
Manick
Mon île.
La mousse grise craquait sous nos pieds impatients
Entre les immortelles et les grands chardons bleus,
L'air embaumait l'été et nous allions, heureux,
Nous jeter dans tes bras et nous éclaboussant.
Midi embrumait l'air d'une douceur laiteuse,
La plage était à nous et son sable doré
Nous offrait un grand lit, une couche amoureuse
Où le sel de la mer parfumait nos baisers.
Mon île, mon grand bateau, que l'eau de toutes parts
Enlace tendrement, mon île , mon grand bateau,
C'est vers toi que je vais quand, largant les amarres,
Je réponds à l'appel qui me vient de là-haut.
J'irai au cimetière sur les tombes chéries
Où tous vous reposez. Vos yeux se sont fermés
Mais vos âmes légères, au-dessus du granit,
Avec les goëlands ne cessent de voler.
Anne-Manick
MarieF
Nuit hagarde, nuit ringarde,
De fil en aiguille tu détricotes
Mes rêves les plus fous
De mes sages pensées.
De la lune blafarde
À l'étoile brillante
Mes yeux écarquillent
L'étonnement heureux.
Nuit sauvage
Nuit volage
Prend garde
Au matin douloureux
Nuit paisible
Nuit oisive
Relativise
Et dort un peu.
