
kunzite
daniellem a écrit :
Le problème de ces demandes est que, si la personne ne peut pas se libérer d'elle-même au moment où elle le souhaitera , il faut faire appel à une personne de son entourage OU du monde médical ... Hors , est-on capable ,même si une personne nous le demande , de donner la mort à quelqu'un ??? Personnellement , je n'en aurait pas le courage ... 😟
" donner la mort à quelqu'un " je ne crois pas que ce soit la bonne terminologie . Une personne décidée à mourir et qui ne peut pas le faire elle-même c'est déjà le signe d'un état de santé dégradé . Dans ce cas, c'est de " l'aide à mourir " et je rejoins tout à fait le point de vue du médecin qui estime que c'est le dernier soin que l'on peut apporter à une personne .
Je réagis avec mon passé d'infirmière libérale, j'ai accompagné de nombreux patients en fin de vie, j'ai été confrontée à toutes sortes de situations dont certains services hospitaliers qui avaient un contrat tacite avec leurs patients : quand ils ne supporteraient plus leurs conditions de vie, ils les aideraient à mourir .
C'est ce qui s'est passé, c'étaient des hommes entre 50 et 60 ans qui se battaient depuis des années contre la maladie, qui s'étaient même portés volontaires pour de nouveaux traitements qui n'avaient pas donné les résultats escomptés . Quand le patient est associé de cette manière aux soins qui lui sont prodigués, difficile de se désintéresser de sa fin de vie, l'équipe médicale qui accepte de l'aider à ce moment-là fait son travail jusqu'au bout .
Les patients acceptent d'autant mieux la fin inexorable qu'ils savent que l'équipe ne les abandonnent pas . Tous les patients n'ont pas la chance de rencontrer ce type de service , d'où la nécessité d'une loi plus ouverte.
Actuellement, aider quelqu'un à mourir c'est prendre le risque d'être accusé d'homicide, à moins d'avoir la preuve absolue que c'était bien sa volonté. Ce qui amène certains couples à choisir le suicide pour éviter la condamnation du mieux portant .
daniellem
parigote a écrit :
Merci pour l’info
Je milite depuis longtemps à l’ADMD: association pour le droit de mourir dans la dignité...A quand le droit de maîtriser sa fin de vie...honte à la France...
Le problème de ces demandes est que, si la personne ne peut pas se libérer d'elle-même au moment où elle le souhaitera , il faut faire appel à une personne de son entourage OU du monde médical ... Hors , est-on capable ,même si une personne nous le demande , de donner la mort à quelqu'un ??? Personnellement , je n'en aurait pas le courage ... 😟
kunzite
Le reportage est effectivement d'une très grande richesse . Il présente bien toutes les possibilités et tous les points de vue .
J'ai été agacée par les positions des soignants des soins palliatifs qui n'arrivent pas à intégrer le fait qu'un patient même calmé au niveau de la douleur peut souhaiter ne pas attendre le stade final de la maladie . Ils ne veulent pas avoir le pouvoir de donner la mort mais ne pas entendre la demande du patient c'est une forme de pouvoir également .
La loi doit être discutée en janvier, je crains fort que ce ne soit aussi compliqué que la loi autorisant l'IVG .
En attendant il y a des patients qui vont devoir encore se rendre en Belgique ou en Suisse suffisamment tôt pour être capable de pouvoir faire le trajet . C'est terrible que la France ne leur offre pas cette possibilité de mourir chez eux .
kunzite
Lien pour le replay
https://www.france.tv/documentaires/societe/5237904-fin-de-vie-pour-que-tu-aies-le-choix.html
Sylvaine
J'aimais déjà beaucoup Marina Carrère d’Encausse, elle est si pleine d'humour lors de ses émissions.
Et je découvre une femme d'une humanité extraordinaire.
Son reportage est enrichissant, réconfortant.
Formidable battante pour une dure mais formidable bataille. Bravo Madame et Merci !

Marjorie
parigote a écrit :
Merci pour l’info
Je milite depuis longtemps à l’ADMD: association pour le droit de mourir dans la dignité...A quand le droit de maîtriser sa fin de vie...honte à la France...
Moi aussi je milite depuis longtemps à l ADMD. Oui à quand ? Sujet sensible certes et la conjoncture actuelle ne me paraît pas trop favorable à une ouverture
kunzite
Documentaire intimiste et bouleversant
" Dans ce documentaire bouleversant réalisé par Magali Cotard, Marina Carrère d’Encausse s’investit personnellement sans rien perdre de son objectivité de journaliste spécialiste des questions médicales. Confrontée intimement à la question de la fin de vie depuis qu’elle sait son compagnon atteint de la maladie de Charcot (une maladie dégénérative incurable), la médecin-journaliste fait siens les doutes de l’ensemble de la société. Le film tient autant du journal intime que de l’enquête la plus pointue. Marina Carrère d’Encausse n’élude aucune question, s’empare sans fard, sans tabou et sans préjugé de ce sujet hautement sensible. À travers la France mais aussi en Belgique, en Suisse et au Canada (pays dont les législations diffèrent des nôtres), elle emmène le spectateur à la rencontre des malades concernés, des soignants, des hommes et des femmes politiques et dresse un état des lieux édifiant à même de nous donner toutes les clés de compréhension. "