un chèque et d'une photo. Beaucoup de célébrités s'arrêtent là.

Coluche, lui, s'est mis au travail.

Il a mobilisé ses amis, ses relations, la presse, les artistes. Le 14 octobre 1985, l'association était officiellement créée. Le 21 décembre 1985, le premier restaurant ouvrait ses portes à Paris.

Voici la partie qui n'a aucun sens, si l'on pense en termes de carrière.

Cet hiver-là, plus de 5 000 bénévoles ont répondu à son appel. 8,5 millions de repas ont été distribués en quelques mois.

Coluche ne s'est pas arrêté à Paris. En février 1986, il s'est rendu au Parlement européen, à Strasbourg, pour réclamer l'ouverture des stocks alimentaires européens invendus. Du beurre, de la viande, des surplus qui coûtaient plus cher à stocker qu'à distribuer aux pauvres.

Un comique de music-hall, devant des eurodéputés, plaidant pour des excédents agricoles.

Personne ne l'avait vu venir.

Certains ont douté qu'il tienne la distance. Une cantine de plus, pensaient-ils, qui fermerait au printemps faute d'argent ou de bénévoles.

Suivez maintenant où est allé le projet.

Le 19 juin 1986, Coluche meurt dans un accident de moto, près d'Opio, sur la Côte d'Azur. Il a 41 ans.

Neuf mois. C'est le temps qu'il a eu entre son appel à la radio et sa mort.

Neuf mois pour construire une structure qui allait nourrir des millions de personnes pendant quarante ans, et qui continue encore aujourd'hui.

Il n'a jamais vu ce que son idée est devenue.

Ses amis ont repris le flambeau. En 1989, une bande d'artistes emmenée par Jean-Jacques Goldman a créé Les Enfoirés, un concert caritatif annuel au profit des Restos. Chaque année depuis, des chanteurs et des acteurs parmi les plus connus de France remplissent des stades entiers pour financer l'association que Coluche a lancée en quelques mois, sur un coup de tête généreux.

Pensez à ce que cela représente aujourd'hui.

Lors de la campagne 2024-2025, quarante ans après l'appel radio de Coluche, les Restos du Cœur ont distribué 161 millions de repas à 1,3 million de personnes. Près de 80 000 bénévoles animent plus de 2 300 lieux d'accueil à travers la France. L'association assure aujourd'hui plus d'un tiers de l'aide alimentaire distribuée dans le pays.

D'un repas à quinze francs et une remarque lancée en cuisine, à 161 millions de repas par an.

Regardez ce chiffre encore une fois.

Peut-être avez-vous vous-même croisé un centre des Restos du Cœur près de chez vous, l'hiver dernier. Peut-être connaissez-vous quelqu'un qui y est allé.

Coluche n'a jamais eu besoin d'y être forcé.

Il avait tout pour continuer sa carrière tranquillement, à l'abri, loin des cuisines et des entrepôts.

Il a préféré passer ses derniers mois à distribuer des repas à des inconnus.

Le rideau est tombé sur sa vie neuf mois après son appel. Il ne s'est jamais refermé sur ce qu'il avait commencé.

COLUCHE

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Roselyne20 août 2026 14:02

Un des acteurs les mieux payés de France a passé les neuf derniers mois de sa vie à nourrir des inconnus, au lieu de tourner un film de plus.

Personne ne l'y obligeait.

Il aurait pu continuer comme avant. Les affiches, les cachets, les rires.

Il s'appelait Michel Colucci. La France entière le connaissait sous un seul nom : Coluche.

Au milieu des années 1980, c'était l'un des visages les plus rentables du cinéma français. Ses films remplissaient les salles depuis plus de dix ans. Sa gueule et sa gouaille lui avaient fait fortune.

Il avait l'argent. Il avait la gloire. Il avait toutes les raisons de continuer tranquillement.

Un jour, sa cuisinière lui a parlé du prix d'un repas pour une personne dans le besoin. Environ quinze francs.

Coluche a fait un calcul, presque par réflexe, à voix haute.

"Tu te rends compte, avec tout le pognon que je donne au fisc..."

Faites le calcul vous-même. Avec ce qu'il payait chaque année en impôts, il pouvait financer des centaines de milliers de repas.

Cette fois, ce n'était pas une blague.

Le 26 septembre 1985, sur Europe 1, il a lancé un appel resté célèbre. Il proposait d'ouvrir des "restaurants du cœur", des cantines gratuites pour nourrir ceux qui n'avaient rien.

Aucune loi ne l'y forçait. Aucun tribunal. Aucun scandale à réparer. Rien à se faire pardonner.

Il aurait pu se contenter d'un chèque et d'une photo. Beaucoup de célébrités s'arrêtent là.

Coluche, lui, s'est mis au travail.

Il a mobilisé ses amis, ses relations, la presse, les artistes. Le 14 octobre 1985, l'association était officiellement créée. Le 21 décembre 1985, le premier restaurant ouvrait ses portes à Paris.

Voici la partie qui n'a aucun sens, si l'on pense en termes de carrière.

Cet hiver-là, plus de 5 000 bénévoles ont répondu à son appel. 8,5 millions de repas ont été distribués en quelques mois.

Coluche ne s'est pas arrêté à Paris. En février 1986, il s'est rendu au Parlement européen, à Strasbourg, pour réclamer l'ouverture des stocks alimentaires européens invendus. Du beurre, de la viande, des surplus qui coûtaient plus cher à stocker qu'à distribuer aux pauvres.

Un comique de music-hall, devant des eurodéputés, plaidant pour des excédents agricoles.

Personne ne l'avait vu venir.

Certains ont douté qu'il tienne la distance. Une cantine de plus, pensaient-ils, qui fermerait au printemps faute d'argent ou de bénévoles.

Suivez maintenant où est allé le projet.

Le 19 juin 1986, Coluche meurt dans un accident de moto, près d'Opio, sur la Côte d'Azur. Il a 41 ans.

Neuf mois. C'est le temps qu'il a eu entre son appel à la radio et sa mort.

Neuf mois pour construire une structure qui allait nourrir des millions de personnes pendant quarante ans, et qui continue encore aujourd'hui.

Il n'a jamais vu ce que son idée est devenue.

Ses amis ont repris le flambeau. En 1989, une bande d'artistes emmenée par Jean-Jacques Goldman a créé Les Enfoirés, un concert caritatif annuel au profit des Restos. Chaque année depuis, des chanteurs et des acteurs parmi les plus connus de France remplissent des stades entiers pour financer l'association que Coluche a lancée en quelques mois, sur un coup de tête généreux.

Pensez à ce que cela représente aujourd'hui.

Lors de la campagne 2024-2025, quarante ans après l'appel radio de Coluche, les Restos du Cœur ont distribué 161 millions de repas à 1,3 million de personnes. Près de 80 000 bénévoles animent plus de 2 300 lieux d'accueil à travers la France. L'association assure aujourd'hui plus d'un tiers de l'aide alimentaire distribuée dans le pays.

D'un repas à quinze francs et une remarque lancée en cuisine, à 161 millions de repas par an.

Regardez ce chiffre encore une fois.

Peut-être avez-vous vous-même croisé un centre des Restos du Cœur près de chez vous, l'hiver dernier. Peut-être connaissez-vous quelqu'un qui y est allé.

Coluche n'a jamais eu besoin d'y être forcé.

Il avait tout pour continuer sa carrière tranquillement, à l'abri, loin des cuisines et des entrepôts.

Il a préféré passer ses derniers mois à distribuer des repas à des inconnus.

Le rideau est tombé sur sa vie neuf mois après son appel. Il ne s'est jamais refermé sur ce qu'il avait commencé.

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Avatar yalow

yalow

20 août 2026 17:46

Un type génial tres critiqué avant 1985. Vulgaire etc... et puus il y a eu les restos et la oh miracle il a fédéré tout le monde derrière lui. Helas ce " machin " qui devait vivre 3 ou 4 ans a fêté l ' an dernier ses, 40 ans. Et c est notre échec a tous... apres les causes, c'est une autre histoire. 40 ans c est juste le nombre d ' annees ou en France, on a dévissé... cherchez l ' erreur

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Avatar Roselyne

Roselyne

20 août 2026 15:31
2ALAIN a écrit :
Parler de Coluche dans un pays la France 2026 où l'humour est plus ou moins interdit , où la misère s'accroit , où les hackages se banalisent , où la drogue se répand , où la pédo criminalité est taboue .... Pourquoi pas , et R Devos et F Raynaud , G Ouvrard et le pétomane .....

Ce que vous dites est vrai. Ça n'empêche pas de parler de Coluche. Car si il n'avait pas créer les Restos du Cœur, il y aurait encore plus de personnes à avoir faim

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Avatar 2ALAIN

2ALAIN

20 août 2026 15:28

Parler de Coluche dans un pays la France 2026 où l'humour est plus ou moins interdit , où la misère s'accroit , où les hackages se banalisent , où la drogue se répand , où la pédo criminalité est taboue .... Pourquoi pas , et R Devos et F Raynaud , G Ouvrard et le pétomane .....

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Avatar artmonika

artmonika

20 août 2026 15:17

Belle idée, roselyne, de rappeler cette extraordinaire implication de Coluche en faveur des démunis.
Incroyable exemple de solidarité ... désintéressée !

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Avatar Catherine

Catherine

20 août 2026 14:11

C était l histoire d'un mec bien

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Avatar Raffale76

Raffale76

20 août 2026 14:10

C'est l'histoire d'un mec qui jamais ne pourra être égalé !

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