
Dan
Il nous fallut 30 000 ans pour passer de noir à blanc.
Et maintenant en 300 ans ont va repasser de blanc à chocolat.
Parce qu'alors que les africaines font trois gosses, les françaises par exemple n'en font qu'un soumis à droit d'avortement unilatéral.
C'est n'est pas la peine de s'insurger contre l'immigration, nous nous sabordons déjà ainsi.

Marjorie
Ce livre d Annie Ernaux m a beaucoup marquée. J irai voir le film. Je ne sais pas si j aurais eu le courage de ces femmes prenant d énormes risques. Je salue Simone Veil qui a pris en compte le désespoir de ces femmes tout en n étant quasiment pas soutenue par son propre camp.
Cependant je pense qu aucune femme ne recourt à l IVG de gaieté de cœur. Quelque part comme @ Janine 33 cela me met mal à l aise.
Peut être parce que je n ai pas été une enfant désirée..Mais trop de risques .Alors c est resté " comme ça " Ouf ! J ai failli y passer !!
Depuis les années 70 la contraception a beaucoup progressé C est formidable. Il ne faut pas que cela reste " une affaire de femmes " On ne procrée pas seules !
janine33
C’est un sujet qui me met mal à l’aise .
Pour moi , l’avortement est un traumatisme une blessure .
Je suis de l’ancienne école .
Cet acte ne s’est il pas banalisé ? Devenu une forme de contraception ?
Je m’interroge . Depuis la loi autorisant l’IVG , n’a t on pas fait de progrès ?
Je me souviens des soi-disant « cours d’éducation sexuelle » dispensés en 1967 . C’étaient des cours d’anatomie. Rien à voir avec le lien entre deux individus .
La sexualité , est inscrite dans nos gènes . La procréation en découle . Mais un enfant ne s’élève pas en quelques mois , comme c’est le cas dans le règne animal .
Le petit être humain , pour survivre à besoin de conditions économiques qui s’organisent en société .
L’inégalité sociale entre l’homme et la femme vient du fait que cette dernière est tenue comme seule responsable d’avoir donné la vie . D’où l’opprobre . Sa condition féminine était sans échappatoire . Les progrès scientifiques ont permis de modifier la fécondité , tant mieux. En 1955 la pillule est autorisée en Allemagne , 1960 aux États Unis , 1967 en France .
J’ignore pourquoi il y a tant d’échecs qu’il faille encore recourir à l’avortement . Pour moi , c’est une situation douloureuse qui y conduit .
helene9434
huarsy a écrit :
Merci Helene9434, pour la recommandation du livre de Giblert Schlogel.
Un homme qui sait ...
Pour éviter que ça revienne ici ?. ici sur Quintonic.
Des nouveaux inscrits, et les sujets sont multipliés par xxxx fois
Connaitre l'AVANT pour éviter des désagréments à présent pas pour les Seniors il est trop tard !.
La proposition est d'aller voir le film l'Evénement".
Quand j'ai écrit "pour éviter que ça revienne", je pensais que rien n'est jamais définitivement acquis, surtout en ce qui concerne les femmes...
La Pologne est revenue récemment sur ce droit.
et puis, la façon de considérer la place des femmes par certaines personnalités, et des femmes politiques en vue ont déja exprimé des opinions "tradi" (OK, visées électorales, mais...).
Mais pour quinto, rien n'empêche de le lire et d'en parler à d'autres générations afin qu'elle sachent - Je l'ai déjà fait plusieurs fois, et on m'a souvent dit : je ne savais pas, personne ne m'en avait parlé.
kunzite
Ne pas oublier le procès de Bobigny et la remarquable plaidoirie de Gisèle Halimi . Si aujourd'hui l'avortement est autorisé en France, un retour en arrière n'est pas impossible quand on voit ce qui se passe ailleurs
« Monsieur le président, Messieurs du tribunal,
Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un parfait accord entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre, et ma condition de femme.
Je ressens donc au premier plan, au plan physique, il faut le dire, une solidarité fondamentale avec ces quatre femmes, et avec les autres.
Ce que j’essaie d’exprimer ici, c’est que je m’identifie précisément et totalement avec Mme Chevalier et avec ces trois femmes présentes à l’audience, avec ces femmes qui manifestent dans la rue, avec ces millions de femmes françaises et autres.
Elles sont ma famille. Elles sont mon combat. Elles sont ma pratique quotidienne.
Et si je ne parle aujourd’hui, Messieurs, que de l’avortement et de la condition faite à la femme par une loi répressive, une loi d’un autre âge, c’est moins parce que le dossier nous y contraint que parce que cette loi est la pierre de touche de l’oppression qui frappe les femmes.
C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée.
Voilà vingt ans que je plaide, Messieurs, et je pose chaque fois la question et j’autorise le tribunal à m’interrompre s’il peut me contredire. Je n’ai encore jamais plaidé pour la femme d’un haut commis de l’État, ou pour la femme d’un médecin célèbre, ou d’un grand avocat, ou d’un P-DG de société, ou pour la maîtresse de ces mêmes messieurs.
Je pose la question. Cela s’est-il trouvé dans cette enceinte de justice ou ailleurs ? Vous condamnez toujours les mêmes, les « Mme Chevalier ». Ce que nous avons fait, nous, la défense, et ce que le tribunal peut faire, ce que chaque homme conscient de la discrimination qui frappe les mêmes femmes peut faire, c’est se livrer à un sondage très simple. Prenez des jugements de condamnation pour avortement, prenez les tribunaux de France que vous voudrez, les années que vous voudrez, prenez cent femmes condamnées et faites une coupe socio-économique : vous retrouverez toujours les mêmes résultats :
- 26 femmes sont sans profession, mais de milieu modeste, des « ménagères » ;
- 35 sont employées de bureau (secrétaires-dactylos) : au niveau du secrétariat de direction, déjà, on a plus d’argent, on a des relations, on a celles du patron, un téléphone… ;
- 15 employées de commerce et de l’artisanat (des vendeuses, des coiffeuses…) ;
- 16 de l’enseignement primaire, agents techniques, institutrices, laborantines ;
- 5 ouvrières ;
- 3 étudiantes.
Autre exemple de cette justice de classe qui joue, sans la moindre exception concernant les femmes : le manifeste des 343.
Vous avez entendu à cette barre trois de ses signataires. J’en suis une moi-même. Trois cent quarante trois femmes (aujourd’hui, trois mille) on dénoncé le scandale de l’avortement clandestin, le scandale de la répression et le scandale de ce silence que l’on faisait sur cet avortement. Les a-t-on seulement inculpées ? Nous a-t-on seulement interrogées ? Je pense à Simone de Beauvoir, à Françoise Sagan, à Delphine Seyrig – que vous avez entendues – Jeanne Moreau, Catherine Deneuve… Dans un hebdomadaire à grand tirage, je crois, Catherine Deneuve est représentée avec la légende : « La plus jolie maman du cinéma français » ; oui certes, mais c’est aussi « la plus jolie avortée du cinéma français » !
Retournons aux sources pour que Marie-Claire, qui s’est retrouvée enceinte à seize ans, puisse être poursuivie pour délit d’avortement, il eût fallu prouver qu’elle avait tous les moyens de savoir comment ne pas être enceinte, et tous les moyens de prévoir.
Ici, Messieurs, j’aborde le problème de l’éducation sexuelle.
Vous avez entendu les réponses des témoins. Je ne crois pas que, sur ce point, nous avons appris quelque chose au tribunal. Ce que je voudrais savoir, c’est combien de Marie-Claire en France ont appris qu’elles avaient un corps, comment il était fait, ses limites, ses possibilités, ses pièges, le plaisir qu’elles pouvaient en prendre et donner ?
Combien ?
Très peu, j’en ai peur.
Il y a dans mon dossier une attestation de Mme Anne Pério, professeur dans un lycée technique, qui indique que, durant l’année scolaire 1971-1972, il y a eu treize jeunes filles entre dix-sept ans et en vingt ans en état de grossesse dans ce lycée. Vous avez entendu, à l’audience, Simone Iff, vice-présidente du Planning familial. Elle est venue vous dire quel sabotage délibéré les pouvoirs publics faisaient précisément de cet organisme qui était là pour informer, pour prévenir, puisque c’est de cela qu’il s’agit.
Vous avez, Messieurs, heureusement pour vous, car je vous ai sentis accablés sous le poids de mes témoins et de leur témoignage, échappé de justesse à deux témoignages de jeunes gens de vingt ans et de dix-sept ans, mes deux fils aînés, qui voulaient venir à cette barre. Ils voulaient vous dire d’abord à quel point l’éducation sexuelle avait été inexistante pendant leurs études. L’un est dans un lycée et l’autre est étudiant. Ils voulaient faire – il faut le dire – mon procès. Mon procès, c’est-à-dire le procès de tous les parents. Car l’alibi de l’éducation sexuelle, à la maison, il nous faut le rejeter comme quelque chose de malhonnête. Je voudrais savoir combien de parents – et je parle de parents qui ont les moyens matériels et intellectuels de le faire – abordent tous les soirs autour de la soupe familiale l’éducation sexuelle de leurs enfants. Mme Chevalier, on vous l’a dit, n’avait pas de moyens matériels, et elle n’avait pas reçu elle-même d’éducation sexuelle. Je parle de moi-même et de mes rapports avec mes enfants. Moi, je n’ai pas pu le faire. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Mais je peux peut-être essayer de l’expliquer. Peut-être parce que, entre les parents et les enfants, il y a un rapport passionnel, vivant, vivace, et c’est bon qu’il en soit ainsi ; peut-être aussi parce que, pour les enfants, il y a cette image des rapports amoureux des parents et que cela peut culpabiliser les enfants et la mère ? Toujours est-il que l’on ne peut décider que les parents auront l’entière responsabilité de l’éducation sexuelle. Il faut des éducateurs spécialisés, quitte pour les parents à apporter, en quelque sorte, une aide complémentaire.
Pourquoi ne pratique-t-on pas l’éducation sexuelle dans les écoles puisqu’on ne veut pas d’avortement ?
Pourquoi ne commence-t-on pas par le commencement ? Pourquoi ?
Parce que nous restons fidèles à un tabou hérité de nos civilisations judéo-chrétiennes qui s’oppose à la dissociation de l’acte sexuel et de l’acte de procréation. Ils sont pourtant deux choses différentes. Ils peuvent être tous les deux actes d’amour, mais le crime des pouvoirs publics et des adultes est d’empêcher les enfants de savoir qu’ils peuvent être dissociés.
Deuxième responsabilité :
L’accusation, je le lui demande, peut-elle établir qu’il existe en France une contraception véritable, publique, populaire et gratuite ? Je ne parle pas de la contraception gadget, de la contraception clandestine qui est la nôtre aujourd’hui. Je parle d’une véritable contraception. Je dois dire que j’ai cru comprendre que même la contraception était prise à partie dans ce débat.
Je dois dire qu’il m’est arrivé de parler à plusieurs reprises de ce problème, publiquement. J’ai eu face de moi des hommes d’Église : même eux n’avaient pas pris cette position. La contraception, à l’heure actuelle, c’est peut-être 6% ou 8% des femmes qui l’utilisent. Dans quelles couches de la population ? Dans les milieux populaires, 1% !
Dans la logique de la contraception, je dis qu’est inscrit le droit à l’avortement.
Supposons que nous ayons une parfaite éducation sexuelle. Supposons que cela soit enseigné dans toutes les écoles. Supposons qu’il y ait une contraception véritable, populaire, totale, gratuite. On peut rêver… Prenons une femme libre et responsable, parce que les femmes sont libres et responsables. Prenons une de ces femmes qui aura fait précisément ce que l’on reproche aux autres de ne pas faire, qui aura manifesté constamment, régulièrement, en rendant visite à son médecin, sa volonté de ne pas avoir d’enfants et qui se trouverait, malgré tout cela, enceinte.
Je pose alors la question : « Que faut-il faire ? »
J’ai posé la question à tous les médecins. Ils m’ont tous répondu, à l’exception d’un seul : « il faut qu’elle avorte ». Il y a donc inscrit, dans la logique de la contraception, le droit à l’avortement. Car personne ne peut soutenir, du moins je l’espère, que l’on peut donner la vie par échec. Et il n’y a pas que l’échec. Il y a l’oubli. Supposez que l’on oublie sa pilule. Oui. On oublie sa pilule. Je ne sais plus qui trouvait cela absolument criminel. On peut oublier sa pilule. Supposez l’erreur. L’erreur dans le choix du contraceptif, dans la pose du diaphragme.
L’échec, l’erreur, l’oubli…
Voulez-vous contraindre les femmes à donner la vie par échec, par erreur, par oubli ? Est-ce que le progrès de la science n’est pas précisément de barrer la route à l’échec, de faire échec à l’échec, de réparer l’oubli, de réparer l’erreur ? C’est cela, me semble-t-il, le progrès. C’est barrer la route à la fatalité et, par conséquence, à la fatalité physiologique.
J’ai tenu à ce que vous entendiez ici une mère célibataire. Le tribunal, je l’espère, aura été ému par ce témoignage. Il y a ici des filles, des jeunes filles qui, elles, vont jusqu’au bout de leur grossesse pour des raisons complexes, mais disons, parce qu’elles respectent la loi, ce fameux article 317. Elles vont jusqu’au bout.
Que fait-on pour elles ? On les traites de putains. On leur enlève leurs enfants, on les oblige, la plupart du temps, à les abandonner ; on leur prend 80% de leur salaire, on ne se préoccupe pas du fait qu’elles sont dans l’obligation d’abandonner leurs études. C’est une véritable répression qui s’abat sur les mères célibataires. Il y a là une incohérence au plan de la loi elle-même.
J’en arrive à ce qui me paraît le plus important dans la condamnation de cette loi. Cette loi, Messieurs, elle ne peut pas survivre et, si l’on m’écoutait, elle ne pourrait pas survivre une seconde de plus : Pourquoi ? Pour ma part, je pourrais me borner à dire : parce qu’elle est contraire, fondamentalement, à la liberté de la femme, cet être, depuis toujours opprimé. La femme était esclave disait Bebel, avant même que l’esclavage fût né. Quand le christianisme devint une religion d’État, la femme devint le « démon », la « tentatrice ». Au Moyen Âge, la femme n’est rien. La femme du serf n’est même pas un être humain. C’est une bête de somme. Et malgré la Révolution où la femme émerge, parle, tricote, va aux barricades, on ne lui reconnaît pas la qualité d’être humain à part entière. Pas même le droit de vote. Pendant la Commune, aux canons, dans les assemblées, elle fait merveille. Mais une Louise Michelle et une Hortense David ne changeront pas fondamentalement la condition de la femme.
Quand la femme, avec l’ère industrielle, devient travailleur, elle est bien sûr – nous n’oublions pas cette analyse fondamentale – exploitée comme les autres travailleurs.
Mais à l’exploitation dont souffre le travailleur, s’ajoute un coefficient de surexploitation de la femme par l’homme, et cela dans toutes les classes.
La femme est plus qu’exploitée. Elle est surexploitée. Et l’oppression – Simone de Beauvoir le disait tout à l’heure à la barre – n’est pas seulement celle de l’économie.
Elle n’est pas seulement celle de l’économie, parce que les choses seraient trop simples, et on aurait tendance à schématiser, à rendre plus globale une lutte qui se doit, à un certain moment, d’être fractionnée. L’oppression est dans la décision vieille de plusieurs siècles de soumettre la femme à l’homme. « Ménagère ou courtisane », disait d’ailleurs Proudhon qui n’aimait ni les juifs, ni les femmes. Pour trouver le moyen de cette soumission, Messieurs, comment faire ? Simone de Beauvoir vous l’a très bien expliqué. On fabrique à la femme un destin : un destin biologique, un destin auquel aucune d’entre nous ne peut ou n’a le droit d’échapper. Notre destin à toutes, ici, c’est la maternité. Un homme se définit, existe, se réalise, par son travail, par sa création, par l’insertion qu’il a dans le monde social. Une femme, elle, ne se définit que par l’homme qu’elle a épousé et les enfants qu’elle a eus.
Telle est l’idéologie de ce système que nous récusons.
Savez-vous, Messieurs, que les rédacteurs du Code civil, dans leur préambule, avaient écrit ceci et c’est tout le destin de la femme : « La femme est donnée à l’homme pour qu’elle fasse des enfants… Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier. » Certes, le Code civil a changé, et nous nous en réjouissons. Mais il est un point fondamental, absolument fondamental sur lequel la femme reste opprimée, et il faut, ce soir, que vous fassiez l’effort de nous comprendre.
Nous n’avons pas le droit de disposer de nous-mêmes.
S’il reste encore au monde un serf, c’est la femme, c’est la serve, puisqu’elle comparaît devant vous, Messieurs, quand elle n’a pas obéi à votre loi, quand elle avorte. Comparaître devant vous. N’est-ce pas déjà le signe le plus certain de notre oppression ? Pardonnez-moi, Messieurs, mais j’ai décidé de tout dire ce soir. Regardez-vous et regardez-nous. Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes… Et pour parler de quoi ? De sondes, d’utérus, de ventres, de grossesses, et d’avortements !...
- Croyez-vous que l’injustice fondamentale et intolérable n’est pas déjà là ?
- Ces quatre femmes devant ces quatre hommes !
- Ne croyez-vous pas que c’est là le signe de ce système oppressif que subit la femme ? Comment voulez-vous que ces femmes puissent avoir envie de faire passer tout ce qu’elles ressentent jusqu’à vous ? Elles ont tenté de le faire, bien sûr, mais quelle que soit votre bonne volonté pour les comprendre – et je ne la mets pas en doute – elles ne peuvent pas le faire. Elles parlent d’elles-mêmes, elles parlent de leur corps, de leur condition de femmes, et elles en parlent à quatre hommes qui vont tout à l’heure les juger. Cette revendication élémentaire, physique, première, disposer de nous-mêmes, disposer de notre corps, quand nous la formulons, nous la formulons auprès de qui ? Auprès d’hommes. C’est à vous que nous nous adressons.
- Nous vous disons : « Nous, les femmes, nous ne voulons plus être des serves ».
Est-ce que vous accepteriez, vous, Messieurs, de comparaître devant des tribunaux de femmes parce que vous auriez disposé de votre corps ?... Cela est démentiel !
Accepter que nous soyons à ce point aliénées, accepter que nous ne puissions pas disposer de notre corps, ce serait accepter, Messieurs, que nous soyons de véritables boîtes, des réceptacles dans lesquels on sème par surprise, par erreur, par ignorance, dans lesquels on sème un spermatozoïde. Ce serait accepter que nous soyons des bêtes de reproduction sans que nous ayons un mot à dire.
L’acte de procréation est l’acte de liberté par excellence. La liberté entre toutes les libertés, la plus fondamentale, la plus intime de nos libertés. Et personne, comprenez-moi, Messieurs, personne n’a jamais pu obliger une femme à donner la vie quand elle a décidé de ne pas le faire.
En jugeant aujourd’hui, vous allez vous déterminer à l’égard de l’avortement et à l’égard de cette loi et de cette répression, et surtout, vous ne devrez pas esquiver la question qui est fondamentale. Est-ce qu’un être humain, quel que soit son sexe, a le droit de disposer de lui-même ? Nous n’avons plus le droit de l’éviter.
J’en ai terminé et je pris le tribunal d’excuser la longueur de mes explications. Je vous dirai seulement encore deux mots : a-t-on encore, aujourd’hui, le droit, en France, dans un pays que l’on dit "civilisé", de condamner des femmes pour avoir disposé d’elles-mêmes ou pour avoir aidé l’une d’entre elles à disposer d’elle-même ? Ce jugement, Messieurs, vous le savez – je ne fuis pas la difficulté, et c’est pour cela que je parle de courage – ce jugement de relaxe sera irréversible, et à votre suite, le législateur s’en préoccupera. Nous vous le disons, il faut le prononcer, parce que nous, les femmes, nous, la moitié de l’humanité, nous sommes mises en marche. Je crois que nous n’accepterons plus que se perpétue cette oppression.
Messieurs, il vous appartient aujourd’hui de dire que l’ère d’un monde fini commence. »
https://www.lagbd.org/index.php/Le_proces_de_Bobigny_La_cause_des_femmes_La_plaidoirie_de_Me_Gisele_Halimi_(fr)
huarsy
bern515 a écrit :
Comme d'hab nos gouvernants donnent des gouttes pauvre France
Bonsoir mon ami Bern515, toi non plus pas bien compris ton commentaire.
L'avortement est surtout une question individuelle (pas besoin du gouvernement pour prendre une grave décision). En règle générale douleur laissée aux femmes.
huarsy
janine33 a écrit :
Les délais d’avortement ont été prolongés à 16 semaines : » Premier des droits des femmes affectés par l’asphyxie des services de santé, l’interruption volontaire de grossesse est passé au second plan pendant la crise sanitaire. Difficile, dans ces conditions, de respecter le délai légal de 12 semaines. D'où la proposition de le prolonger jusqu'à 14 semaines. Après moult rebondissements, ce texte, qui est loin de faire l'unanimité, doit être réexaminé avant la fin novembre 2021.
C'était une grande première en France : le ministre de la Santé Olivier Véran indiquait à l'été 2020 qu’en cas de recours à l’avortement au-delà du délai légal de 12 semaines de grossesse, les médecins pourront désormais utiliser "la détresse psychosociale" comme motif d’interruption volontaire de grossesse par aspiration. C'était une façon discrète de "s’assurer que toutes les femmes puissent trouver une solution d’accès à l’IVG durant cette période", expliquait-il.
Le ministre de la Santé. répondait ainsi aux demandes répétées des associations et de parlementaires qui réclamaient un allongement du délai légal de deux semaines pour faire face aux aléas imposés par la crise sanitaire. Olivier Véran se déclarait ouvert à une disposition répondant à des conditions exceptionnelles, mais il précisait que ce "sujet de société" restait "trop important pour être traité dans l’urgence".
Le 8 octobre 2020, les députés se sont saisis, en première lecture, de ce sujet "sensible" et ont voté en faveur de l'allongement du délai légal pour recourir à l'avortement. Sur fond de débats souvent houleux, ils se sont prononcés pour l'allongement du délai légal d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée) prévu par l'article 1 du texte, par 102 voix contre 65. »
Merci Janine33 -
huarsy
helene9434 a écrit :
Une fois de plus, je recommande la lecture de
Victoire ou la douleur des femmes de Gilbert Schlogel-
Pour avoir une idée de comment ça se passait "avant", et pour éviter que ça ne revienne ici...
Merci Helene9434, pour la recommandation du livre de Giblert Schlogel.
Un homme qui sait ...
Pour éviter que ça revienne ici ?. ici sur Quintonic.
Des nouveaux inscrits, et les sujets sont multipliés par xxxx fois
Connaitre l'AVANT pour éviter des désagréments à présent pas pour les Seniors il est trop tard !.
La proposition est d'aller voir le film l'Evénement".
janine33
Les délais d’avortement ont été prolongés à 16 semaines : » Premier des droits des femmes affectés par l’asphyxie des services de santé, l’interruption volontaire de grossesse est passé au second plan pendant la crise sanitaire. Difficile, dans ces conditions, de respecter le délai légal de 12 semaines. D'où la proposition de le prolonger jusqu'à 14 semaines. Après moult rebondissements, ce texte, qui est loin de faire l'unanimité, doit être réexaminé avant la fin novembre 2021.
C'était une grande première en France : le ministre de la Santé Olivier Véran indiquait à l'été 2020 qu’en cas de recours à l’avortement au-delà du délai légal de 12 semaines de grossesse, les médecins pourront désormais utiliser "la détresse psychosociale" comme motif d’interruption volontaire de grossesse par aspiration. C'était une façon discrète de "s’assurer que toutes les femmes puissent trouver une solution d’accès à l’IVG durant cette période", expliquait-il.
Le ministre de la Santé. répondait ainsi aux demandes répétées des associations et de parlementaires qui réclamaient un allongement du délai légal de deux semaines pour faire face aux aléas imposés par la crise sanitaire. Olivier Véran se déclarait ouvert à une disposition répondant à des conditions exceptionnelles, mais il précisait que ce "sujet de société" restait "trop important pour être traité dans l’urgence".
Le 8 octobre 2020, les députés se sont saisis, en première lecture, de ce sujet "sensible" et ont voté en faveur de l'allongement du délai légal pour recourir à l'avortement. Sur fond de débats souvent houleux, ils se sont prononcés pour l'allongement du délai légal d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée) prévu par l'article 1 du texte, par 102 voix contre 65. »