
FAE
"La pyrophilie (du grèc pyr signifiant 'feu' et philein 'aimer/supporter') est la propriété d'un organisme vivant qui tire bénéfice d'un feu. On parle alors d'organisme ou d'espèce pyrophile.
Un ou une pyrophyte (terme inventé par l'ingénieur agronome Kuhnholtz-Lordat) est une plante (phyton) pyrophile, dont la propagation, la multiplication ou la reproduction sont stimulés par le feu (pyr). Les écologues distinguent les pyrophytes passifs et actifs.
Le feu agit favorablement pour certaines espèces, souvent ligneuses, en raison d'écorces épaisses très subérifiées, ou parfois des plantes herbacées grâce à leurs tissus internes humides ou leurs formes de vie (géophytes, thérophytes, plantes cespiteuses).
En réalité, la plupart de ces pyrophytes sont de mauvaises compétitrices mais des espèces opportunistes capables d'envahir des terrains bouleversés en absence de compétiteurs agressifs. Le feu agit directement sur les biocénoses car il élimine en premier lieu la végétation arborée dont la croissance est la plus lente et modifie la compétition interspécifique dans les peuplements végétaux et entre ces derniers. L'incendie détruit les plantes plus sensibles ou moins bien protégées et contribue au développement des pyrophytes adaptées aux milieux ouverts. Ce n'est donc pas leur propre destruction que ces plantes favorisent, mais plus exactement leur régénération, et leur capacité d’occupation de ces milieux ouverts.
Pyrophytes passifs
Les pyrophytes passifs résistent à l'effet du feu grâce à des mécanismes ou des particularités diverses telle que la présence d'une écorce épaisse (séquoias géants, séquoias toujours verts, chênes-lièges, niaouli qui s'étend dans les régions où les feux de brousse sont devenus un mode de défrichement), une mauvaise flammabilité (susceptibilité à prendre feu chez les tamarix, les Atriplex, les chênes caducifoliés ou les essences à bois très dur : if, buis) ou la présence d'organes souterrains de régénération ou de réserves (fougères aigles, divers géophytes).
Des plantes herbacées résistent quant à elle grâce à leurs tissus humides. Par exemple, la plante carnivore Dionée attrape-mouches qui pousse sur des sols pauvres en sels minéraux et pauvres en oxygène des marais acides ou les tourbières à sphaignes de Caroline du Sud. La plante pousse lentement et profite des incendies qui éliminent les plantes concurrentes et apportent ainsi des nutriments complémentaires.
La suppression des incendies menacerait l'espèce dans son milieu naturel."