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L’« homme aux cornes de bison » français est né

Pimaly - 30 mars 2023 06:03

Alors que la « rue » croit rejouer un remake de la Révolution, comment « déradicaliser » la France avant qu’il ne soit trop tard ?

Emmanuel Macron ? Les syndicats ? Le culte Mélenchon, ou bien les casseurs ou les éboueurs ? On s’égare à parier sur le vainqueur dans « l’affaire française », vue de l’extérieur. Mais une chose est cependant certaine : c’est la radicalité qui va l’emporter. C’est-à-dire la radicalisation de l’opinion française, sa façon de fabriquer de la politique ou de s’en réclamer, l’identité même du leadership politique de l’avenir. Le gourou de La France insoumise a montré ce chemin où l’on gagne à préparer à perdre tout : le seul moyen de faire de la politique, c’est d’être un seigneur de la radicalité. C’est donc le futur français à court terme. Un paysage de concurrence qui va se bipolariser à l’extrême, faire émerger des visages cagoulés et des populismes adeptes de la fronde par le ridicule et l’intox. La France va connaître son moment trumpiste et un jour peut-être – un jour malheureux – sa présidentielle à la Bolsonaro. L’« homme aux cornes de bison », héritier de celui qui a laissé sa photo pour illustrer l’invasion du Capitole, apparaît français désormais. Il s’expose dans la « rue », sublimée dans un remake de la Révolution, sous le nez des médias ou dans la peau de tous. 

Et c’est le sujet de l’avenir : comment guérir « l’homme aux cornes de bison » de son ridicule, de sa violence, de son complotisme et de sa croyance en une conquête qui se mènerait par l’envahissement, le feu et le jet de pierre ? C’est-à-dire comment, demain, « déradicaliser » la France ? 

Le mot a, rappelons-le, mauvaise presse et fait grimacer : « déradicaliser » est une thérapie politique qu’on réservait habituellement aux djihadistes de retour de Syrie ou candidats au départ et à l’attentat. Déradicaliser, c’est-à-dire prévenir la violence et guérir les djihadistes de leurs « croyances », leur complotisme, leur univers anxiogène et leur séparatisme. 

Verbe haut, visions et versets faux. 

Rien qui lie la galaxie des « Abou quelque chose » à la France colérique d’aujourd’hui, bien sûr. Ou presque. Car justement, la radicalité n’est pas le monopole de ceux qui posent des bombes au nom d’Allah, mais peut toucher, comme une pandémie, l’exercice de la politique elle-même. S’il n’est pas un « prince des croyants », par exemple, Mélenchon a réinventé cette radicalité en politique, l’allégeance par le serment nocturne et le messianisme par le chaos. Il veille dans les parages de ses « élus » comme un gourou derrière ses meilleurs apôtres. Rejet des institutions, contournement des votes, complotisme, promotion de l’anxiété collective pour mieux asseoir les recrutements, verbe haut, visions et versets faux.

La radicalité française prend à juste titre ou « à titre abusé » le prétexte du dossier des réformes, mais elle s’affirmait déjà dans l’air du temps. Dans l’Assemblée, dans la façon de s’habiller des élus et dans le recours à la violence pour imposer ses opinions. On peut refuser, ou pas, de se prononcer sur ces « réformes », il reste à accepter ce diagnostic clinique : la France est radicalisée. Et aussi à espérer que l’on pose l’autre question : comment la déradicaliser pour qu’elle ne bascule pas lors des futures échéances électorales, notamment à la prochaine présidentielle ? Comment guérir la France ? Comment réussir la thérapie de l’« homme aux cornes de bison » français ? Comment faire revenir le citoyen dans les urnes, les institutions, les partis, le débat, la nuance et la différence ? Comment endiguer ce séparatisme social et politique français ? On ne sait pas encore.

Kamel Daoud - Le Point, 30-03-2023

L’« homme aux cornes de bison » français est né

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Pimaly30 mars 2023 06:03

Alors que la « rue » croit rejouer un remake de la Révolution, comment « déradicaliser » la France avant qu’il ne soit trop tard ?

Emmanuel Macron ? Les syndicats ? Le culte Mélenchon, ou bien les casseurs ou les éboueurs ? On s’égare à parier sur le vainqueur dans « l’affaire française », vue de l’extérieur. Mais une chose est cependant certaine : c’est la radicalité qui va l’emporter. C’est-à-dire la radicalisation de l’opinion française, sa façon de fabriquer de la politique ou de s’en réclamer, l’identité même du leadership politique de l’avenir. Le gourou de La France insoumise a montré ce chemin où l’on gagne à préparer à perdre tout : le seul moyen de faire de la politique, c’est d’être un seigneur de la radicalité. C’est donc le futur français à court terme. Un paysage de concurrence qui va se bipolariser à l’extrême, faire émerger des visages cagoulés et des populismes adeptes de la fronde par le ridicule et l’intox. La France va connaître son moment trumpiste et un jour peut-être – un jour malheureux – sa présidentielle à la Bolsonaro. L’« homme aux cornes de bison », héritier de celui qui a laissé sa photo pour illustrer l’invasion du Capitole, apparaît français désormais. Il s’expose dans la « rue », sublimée dans un remake de la Révolution, sous le nez des médias ou dans la peau de tous. 

Et c’est le sujet de l’avenir : comment guérir « l’homme aux cornes de bison » de son ridicule, de sa violence, de son complotisme et de sa croyance en une conquête qui se mènerait par l’envahissement, le feu et le jet de pierre ? C’est-à-dire comment, demain, « déradicaliser » la France ? 

Le mot a, rappelons-le, mauvaise presse et fait grimacer : « déradicaliser » est une thérapie politique qu’on réservait habituellement aux djihadistes de retour de Syrie ou candidats au départ et à l’attentat. Déradicaliser, c’est-à-dire prévenir la violence et guérir les djihadistes de leurs « croyances », leur complotisme, leur univers anxiogène et leur séparatisme. 

Verbe haut, visions et versets faux. 

Rien qui lie la galaxie des « Abou quelque chose » à la France colérique d’aujourd’hui, bien sûr. Ou presque. Car justement, la radicalité n’est pas le monopole de ceux qui posent des bombes au nom d’Allah, mais peut toucher, comme une pandémie, l’exercice de la politique elle-même. S’il n’est pas un « prince des croyants », par exemple, Mélenchon a réinventé cette radicalité en politique, l’allégeance par le serment nocturne et le messianisme par le chaos. Il veille dans les parages de ses « élus » comme un gourou derrière ses meilleurs apôtres. Rejet des institutions, contournement des votes, complotisme, promotion de l’anxiété collective pour mieux asseoir les recrutements, verbe haut, visions et versets faux.

La radicalité française prend à juste titre ou « à titre abusé » le prétexte du dossier des réformes, mais elle s’affirmait déjà dans l’air du temps. Dans l’Assemblée, dans la façon de s’habiller des élus et dans le recours à la violence pour imposer ses opinions. On peut refuser, ou pas, de se prononcer sur ces « réformes », il reste à accepter ce diagnostic clinique : la France est radicalisée. Et aussi à espérer que l’on pose l’autre question : comment la déradicaliser pour qu’elle ne bascule pas lors des futures échéances électorales, notamment à la prochaine présidentielle ? Comment guérir la France ? Comment réussir la thérapie de l’« homme aux cornes de bison » français ? Comment faire revenir le citoyen dans les urnes, les institutions, les partis, le débat, la nuance et la différence ? Comment endiguer ce séparatisme social et politique français ? On ne sait pas encore.

Kamel Daoud - Le Point, 30-03-2023

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Avatar theo95

theo95

31 mars 2023 10:14

Personnellement, je n'oublie jamais que nous dirigeants politiques, quelles que soient leurs couleurs politiques et idéologiques sont soumises à un système financier mondial diffus impossible à cerner qui tire les ficelles.
En d'autres termes, nos Élus ne sont que des pantins sans pouvoir réel sur le devenir de leurs administrés.
Une "révolution"? Pourquoi pas. Celle franco-française qu'adviendra pas. Mondiale et globalisée, certainement. Mais qui veut bien s'y coller?

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Avatar mick26

mick26

31 mars 2023 08:26

Très bel exposé ! La radicalisation est la soeur jumelle de l'idéologie !!! Quand on est seulement guidé par une idéologie quelle qu'elle soit on se radicalise forcément ! Ce phénomène ne touche pas que la sphère politique : les végans qui cassent des boucheries, les anti ceci ou cela qui exigent que nous tous devions penser comme eux !!!! Dès que certains ont une idée, un tropisme ils veulent l'imposer à tous !!!
De plus en plus on vit ce genre de réactions !!! il y a un tas d'"anti" : anti viande, anti fonctionnaires, anti corridas, anti, anti .... Il est facile de devenir anti car la vie ne manque pas de choses horribles ou simplement désagréables ! On a oublié que de la discution jaillit la lumière !!!

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Avatar Jean-claude

Jean-claude

31 mars 2023 08:22

Un bon copier coller ?????

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Avatar alain

alain

30 mars 2023 18:08

" HUMSA YOUSAF PORTRAIT. le premier dirigeant musulman d’une nation démocratique occidentale a prêté serment devant la Cour suprême d’Édimbourg, mercredi 29 mars. " LE POINT 30/03/2023
Peter Sloterdijk : « Je crains que la pensée unique ne s’impose en Europe » LE POINT 30/03/2023

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Avatar valia68

valia68

30 mars 2023 15:53

Mai 68 , une révolution😂

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Avatar gillesml

gillesml

30 mars 2023 08:59

Merci il est important de faire suivre ce texte. Ce qui me désolé c’est toutes ces vies gâchées. Ces gens dont la colère alimentée par des fausses informations qui se sont mis à commettre des délits. En groupe on est facilement entrainé. Il y a longtemps que je n’hurle plus avec les loups.

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Avatar janine33

janine33

30 mars 2023 07:53

Les révolutions accouchent souvent d’une dictature fort répressive qui permet de se remémorer l’âge d’or passé !
Merci pour ce texte , Pimaly !
Nos policiers sont également radicalisés

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Avatar alain

alain

30 mars 2023 06:36

"Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé"

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Avatar alain

alain

30 mars 2023 06:26

C'est Kamel Daoud qu'il nous faut , wallah ?

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