UN MOT ....... et UN TITRE, UNE STROPHE de POESIE nous reviennent ...(JEU) 5/12/2013 rdb
rdbrdb - 5 décembre 2013 19:14

Naturelle33
Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été
Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire.
Guillaume Apollinaire - Nuit Rhénane)
RIRE ??
rdbrdb
Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne PLAINTE,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.
Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant
LA NUIT
Naturelle33
" Où es-tu ? ", disait-elle, errant sur le rivage
Où des saules trempaient leurs feuillages tremblants ;
Et des larmes d'argent coulaient dans ses doigts blancs
Quand elle s'arrêtait, les mains sur son visage.
Et lui, errant aussi sur un sable sauvage
Où des joncs exhalaient de longs SOUPIRS dolents,
Sous la mort du soleil, au bord des flots sanglants,
S'écriait : " Où es-tu ? ", tordant ses mains de rage.
Les échos qui portaient leurs appels douloureux
Se rencontraient en l'air, et les mêlaient entre eux
En une plainte unique à la fois grave et tendre ;
Mais eux, que séparait un seul pli de terrain,
Plus désespérément se cherchèrent en vain,
Sans jamais s'entrevoir et sans jamais s'entendre.
(Auguste ANGELLIER)
PLAINTE ? PLAINTIF (TIVE) ??...
Naturelle33
Le temps attend
Emerveillé de tout,
Ne s'étonnant jamais de rien
Lui qui vient chanter
Suivant les saisons
Suivant son chemin
Quand les oignons me feront rire
Les carottes me feront pleurer
L'âne de l'alphabet, a su m'apprendre à lire
A lire pour de vrai
Mais une manivelle a défait le printemps
Des morceaux de glace
lui ont sauté à la figure
J'ai trop de larmes pour pleurer
Ils font la guerre à la nature
Moi qui tutoyais le soleil
Je n'ose plus le regarder en face.
(Prévert- le temps haletant)
SOLEIL ??
rdbrdb
Titre : La joie
Sonnet.
Pour une heure de joie unique et sans retour,
De larmes précédée et de larmes suivie,
Pour une heure tu peux, tu dois aimer la vie :
Quel homme, une heure au moins, n'est heureux à son tour ?
Une heure de soleil fait bénir tout le jour,
Et quand ta main serait tout le jour asservie,
Une heure de tes nuits ferait encore envie
Aux morts, qui n'ont plus même une nuit pour l'amour.
Ne te plains pas, tu vis ! Plus grand que misérable !
Et l'univers, jaloux de ton cœur vulnérable,
Achèterait la joie au même prix que lui ;
Pour la goûter, si peu que cette ivresse dure,
Les monts accepteraient l'éternelle froidure,
L'Océan l'insomnie, et les déserts l'ennui.
René-François Sully Prudhomme
LARMES ????
(ps merci Marine pour ce passage)
Naturelle33
"On est aussi bien à couvert sous le chaume que sous l'or." Sénèque
"On ne distingue point l'or pur par lui-même, mais en le comparant avec d'autre or." Hérodote
"L'or et les brillants ont une éloquence muette qui remue le cœur d'une femme bien plus que les beaux discours." William Shakespeare
« L’or, c’est de l’argent, et tout le reste, c’est du crédit. » Ferdinand Lips
« Par nature, l’or et l’argent ne sont pas monnaie, mais la monnaie est, par nature, or et argent. » Karl Marx
et n'oublions pas que
"Tout ce qui brille n’est pas or"….
BRILLER (et déclinaisons) ??
rdbrdb
L'étranger
- Qui aimes-tu le mieux, homme enigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis?
-Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!
Baudelaire: Petits poèmes en prose, I (1869)
l'OR
Naturelle33
Sous mes paupières closes
Dansent des tâches de soleil
Le ciel tout entier déborde
D’un torrent pastel
Parsemé d’encre et d’étincelles
La nuit efface le temps
Les murs de la chambre
S’envolent au large
Et les nuages nagent
Au vent fripon
Qui gonfle les voiles
Et fait briller les étoiles.....
(M.Christine Grimard)
NUAGES ?
rdbrdb
Le vent
Georges Brassens
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau
Les jean-foutre et les gens probes
Médis'nt du vent furibond
Qui rebrouss' les bois, détrouss' les toits, retrouss' les robes
Des jean-foutre et des gens probes
Le vent, je vous en réponds
S'en soucie, et c'est justic', comm' de colin-tampon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau
Bien sûr, si l'on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux
Le vent semble une brut' raffolant de nuire à tout l'monde
Mais une attention profonde
Prouv' que c'est chez les fâcheux
Qu'il préfèr' choisir les victimes de ses petits jeux
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau
Le vent ? Quelle bonne idée le VENT de Naturelle qui nous apporte cette chanson de Brassens ... allez il va faire beau ! bonne journée à tous
FRIPON
Naturelle33
L’arbre essaie de rejoindre le bruit de ses feuilles
Mais le vent va plus vite que les paroles d’arbre
Emportant leur bruissement bien loin de la forêt
Vent coureur de ciel vent à perdre haleine
Entends-tu chuchoter le chêne enraciné
Vent maraudeur de feuilles vent long-coureur de plaine
Vent qui n’entend jamais le vent ?
Claude ROY
VENT ?
rdbrdb
Première soirée
- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins.
- Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche au rosier.
- Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s'égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.
Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : " Veux-tu finir ! "
- La première audace permise,
Le rire feignait de punir !
- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
- Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : " Oh ! c'est encor mieux !...
Monsieur, j'ai deux mots à te dire... "
- Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D'un bon rire qui voulait bien...
- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Arthur Rimbaud "première soirée"
ARBRE
Naturelle33
Quelques vers de "La Châtelaine" de Marceline DESBORDES-VALMORE
Je vous défends, châtelaine,
De courir seule au grand bois. "
M'y voici, tout hors d'haleine,
Et pour la seconde fois.
J'aurais manqué de courage
Dans ce long sentier perdu ;
Mais que j'en aime l'ombrage !
Mon seigneur l'a défendu.
"Je vous défends, belle mie.
Ce rondeau vif et moqueur. "
Je n'étais pas endormie
Que je le savais par coeur.
Depuis ce jour je le chante ;
Pas un refrain n'est perdu :
Dieu ! que ce rondeau m'enchante !
Mon seigneur l'a défendu.......
Et pour finir en chanson "Nuit de folie" (Début de Soirée)
...."Et tu chantes, chantes, chantes ce refrain qui te plaît..."
Soirée ??
