
marchello67
Merci Carousse, pour ce livre numérique l'intention des râleurs dont je ne fais pas partie. Je n'ai jamais râlé contre la SNCF ; je crois d'ailleurs me souvenir que tu en faisais partie.
Mon père aussi, y travaillait, dans le Service "matériel et traction "
Rien que 21 chapitres , cela fait de la lecture pour ces longues soirées d'hiver
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Reproduction du chapitre 21 : à ceux qui ne sont pas cheminots
Je vais vous faire une promesse.
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Avant de m’immerger dans le monde des cheminots, je m’étais dit qu’il fallait que je comprenne quel était le fil rouge de ces femmes et ces hommes qui nous transportent en tout temps, en tout lieu.
En commençant cette immersion inédite de quatre mois dans le monde de la SNCF, je faisais partie de la longue liste des clients râleurs capables de tweeter plus vite que leur ombre pour dire tout le mal qu’ils pensaient d’un train ayant un peu de retard ou d’un micro-problème qui n’allait en rien changer leur vie. Comment et pourquoi ce comportement d’enfants gâtés est-il né ? Sans doute parce que les trains sont une part d’enfance, une part de voyages, une part de la France qui appartient à chaque Français. Sans doute aussi parce que nos impôts servent à financer la SNCF, alors nous pensons que nous avons un droit sur elle. Je ne sais pas.
Pourtant, ce que font les cheminots devrait nous inspirer, nous servir de modèle. C’est un travail d’une rare qualité, d’une précision infinie. Ils savent s’adapter et travailler en temps réel pour servir les Français.
J’ai découvert ce que produire tout en consommant voulait dire. Imaginez que vous créiez un produit et qu’en même temps, il soit consommé par un tiers qui exige de vous tout le temps le meilleur. Quelle serait votre vitesse d’anticipation pour prévoir ses choix ? Quels savoir-faire vous faudrait-il ? Comment en cas de problème vous adapteriez-vous ? Seriez-vous capables malgré les remarques, très souvent désobligeantes, de vous remettre à produire ou bien lâcheriez-vous l’affaire parce que vous n’avez pas à supporter tout ça ? De quelle abnégation seriez-vous capable ?
Se mettre à la place de quelqu’un est une utopie naïve, mais tentez d’adapter les capacités cheminotes à votre vie, vous verrez que ce n’est pas si simple.
Par ailleurs, j’ai découvert cet « esprit cheminot » dont parlent certains livres anciens ainsi que les plus vieux cheminots interviewés. Ce lien qui relie les hommes et les femmes de la SNCF est un mix entre solidarité, fraternité et utilité.
Les cheminots m’ont montré qu’ils étaient solidaires entre eux. Quand l’un d’entre eux est malade, en garde d’enfants ou doit s’occuper de ses anciens, un autre se lève et prend sa place au travail.
Enfin, les cheminots m’ont montré qu’ils ont l’utilité au cœur. Ils ont un besoin premier de servir la nation comme je crois seule la légion étrangère sait le faire (je suis petit-fils de combattant). Cette utilité est souvent mal remerciée ou mal comprise. Parfois, même de la part des managers qui ne vivent pas suffisamment le terrain. Mais elle est là et bien là. Inhérente à ce qu’ils sont. Tous les jours, ils démontrent leur utilité en transportant des milliers de gens. En corrigeant leurs erreurs pour augmenter leur qualité de service. Tous les jours, ils acheminent les denrées pour nourrir les populations des centres-villes comme des périphéries. Et cela, même quand ils risquent d’attraper un virus mortel. Tous les jours, ils créent du lien entre les gens et les territoires de notre pays. Tout en préservant la planète.
Imaginez deux minutes si les trains n’existaient pas en France… c’est impossible. Le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain a besoin des trains.
Alors à ceux qui râleraient encore parce que seulement moins de 5 % des trains peuvent avoir un souci, comparez-vous, puis commencez par comprendre la cause de votre problème et si vous n’y arrivez pas, expliquez pourquoi vous n’êtes pas satisfait, sans râler, aux cheminots.
Je suis persuadé que les femmes et les hommes de la SNCF sauront vous écouter et faire au mieux pour, une fois encore, vous être utiles.
Et vous comprendrez ce fil rouge qui chaque jour les anime.
Alors, promis, je ne serai plus un client râleur.
Emery Doligé
Paris, le 21 juillet 2020
carousse
Coucou marchello,
Il y a quelqu'un qui a écrit un bouquin sur la sncf pendant la crise et qui l'a mis en lecture gratuite (et audio) sur internet.
Il dit qu'il faisait partie des clients râleurs et qu'il a complètement changé d'avis.
J'ai commencé par la fin, Épilogue : à ceux qui ne sont pas cheminots, ça a l'air dithyrambique !
https://www.sans-precedent.com/index.html
