Recueil d'une histoire vraie (triste réalité sur la veillesse )

- 28 juillet 2022 14:53

Assise sur sa chaise à l'angle de la porte fenêtre, le regard lointain, elle remonte le temps, dans cette demeure, il y a encore l'écho des rires de ses enfants, la vie au quotidien et quelque part, l'ombre d'une aïeule qui comme elle scrute l'horizon. Soudain une voix d'une petite fille qui, vient lui faire un baiser, le coeur bondit de joie dans sa poitrine, on vient la chercher et on se met autour de la table dans un brouhaha rassurant; un échange qui est vivant, puis, blotti dans son épaule, sa petite fille qui lui demande de lui narrer une histoire, la vie est belle même quand la vieillesse vous arrache de l'autonomie, et au diable la mort, ici il y a les rires, les cris, de l'espoir, de la vie. Elle soupire, et se dit que c'est pas si mal. Elle fait partie de cette famille qu'elle a crée, écouter les jérémiades des uns et des autres, mais aussi les joies et ses vacances par procuration avec les photos.

Puis un appel, "madame, madame", ses yeux s'ouvrent, devant une blouse blanche, d'un mouvement cirulaire son regard s'attarde et découvre une minuscule chambre spartiate, où quelques photos de visages aimés qui sont figés dans un cadre . Une grande inspiration pour ne pas laisser couler cette larme au bord des cils, son coeur se serre, sa gorge se noue, même les mots ne sortiraient pas. "votre repas" elle hoche de la tête, au diable le repas pourquoi faire, elle n'est plus qu'un objet placé là, alors elle se met à haïr cette vie léthargique, cette antichambre de la mort.

Elle se souvient que sa maman avait eu beaucoup de chance de l'avoir pris avec elle, et sans le savoir avait adouci sa vieillesse, elle n'aurait d'ailleurs jamais pu faire autrement.

On viendra la voir bientôt, enfin de temps en temps alors, elle se fera belle pour la circonstance, la joie d'un baiser sur sa joue qu'elle oubliera volontairement de toiletter pour garder le plus longtemps possible cette douceur extrême, comme un parfum grisant. Toucher leurs mains si douces, croiser leurs regards, écouter leurs voix . Je voudrai avoir plein de choses à leur dire, mais rien ne se passe, je mange, je dors , je ne sers plus à rien.

Ils seront là enfin presque, elle perçoit parfois leur impatience au départ par d'infimes gestes, elles les scrutent tellement!!! puis le départ le déchirement, l'arrachement, elle a envie de crier, de hurler, ne me laissez pas, pitié....

Alors la souffrance est telle, qu'elle préférerait qu'ils ne soient jamais venus et la laisser mourir tout doucement seule pour ne pas regretter, pour ne plus souffrir, espérant même oublier ,perdre la tête, tant la souffrance est intense.

Recueil d'une histoire vraie (triste réalité sur la veillesse )

28 juillet 2022 14:53

Assise sur sa chaise à l'angle de la porte fenêtre, le regard lointain, elle remonte le temps, dans cette demeure, il y a encore l'écho des rires de ses enfants, la vie au quotidien et quelque part, l'ombre d'une aïeule qui comme elle scrute l'horizon. Soudain une voix d'une petite fille qui, vient lui faire un baiser, le coeur bondit de joie dans sa poitrine, on vient la chercher et on se met autour de la table dans un brouhaha rassurant; un échange qui est vivant, puis, blotti dans son épaule, sa petite fille qui lui demande de lui narrer une histoire, la vie est belle même quand la vieillesse vous arrache de l'autonomie, et au diable la mort, ici il y a les rires, les cris, de l'espoir, de la vie. Elle soupire, et se dit que c'est pas si mal. Elle fait partie de cette famille qu'elle a crée, écouter les jérémiades des uns et des autres, mais aussi les joies et ses vacances par procuration avec les photos.

Puis un appel, "madame, madame", ses yeux s'ouvrent, devant une blouse blanche, d'un mouvement cirulaire son regard s'attarde et découvre une minuscule chambre spartiate, où quelques photos de visages aimés qui sont figés dans un cadre . Une grande inspiration pour ne pas laisser couler cette larme au bord des cils, son coeur se serre, sa gorge se noue, même les mots ne sortiraient pas. "votre repas" elle hoche de la tête, au diable le repas pourquoi faire, elle n'est plus qu'un objet placé là, alors elle se met à haïr cette vie léthargique, cette antichambre de la mort.

Elle se souvient que sa maman avait eu beaucoup de chance de l'avoir pris avec elle, et sans le savoir avait adouci sa vieillesse, elle n'aurait d'ailleurs jamais pu faire autrement.

On viendra la voir bientôt, enfin de temps en temps alors, elle se fera belle pour la circonstance, la joie d'un baiser sur sa joue qu'elle oubliera volontairement de toiletter pour garder le plus longtemps possible cette douceur extrême, comme un parfum grisant. Toucher leurs mains si douces, croiser leurs regards, écouter leurs voix . Je voudrai avoir plein de choses à leur dire, mais rien ne se passe, je mange, je dors , je ne sers plus à rien.

Ils seront là enfin presque, elle perçoit parfois leur impatience au départ par d'infimes gestes, elles les scrutent tellement!!! puis le départ le déchirement, l'arrachement, elle a envie de crier, de hurler, ne me laissez pas, pitié....

Alors la souffrance est telle, qu'elle préférerait qu'ils ne soient jamais venus et la laisser mourir tout doucement seule pour ne pas regretter, pour ne plus souffrir, espérant même oublier ,perdre la tête, tant la souffrance est intense.

avatar
Avatar eric

eric

29 juillet 2022 20:43

Cela étant je peux aussi développer ici mais est ce une bonne idée ? Qu en penses tu ?

Répondre·

Avatar eric

eric

29 juillet 2022 19:58

Sympa, Madelyce...

Répondre·

Avatar Aurore

Aurore

29 juillet 2022 10:46

Et même temps, la plupart veulent vivre longtemps longtemps longtemps alors qu'on a bien constaté que l'augmentation de l'espérance de vie n'a pas d'incidence positive proportionnelle sur celle en bonne santé, et que les fins de vie sont de plus en plus pénibles.
Puis, les personnes âgées ne sont pas vraiment un exemple de bienveillance envers les jeunes et s'en foutent bien d'avoir rendu la planète invivable. S'ils avaient enseigné et pratiqué l'empathie toute leur vie, peut-être que la situation serait différente.

Répondre·

Avatar Mir

Mir

29 juillet 2022 08:59

Un texte romantique, mais la réalité est plus cruelle.
L'isolement des Vieux est un problème sociétal et religieux, de nos pays gâtés par l'individualisme, le consumérisme, l'égoïsme de ces jeunes générations, société de loisirs, de plaisirs, de gaspillages .... leurs Anciens les gênent ! Alors, on les ignore, on s'en débarasse !...
Regardez les Arabes, les Asiatiques, et tous les peuples musulmans ou bouddhistes sont très différents de nous dans leurs mode de vie et leurs croyances. Eux ne laissent pas leurs parents dans des mouroirs, ils les prennent avec eux (sans se poser la question, c'est normal), ils sont intégrés dans le coeur familial, respectés de génération en génération. Que que soit leur niveau de vie, riches ou pauvres, leurs Anciens sont présents, font partie du quotidien avec affection et respect, et déférence : leur pilier, leur reconnaissance sociale et personnelle. Quelle leçon !

Répondre·

Avatar rdbrdb

rdbrdb

29 juillet 2022 07:37
nefermi a écrit :
Infiniment triste, infiniment vrai, cruel, inevitable... sauf la chance de finir très vite chez soi... sans encombrer, sans compliquer et notre départ sera heureux pour c. nos proches, pour soi.... Un rêve.... bon, pas tout de suite, mais on y pense....

j'aurais eu envie d'écrire que "le premier qui s'en va" a la chance d'être entouré par son conjoint, les enfants...
pour le survivant ... ce sera la descente vers l'enfer... parce qu'il sera seul ... avec une santé qui va se dégrader, et de moins en moins de "vivants" pour venir lui rendre visite...
et je rejoins nefermi .... sauf si l'on a la chance de finir très vite chez soi...

Répondre·

Avatar nefermi

nefermi

29 juillet 2022 07:13

Infiniment triste, infiniment vrai, cruel, inevitable... sauf la chance de finir très vite chez soi... sans encombrer, sans compliquer et notre départ sera heureux pour c. nos proches, pour soi.... Un rêve.... bon, pas tout de suite, mais on y pense....

Répondre·

Avatar Myriam

Myriam

29 juillet 2022 07:07

Que dire ? Un peu ce qui nous attend tous. Sauf qu'on devrait rappeler à ceux qui nous abandonnent, parce qu'ils ont autre chose à faire, que, peut-être, s'ils sont là, bien vivants, à décider de notre sort, c'est qu'un jour nous ne les avons pas abandonnés, que les circonstances aient été difficiles ou non. Mais notre monde est cruel, oublieux et méchant.

Répondre·

Avatar rdbrdb

rdbrdb

29 juillet 2022 06:40

🎶 "La maison de retraite" 🎶
J’ai retrouvé ta lettre où tu disais peut-être
Un jour on s’ra trop vieux
Pour s’écrire des poèmes
Pour se dire que l’on s’aime
Se r’ garder dans les yeux
Tu parlais de naufrage,
D’un corps qui n’a plus d’âge
Et qui s’en va doucement
De la peur de vieillir et d’avoir à subir
L’impertinence du temps
De n’ plus pouvoir s’aimer si la mémoire s’en va
Et qu’on n’ se reconnaît plus
Et perdre me disais-tu le plaisir de me plaire
l’ envie de me séduire
Peur de la dépendance
Et de finir sa vie dans une maison de retraite
De la fin qui commence
De l’esprit qui divague
Peur de ne plus pouvoir un jour
Rire à mes blagues
Mais tout ça c’est des bêtises est-ce que tu réalises
On s’ ra jamais trop vieux
Pour s’écrire des poèmes, pour se dire que I’on s’aime
Se r’ garder dans les yeux
Et je veillerai sur toi et tu veilleras sur moi
Ce s’ ra jamais fini
On s’ dira mon amour jusqu’à la fin des jours
Et le jour et la nuit
Et le jour et la nuit
Et leur maison de retraite ça j’ te jure sur ma tête
Nous on ira jamais
On dormira dehors, on r’ gardera les étoiles
On vivra libres et dignes !
On s’ tiendra par la main comme à nos 18 ans
Qu’on marchait tous les deux sur des sentiers perdus
Au début du printemps
Et on pourra toujours raconter des bêtises
Et dire n’importe quoi
On vivra libres et dignes !
Et si l’on doit partir un jour après le dernier mot
Du tout dernier poème
On partira ensemble
Tu comprends…
On s’ ra jamais trop vieux
Pour se dire que l’on s’aime
Se r’ garder dans les yeux
On s’ ra jamais trop vieux
Pour se dire que l’on s’aime
Se r’ garder dans les yeux.
~ Michel Jonasz ~

Répondre·

Avatar Marie

Marie

29 juillet 2022 04:54

Paul ne s’agit-il pas du don et contre don?
Pour ma part je préfère donner de mon vivant ….cela évite de payer pour les héritiers des frais de succession.
Donner un coup de pouce,.me paraît important ! Quand on peut bien sûr !
Au regard de l’espérance de vie , les enfants auront un minimum de 50 ans pour hériter…ou même eux mêmes seront probablement à la retraite ! On peut leur souhaiter qu’à ces âges leur vie soit stabilisée !

Répondre·

Avatar paul

paul

28 juillet 2022 18:50

On donne souvent beaucoup, voire on se sacrifie, pour nos enfants, et petits enfants, financièrement, garde, et investissement affectif
Un peu notre devoir, et source de joie
Pas forcément objet de reconnaissance..
Et ils ont leur vie à vivre, pas en phase avec la nôtre
C'est juste comme ça

Répondre·

Avatar Sylvia

Sylvia

28 juillet 2022 16:08

Triste, mais tellement vrai !
Lors de visites à des papies ou mamies, on peut constater, hélas, que leurs proches ne viennent que par " devoir " et ne cachent ni leur ennui, ni leur impatience à vite s' en aller, comme si la vieillesse et son lot de handicaps, était contagieux !
IL est terrible de constater que ces personnes ont eu des enfants, et petits enfants, et qu' ils se sont dévoués pour leur famille, ont eu un travail honorable, et qu' à la vieillesse, on les abandonne.
Sont-ils devenus gênants ?

Répondre·