
flore
Votre réflexion, Simbad, m'incite à m'exprimer.
En effet, passé une certaine décennie, on se pose ces questions.
D'abord, la perspective de l'enterrement semble une solution: retourner à la terre, notre mère nourricière, quoi de plus naturel? Obstacle : ayant lu les Histoires extraordinaires d'Edgar Poe, je me souviens d'un maccabée, emboîté trop tôt, qui gratte l'envers du couvercle avec ses ongles.
Puis, j'ai pensé que puisque le mercredi des cendres, le prêtre disait en posant quelques cendres sur le front des fidèles en disant : ''Tu es poussière et tu retourneras en poussière.'' Cela nous rappelait que nous sommes presque rien sur cette planète. Mais, selon Reeves, nous sommes ''poussières d'étoiles'' cette image scintille à nos yeux.
Alors, j'ai envisagé la crémation mais ayant assisté à un tel évènement, j'ai cru entendre les os craquer sous les flammes malgré la musique apaisante...
Enfin, je trouve qu'être dispersée au-dessus d'un beau paysage est une image plaisante* au moins on n'encombrera pas. 🐛 ⚡ ✳
* sauf si c'est à contre-vent!
Vieuxchat
Comme beaucoup d'entre vous, je préfère être "crématorié"'..Les avantages ? Faire la nique aux asticots, notre caveau familial est plein à craquer, ça coûtera moins cher que le cimetière (pourtant je me ruine en payant depuis longtemps une assurance décès), ma famille ne se sentira pas obligée de faire semblant de pleurer sur ma tombe, au risque que je "vois" qui s'est déplacé pour me rendre un hypocrite hommage... (elle n'avait qu'a venir bavarder avec moi, avant qu'il ne soit trop tard) et ça lui évitera de se sentir obligée d'entretenir ma tombe, d'enrichir la fleuriste avec des chrysanthèmes, et quel pied de nez de ma part qu'on dise de moi "Feu ce pauvre Monsieur qui vient de s'éteindre !"...La seule interrogation, c'est que faire de mes cendres ? Je n'ai pas envie de finir mes jours dans une urne posée sur une cheminée (ça fait morbide !). ou les jeter dans la mer, les poissons s'en ficheront...Dommage qu'on ne puisse pas les enterrer dans le jardin, sous un saule pleurer pour le faire pousser, ou sous le potager pour que les légumes deviennent plus beaux, mais c'est interdit...Oh funérailles ! Tout ceci, vue l'heure qu'il est, pour vous souhaiter un profond sommeil (mais pas le dernier !)...
Nexus
Maline14 a écrit :
Je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit un psy. A trop analyser, il donne à une discussion l'orientation qu'il veut.
Quand il parle de "dépréciation" du corps, si un cercueil était ouvert quelques mois après l'inhumation, ce serait l'horreur de découvrir une décomposition lente...
Je ne vois pas non plus où est " le dernier malentendu entre les générations", on ne crématise pas une personne vivante !
Pour l'endeuillé(e), on peut imaginer que l' Être aimé est devenu un oiseau libre et non un prisonnier dans une boîte...
Il y a aussi le don du corps à la Faculté de médecine (gratuit).
Ma Mère et son Mari ont choisi cette dernière formule pour aider la science à progresser.
Je veux y voir là une grande générosité dont les médecins sont très reconnaissants
Je pense d'abord à celui qui est parti plutôt qu'à moi, sans trahir sa dernière volonté.
Et je m'arrange comme je peux pour rendre "l'après" moins intolérable.
C'est ma façon personnelle de "faire mon deuil" et j'ai le plus grand respect pour tous ceux qui ne pensent pas comme moi.
Pour terminer sur une note gaie (!), je choisis la crémation parce que je n'aime pas être dans le noir, ni enfermée (un peu claustro !), que je prends une douche chaque jour et que mon corps finira comme j'ai vécu : le feu aux fesses !
Votre point de vue est aussi respectable que celui de ce psychiatre, mais la stricte vérité pourrait aussi être ailleurs.
Maline14
Nexus a écrit :
L'avis d'un psychiatre :
"… la crémation suppose la dépréciation du corps. Dans cette sublimation de l’âme et cette destruction autoritaire, programmée, du corps, je trouve un manichéisme – tout le bon est dans l’âme, tout le mauvais dans le corps, le corps est souillure – auquel je ne saurais souscrire : il reste une partie de l’être humain même lorsqu’il est mort… Il est vrai aussi que la crémation est parfois, et ce n’est pas si rare, le dernier malentendu entre les générations. La personne âgée n’a pas assez confiance dans l’affection de ses descendants ou, dit-elle, elle a peur de les gêner, de leur créer de l’embarras, de leur faire du souci, ce qui, à mon sens, revient à peu près au même et me paraît être l’indice de sentiments de culpabilité, même et surtout non reconnus, à leur égard. Alors la crémation devient une fuite et une autopunition… La crémation est encore plus douloureuse pour l’endeuillé lorsqu’elle a été suivie de la dispersion des cendres. Le travail de deuil, dans ses différents mouvements intérieurs, comprend un processus d’acceptation progressive qui est toujours plus difficile en l’absence de traces concrètes."
Je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit un psy. A trop analyser, il donne à une discussion l'orientation qu'il veut.
Quand il parle de "dépréciation" du corps, si un cercueil était ouvert quelques mois après l'inhumation, ce serait l'horreur de découvrir une décomposition lente...
Je ne vois pas non plus où est " le dernier malentendu entre les générations", on ne crématise pas une personne vivante !
Pour l'endeuillé(e), on peut imaginer que l' Être aimé est devenu un oiseau libre et non un prisonnier dans une boîte...
Il y a aussi le don du corps à la Faculté de médecine (gratuit).
Ma Mère et son Mari ont choisi cette dernière formule pour aider la science à progresser.
Je veux y voir là une grande générosité dont les médecins sont très reconnaissants
Je pense d'abord à celui qui est parti plutôt qu'à moi, sans trahir sa dernière volonté.
Et je m'arrange comme je peux pour rendre "l'après" moins intolérable.
C'est ma façon personnelle de "faire mon deuil" et j'ai le plus grand respect pour tous ceux qui ne pensent pas comme moi.
Pour terminer sur une note gaie (!), je choisis la crémation parce que je n'aime pas être dans le noir, ni enfermée (un peu claustro !), que je prends une douche chaque jour et que mon corps finira comme j'ai vécu : le feu aux fesses !
rdbrdb
Comme on ne pense pas toujours à donner rv aux PFG pour le jour de notre mort... ni à s'inscrire à l'avance pour une incinération... "les ayant... devoir" découvrent les contre temps... ("au crématorium de M. ce n'est pas possible avant 15 jours" " "ah une autre solution... le crématorium de N pourrait faire la cérémonie, mais procèdera à la crémation sans les familles... vous avez choisi une urne, ou la dispersion... ce sera possible 5 jours plus tard"...."
(Pour ceux qui n'ont pas déjà construit leur dernière demeure, petit sejour au repositoire avant d'imposer un ou 3 mois plus tard l'acheminement du cercueil...)
Nous avons donc échappé au bruit des os voltigeant dans le four, et à la dispersion des cendres... ... sans regret, sans culpabiliser... Le chagrin est dans le coeur pas dans les gestuelles ...
.................
Quand en visitant une petite église près du Château de Montaigne, j'ai vu pointer quelques os dans les allées et entre les tombes du minuscule cimetière voisin... je me suis interrogée : mauvais travail des personnes sensées rassembler quelques "dormeurs" ds un seul cercueil pour faire un peu de place... ou braves toutous venus déterrer leurs maîtres ?
le caveau familial, les tombes fleuries pour la toussaint, le renouvellement des concessions ... un commerce... que tout le monde ne peut s'offrir...
Les morts sont partout où nous allons, ou oubliés à jamais, mais certainement pas dans un palais d'or, ou une urne de marbre....
mais j'espère bien, (pour ne pas ajouter au chagrin de ceux que je laisserais) bénéficier du même service réduit que mon époux... au jour supposé de la mise à feu de mon cercueil qui sera j'espère en carton ... sans imposer à l'imagination de mes enfants, mes os sautant frénétiquement dans le grand feu... et devoir disperser mes cendres qu'un coup de vent pourrait ramener ds leurs cheveux....
janine33
Je n’y ai pas pensé et pas choisi . Je trouve qu’une l’incinération c’est violent et effrayant . Rester avec ses amis pendant que le corps brûle … ces image me hantent . Peut-être plus lorsque cette situation se sera banalisée .
Emmenez vous vos enfants ( ou petits enfants ) aux obsèques de leurs grands parents ?
Nexus
simbad a écrit :
MERCI de votre participation sur ce post qui ne voulait ni culpabiliser personne, ni créer des querelles d'ego.
Elle me donne un éclairage constructif.
Si je suis d'accord sur l'approche par la dépréciation du corps humain, mais c'est une position personnelle ne trouvant pas mon enveloppe charnelle digne de considération, je ne vois pas en quoi je voudrais culpabiliser mes descendants.
Par contre je voudrais que mon urne soit déposée en un endroit précis pour faciliter le travail de deuil des enfants, et non les cendres disperséess comme au final d'une mauvaise série de Netflix...
Bonne journée à vous et encore merci de votre passage.
Merci à vous également pour ces sincères réflexions.

Marjorie
L écologie le manque de place dans les cimetières la crémation est " tendance " Chacun fait comme il le désire. Perso je trouve le processus d incinération très violent. Un corps dont il ne restera rien qui plus est si les cendres sont dispersées dans la nature. C est le cas d une amie décédée à 70 ans. Un lieu de mémoire et de recueillement me manque.
simbad
Nexus a écrit :
L'avis d'un psychiatre :
"… la crémation suppose la dépréciation du corps. Dans cette sublimation de l’âme et cette destruction autoritaire, programmée, du corps, je trouve un manichéisme – tout le bon est dans l’âme, tout le mauvais dans le corps, le corps est souillure – auquel je ne saurais souscrire : il reste une partie de l’être humain même lorsqu’il est mort… Il est vrai aussi que la crémation est parfois, et ce n’est pas si rare, le dernier malentendu entre les générations. La personne âgée n’a pas assez confiance dans l’affection de ses descendants ou, dit-elle, elle a peur de les gêner, de leur créer de l’embarras, de leur faire du souci, ce qui, à mon sens, revient à peu près au même et me paraît être l’indice de sentiments de culpabilité, même et surtout non reconnus, à leur égard. Alors la crémation devient une fuite et une autopunition… La crémation est encore plus douloureuse pour l’endeuillé lorsqu’elle a été suivie de la dispersion des cendres. Le travail de deuil, dans ses différents mouvements intérieurs, comprend un processus d’acceptation progressive qui est toujours plus difficile en l’absence de traces concrètes."
MERCI de votre participation sur ce post qui ne voulait ni culpabiliser personne, ni créer des querelles d'ego.
Elle me donne un éclairage constructif.
Si je suis d'accord sur l'approche par la dépréciation du corps humain, mais c'est une position personnelle ne trouvant pas mon enveloppe charnelle digne de considération, je ne vois pas en quoi je voudrais culpabiliser mes descendants.
Par contre je voudrais que mon urne soit déposée en un endroit précis pour faciliter le travail de deuil des enfants, et non les cendres disperséess comme au final d'une mauvaise série de Netflix...
Bonne journée à vous et encore merci de votre passage.
yvonnick56
Nexus a écrit :
L'avis d'un psychiatre :
"… la crémation suppose la dépréciation du corps. Dans cette sublimation de l’âme et cette destruction autoritaire, programmée, du corps, je trouve un manichéisme – tout le bon est dans l’âme, tout le mauvais dans le corps, le corps est souillure – auquel je ne saurais souscrire : il reste une partie de l’être humain même lorsqu’il est mort… Il est vrai aussi que la crémation est parfois, et ce n’est pas si rare, le dernier malentendu entre les générations. La personne âgée n’a pas assez confiance dans l’affection de ses descendants ou, dit-elle, elle a peur de les gêner, de leur créer de l’embarras, de leur faire du souci, ce qui, à mon sens, revient à peu près au même et me paraît être l’indice de sentiments de culpabilité, même et surtout non reconnus, à leur égard. Alors la crémation devient une fuite et une autopunition… La crémation est encore plus douloureuse pour l’endeuillé lorsqu’elle a été suivie de la dispersion des cendres. Le travail de deuil, dans ses différents mouvements intérieurs, comprend un processus d’acceptation progressive qui est toujours plus difficile en l’absence de traces concrètes."
Beaucoup de vérités dans votre message