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Moi qui étais ton chien, "dernier poème d'amour" AU FOND DU VIEUX REFUGE

rdbrdb - 20 octobre 2022 16:43

Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.
Pourtant j'en suis certain, je te reconnaîtrai.
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
que tu me caressais, que je dansais de joie.
Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
heureux que tu étais, je me rappelle bien,
tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
tu m'aies attaché, là, devant cette église ?
Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.
Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
que personne, jamais, ne voudra m'adopter.
Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître.
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
pour toutes illusions, enfin leur enlever.
Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
à te combler de joie, du mieux que je pourrai.
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions
vivre des jours heureux, en réconciliation.
Pour cela, je suis prêt à faire de gros efforts,
à rester près de toi, à veiller quand tu dors,
et à me contenter, même si j'ai très faim,
d'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.
Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
sans aucune raison, quand tu étais énervé.
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.
Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi, bien souvent, dans ma niche sans toit,
paralysé, raidi, tellement j'avais froid.
Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
nous franchirons en chœur la porte qui ressemble
à celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.
Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin.
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes
en disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.
Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami.
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.
Et s'il t'arrive un jour de repenser à moi,
ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi.
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.
À vous tous les humains, j'adresse une prière :
me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.
" Au fond du vieux refuge "
Gilbert Dumas

Moi qui étais ton chien, "dernier poème d'amour" AU FOND DU VIEUX REFUGE

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rdbrdb20 octobre 2022 16:43

Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.
Pourtant j'en suis certain, je te reconnaîtrai.
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
que tu me caressais, que je dansais de joie.
Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
heureux que tu étais, je me rappelle bien,
tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
tu m'aies attaché, là, devant cette église ?
Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.
Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
que personne, jamais, ne voudra m'adopter.
Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître.
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
pour toutes illusions, enfin leur enlever.
Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
à te combler de joie, du mieux que je pourrai.
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions
vivre des jours heureux, en réconciliation.
Pour cela, je suis prêt à faire de gros efforts,
à rester près de toi, à veiller quand tu dors,
et à me contenter, même si j'ai très faim,
d'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.
Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
sans aucune raison, quand tu étais énervé.
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.
Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi, bien souvent, dans ma niche sans toit,
paralysé, raidi, tellement j'avais froid.
Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
nous franchirons en chœur la porte qui ressemble
à celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.
Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin.
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes
en disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.
Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami.
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.
Et s'il t'arrive un jour de repenser à moi,
ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi.
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.
À vous tous les humains, j'adresse une prière :
me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.
" Au fond du vieux refuge "
Gilbert Dumas

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Avatar lyanne28

lyanne28

21 octobre 2022 08:02

Superbe texte, merci

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Avatar natura33

natura33

21 octobre 2022 06:32

Merci.

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Avatar jokaire

jokaire

20 octobre 2022 23:46

Merci pour ce texte bouleversant qui témoigne l'amour d'un chien pour son humain
et son désespoir quand il comprend qu'il a été abandonné.
Il ne faut pas s'étonner qu'il ne veuille pas revivre çà avec d'autres
Il faudrait faire lire ce texte à tous ces salauds qui sans honte abandonnent leurs animaux
en août à cause des vacances pour en reprendre un autre à Noel

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

20 octobre 2022 21:00

Je ne crois pas qu’un maître ou une maîtresse vraiment tendre puisse abandonner son animal’....il n’y a pas de tendresse véritable sans conscience ,,,
Et quand on est en conscience on n’abandonne pas son animal ...

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Avatar LILAS

LILAS

20 octobre 2022 20:29

Il arrive quelque fois qu'un chien ne fasse plus confiance aux humains, certains se laissent mourir

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Avatar navigateur

navigateur

20 octobre 2022 20:06

Il faudrait avoir le témoignage du personnel d'un refuge mais je ne crois pas qu'un chien puisse "faire la gueule" à une personne prête à l'adopter. Ceux que j'y ai vu semblaient prêts à redonner leur amour sans conditions, malgré la trahison de leur maitre.

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Avatar Sylvia

Sylvia

20 octobre 2022 18:38

Très beau texte, mais non, aujourd' hui nous souhaitons des textes plus gais.
Lorsque nous n' aurons plus aucun espoir, nous implorerons pour que l' on nous euthanasie ! 😢 😢 😢 😢

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Avatar LILAS

LILAS

20 octobre 2022 17:24

Que c'est bien écrit mais tellement triste ! quand on a un animal, il doit faire partie de la famille. L'amour qu'on leur donne, il savent bien nous le rendre, mais tout le monde ne comprend pas !

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Avatar Dany

Dany

20 octobre 2022 17:05

C'est émouvant ... sniff ! Bon il faut que je me reprenne, sinon je vais verser une larme, comme Danielle !
Alors allons-y dans le cynisme : il est tout de même con ce clébard, il aurait eu tout à gagner de se laisser adopter par ceux qui l'approchaient ! 😊

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Avatar danielle

danielle

20 octobre 2022 16:54

Des larmes à la lecture de ce poème ,moi qui ait accompagné mon golden dans du vrai soin palliatif....non,ça n'est pas" qu'un chien"...;merci 😘

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