
Capusa
La sauterelle
La sauterelle se désespère
elle n'a plus de corde à sauter !
soir et matin elle erre elle erre :
la tristesse c' est lourd à porter….
Mais l' araignée a très Bon cœur.
Elle est sortie de sa demeure portant un fil qu' elle a tissé entre deux gouttes de rosée
pour en faire petites poignées.
Et tous les matins de bonne heure avec sa corde parmi les fleurs
La sauterelle court s' élance
Sac au dos
elle part en vacances…….
Serge Anonaramma
Capusa
Le petit cheval dans le mauvais temps,
qu’il avait donc du courage !
C’était un petit cheval blanc,
tous derrière et lui devant.
[…]
Sa voiture allait poursuivant
sa belle petite queue sauvage.
C’est alors qu’il était content,
eux derrière et lui devant.
Mais un jour, dans le mauvais temps,
un jour qu’il était si sage,
il est mort par un éclair blanc,
tous derrière et lui devant.
Il est mort sans voir le beau temps,
qu’il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps
ni derrière ni devant.
Paul Fort
FAE
"Pierre Coran écrit ses premiers textes rimés à l'âge de 9 ans. Le poète sera instituteur, directeur d'école, puis professeur d'histoire de la littérature au Conservatoire royal de Mons. Instituteur, il fonde "Le Cyclope", revue autour de laquelle graviteront un groupe de jeunes auteurs" [. . . ]
Capusa
L'éléphant rose et la souris blanche .
L'éléphant rose, un jour bouscula la souris
(pour un éléphant rose ,il était un peu gris !) ;
la souris quoique blanche, en eut une peur bleue,
(surtout que le balourd lui marcha sur la queue !
"madame, excusez-moi, vraiment je suis navré..."
(il était si confus qu'il en aurait pleuré!)
Un éléphant qui pleure, est-il pire infortune ?
La souris toute émue, oublia sa rancune :
"Ce n'est rien, lui dit-elle en le réconfortant,
J'aurais pu vous en faire autant."
On tirera de cette histoire
une double moralité :
d'abord qu'un éléphant ne doit jamais trop boire
(et cela ne pas hésiter à le dire, à le répéter !)
mais surtout que ma souris blanche
est un fort bon exemple à donner aux enfants :
pour peu qu'elle eut pris sa revanche,
qu'eussions-nous fait de l'éléphant ?
Jean-Luc Moreau
Capusa
L'hiver du rossignol
Sur les toits la grêle crépite.
Il neige, il pleut, en même temps :
Premières larmes du printemps,
Derniers pleurs de l’hiver en fuite.
Parmi les longs cris qu’en son vol
La première corneille jette,
J’entends une note inquiète ;
Est-ce la voix du rossignol ?
D’où vient cette roulade ailée
Dont la bise coupe le fil
Ce doux chanteur, pourquoi vient-il
Affronter cette giboulée ?
Est-ce le trémulant sifflet,
Le fifre aigu de la linotte ?
Est-ce la double ou triple note
Du bouvreuil ou du roitelet ?
Il neige, il pleut, il grêle, il vente.
Mais, soudain, voici le soleil,
Le soleil d’un temps sans pareil.
Chante, oh ! Chante, rossignol, chante !
Il neige, il vente, il grêle, il pleut.
Chante ! C’est l’air que rossignole
Ton cœur, ton joli cœur qui vole,
Qui d’un ciel gris, fait un ciel bleu.
Que ta musique, en fines perles,
Change ce brouillard éclatant.
Ah ! Pourrait-il en faire autant
Le trille aigu de tous les merles ?
Il pleut, il neige, c’est en vain
Que le merle siffle à tue-tête.
Pour que tout l’azur soit en fête,
Chante, chante, chanteur divin !
Chante sur la plus haute branche,
Comme l’oiseau de la chanson.
Chante sous le dernier frisson
De la dernière neige blanche.
À pleine gorge, fais vibrer,
Rossignol ta fine lyre,
Ô toi dont le cœur est à rire,
Pour les cœurs qui sont à pleurer
Nérée Beauchemin,
FAE
Bonjour à tous ! 😃
Merci Capusa !
"Yvette de Fonclare, diplômée de lettres classiques, fut d'abord professeur de français. Dans les années 1970, elle s'installe à Lambesc en Provence. Elle se tourne vers l'écriture et écrit plusieurs romans et de nombreux poèmes. Elle est la mère de l'écrivain Guillaume de Fonclare.
L'un de ses poèmes, L'Autruche, en forme de calligramme, est étudié dans les manuels de français des classes de 6e de collège (Lettres vives, éditions Hachette éducation)"
Capusa
Un drôle d’animal
Au zoo de La Barben est arrivé hier
Un animal bizarre à la bouille marrante :
Un nez en caoutchouc, de gros yeux amarante,
Tout au moins roux foncé dans le soleil d’hiver ;
Et trois griffes aiguës au bout de chaque patte,
Ressemblant tout à fait aux serres d’un oiseau.
Très vite devenu la vedette du Zoo,
Ce drôle d’animal depuis lors nous épate
Par sa lenteur extrême et son flegme étonnant.
Toujours la tête en bas, il pendouille d’un arbre,
Tellement pétrifié qu’on le dirait de marbre,
Mais du marbre en peluche. Un bestiau détonnant
Parmi ses compagnons beaucoup plus vraisemblables.
Son pelage est verdâtre – ainsi le voit-on moins
Dans sa forêt d’ailleurs ! Il va au petit coin
Tous les sept ou huit jours. C’est inimaginable,
Mais faut voir ce qu’il mange : un amas filandreux
De feuilles en béton ! Enfin… tout aussi dures !
« Paresseux » est son nom. Pendu à sa ramure,
Son inactivité semble le rendre heureux…
L’on devrait le copier et rester immobile.
Non pas la tête en bas, mais au creux de son lit.
Se détacher de tout. Aller jusqu’à l’oubli
Total et délicieux au cœur de la grand’ville.
Faire le paresseux et ne penser à rien.
Ne plus bouger du tout, captif de sa paresse.
Ne plus rien ressentir, ni plaisir, ni tristesse.
Être seul, apathique, égoïste. Etre bien…
Vette de Fonclare
