La vie, sursis définitif ou éternité provisoire?

- 24 février 2026 22:47

Le forum proposé par Roselyne m'a invité à vous soumettre un extrait un pensum suite à ce garçon qui n'a pas demandé à naître!
« La vie est une condamnation à mort, avec sursis indéterminé. »
C'est élégant, non ? On naît condamné, mais on nous laisse errer vivant un moment indéterminé, histoire de faire durer diaboliquement le suspense invivable ! La sentence est irrévocable, mais l'exécution ? Surprise. Elle peut tomber demain, dans cinquante ans, après avoir payé ses impôts ou gagné au loto. Combien de temps vous reste-t-il ? Toute votre vie. Ne me remerciez pas pour la précision !
Naître c'est comme recevoir une lettre anonyme : « Félicitations, vous êtes vivant ! Mais pas pour toujours, profitez-en tant que ça dure » signé: Le Destin.
La tragédie, c'est qu'on va tous y passer, la comédie, c'est qu'on ne sait pas quand, et c'est dans cet entre-deux absurde que se glisse l'art de vivre, où l'on passe son temps à perdre son temps. Égoïstement, on fait des enfants qui, eux-mêmes, sont condamnés, on achète des assurances vie pour quand on sera mort, un grand n'importe quoi. On se persuade que la routine, le yoga et les compléments alimentaires nous protègent, mais personne n'en sort jamais vivant.
Ce sursis est un art de se distraire en attendant le verdict. Certains s'occupent avec des passions nobles : peinture, musique, fornication, méditation ; d'autres préfèrent des options plus extrêmes : alcool, drogues, paris stupides, abstinence sexuelle. Mais au fond, c'est le même jeu, tuer le temps avant qu'il ne nous tue.
Le comble de l'humour noir, c'est que certains perdent la moitié de leur vie à chercher comment la rallonger. On mange bio, on prend des cachets pour tout, on ne fume pas, on ne boit pas d'alcool, on ne regarde pas les débats politiques à la télé, on met un préservatif pour regarder un film érotique ou sulfureux comme « Basic Instinct » ou « Love ».
Autant l'assumer franchement, vivre c'est mourir un petit peu chaque jour, un compte-goutte du temps du sablier de la vie........................

Dans son jeu machiavélique et absurde, le grand horloger mystérieux aurait pu créer d''autres scénarios : naître vieux pour mourir jeune ou l'immortalité.
Pour le premier, imaginez la scène : on sort du ventre, tout ridé, chauve et courbé, avec des bobos partout, en se plaignant auprès de ses parents, beaucoup plus jeunes, les pauvres car plus près de la fin du voyage. Les bébés seraient des petits vieux, grognons, grincheux, fatigués avec des lunettes, des appareils auditifs et un déambulateur miniature. Puis, à mesure que les années passent, on rajeunirait. A 40 ans, on serait en pleine forme, enfin souple et plein d'énergie avec la peau qui se retend au lieu de s 'affaisser, et les rides qui disparaissent. Ce serait l'âge où les crèches remplaceraient les maisons de retraite actuelles pour nos parents, qui perdraient les dents et la parole ; ils gazouilleraient, baveraient et feraient leur rot avec sophie la girafe dans une main, et le biberon dans l'autre. A 20 ans, ce serait l'apogée avec l'insouciance, la chevelure conquérante, le cœur léger. Les médecins vous diraient, votre arthrose a complètement disparu, mais attention, vous entrez en jeunesse terminale. Doucement, on finirait bébé, puis enfin, on disparaîtrait dans un dernier souffle, léger et paisible, comme pour s'excuser d'avoir vécu, une sortie poétique.
Cela aurait du sens, commencer par la lassitude et finir en légèreté. Au lieu d'avoir peur de se dégrader, on passerait sa vie à s'alléger, à devenir plus souple, plus vif, plus léger jusqu'à s'évaporer..........

Ce sursis est un mystère fécond et non une menace. Chaque jour est un jour de plus qui nous est donné, sans garantie pour demain. C'est là, peut-être que réside la sagesse : savoir que nous sommes provisoires, et choisir de vivre comme si chaque instant avait le poids de l'éternité.

La vie, sursis définitif ou éternité provisoire?

24 février 2026 22:47

Le forum proposé par Roselyne m'a invité à vous soumettre un extrait un pensum suite à ce garçon qui n'a pas demandé à naître!
« La vie est une condamnation à mort, avec sursis indéterminé. »
C'est élégant, non ? On naît condamné, mais on nous laisse errer vivant un moment indéterminé, histoire de faire durer diaboliquement le suspense invivable ! La sentence est irrévocable, mais l'exécution ? Surprise. Elle peut tomber demain, dans cinquante ans, après avoir payé ses impôts ou gagné au loto. Combien de temps vous reste-t-il ? Toute votre vie. Ne me remerciez pas pour la précision !
Naître c'est comme recevoir une lettre anonyme : « Félicitations, vous êtes vivant ! Mais pas pour toujours, profitez-en tant que ça dure » signé: Le Destin.
La tragédie, c'est qu'on va tous y passer, la comédie, c'est qu'on ne sait pas quand, et c'est dans cet entre-deux absurde que se glisse l'art de vivre, où l'on passe son temps à perdre son temps. Égoïstement, on fait des enfants qui, eux-mêmes, sont condamnés, on achète des assurances vie pour quand on sera mort, un grand n'importe quoi. On se persuade que la routine, le yoga et les compléments alimentaires nous protègent, mais personne n'en sort jamais vivant.
Ce sursis est un art de se distraire en attendant le verdict. Certains s'occupent avec des passions nobles : peinture, musique, fornication, méditation ; d'autres préfèrent des options plus extrêmes : alcool, drogues, paris stupides, abstinence sexuelle. Mais au fond, c'est le même jeu, tuer le temps avant qu'il ne nous tue.
Le comble de l'humour noir, c'est que certains perdent la moitié de leur vie à chercher comment la rallonger. On mange bio, on prend des cachets pour tout, on ne fume pas, on ne boit pas d'alcool, on ne regarde pas les débats politiques à la télé, on met un préservatif pour regarder un film érotique ou sulfureux comme « Basic Instinct » ou « Love ».
Autant l'assumer franchement, vivre c'est mourir un petit peu chaque jour, un compte-goutte du temps du sablier de la vie........................

Dans son jeu machiavélique et absurde, le grand horloger mystérieux aurait pu créer d''autres scénarios : naître vieux pour mourir jeune ou l'immortalité.
Pour le premier, imaginez la scène : on sort du ventre, tout ridé, chauve et courbé, avec des bobos partout, en se plaignant auprès de ses parents, beaucoup plus jeunes, les pauvres car plus près de la fin du voyage. Les bébés seraient des petits vieux, grognons, grincheux, fatigués avec des lunettes, des appareils auditifs et un déambulateur miniature. Puis, à mesure que les années passent, on rajeunirait. A 40 ans, on serait en pleine forme, enfin souple et plein d'énergie avec la peau qui se retend au lieu de s 'affaisser, et les rides qui disparaissent. Ce serait l'âge où les crèches remplaceraient les maisons de retraite actuelles pour nos parents, qui perdraient les dents et la parole ; ils gazouilleraient, baveraient et feraient leur rot avec sophie la girafe dans une main, et le biberon dans l'autre. A 20 ans, ce serait l'apogée avec l'insouciance, la chevelure conquérante, le cœur léger. Les médecins vous diraient, votre arthrose a complètement disparu, mais attention, vous entrez en jeunesse terminale. Doucement, on finirait bébé, puis enfin, on disparaîtrait dans un dernier souffle, léger et paisible, comme pour s'excuser d'avoir vécu, une sortie poétique.
Cela aurait du sens, commencer par la lassitude et finir en légèreté. Au lieu d'avoir peur de se dégrader, on passerait sa vie à s'alléger, à devenir plus souple, plus vif, plus léger jusqu'à s'évaporer..........

Ce sursis est un mystère fécond et non une menace. Chaque jour est un jour de plus qui nous est donné, sans garantie pour demain. C'est là, peut-être que réside la sagesse : savoir que nous sommes provisoires, et choisir de vivre comme si chaque instant avait le poids de l'éternité.

avatar
Avatar Emma

Emma

25 février 2026 12:21

Très beau texte, merci Alan pour le partage. Il pose des questions essentielles et ouvre le débat.

L'immortalité n'encombrerait-elle pas beaucoup notre planète ou cet ailleurs que d'aucuns disent avoir entraperçu dans une expérience de mort imminente ?

Quant à terminer le voyage à l'envers, il me semble que ce serait partir au meilleur moment avec encore plus de regrets d'en finir avec la vie. Pour être déjà vieille, je pense qu'une certaine lassitude s'installe vers la fin, plus propice au départ et donc plus acceptable.

C'est vrai, quand on y réfléchit, on passe beaucoup de temps à perdre les moments précieux que nous offre la chance d'être vivant. Oui, je parle de chance... Encore faut-il savoir l'apprécier, sans courir après l'impossible, mais tout en se donnant l'opportunité de réaliser ses rêves. Un paradoxe, certes, mais nos vies ne se construisent-elles pas sur de nombreux paradoxes ? Et est-ce que ce n'est pas ce qui épice un peu nos quotidiens ? Composer avec les épreuves, conjuguer le pire et le meilleur, en recherche d'équilibre ?

Les populations dites primitives pensaient que nous appartenions à la terre et non le contraire, comme ça l'est de nos jours. N'était-ce pas raisonnable ? La vie est si courte, à quoi sert de vouloir toujours plus, voire beaucoup trop, de se faire des guerres décidées par des fous qui ne prennent jamais les armes ? Je suis une fichue idéaliste, mais comme le disait un chanteur britannique, je ne dois pas être la seule à rêver à un monde plus juste et sans guerre...

Qu'en est-il de cette "conscience" qui survivrait à nos vies physiques ?...

Quant à Dieu, qui peut prétendre avoir une preuve de son existence ? Et ne serait-il pas plus simple et plus logique de croire en l'Homme et en son prochain ?

Répondre·

Avatar Rosa

Rosa

25 février 2026 11:22

Bien écrit .. imagination.. et Dieu dans tout ça?
Éternel question .. doux viens- je et où vais-je… pourquoi tout ça?
En attendant … Carpe Diem..

Répondre·

Avatar Roselyne

Roselyne

25 février 2026 10:37

Bien avant que le film avec Brad Pitt sorte, et je n'ai jamais lu ni eu connaissance du livre dont il est tiré, j'avais pensé que ça serait bien de naître vieux et d'aller vers le rajeunissement. J'ai aussi une autre pensée. Celle où l'ont partirai tous au même âge. Ça serait comme ça, mais on y arriverai en pleine forme physique et mentale. En pleine possession de ses moyens et toutes ses facultés. Comme ça on pourrai profiter de tout pouvoir faire et dire jusqu'au bout. Et puis la disparition, ferai moins de peine à notre entourage puisque ça serait pour tous le monde pareil sauf bien sûr un accident de voiture ou autres accidents ou meurtre. On saurait par exemple qu'à 90 ans, on part. Et on pourrait même faire une fête d'adieux. Peut-être qu'un jour avec les progrès de la médecine......En attendant, je ne pense pas à la mort malgré mes nombreuses pathologies. Mais je n'ai que 66 ans, ça sera peut-être différent quand j'aurai quelques années de plus. Et puis, je suis croyante dans aucune religion car trop d'abus et d'atrocités en leur nom. Mais je crois qu'il y a quelque chose de divin là-haut et pourquoi pas la réincarnation

Répondre·

Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

25 février 2026 09:36

Savoir que vous allez mourir, ne m'effraie, comme dit la chouette, pas plus que ça!

Répondre·

Avatar Colleen

Colleen

25 février 2026 08:55
fragile444 a écrit :
De qui est cet extrait ?
J'ai bien aimé le premier long paragraphe , mais le deuxième plagie L'étrange histoire de Benjamin Button , avec Brad Pitt , atteint de progéria...

Ce film est une adaptation d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald. J'ai beaucoup aimé ce film. Très émouvant le moment où il atteint l'âge de sa bien-aimée pour ensuite continuer à rajeunir alors qu'elle constate les effets de la vieillesse.

Répondre·

Avatar 2ALAIN

2ALAIN

25 février 2026 08:52

Pour moi , cette " philosophie post wave " est assez nauséeuse

Répondre·

Avatar Dany

Dany

25 février 2026 08:47

La vie, c'est la mort à terme, et la mort c'est le terme de la vie !

Répondre·

Avatar mimilavande

mimilavande

25 février 2026 08:47

nous naissons pour mourir, aussi profitons au maximum de la vie , lorsque nous l' avons !!!
GIF

Répondre·

Avatar artmonika

artmonika

25 février 2026 08:06

Une amie me disait il y a longtemps déjà que "nous sommes en sursis" dès l’instant où nous venons au monde.
Terrifiée longtemps par l’idée de mourir, je détestais ces mots sans pouvoir cependant hélas les contester.
Aujourd’hui, je n’ai plus cette peur et je sais reconnaître que c’est juste la vérité ... aussi terrible soit-elle.
La mort fait partie du parcours de vie.

Répondre·

Avatar joiedevivre15

joiedevivre15

25 février 2026 07:30

Vous écrivez bien MAIS en ètre arrivé à cette époque et se trouver encore dans un tel tunnel sans Lumière au bout, c'est pathétique.
Vous avez toute, non pas mon empathie, mais ma compassion. Vous n'êtes pas encore suffisamment monté en conscience pour avoir tout compris. Tout le monde retrouvera la Connaissance.
La vie est merveilleuse et le fonctionnement de l'Univers à couper le souffle.
Nous sommes ETERNELS ! (pas immortels ... ).
Je vous souhaite du courage et bonne route.

Répondre·

Avatar huarsy

huarsy

25 février 2026 07:14
fragile444 a écrit :
De qui est cet extrait ?
J'ai bien aimé le premier long paragraphe , mais le deuxième plagie L'étrange histoire de Benjamin Button , avec Brad Pitt , atteint de progéria...

Comme toi, je me retrouve dans ce film.
@Alan confirme ne pas en avoir connaissance.
Pas de plagiat.
Ma mère que tu as connue.
N’avait qu’un souhait rejoindre mon père dans les cieux.
À part le suicide il n’est pas possible de décider son heure de départ.
L’année dernière, sept années après son époux, la veille de ses quatre vingt dix ans. Une nuit elle a décidé de ne plus vivre.
Ma petite mère était très forte. Avec un sourire, un brin d’humour elle a fermé les yeux .
Elle disait notre destin à la naissance est tracé.
Merci @Fragile444 pour ta présence , fidélité.

Répondre·

Avatar miliro

miliro

25 février 2026 06:47

Excellent ! Quelqu'un s'était amusé à comparer la vie à un boxeur à qui on proposerait de rencontrer un adversaire contre lequel il ne pourrait que perdre par KO, son seul espoir étant de tenir le plus longtemps face à ce dernier ! Aucun boxeur n'accepterait de disputer un tel match...Nous si, et nous prenons au jeu, y prenant même du plaisir !
GIF

Répondre·

Avatar yalow

yalow

25 février 2026 05:58

Relire Sartre et Camus sur l ' absurde... seul l homme qui sait qu ' il va mourir peut donner un sens a sa vie. Voir le mythe de Sisyphe. Sinon débattre de ce concept demanderait des pages et des kilometres.. Bon courage. Excellent topic

Répondre·

Avatar fragile444

fragile444

24 février 2026 23:46

De qui est cet extrait ?
J'ai bien aimé le premier long paragraphe , mais le deuxième plagie L'étrange histoire de Benjamin Button , avec Brad Pitt , atteint de progéria...

Répondre·