Rentrée littéraire : « Juste avant » bouleversantCulture

Rentrée littéraire : « Juste avant » bouleversant

Emeline E.  |   Date de publication : 11 octobre 2011 10:11 / Dernière mise à jour : 20 juin 2013 22:58

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Chronique d'une traversée de siècle

L'histoire commence par un rendez-vous avec la mort. Une vieille dame, Juliette, en vient presque à se réjouir de l'issue fatale qui se rapproche. Elle décrit avec espièglerie cette « pause » dans sa « tornade d'emmerdements ». Le ton du texte est lancé. Celui d'une vie parsemée d'embûches, de lourdes peines toujours absorbées par une gaieté salvatrice.

Juliette est presque née avec le siècle. Ce XXe siècle et son lot de souffrances, ses deux guerres. Vogue la galère. La voix de Saintenoy est chatoyante, poétique, pleine d'humour et d'autodérision. Empreinte d'un humanisme communicatif.

Rien ne fut jamais aisé pour Juliette, à l'image de ses souliers : « Je me suis toujours trimballé des grosses chaussures de marche, j'avais que le choix entre le marron et le noir. Forcément, ça brisait la petite magie des jolies robes que je m'achetais ». Et pourtant, la narratrice va toujours vers l'avant.

Écriture légère et poétique

Au fil des pages se dévoile la chronique familiale. Quatre générations de femmes qui se retrouvent sans homme, vivent avec leur mère et leur fille unique.

L'aînée et narratrice, Juliette, rencontre Louis aux bals des bords de Marne. Ni l'un ni l'autre ne dansent. Alors il la fait rire. L'humour soulève son amour. Louis est un homme d'engagement. Militant communiste compulsif, il en oublie presque sa famille au profit des manifestations. Sa résistance l'envoie en prison, avant la déportation. Juliette ne le reverra pas. Mais le prend avec légèreté : « Quand on est un héros et qu'on en crève, faut bien être sûr qu'on n'aurait pas mieux fait de rester planqué, sinon c'est démoralisant ».

« Juste avant », c'est ce dernier moment où Juliette et Milena, son arrière-arrière petite-fille se retrouvent pour échanger leurs souvenirs, partager les beaux moments de leur vie.

Ce premier roman, dont Daniel Pennac signe l'accroche en couverture, est un pur joyau. L'écriture pleine de sensibilité, de drôlerie, d'humanité, est bouleversante. Saintenoy montre combien malgré les difficultés, la vie reste une aventure pleine de surprises, de félicité. Un texte à savourer !

« Juste avant » de Fanny Saintenoy, éditions Flammarion 2011, 119 p., 12 €.

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