
andree
SONNET
Qui a vu quelque fois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n'est en terre fiché,
Mais qui dessus le champ plus qu'à demi penché
Montre ses bras tout nus, et sa racine torte,
Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché:
Et bien qu'au premier vent il doive sa ruine,
Et maint jeune à l'entour ait ferme la racine,
Du dévot populaire être seul révéré:
Qui tel chêne a pu voir, qu'il imagine encore
Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré.
Léon-Gabriel Gros
andree
Éloge sur les arbres
Que les bois aient des arbres,
Quoi de plus naturel ?
Que les arbres aient des feuilles,
Quoi de plus évident ?
Mais que les feuilles aient des ailes,
Voilà qui, pour le moins, est surprenant.
Volez, volez, beaux arbres verts.
Le ciel vous est ouvert.
Mais prenez garde à l’automne, fatale
Saison, quand vos milliers et milliers d’ailes,
redevenues feuilles, tomberont.
(un anonyme)
andree
« J’ai cueilli la rose de Noël
La fleur de givre la fleur de gel
Pétale blanc vole blanche neige
Pétale d’or à ma fleur de rêve
Et c’est le temps du renne tout blanc
Et c’est le temps du traîneau d’argent
Voici venir… Noël ! »
(Françoise Moreau et François Imbert, Noël de Givre)
andree
Roses d'automne
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur cœur vermeil.
Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.
Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.
En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.
Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.
Nérée Beauchemin
andree
Bonsoir à tous,
@Fae, non je ne l'avais pas cité avec le temps je l'avais un peu oublié ;
Le crocus dans le langage des fleurs :
C'est la couleur de ses pétales qui détermine sa signification:
Blanc est symbole de joie
Bleu exprime des senItments partagés entre l'espoir et la crainte
Jaune on l'offre à quelqu'un quand on a une demande un peu spéciale à formuler.
Cette fleur a le courage de braver les derniers frimas de l'hiver pour nous apporter un peu de chaleur en tapissant nos pelouses de ses couleurs
Au printemps ce n'est pas une fleur que l'on voit s'épanouir, mais simplement de la joie.
andree
Le Châtaignier
Lorsqu’il hurle sa colère
De sa grande bouche noire
Et qu’il brandit ses branches
Comme des épées
Pour percer les nuages de neige.
Seul il accepte les corbeaux
Et comprend leur langage
Il va sur les terres humides
Ruminer des légendes
Lorsqu’il se met à siffler
Avec le vent glacial
Je lui parle
Et lui rappelle ses fruits grillés au feu
Michel Cosem et Philippe Davaine