
andree
Un écureuil, sur la bruyère,
Se lave avec de la lumière.
Une feuille morte descend,
Doucement portée par le vent.
Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l’écureuil ;
Le vent attend, pour la poser
Légèrement sur la bruyère,
Que l’écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière
Où il aime à se balancer
Comme une feuille de lumière.
Maurice CARÊME (1899-1978)
fae
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément
Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne
Apollinaire, Alcools - Les Colchiques
fae
Bonjour et bonne semaine à tous :lol: !
"Parisien de naissance, il est savoyard d'adoption. Sa mère avait un chalet aux Contamines-Montjoie1,2 où il se rendait fréquemment, et où plus tard il a habité un certain temps3. Il finit ses études au lycée de Chambéry, où il a comme professeur d'histoire et de géographie, M. Petiot alias Daniel-Rops, avec lequel il conservera de bonnes relations.
Il a emprunté son pseudonyme à une lecture de son enfance, les Aventures de Mr Pickwick de Dickens.
Illustrateur[modifier | modifier le code]
Il s'est d'abord fait connaître par ses dessins, aquarelles et illustrations de revues, de livres et d'albums consacrés à la montagne, car Samivel a été, très jeune, un fervent des sports alpins. Auteur de plusieurs premières dans le massif du Mont-Blanc, en particulier aux Contamines sur le massif de Tré-la-Tête3, ses ascensions se comptent par centaines.
Sa carrière d'imagier débute en 1928 par une collaboration à des revues d'alpinisme, dont La Vie alpine. Cette même année, il adhère à la Société des peintres de montagne4. Nait ensuite le précieux Sur les planches puis Sous l'œil des choucas où se retrouvent la montagne et l'humour. Plus tard, c'est L'Opéra de pics d'un ton plus philosophique que préfacera Jean Giono, Moins dix degrés et Neiges.
Samivel illustrera de grands auteurs : François Villon, Rabelais, Jean de La Fontaine, Swift, C.F. Ramuz, etc. Il écrira et illustrera des albums pour enfants : Brun l'Ours, Les malheurs d'Ysengrin, Goupil5, François de France, Trag le Chamois, etc. Vers la même époque paraît Parade des diplodocus, Canard et Les blagueurs de Bagdad.
Il réalisera ensuite la série des Dumollet. Une féerie théâtrale, La grande Nuit de Merlin et le Bonshommes de neige, « dessin inanimé » petit roman humoristique.
Écrivain
Mais l'écrivain commence à pointer sous les images. Son premier récit L’Amateur d'abîmes paraît en 1940 et sera régulièrement réédité jusqu'à nos jours.
Après la Seconde Guerre mondiale, il collabore aux Nouvelles Littéraires. Il y écrira des articles et des nouvelles. Il en illustrera la première page avec des dessins très humoristiques sur les arts et les lettres. "
andree
Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent en rond les lapins.
Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah ! que la vie est douce, douce
Quand automne en saison revient.
SAMIVEL (1907-1992)
andree
"... Ces tournoiements et ondulations soudaines
de brises d’été,
envoient tous les parfums
dans l’air chaud.
Contempler une feuille
ou le motif sur le mur
créés par des branches les plus près...
Ces têtes-là de fleurs dansantes
exposent délicatement
toute leur gloire... "
fae
"Mon Ame est une infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.
Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement,
Deux lévriers d'Écosse aux yeux mélancoliques
Chassent, quand il lui plaît, les bêtes symboliques
Dans la forêt du Rêve et de l'Enchantement.
Son page favori, qui s'appelle Naguère,
Lui lit d'ensorcelants poèmes à mi-voix,
Cependant qu'immobile, une TULIPE aux doigts,
Elle écoute mourir en elle leur mystère . . .
Le parc alentour d'elle étend ses frondaisons,
Ses marbres, ses bassins, ses rampes à balustres ;
Et, grave, elle s'enivre à ces songes illustres
Que recèlent pour nous les nobles horizons."
Albert Samain - Au Jardin de l'Infante -