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UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb

rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

...

Quelles strophe, chanson, poésie, proverbe, citation font naître dan votre esprit un mot ?
Tristesse : bonjour tristesse....

HONTE : La honte ça passe quand la vie est longue (JP SARTRE)

après une ou plusieurs citations, on laisse un nouveau sujet pour le prochain . VIE


VIE : la vie est une rose dont chaque pétale est une illusion, chaque épine une réalité (A. MUSSET)
.....................................................................

Je vous propose , si vous le voulez, de reprendre ces échanges de citations et poèmes qui nous ont permis de découvrir de jolis textes ces dernières années. 28/1/2011


UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb

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rdbrdb5 décembre 2013 19:14

...

Quelles strophe, chanson, poésie, proverbe, citation font naître dan votre esprit un mot ?
Tristesse : bonjour tristesse....

HONTE : La honte ça passe quand la vie est longue (JP SARTRE)

après une ou plusieurs citations, on laisse un nouveau sujet pour le prochain . VIE


VIE : la vie est une rose dont chaque pétale est une illusion, chaque épine une réalité (A. MUSSET)
.....................................................................

Je vous propose , si vous le voulez, de reprendre ces échanges de citations et poèmes qui nous ont permis de découvrir de jolis textes ces dernières années. 28/1/2011


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rdbrdb

30 janvier 2015 17:53

rdbrdb vendredi 30 janvier 2015 18:50




"Chasteté : Jouissance de ne pas jouir."

Georges Elgozy

j'ai relu avec intérêt (on ne peut pas dire plaisir) le texte de Pivot....
c est tellement vrai et pas jouissif !!! MAIS hauts les cœurs, tant qu'on a la santé !!! mais n oubliez pas d'aller lire la petite histoire du jour de Lenoah ... du vieux monsieur et de la grenouille qui parle !!!!

...
donc je vous propose ( garder, avoir) LE MORAL ou l'adjectif "moral "attaché à la morale et aux bons préceptes moralisateurs ...!!!

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tendressem

30 janvier 2015 13:07

Le temps qui passe m'a fait oublié de faire une proposition :
HORLOGE ???

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tendressem

30 janvier 2015 13:06

Le temps qui passe de Guiseppe Mignemi

Le tic-tac d'une horloge
Le temps qui passe
L'écoulement d'un fleuve
Le temps qui passe
L'égouttement de la pluie
Le temps qui passe
...
Personne ne peut arrêter
Le temps qui passe
Il faut faire bon usage
Du temps qui passe
Ne gaspillez pas en vain
Le temps qui passe
...

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rdbrdb

29 janvier 2015 18:14


.

Amour binaire



Tu es l’autre partition
solitaire et inséparable.
La vie sans toi sera néantisée.
Symbiose qui réjouit
ou véritable angoisse ?
Ta PRESENCE enflamme la dichotomie de notre amour,
fusionne nos étincelles.
Crois-tu pouvoir survivre ?
Moi, je sais !
Je marche à la dérive dans un désert en décomposition
avec cette seule pensée
un jour tu ne seras plus.
Et je serai
Dépariée.

Sybille Rembard,



ABSENCE

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tendressem

29 janvier 2015 12:46

Permets à mon sourire de t'offrir ma tendresse, permets à ma main de t'apporter du doux, permets à mon regard de te dire ton importance et accepter ainsi ma gratitude au cadeau de ta présence .
(Je t'appelle Tendresse de Jacques Salomé)

PRESENCE ???

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rdbrdb

29 janvier 2015 10:23




Le monde est fait avec des astres et des hommes

Emile Verhaeren
















À Napoléon



De lumière et d’obscurité,
De néant et de gloire étonnant assemblage,
Astre fatal aux rois comme à la liberté;
Au plus haut de ton cours porté par un orage,
Et par un orage emporté,
Toi, qui n’as rien connu, dans ton sanglant passage,
D’égal à ton bonheur que ton adversité;

Dieu mortel, sous tes pieds les monts courbant leurs têtes
T’ouvraient un chemin triomphal;
Les élémens soumis attendaient ton signal;
D’une nuit pluvieuse écartant les tempêtes,
Pour éclairer tes fêtes,
Le soleil t’annonçait sur son char radieux;
L’Europe t’admirait dans une horreur profonde,
Et le son de ta voix, un signe de tes yeux,
Donnaient une secousse au monde.

Ton souffle du chaos faisait sortir les lois;
Ton image insultait aux dépouilles des rois,
Et, debout sur l’airain de leurs foudres guerrières,
Entretenait le ciel du bruit de tes exploits.
Les cultes renaissans, étonnés d’être frères,
Sur leurs autels rivaux, qui fumaient à la fois,
Pour toi confondaient leurs prières.

<< Conservez, disaient-ils, le vainqueur du Thabor,
Conservez le vainqueur du Tibre; >>
Que n’ont-ils pour ta gloire ajouté plus encor:
<< Dieu juste, conservez le roi d’un peuple libre! >>

Tu régnerais encor si tu l’avais voulu.
Fils de la Liberté, tu détrônas ta mère.
Armé contre ses droits d’un pouvoir éphémère,
Tu croyais l’accabler, tu l’avais résolu!
Mais le tombeau creusé pour elle
Dévore tôt ou tard le monarque absolu;
Un tyran tombe ou meurt; seule elle est immortelle.

Justice, droits, sermens, peux-tu rien respecter?
D’un antique lien périsse la mémoire!
L’Espagne est notre soeur de dangers et de gloire;
Tu la veux pour esclave, et n’osant ajouter
À ta double couronne un nouveau diadème,
Sur son trône conquis ton orgueil veut jeter
Un simulacre de toi-même.

Mais non, tu l’espérais en vain.
Ses prélats, ses guerriers l’un l’autre s’excitèrent,
Les croyances du peuple à leur voix s’exaltèrent.
Quels signes précurseurs d’un désastre prochain!
Le beffroi, qu’ébranlait une invisible main,
S’éveillait de lui-même et sonnait les alarmes;
Les images des preux s’agitaient sous leurs armes;
On avait vu des pleurs mouiller leurs yeux d’airain;
On avait vu le sang du sauveur de la terre
Des flancs du marbre ému sortir à longs ruisseaux;
Les morts erraient dans l’ombre, et ces cris : guerre! guerre!
S’élevaient du fond des tombeaux.

Une nuit, c’était l’heure où les songes funèbres
Apportent aux vivans les leçons du cercueil;
Où le second Brutus vit son génie en deuil
Se dresser devant lui dans l’horreur des ténèbres;
Où Richard, tourmenté d’un sommeil sans repos,
Vit les mânes vengeurs de sa famille entière,
Rangés autour de ses drapeaux,
Le maudire et crier : voilà ta nuit dernière!

Napoléon veillait, seul et silencieux;
La fatigue inclinait cette tête puissante
Sur la carte immobile où s’attachaient ses yeux;
Trois guerrières, trois soeurs parurent sous sa tente.

Pauvre et sans ornemens, belle de ses hauts faits,
La première semblait une vierge romaine
Le front ceint d’un rameau de chêne,
Elle appuyait son bras sur un drapeau français.
Il rappelait un jour d’éternelle mémoire;
Trois couleurs rayonnaient sur ses lambeaux sacrés
Par la foudre noircis, poudreux et déchirés,
Mais déchirés par la Victoire.

<< Je t’ai connu soldat; salut : te voilà roi.
De Marengo la terrible journée
Dans tes fastes, dit-elle, a pris place après moi;
Salut; je suis sa soeur aînée.

<< Je te guidais au premier rang;
Je protégeai ta course et dictai la parole
Qui ranima des tiens le courage expirant,
Lorsque la mort te vit si grand,
Qu’elle te respecta sous les foudres d’Arcole.

<< Tu changeas mon drapeau contre un sceptre d’airain;
Tremble, je vois pâlir ton étoile éclipsée.
La force est sans appui, du jour qu’elle est sans frein.
Adieu, ton règne expire et ta gloire est passée. >>

La seconde unissait aux palmes des déserts
Les dépouilles d’Alexandrie.
Les feux dont le soleil inonde sa patrie,
De ses brûlans regards allumaient les éclairs.
Sa main, par la conquête armée,
Dégouttante du sang des descendans d’Omar,
Tenait le glaive de César
Et le compas de Ptolémée.

<< Je t’ai connu banni; salut : te voilà roi.
Du mont Thabor la brillante journée
Dans tes fastes, dit-elle, a pris place après moi;
Salut! Je suis sa soeur aînée.

<< Je te dois l’éclat immortel
Du nom que je reçus aux pieds des pyramides.
J’ai vu les turbans d’Ismaël
Foulés au bord du Nil par tes coursiers rapides.
Les arts sous ton égide avaient placé leurs fils,
Quand des restes muets de Thèbe et de Memphis
Ils interrogeaient la poussière;
Et, si tu t’égarais dans ton vol glorieux,
C’était comme l’aiglon qui se perd dans les cieux,
C’était pour chercher la lumière.

<< Tu voulus l’étouffer sous ton sceptre d’airain;
Tremble, je vois pâlir ton étoile éclipsée.
La force est sans appui, du jour qu’elle est sans frein.
Adieu! Ton règne expire, et ta gloire est passée. >>

La dernière… O pitié, des fers chargeaient ses bras!
L’oeil baissé vers la terre où chacun de ses pas
Laissait une empreinte sanglante,
Elle s’avançait chancelante
En murmurant ces mots : meurt et ne se rend pas.
Loin d’elle les trésors qui parent la conquête,
Et l’appareil des drapeaux prisonniers!
Mais des cyprès, beaux comme des lauriers,
De leur sombre couronne environnaient sa tête.

<< Tu ne me connaîtras qu’en cessant d’être roi.
Écoute et tremble : aucune autre journée
Dans tes fastes jamais n’aura place après moi,
Et je n’eus point de soeur aînée.

<< De vaillance et de deuil souvenir désastreux,
J’affranchirai les rois que ton bras tient en laisse,
Et je transporterai la chaîne qui les blesse
Aux peuples qui vaincront pour eux.
Les siècles douteront, en lisant ton histoire,
Si tes vieux compagnons de gloire,
Si ces débris vivans de tant d’exploits divers,
Se sont plus illustrés par trente ans de victoire,
Que par un seul jour de revers.

<< Je chasserai du ciel ton étoile éclipsée;
Je briserai ton glaive et ton sceptre d’airain;
La force est sans appui, du jour qu’elle est sans frein.
Adieu! Ton règne expire, et ta gloire est passée. >>

Toutes trois vers le ciel avaient repris l’essor,
Et le guerrier surpris les écoutait encor;
Leur souvenir pesait sur son ame oppressée;
Mais aux roulemens du tambour,
Cette image bientôt sortit de sa pensée,
Comme l’ombre des nuits se dissipe effacée
Par les premiers rayons du jour.

Il crut avoir dompté les enfans de Pélage;
Entraîné de nouveau par ce char vagabond
Qui portait en tous lieux la guerre et l’esclavage,
Passant sur son empire, il le franchit d’un bond;
Et tout fumans encor, ses coursiers hors d’haleine,
Que les feux du midi naguère avaient lassés,
De la Bérésina, qui coulait sous sa chaîne,
Buvaient déjà les flots glacés.

Il dormait sur la foi de son astre infidèle,
Trompé par ces flatteurs dont la voix criminelle
L’avait mal conseillé.
Il rêvait, en tombant, l’empire de la terre,
Et ne rouvrit les yeux qu’aux éclats du tonnerre;
Où s’est-il réveillé! …
...................
..................
..................
Casimir Delavigne



reveillé éveillé ?????? EVEIL ????

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rdbrdb

28 janvier 2015 18:53




Le cercle des poètes disparus....


"Le cercle n'est pas au service d'un centre."

André Velter




"Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux !"

Eugène Ionesco


HORIZON

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tendressem

28 janvier 2015 12:56

...
Ainsi jamais d'arrêt . L'immortelle matière
Un seul instant encor n'a pu se reposer
La nature ne fait, patiente ouvrière
Que dissoudre et recomposer
Tout se métamorphose entre ses mains actives ;
Partout le MOUVEMENT incessant et divers
Dans le cercle éternel des formes fugitives,
Agitant l'immense univers .
(Louise Ackermann)

CERCLE ???

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rdbrdb

27 janvier 2015 20:44

"S'il existait un Dieu ; tant de vils fanatiques,
Tels que des charlatans dans nos places publiques,
Iraient-ils en son nom vendre leurs talismans,
Etouffer la raison sous leurs raisonnements,
Tromper la bonne foi du peuple trop crédule,
Et le voir à leurs pieds trembler sous leur férule."
(Sylvain Maréchal / 1750-1803 / Dieu et les prêtres, fragments d'un poème philosophique / 1781)

"Une ignorance profonde, une crédulité sans bornes, une tête très faible, une imagination emportée: voilà les matériaux avec lesquels se font les dévots, les zélés, les fanatiques et les saints."
(Jean Meslier / 1664-1729 / parfois attribué au baron d'Holbach / Le bon sens)

"La crédulité des hommes dépasse ce qu'on imagine. Leur désir de ne pas voir l'évidence, leur envie d'un spectacle plus réjouissant, même s'il relève de la plus absolue des fictions, leur volonté d'aveuglement ne connaît pas de limite."
(Michel Onfray / né en 1959 / Traité d'athéologie / 2005)



VENGEANCE

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tendressem

27 janvier 2015 13:04

Air de la calomnie (Barbier de Séville de Rossini) :
"... Et l'on voit le pauvre diable
Menacé comme un coupable
Sous cette arme redoutable
Tomber, tomber terrassé ."


On peut braver les traits de la calomnie, mais on ne méprise pas impunément ceux de la médisance (Simon de Bignicourt)


Plus une calomnie est difficile à croire, plus pour la retenir les sots ont de mémoire (Casimir Delavigne)

MEDISANCE ???

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26 janvier 2015 13:06

Le ridicule est comme la mauvaise haleine, on ne le remarque que chez le voisin(Chamfort)

La moquerie est de toutes les injures, celle qui se pardonne le moins . Elle attaque l'homme dans son dernier retranchement qui est l'opinion qu'il a de lui-même ; Elle veut le rendre ridicule à ses propres yeux (Jean de le Bruyère)

INJURE ...

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26 janvier 2015 08:19



« Ce dessin m’a pris cinq minutes, mais j’ai mis soixante ans pour y arriver. »

de Pierre-Auguste Renoir




« L'écriture est une parole maquillée par le dessin de la réflexion. »

de Franck Guyot



« Le chant est à la parole ce que la peinture est au dessin. »

de Duc de Lévis




« Un dessin réussi prête à rire. Quand il est vraiment réussi, il prête à penser. S’il prête à rire et à penser, alors c’est un excellent dessin. »

de Tignous


RIRE

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25 janvier 2015 19:08


L’origine du Poète



Quand il eut mérité le châtiment de vivre
Sur cette terre, Esprit de son monde exilé,
Des temps futurs s’ouvrit à ses regards le livre :
Il put lire son sort dans l’avenir scellé.

Ce qu’un jour il sera devant lui se déroule,
De ses maux évoqués morne procession.
De revers en revers, flot après flot s’écoule
Sa lamentable vie, — amère vision !

Ce fut là sa douleur première, l’agonie
D’un Esprit que sa faute ici-bas va bannir.
De ses bonheurs passés il doit, âme punie,
Espérance et remords, garder le souvenir.

Homme, dans les labeurs de l’humaine misère,
Gravissant les degrés par l’ange descendus,
Un jour il reverra, montant de sphère en sphère,
Rachetés par ses pleurs, les cieux qu’il a perdus.

Or voici qu’un Esprit, une âme fraternelle,
L’ami, son compagnon dans la sainte Cité,
Lui révèle en ces mots la sentence éternelle,
L’irrévocable arrêt que le maître a porté :

« Frère, entre nous ta chute, hélas ! ouvre un abîme
Que l’expiation seule un jour peut fermer.
La Justice suprême en châtiant le crime
Attend le repentir qui doit la désarmer.

« Entre ton juge et toi ta faute est un mystère
Interdit aux regards même de l’amitié ;
Mais dans l’ange tombé je vois toujours le frère,
Et l’éternel permet l’éternelle pitié !

« Esprit, tu dois subir une prison charnelle,
Te revêtir d’un corps à mourir condamné ;
Tu naîtras de la femme, et, t’absorbant en elle,
Un jour tu comprendras le malheur d’être né.

« L’exil sera ta vie et ton séjour la terre.
Traînant partout le deuil de ton climat natal,
En tous lieux étranger, en tous lieux solitaire,
Tu connaîtras l’amer tourment de l’idéal.

« Tu garderas tes dons ! ta puissance secrète
Sans cesse autour de toi fera l’isolement :
Poète parmi nous, tu resteras poète
Chez l’homme, et ce sera ton plus dur châtiment.

« Cependant du Très-Haut la clémence infinie
Me laisse à ton malheur pour guide et pour soutien.
Invisible et présent, âme à ton âme unie,
Pars, je reste ton frère et ton ange gardien.

« Mais en quittant le ciel pour ta longue souffrance,
De notre azur natal qu’un jour tu dois revoir,
Avec le souvenir, emporte l’espérance :
Dieu sait tout pardonner, tout hors le désespoir. »

Il dit ; et l’exilé sent dans le vide immense
S’évanouir son âme et s’éteindre les cieux :
L’ange en lui disparaît et l’homme en lui commence,
L’homme, — le monstre-énigme à soi-même odieux.

Auguste Lacaussade, Les Automnales (1876)



tu ne m'as pas gâtée Lynel avec l'origine,
alors que je viens de découvrir vos derniers coups de cœur, coups de blues... qui me surprennent toujours ... il y a tant et tant de choses que je n'ai jamais vues, lues, sues....

je vous propose MONSTRE !!!

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tendressem

24 janvier 2015 12:42

La dentellière :
Entends-tu fredonner
La dentellière
Courbée sur son ouvrage
A la lumière
D'un chandelier.
Pour quelques gages
Mêlant ses doigts crisés
Et abîmés
A la dentelle rebelle
Aux aiguilles qui fourmillent
Au rouet désargenté .
Bientôt
La nuit montrera sa couleur
Le labeur avec la douleur
Les reins rompus
le lin pourfendu
Loin sera alors le repos
Suspendu au fuseau .
(Agnès Chêne)

DENTELLE --DENTELLIERE ???

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Naturelle33

24 janvier 2015 10:31

PRIERE AU VIVANTS POUR LEUR PARDONNER D'ETRE VIVANTS (Charlotte DELBO)

Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
un vêtement qui vous va bien
qui vous va mal
qui vous va à peu près
vous qui passez
animés d’une vie tumultueuse aux artères
et bien collée au squelette
d’un pas alerte sportif lourdaud
rieurs renfrognés, vous êtes beaux
si quelconques
si quelconquement tout le monde
tellement beaux d’être quelconques
diversement
avec cette vie qui vous empêche
de sentir votre buste qui suit la jambe
votre main au chapeau
votre main sur le coeur...
la rotule qui roule doucement au genou
comment vous pardonner d’être vivants...
Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
comment vous pardonner
ils sont morts tous
Vous passez et vous buvez aux terrasses
vous êtes heureux elle vous aime
mauvaise humeur souci d’argent
comment comment
vous pardonner d’être vivants
comment comment
vous ferez-vous pardonner
par ceux-là qui sont morts
pour que vous passiez
bien habillés de tous vos muscles...
que vous buviez aux terrasses
que vous soyez plus jeunes chaque printemps
je vous en supplie
faites quelque chose
apprenez un pas
une danse
quelque chose qui vous justifie
qui vous donne le droit
d’être habillé de votre peau de votre poil
apprenez à marcher et à rire ,
parce que ce serait trop bête
à la fin
que tant soient morts
et que vous viviez
sans rien faire de votre vie...

VIVRE ?? LA VIE ?? VIVANT ??

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