« Une société se juge aussi à la façon dont elle traite ses anciens et ses anciennes »
alyde - 26 janvier 2022 17:51


triccce
Orpea fait le ménage.
Le directeur général d’Orpea, Yves Le Masne, a été démis de ses fonctions dimanche, a annoncé dans un communiqué le groupe de maison de retraite, dans la tourmente depuis lundi dernier en raison de la publication d’une enquête accablante sur ses pratiques.
gwenmalo
coccinelle a écrit :
Je me souviens d'une vieille grand tante de 96 ans (j'en avais alors 14) qui avait sans "potions magiques" conservée toute sa tête, qui vivait dans sa propre petite maisonnette construite sur le même site que la maison de sa fille (donc ensembles mais chacun chez soi) et ses petits enfants (mes cousines, et mon cousin) lesquels étaient toujours fourrés chez elle tant elle était gentille, gaie, drôle, tant elle adorait et comprenait la jeunesse, et qui, bien qu'ayant gardé une claudication après une rupture du col du fémur et se déplaçant avec une canne, était la première à nous appeler pour danser le twist avec elle.
L'éloignement géographique faisait que, malheureusement, je ne voyais cette tante que pendant les vacances scolaires d'été.
Une année, alors que les vacances étaient terminées et que je lui disais au revoir en ne lui cachant pas mon souhait profond de la revoir aux prochaines vacances, elle me dit : "C'est du malheur que tu me souhaites ma chérie. J'ai eu une vieillesse heureuse mais aujourd'hui, je suis fatiguée, il est temps que je me retire, que je me repose"..... Elle n'avait pas peur de la mort, elle aspirait même à mourir. Et son voeux a été exhaussé ; elle est morte six mois plus tard, calmement, dans son sommeil.
Combien de personnes âgées bénéficient de cette santé exceptionnelle et meurent dans ces conditions idylliques ?
Peu, très peu ! Preuve en est la mère de l'oncle qui disposait, comme ma grand tante, d'une petite maisonnette sur ce même terrain mais qui avait complètement perdue la tête, qui était incontinente et qui était devenue une vieille femme aigrie et méchante nous jetant tout ce qui lui tombait sous la main lorsque nous passions devant chez elle. Et pourtant... L'oncle qui était un ancien militaire à la retraite donc très disponible, d'une gentillesse, d'une patience sans pareil, s'en est occupé avec un dévouement hors du commun jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle, oh ! combien moins serein que celui de ma grand tante.
Certes, on connait la dégénération liée à l'âge depuis longtemps mais on disait alors : " Il (elle) est gaga, il (elle) yoyotte, il (elle) perd la tête, il (elle) retourne en enfance...." et personne ne s'en inquiétait outre mesure, personne ne s'en offusquait... C'était comme ça, c'était la roue qui tourne, c'était le temps qui passait et qui permettait de s'habituer à l'idée de l'inéluctable mort vécue comme une étape naturelle de la vie.
Aujourd'hui, au delà de la maladie dont j'ai parlé plus haut, des maladies telles que parkinson et d'alzheimer qui sont parfois des vecteurs d'obligation de placement, beaucoup de personnes ont tellement peur de la mort qu'ils ne veulent surtout pas en être témoin. Plus question de voir un sien mourir dans son lit. Ces gens refusent l'acharnement thérapeutique mais paradoxalement, il souhaite que tout soit fait pour retarder cette mort sans se rendre compte qu'eux-même la précipitent en arrachant leurs anciens de leur lieu de vie chargé de souvenirs. Ce constat aurait-il
été différent si ils les avaient pris chez eux ? Peut-être oui, peut-être non ; le consentement de la personne âgée est essentiel pour qu'une "délocalisation" quelle qu'elle soit, réussisse. Mais la personne âgée est-elle toujours en mesure de décider par elle-même ?
Il me semble que ce schéma de "cohabitation chacun chez soi" qui, il faut le dire, avait été initiée par ma grand tante elle-même lors de son veuvage à 50 ans, veuvage qui à correspondu au remariage de sa fille, elle-même veuve, est la solution la moins traumatisante pour tout le monde, encore faut-il disposer d'un terrain suffisamment grand et de moyens financiers confortables pour le concrétiser.
De plus, je rejoindrais Joe lorsqu'il dit qu'aujourd'hui, très souvent pour des raisons professionnelles, pas forcément souhaitées mais bien souvent soit contraintes sous peine de perdre son emploi, par des délocalisations d'entreprises (et en ces périodes de chômage qui durent et qui perdurent depuis la fin de ce que l'on a appelé "les 30 glorieuses", mieux vaut ne pas démissionner), soit par des affectations éloignées du domiciles familiale, il est devenu difficile, voire impossible, de prendre en charge en présentiel, ses parents.
Autre facteur de difficultés, les divorces en chaîne des parents comme des enfants, et le chômage qui n'ont pas non plus, contribué à faciliter ces rapprochements, les enfants (souvent des femmes) se débattant alors dans des problèmes sociaux et financiers de monoparentalité, inextricables.
En conclusion, je trouve tout à fait malhonnête de jeter la pierre aux jeunes qui, croyant bien faire, n'ont d'autre choix que de "placer" leurs ainés. En revanche, il m'apparait comme tout aussi malhonnête de la part des gouvernements successifs de ne pas avoir pris et de ne pas prendre aujourd'hui encore, les dispositions qui s'imposent pour que les anciens, TOUS LES ANCIENS, puissent vivre leurs vieux jours dignement que ce soit chez eux ou en institutions. La règlementation de ces "boites à fric" que sont les maisons de retraite mais aussi des société privées qui envoient des personnels à domicile (je ne parle pas des associations qui font souvent ce qu'elles peuvent) doit être revue de fond en comble, tant au niveau des locaux et de la nourriture servie au résidents qu'au niveau de la fiabilité et de la formation des personnels qui y travaillent, de leur quantité et de leur salaire mais aussi au niveau des tarifs d'hébergement et de service. De plus, un médecin, un psychologue et un kinésithérapeute à temps plein ne serait pas du luxe dans ces établissements qui reçoivent bien souvent des personnes porteuses de pathologies et/ou de handicaps lourds et compliqués.
En outre et en attendant (mais pas trop longtemps), des contrôles impromptus doivent êtres mis en place et les dérives sévèrement punies, sans avertissement et donc, dès la première inspection ou dénonciation.
Il en va de la grandeur d'une Nation qui ne manque pas une occasion de se hisser sur ses ergots pour crier "Cocorrricooo !!!" de se fixer ces objectifs et de les atteindre sans tarder plus encore.
👏 👍 😀 Bravo ! Je suis entièrement d'accord avec votre analyse très pertinente.
coccinelle
alyde a écrit :
Le sujet de ce soir > 28' Arte
https://www.arte.tv/fr/videos/107637-002-A/ehpad-qui-doit-payer-pour-nos-aines/
Merci Alyde je n'ai pas regardé cette émission dont du reste je n'avais pas vu la programmation (maintenant c'est fait grâce à vous et ça me prouve que mon analyse n'est pas mauvaise), parce qu'un autre scandale était dénoncé sur France 2, à savoir EDF
Bonne nuit et merci encore
alyde
Le sujet de ce soir > 28' Arte
https://www.arte.tv/fr/videos/107637-002-A/ehpad-qui-doit-payer-pour-nos-aines/
coccinelle
Je me souviens d'une vieille grand tante de 96 ans (j'en avais alors 14) qui avait sans "potions magiques" conservée toute sa tête, qui vivait dans sa propre petite maisonnette construite sur le même site que la maison de sa fille (donc ensembles mais chacun chez soi) et ses petits enfants (mes cousines, et mon cousin) lesquels étaient toujours fourrés chez elle tant elle était gentille, gaie, drôle, tant elle adorait et comprenait la jeunesse, et qui, bien qu'ayant gardé une claudication après une rupture du col du fémur et se déplaçant avec une canne, était la première à nous appeler pour danser le twist avec elle.
L'éloignement géographique faisait que, malheureusement, je ne voyais cette tante que pendant les vacances scolaires d'été.
Une année, alors que les vacances étaient terminées et que je lui disais au revoir en ne lui cachant pas mon souhait profond de la revoir aux prochaines vacances, elle me dit : "C'est du malheur que tu me souhaites ma chérie. J'ai eu une vieillesse heureuse mais aujourd'hui, je suis fatiguée, il est temps que je me retire, que je me repose"..... Elle n'avait pas peur de la mort, elle aspirait même à mourir. Et son voeux a été exhaussé ; elle est morte six mois plus tard, calmement, dans son sommeil.
Combien de personnes âgées bénéficient de cette santé exceptionnelle et meurent dans ces conditions idylliques ?
Peu, très peu ! Preuve en est la mère de l'oncle qui disposait, comme ma grand tante, d'une petite maisonnette sur ce même terrain mais qui avait complètement perdue la tête, qui était incontinente et qui était devenue une vieille femme aigrie et méchante nous jetant tout ce qui lui tombait sous la main lorsque nous passions devant chez elle. Et pourtant... L'oncle qui était un ancien militaire à la retraite donc très disponible, d'une gentillesse, d'une patience sans pareil, s'en est occupé avec un dévouement hors du commun jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle, oh ! combien moins serein que celui de ma grand tante.
Certes, on connait la dégénération liée à l'âge depuis longtemps mais on disait alors : " Il (elle) est gaga, il (elle) yoyotte, il (elle) perd la tête, il (elle) retourne en enfance...." et personne ne s'en inquiétait outre mesure, personne ne s'en offusquait... C'était comme ça, c'était la roue qui tourne, c'était le temps qui passait et qui permettait de s'habituer à l'idée de l'inéluctable mort vécue comme une étape naturelle de la vie.
Aujourd'hui, au delà de la maladie dont j'ai parlé plus haut, des maladies telles que parkinson et d'alzheimer qui sont parfois des vecteurs d'obligation de placement, beaucoup de personnes ont tellement peur de la mort qu'ils ne veulent surtout pas en être témoin. Plus question de voir un sien mourir dans son lit. Ces gens refusent l'acharnement thérapeutique mais paradoxalement, il souhaite que tout soit fait pour retarder cette mort sans se rendre compte qu'eux-même la précipitent en arrachant leurs anciens de leur lieu de vie chargé de souvenirs. Ce constat aurait-il
été différent si ils les avaient pris chez eux ? Peut-être oui, peut-être non ; le consentement de la personne âgée est essentiel pour qu'une "délocalisation" quelle qu'elle soit, réussisse. Mais la personne âgée est-elle toujours en mesure de décider par elle-même ?
Il me semble que ce schéma de "cohabitation chacun chez soi" qui, il faut le dire, avait été initiée par ma grand tante elle-même lors de son veuvage à 50 ans, veuvage qui à correspondu au remariage de sa fille, elle-même veuve, est la solution la moins traumatisante pour tout le monde, encore faut-il disposer d'un terrain suffisamment grand et de moyens financiers confortables pour le concrétiser.
De plus, je rejoindrais Joe lorsqu'il dit qu'aujourd'hui, très souvent pour des raisons professionnelles, pas forcément souhaitées mais bien souvent soit contraintes sous peine de perdre son emploi, par des délocalisations d'entreprises (et en ces périodes de chômage qui durent et qui perdurent depuis la fin de ce que l'on a appelé "les 30 glorieuses", mieux vaut ne pas démissionner), soit par des affectations éloignées du domiciles familiale, il est devenu difficile, voire impossible, de prendre en charge en présentiel, ses parents.
Autre facteur de difficultés, les divorces en chaîne des parents comme des enfants, et le chômage qui n'ont pas non plus, contribué à faciliter ces rapprochements, les enfants (souvent des femmes) se débattant alors dans des problèmes sociaux et financiers de monoparentalité, inextricables.
En conclusion, je trouve tout à fait malhonnête de jeter la pierre aux jeunes qui, croyant bien faire, n'ont d'autre choix que de "placer" leurs ainés. En revanche, il m'apparait comme tout aussi malhonnête de la part des gouvernements successifs de ne pas avoir pris et de ne pas prendre aujourd'hui encore, les dispositions qui s'imposent pour que les anciens, TOUS LES ANCIENS, puissent vivre leurs vieux jours dignement que ce soit chez eux ou en institutions. La règlementation de ces "boites à fric" que sont les maisons de retraite mais aussi des société privées qui envoient des personnels à domicile (je ne parle pas des associations qui font souvent ce qu'elles peuvent) doit être revue de fond en comble, tant au niveau des locaux et de la nourriture servie au résidents qu'au niveau de la fiabilité et de la formation des personnels qui y travaillent, de leur quantité et de leur salaire mais aussi au niveau des tarifs d'hébergement et de service. De plus, un médecin, un psychologue et un kinésithérapeute à temps plein ne serait pas du luxe dans ces établissements qui reçoivent bien souvent des personnes porteuses de pathologies et/ou de handicaps lourds et compliqués.
En outre et en attendant (mais pas trop longtemps), des contrôles impromptus doivent êtres mis en place et les dérives sévèrement punies, sans avertissement et donc, dès la première inspection ou dénonciation.
Il en va de la grandeur d'une Nation qui ne manque pas une occasion de se hisser sur ses ergots pour crier "Cocorrricooo !!!" de se fixer ces objectifs et de les atteindre sans tarder plus encore.
margaret
joe a écrit :
Quant aux gouvernements, je ne suis le porte-parole d'aucun parti, chacun est libre de ses choix, mais je rappelle que certains n'ont encore jamais eu le pouvoir.....ils serait peut-être temps de le leur donner.
Ça ne pourra pas être pire. Mais certains ont plus a perdre que d'autres. J'en déduis que ce sont les plus nombreux si rien ne change
Et même si je ne me considère pas parmi les plus défavorisés, je suis prêt à prendre le risque !
Bonsoir Joe, oui bien sûr, chaque problème est différent, ce n'est pas toujours facile de leur faire entendre raison, le même problème s'est posé avec ma mère, elle ne voulez pas rester seule au décès de mon père, j'ai dû la prendre chez moi, je vous souhaite une bonne soirée.
nandocinqsix
Il y a des sociétés laxistes, et d'autres sévères, tant à l'échelle d'une entreprise, qu'au niveau ultime d'un Etat constitué. Les constats élémentaires des études sociologiques sur le traitement des aïeux, sont extrêmement variés dans le temps et l'espace , et même de notre temps autour du monde ...
les systèmes économiques mis en pace pour y faire face, ne dépendent pas exclusivement de critères financiers .

Marianne
Sylve2012 a écrit :
Il ne faut pas généraliser. De tout temps, il y a des méchants et des gentils pour simplifier les choses. Des enfants s'occupent de leurs parents d'une façon remarquable, d'autres les ignorent, voire les maltraitent.
Il y a de bonnes EHPAD et des mauvaises.
De toutes façons les groupes financiers se désintéressent de tout ce qui ne leur rapporte pas.
l y a surtout dans les EHPAD, des employés plus ou moins heureux plus ou moins gentils ou méchants et qui passent leur
"nerfs" et leur hargne sur les pauvres êtres sans défense qui sont à leur portée. J'imagine mal un PDG être gagne petit au point de compter les biscottes ; un peu de jugeotte voyons.
janine33
Je ne crois pas qu’il s’agisse de bons ou de méchants … mais plutôt de changement de modèle , pour une vie en société, plus aseptisée , plus élaborée. plus pudique aussi . La maltraitance des personnes âgées existe dans les familles aussi , peut-être même plus qu’en établissement .
Toute complication de la vie a un coût qu’il faut pouvoir assumer .

Sylve2012
Il ne faut pas généraliser. De tout temps, il y a des méchants et des gentils pour simplifier les choses. Des enfants s'occupent de leurs parents d'une façon remarquable, d'autres les ignorent, voire les maltraitent.
Il y a de bonnes EHPAD et des mauvaises.
De toutes façons les groupes financiers se désintéressent de tout ce qui ne leur rapporte pas.
nandocinqsix
Je ne suis pas certain que les associations sans but lucratif déclaré, traitent en général mieux leurs pensionnaires dépendants, que les société privées , à l'instar de cliniques face aux hôpitaux et , l'enseignement libre produit autant de bacheliers que nos lycées, et réciproquement ! En toute hypothèse, il appartient aux services de l'Etat, de contrôler tout le monde, soumis aux mêmes lois et règlements .
Jadis, les hospices de vieillard en annexes de hôpitaux, fonctionnaient hors toutes normes humanitaires, voilà pourquoi les familles gardaient chez elles les bouches devenues inutiles .
"Une société se juge aussi à la façon dont elle traite ses ...." hors la loi , condamnés par la justice . Attendons-nous à voir s'édifier comme aux USA , des prisons privées ....
caligai
Comme il fallait si attendre, voilà à nouveau les "grands conseilleurs" de sortie.
Bien sûr, il est évident que le gouvernement est "responsable" de cette situation.
Mais il est tout de même étrange qu'avant la parution de ce livre, on n'a entendu aucun "prétendant à la magistrature suprême" dire quoi que ce soit sur ce sujet.
Comme par hasard, au lendemain de la sortie du livre, tous les candidats font leurs propositions, mais surtout, débordent de critiques.
Mais le plus "drôle" si je puis dire, ce sont les commentateurs de ce forum qui font des comparaisons avec "avant".
Or s'il est un domaine où il ne faut surtout pas comparer, c'est bien celui-ci.
Pourquoi ?? Très simple:d'après les sources INSEE,
en 1950, l’espérance de vie pour une femme était de 69.2 ans. Aujourd'hui,elle est de 85.7 ans.
pour un homme, elle était de 63.4 ans et aujourd'hui, de 79.8 ans.
Soit une augmentation moyenne de 15 ans.
Dans ces années là, on mourrait"presque en bonne santé". Aujourd'hui, les personnes âgées sont de plus en plus souvent dépendantes.
Qui veut, ou peut s'occuper pendant des années d'une, voire 2 personnes dépendantes à son domicile ??
Je doute qu'il y en ait beaucoup.
D'autres solutions, Probablement qu'il en existe, mais encore, faut-il avoir les moyens de les financer, et faut-il avoir également les moyens en personnel pour s'en occuper.
Les candidatures ne se bousculent pas dans ces métiers. Et cela se comprends.
Nous avons nous même parfois des difficultés à accomplir certaines tâches avec nos aînés, alors, avec des personnes qu'on ne connaît pas, on peut comprendre aussi. Malgré un bon salaire.