Stop aux antidépresseurs prescrits à tout va par les médecins !
- Comment expliquer cette tendance en France à prescrire des antidépresseurs aussi facilement ?
« 90 % des antidépresseurs et des psychotropes sont prescrits par des médecins généralistes qui n’ont pas la formation pour faire un diagnostic psychiatrique. Il y a une confusion entre mal-être existentiel et dépression. Le dernier rapport de santé mentale de 2010 estime que 50 % des personnes qui prennent des antidépresseurs ne sont pas dépressifs au sens médical du terme.
Beaucoup de personnes ont besoin d’écoute et les médecins généralistes n’ont ni la formation ni le temps, la durée d’une consultation moyenne étant de 15 minutes. Ces personnes devraient être prises en charge par d’autres praticiens dans le cadre de thérapies mais cela n’est pas remboursé. »
- Les médecins généralistes sont-ils vraiment les mieux adaptés pour prescrire des antidépresseurs ? Ne devrait-on pas plutôt laisser cette responsabilité aux psychiatres ?
« La politique de santé publique en France repose sur l’idée que les médecins généralistes sont plus proches des patients et sont donc supposés être les plus à même de ramener dans leurs filets les personnes qui posent problème au niveau de la santé mentale.
Or, l’information des médecins est insuffisante pour établir le diagnostic et pour suivre de manière thérapeutique les patients. Ils prescrivent des drogues comme des panacées sans en informer les patients et souvent sans en connaître eux-mêmes les effets secondaires. Cela qui peut exposer les personnes concernées à de graves problèmes.
D’autre part, les personnes qui ont besoin d’antidépresseurs ne se font pas diagnostiquer correctement et on ne leur prescrit pas les bons traitements... »
- Comme certains psychiatres le pensent, pourquoi les antidépresseurs sont-ils inefficaces sur la dépression simple ou la déprime ?
« Les antidépresseurs les plus utilisés sont ceux de la famille du Prozac, qui augmentent le taux de sérotonine. Dans les dépressions légères, ils n’ont pas d’efficacité et dans les dépressions modérées, ils agissent légèrement.
Dans les dépressions graves, avec tendance suicidaire etc., on considère que les antidépresseurs sont indispensables. Toutefois, beaucoup de praticiens continuent d’utiliser dans ces cas-là des antidépresseurs beaucoup plus anciens de la famille des imipraminiques qui ont été découverts dans les années cinquante. Les médecins prescrivent à l’aveugle en ne sachant pas si la dépression est légère ou importante, ce qui est une erreur. »
- Quels dangers peuvent entraîner les antidépresseurs ?
« Trois hypothèses se présentent :
- les antidépresseurs fonctionnent et tout va bien,
- ils ne fonctionnent pas et rien ne se passe,
- les antidépresseurs modifient la chimie du cerveau et peuvent entraîner des états d’agitation, de confusion mentale, de dépersonnalisation, de désinhibition qui mènent à des actes de violence contre soi-même ou contre les autres (homicide, suicide...).
Bien souvent, les médecins ignorent ce genre d’effets secondaires et ne préviennent pas les patients qui peuvent être sujets à ce genre d’accès. Les personnes se retrouvent alors dans des états qu’ils ne comprennent pas. Les antidépresseurs devraient être prescrits avec une grande prudence sur la base d’un bon diagnostic.
Le danger avec la prise de ces médicaments peut intervenir au début du traitement, lors d’une augmentation des doses ou lors de l’arrêt brutal du traitement. »
- Par quoi les médecins pourraient-ils remplacer les antidépresseurs lors de prescriptions ?
« Les antidépresseurs sont très utiles dans le cas de dépression grave. Toutefois, chez les personnes qui n’en ont pas besoin, les antidépresseurs peuvent être remplacés par l’activité physique. Lorsque l’activité physique n’est pas suffisante, un déséquilibre se crée entre le corps et l’esprit. L’esprit se met à travailler en circuit fermé et cela entraîne des perturbations à tous les niveaux.
Le sport et les pratiques alternatives comme le yoga, donnent des résultats extrêmement positifs sur le corps et le cerveau : ils modifient le métabolisme et procurent une sensation de bien-être qui n’a rien à voir. Il est aussi important de pouvoir parler de ses difficultés avec quelqu’un d’autre, que ce soit un spécialiste ou qui que ce soit (amis, famille, collègues de travail...). »
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