
chocolatte
Le printemps donne à tout la vie.
Le printemps donne à tout la vie et la beauté ;
Chaque tige a sa fleur ; chaque fleur est superbe ;
L'azur est souriant. La nature en gaîté
Met des trésors d'amour et de bonheur dans l'herbe !
Dans les arbres, songeurs profonds, germe le fruit :
La joie est par les airs ; tout est gonflé de sève ;
Et ce jour trouble plus le penseur que la nuit,
Car un plus grand mystère entre dans son grand rêve !
Dieu se laisse entrevoir, et sur des arbrisseaux,
Êtres souffrants que nul doux parfum ne console,
Une fleur vient d'éclore, un nid de passereaux :
Encore de l'amour au sein d'une corolle !
Jean Aicard. (1848-1921)
chocolatte
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.
Victor Hugo
martinemdh
Le vent de Mars
Le vent de Mars est insouciant :
Il joue aux billes avec les gouttes
Parfois même il les sèche toutes
Sans savoir que c’est du diamant.
Le vent de Mars est insouciant :
Quand il bouscule les jonquilles
Comme s’il s’agissait de quilles
l gâche l’or qui est dedans.
martinemdh
Le mois de Mars
C'est le mois des surprises.
Du matin au soir dans les bois,
Tout change avec les brises.
Le ruisseau n'est plus engourdi ;
La terre n'est plus dure :
Le vent qui souffle du midi
Prépare la verdure
Le rossignol n'est pas venu,
Rempli de douces notes,
Mais déjà sur le hêtre nu
Résonnent les linottes.
Par dessus la haie en éveil,
Fier de ses fleurs écloses,
On voit le pêcher au soleil
Ouvrir ses bourgeons roses.
Gelée et vent, pluie et soleil,
Alors tout a des charmes ;
Mars a le visage vermeil
Et sourit dans ses larmes.
Coccyvette
J'ai vu une larme couler
J'ai demandé à l'oeil:
"Pourquoi pleures-tu?
Est-ce un amour?
Est-ce un ami?
Est-ce une promesse non tenue?"
L'oeil m'a répondu :
"Je pleure ce monde
Que le matérialisme inonde
Ce monde de ventrus
Où l'altruisme et la générosité n'existent plus
Ce monde où on est rassasié
De trahison et de méchanceté
Je pleure l'infidélité des proches et la malhonnêteté
Je pleure l'amour éphémère qui s'éteint avec rapidité
Je pleure l'indifférence de l’être cher .
Je pleure les désespérés qui se droguent pour oublier leurs soucis
Je pleure la haine et la jalousie
Je pleure ceux qui, clandestinement ,quittent leur pays
Je pleure les valeurs bafouées
Je pleure les femmes agressées
Je pleure le virus qui touche l'humanité
Et entrave le monde entier
Je pleure les coeurs durs , sans pitié
Je pleure l'absence de tendresse et de bonté
Le manque de cette main douce qui puisse m'essuyer...
Valentino Riad
Coccyvette
Je voudrais vous dire des choses si tendres,
Vous murmurer des mots si doux,
Que seules les fleurs mortes peuvent entendre
Car c’est tout ce que j’ai de vous.
Je voudrais vous confier mon rêve de folie
Mon beau rêve si insensé,
Hanté par le spectre de la mélancolie
Où viennent sombrer mes pensées.
Je voudrais vous dire pourquoi mon âme pleure
Quand tout aime et refleurit,
Pourquoi elle gémit à la fuite de l’heure
Qui part sans apporter l’oubli.
Je voudrais vous dire comment je vous adore.
Hélas je ne le pourrais pas,
Et c’est en mon rêve qui s’envole à l’aurore
Que je dois le dire tout bas.
Birago Diop. (
martinemdh
Valentine Day
Michel Sardou
Du labrador jusqu'aux Florides
En suivant le méchachébé
Les hommes attendaient Valentine
Un numéro sur un ticket.
De Fort Duquesne à la Balise
De la Balise à Fort Huilier
Les hommes avaient mis la chemise
Et ils attendaient sur le quai.
Ces prostituées ces orphelines
Toutes celles que Paris envoyait
Ils les appelaient Valentine
C'était un prénom qu'ils aimaient.
Valentine Day
Valentine Day
Valentine Day
Valentine Day
Elles arrivaient en février
Seul'ment si le vent le voulait
A peine à terre sitôt mariées
C'était Valentine Day
Elles débarquaient avant l'été
De partout comme si'l en pleuvait
Le choix n'était pas la beauté
C'était Valentine Day
Seulement les marins s'en souviennent
Peut-etre parce que les marins
Ont de l'eau salée dans les veines
On sait que la mer se souvient.
Quand les vaisseaux de la royale
Hissaient en haut le pavillon
De Fort Prudhomme à Lauderdale
C'était la folie des violons
La journée de Valentine Day
Etait une foire aux catins
Aujourd'hui traduite en francais
On l'appelle La saint Valentin.
Valentine Day
Valentine Day
Valentine Day
Valentine Day
Elles embarquaient à la Rochelle
Emportant tout ce qu'elles avaient
La robe qu'elles portaient sur elles
C'était Valentine Day
Elles arrivaient pour épouser
Des hommes qu'elles n'aimeraient jamais
Elles n'avaient pas le choix d'aimer
C'était Valentine Day
Elles descendaient de la passerelle
Alors tout le monde se taisait
Et quand elles ouvraient leurs ombrelles
Les hommes applaudissaient
C'était l'amour et pas l'amour
C'était un peu tout c'qu'on voulait
Vive le roi et à bas la cour
C'était Valentine Day.
Coccyvette
On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
- Que faut-il faire? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... Il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.
- C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Antoine de Saint-Exupéry- (Le Petit Prince: chapitre 21)
martinemdh
ÉLUARD, Paul - L'amoureuse
Paroles
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens
Elle a la forme de mes mains
Elle a la couleur de mes yeux
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire
Parler sans avoir rien à dire
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
chocolatte
Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.
Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant (1850-1893)
martinemdh
ÊTRE JEUNE
La jeunesse n’est pas une période de la vie,
elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l’imagination, une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille. Il demande
comme l’enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements
et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages
de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme
et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
D’après Général Mac Arthur 1945
Coccyvette
La vie... c'est la pluie, c'est le beau temps, c'est la rosée du matin et la douceur d'un coucher de soleil. C'est un sourire, une larme, des souvenirs, des espoirs, des jours bleus et des jours noirs.
La vie... c'est toi, c'est moi, c'est nous, c'est tout. C'est le souffle Divin, c'est le plus beau, le plus précieux, c'est sacrer, respecter, parfois douter et pire encore!
La vie... c'est un changement perpétuel et continue, c'est s'adapter, essayer, tomber, se relever, gagner et échouer. C'est un jeu qui suit les caprices des vagues et du vent.
La vie... n'essaie pas de la prévoir, de la deviner, de la comprendre ou de la changer.
La vie... vis-la, au jour le jour... avec confiance, courage et optimiste et amour. Accroche un sourire à tes lèvres; regarde bien droit devant toi et suis ton étoile.
Des jours merveilleux t'attendent !
~ auteur inconnu
chocolatte
La Forêt
Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.
François-René de Chateaubriand (1768-1848