La dépression, une maladie et non une banale « déprime »

Après un événement difficile (rupture, deuil), on est triste, malheureux, fatigué et découragé. Cet état peut durer quelques jours, voire quelques semaines. Vient un moment où on se secoue, où le désir de vivre revient. Ce moment aura été, comme on le dit familièrement, « une déprime ».

Mais il arrive que la tristesse s'installe. La personne est ralentie dans ses gestes comme dans sa pensée. Sa mémoire faiblit. Elle n'a plus goût à rien, n'a plus d'appétit et dort mal. Elle est épuisée dès le réveil. Son visage perd de l'expression. C'est alors seulement qu'on peut soupçonner une vraie dépression. La tristesse du dépressif devient générale et n'a plus de cause précise : tout le rend triste. On le soupçonne même de prendre plaisir à son malheur car il se dévalorise et cultive des pensées tristes.

Le brusquer est complètement inutile. Il a une paralysie des mécanismes du bonheur.

Que faire… face à la dépression ?

Les anxiolytiques (tranquillisants) calment l'angoisse, mais ne soignent pas la dépression. En prendre plus d'une semaine crée une accoutumance.

Il faut recourir aux antidépresseurs. Contrairement aux tranquillisants, ils doivent être pris longtemps, au moins 6 mois, et les effets peuvent se faire attendre plusieurs semaines. Le médecin doit choisir parmi les antidépresseurs celui qui est le plus adapté à la personne, donnera le moins d'effets secondaires, et trouver la bonne dose. Parfois il l'oriente vers un psychiatre.

Il ne faut pas oublier la souffrance de l'entourage, et le soutien nécessaire au patient pour qu'il n'abandonne pas son traitement.

S'il y a un fond névrotique, un thérapeute adapté peut être amené à compléter l'action des médicaments.

Parfois l'association de douleurs diverses à une grande fatigue fait que l'entourage pense à un cancer. Mais ces symptômes s'effacent avec le traitement de la dépression.

Traiter la dépression par la parole

Le traitement par les médicaments et la parole est généralement efficace.

Si on ne la traite pas, une dépression va dégrader à vie de celui qui souffre, lui faire perdre son travail et ses amis.

Le risque de suicide doit être décelé. Les idées noires ne sont pas toujours exprimées.

L'épisode dépressif peut rester unique, mais 50 % des patients récidivent.

Avez-vous déjà vécu une dépression ? Comment êtes-vous sorti de cet engrenage de tristesse et de médicaments ? N'hésitez pas à témoigner et à donner vos conseils dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.