
rdbrdb
ce n'est pas de la grande poésie…
mais les dames qui attendent une dernière jolie histoire
seraient sensibles à cette formulation…
Je veux découvrir la vie
Que tu apprennes à me connaître par cœur
Ne plus attendre que tu t'ennuies
Le long de tes nuits
Te prendre par la main
Découvrir les chemins
Je veux être seul avec toi
Me dresser devant toi
Entendre tes pas
Quand tu ne t'attendes pas
Je veux crier si fort
Que tu m’entends
Pour ne plus vivre sans toi
Je ne cherche pas ton malheur
Je veux seulement réveiller le bonheur
Dans le couloir de ton cœur
Loin de tes PLEURS et de tes peurs
Sur des rayons de soleil
Je veux que tu t'attaches à moi
Je veux que tu dresses devant moi
Pour voir l’amour au fond de tes yeux
Pour ne pas être une histoire
Une page blanche d'un soir
Je ne veux pas que tu te caches
Je ne veux pas que tu m’attaches
Pour vivre dans le tunnel d'un espoir
Je veux être ton ombre
Te regarder chaque jour
Chanter avec toi
Je veux m'enfouir dans tes draps
Poser ma tête sur tes seins
Ecouter ton cœur battre
Quand tout ne vas pas
Caresser tes cheveux
Pour ne plus partir loin de toi
De dire bonjour après chaque nuit
Je veux dormir avec toi
Fermer les yeux sous le même toit
Me réveiller tout contre toi
Au son de ta voix
Te serrer dans mes bras
Sentir ton corps tout contre moi
Je veux découvrir le visage d'un ange
Mais pas pour un soir qui t’arrange
Je veux dormir avec toi
Ecrire une autre histoire
Mais pas seulement pour une nuit
Antoine Chiappetta
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Du zéphyr l'amoureuse haleine
Soulève encor tes longs cheveux ;
Sur ton sein leurs flots onduleux
Retombent en tresses d'ébène,
L'ombre de ce voile incertain
Adoucit encor ton image,
Comme l'aube qui se dégage
Des derniers voiles du matin.
Du soleil la céleste flamme
Avec les jours revient et fuit ;
Mais mon amour n'a pas de nuit,
Et tu luis toujours sur mon âme.
C'est toi que j'entends, que je vois,
Dans le désert, dans le nuage;
L'onde réfléchit ton image;
Le zéphyr m'apporte ta voix.
Tandis que la terre sommeille,
Si j'entends le vent soupirer,
Je crois t'entendre murmurer
Des mots sacrés à mon oreille.
Si j'admire ces feux épars
Qui des nuits parsèment le voile,
Je crois te voir dans chaque étoile
Qui plaît le plus à mes regards.
Et si le souffle du zéphyr
M'enivre du parfum des fleurs.
Dans ses plus suaves odeurs
C'est ton souffle que je respire.
C'est ta main qui sèche mes PLEURS,
Quand je vais, triste et solitaire,
Répandre en secret ma prière
Près des autels consolateurs.
Quand je dors, tu veilles dans l'ombre ;
Tes ailes reposent sur moi ;
Tous mes songes viennent de toi,
Doux comme le regard d'une ombre.
Pendant mon sommeil, si ta main
De mes jours déliait la trame,
Céleste moitié de mon âme,
J'irais m'éveiller dans ton sein !
Comme deux rayons de l'aurore,
Comme deux soupirs confondus,
Nos deux âmes ne forment plus
Qu'une âme, et je soupire encore !
Souvenir
Alphonse de Lamartine
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Les coeurs purs et spirituels
Ne possèdent qu'un froid arôme
Dont le fragile et faible baume
N'est ni divin ni sensuel.
Mais dans sa force qui réclame,
Dans son miracle de chaleur,
De raison, de fièvre, de PLEURS,
Le corps seul témoigne pour l'âme...
Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
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Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon coeur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.
Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,
Murs noircis par les ans, côteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,
Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
OBJETS inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"...
Alphonse de Lamartine
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Rappelez-vous l'OBJET que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
À cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! Telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! Dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
Une charogne
Poèmes de Charles Baudelaire
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Le soir, ouvrant au vent ses ailes de phalène,
Évoque un souvenir fragilement rosé,
Le souvenir, touchant comme un Saxe brisé,
De ta NAIVETE fraîche de porcelaine.
Notre chambre d'hier, où meurt la marjolaine,
N'aura plus ton regard plein de ciel ardoisé,
Ni ton étonnement puéril et rusé...
Ô frissons de ta nuque où brûlait mon haleine !
Et mon coeur, dont la paix ne craint plus ton retour,
Ne sanglotera plus son misérable amour,
Frêle apparition que le silence éveille !
Loin du sincère avril de venins et de miels,
Tu souris, m'apportant les fleurs de ta corbeille,
Fleurs précieuses des champs artificiels.
Sonnet de porcelaine
Poèmes de Renée Vivien
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Tirade de Perdican dans On ne badine pas avec l’amour (Acte 2, Scène 5)
Perdican
Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui
Alfred de Musset
rdbrdb
Aimer à perdre la raison
Aimer à n’en savoir que dire
A n’avoir que TOI d’horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer a perdre la raison
Ah c’est toujours toi que l’on blesse
C’est toujours ton miroir brisé
Mon pauvre bonheur, ma faiblesse
Toi qu’on insulte et qu’on délaisse
Dans toute chair martyrisée
Aimer à perdre la raison
Aimer a n’en savoir que dire
A n’avoir que TOI d’horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer a perdre la raison
La faim, la fatigue et le froid
Toutes les misères du monde
C est par mon amour que j’y crois
En elle je porte ma croix
Et de leurs nuits ma nuit se fonde
Aimer a perdre la raison
Aimer a n’en savoir que dire
A n’avoir que TOI d’horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer a perdre la raison
Aragon
janine33
Ils passent entraînés, ces couples amoureux,
Et ne s'arrêtent pas pour jeter avec crainte
Un regard autour d'eux.
Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ;
Leur espoir est leur joie et leur appui divin ;
Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe
Leur pied heurte en chemin.
Toi-même, quand tes bois abritent leur délire,
Quand tu couvres de fleurs et d'ombre leurs sentiers,
Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire
S'ils mouraient tout entiers ?
Louise Ackerman
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SANS TOI
Sans toi, la ville s'endort doucement,
Sans toi, les arbres oublient le vent,
Sans toi, la Garonne s'efface lentement,
Sans toi, la nuit rappelle ses amants.
Sans toi, ma musique manque de paroles,
Sans toi, mes heures sont des jours,
Sans toi, mon coeur s'invente une idole,
Sans toi, mes pas sont devenus trop lourds.
Sans toi, le soleil se couche autrement,
Sans toi, je ne distingue pas l'horizon,
Sans toi, la brume cache l'océan,
Sans toi, le temps oublie ses raisons.
Sans toi, j'ai peur du lendemain,
Sans toi, les parfums sont différents,
Sans toi, je ne sais plus tendre la main,
Sans toi, difficile de dire que c'était avant.
- Darry -
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Paroles
Loin d'ici
Tu es parti loin d'ici
Sans un mot, sans un bruit
Sans un appel, un sursis
J'entends encore tes pas
Dis-moi que tu m'attendras
Et du fond de la nuit
J'entends ta voix
Es-tu là?
Se non sei con me mi sembra grigia la città
Camminando solo, i piccoli vedo giocar
Volti e voci del passato che non ricordo proprio
Mi chiedono
Seras-tu loin d'ici
Comme un écho dans la nuit
Seras-tu près de moi
Quand j'aurai besoin de toi
Des plaines d'Amazonie
Au désert du Kalahari
Et du fond de la nuit
J'entends ta voix
Es-tu là?
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POUR VIVRE ICI
Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver
Un feu pour vivre mieux.
Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.
Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur;
J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée,
Comme un mort je n’avais qu’un unique élément.
Pour vivre ici (1918) – Paul Éluard
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Se voir le plus possible et s'aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;
Respecter sa pensée aussi loin qu'on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d'un songe,
Et dans cette clarté respirer librement -
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.
Vous dont chaque pas touche à la GRACE suprême,
C'est vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci,
C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer ainsi.
Et c'est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.
de Alfred de Musset
