Combien de lits sont réellement fermés à l’hôpital ?

- 17 novembre 2021 08:19

Article d' Alternatives Économiques du 17 novembre 2021

Y a-t-il 20 %, 6 % ou 5 % de lits fermés cet hiver ? Derrière cette bataille de chiffres, le constat de la crise de l’hôpital est sans appel : depuis 2000, les établissements médicaux publics français ont perdu un quart de leur capacité d'accueil.
Alors que se dessine le spectre d’une cinquième vague épidémique en France, c’est l’un des rares consensus qui émerge : le Covid-19 n’a pas interrompu la réduction inexorable des capacités hospitalières. Au contraire, la crise sanitaire a amplifié les fermetures de lits d’« hospitalisation complète » pour tous les types de pathologie. Seuls les lits dits de réanimation, pour les patients touchés par le Covid notamment, ont connu une hause de 14,5 % en 2020, portant leur total à 6 219. Est-il pour autant possible de mesurer l’ampleur de la crise qui frappe l’hôpital public, jusque dans ses oscillations ?
C’est ce que suggère l’étude publiée par le professeur Jean-François Delfraissy et le Conseil scientifique, dans son avis du 5 octobre, selon laquelle au moins 20 % des lits disponibles sur le papier sont actuellement fermés dans les centres hospitaliers universitaires (CHU) et centres hospitaliers régionaux (CHR) de France, faute de soignants pour tous les faire fonctionner.
Des études parcellaires
Quelles sont la méthodologie et le périmètre de cette enquête ? « Nous avons recueilli des données concordantes auprès des grandes structures hospitalières du pays, les CHU », affirme à Alternatives Economiques Marie-Christine Simon, conseillère communication du Conseil scientifique, créé à l’occasion de la crise sanitaire pour éclairer le gouvernement dans ses décisions. « Nous voulions indiquer de manière prudente que l’hôpital n’est pas dans des conditions optimales pour affronter une éventuelle nouvelle vague épidémique, mais notre enquête ne prétend pas à l’exhaustivité », poursuit-elle. Une opportunité saisie par Olivier Véran pour calmer le jeu, jugeant le chiffre « erroné » devant l’Assemblée nationale, le 2 novembre.
D’après le ministre de la Santé, un coup de sonde de ses service dans 16 CHU recenserait plutôt 5 % de lits fermés. Reconnaissant des « difficultés réelles », le ministre a même relativisé ce phénomène. Il survient, selon lui, « comme chaque année à la période automnale ». Un diagnostic appuyé par la Fédération hospitalière de France (FHF) qui en dénombre pour sa part 6 %, dans une étude rapportée par le Journal du dimanche.
Pour obtenir ce résultat, l’organe représentant les directions hospitalières se fonde sur des questionnaires envoyés à tous les hôpitaux et auxquels ont répondu plus d’un tiers des CHU et centres hospitaliers, soit 330 établissements au total. Pour autant, les données de cette enquête de la FHF sont elles aussi très parcellaires : elles précisent seulement que les CHU sont les plus touchés (8 % de lits fermés), ainsi que les régions Île-de-France, Pays-de-la-Loire et Grand Est, sans plus de détails.

19 % de lits fermés à l’AP-HP
Entre le Conseil scientifique, le ministre de la Santé et la FHF, la bataille des chiffres fait donc rage. Alors, qui a raison, qui a tort ? Difficile de trancher tant cette polémique repose sur des études loin d’avoir été réalisées en bonne et due forme. Reste une réalité bien quantifiable : selon un communiqué du syndicat USAP-CGT de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris du 29 octobre, 14 % à 18 % des lits sont actuellement fermés en Île-de-France où 83 % des hôpitaux ont dû condamner des lits, dont 3 566 pour l’AP-HP (19 %), qui en compte près de 20 000. Des chiffres confirmés par les services de l’AP-HP auprès d’Alternatives Economiques. Ces lits fermés s’ajoutent à tous ceux déjà perdus pendant le Covid, en raison de la généralisation des chambres à un seul lit. 
En cause, dans ce « naufrage » : l’absentéisme, manifestation du rejet de l’organisation de travail au sein de l’hôpital, qui s’est hissé en moyenne à 11 %, contre 8 % à 9% avant l’épidémie de Covid. La semaine du 11 octobre, 1 074 postes étaient vacants à l’AP-HP.
Dans l’ensemble des unités neurovasculaires (UNV) de Paris, un tiers des lits est fermé faute de personnel et 50 % des postes d’infirmiers ne sont pas pourvus, prévenait-elle au début du mois de novembre, dans un courrier adressé aux cabinets du ministre de la Santé et du Premier ministre, aujourd’hui resté sans réponse.
Dans les autres régions, les fermetures de lits dans les plus grands hôpitaux oscilleraient entre 1 et 12 % selon les chiffres publiés par la conférence de directeurs de CHU fin octobre. Or, rien qu’à Marseille, par exemple, sur les 2700 lits que compte l’APHM, 448 sont actuellement fermés, c’est-à-dire 16 % de leur capacité.
Maquillage administratif
Ces évaluations de la crise au sein des grandes structures confirment que l’hôpital n’est pas dans des conditions optimales pour affronter une éventuelle nouvelle vague épidémique. Mais comment alors expliquer la différence si importante entre les estimations du Conseil scientifique et celles du gouvernement et de son administration ? Principal élément de réponse : pour cacher l’ampleur de la crise, l’administration joue sur les chiffres.
« Les directeurs d’hôpitaux ne communiquent que sur les lits qui sont définitivement fermés, quand il y a des lits qui ferment au jour le jour en raison d’un manque de personnel », regrette la neurologue Sophie Crozier.
L’explication de ce maquillage apparaît dans un message de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France aux établissements, à la date du 29 octobre, que le journal Mediapart s’est procuré. Il compare le « capacitaire installé », correspondant au nombre de lits présents habituellement dans un établissement, et le « capacitaire effectif », qui traduit le nombre de lits ouverts pouvant accueillir des patients de manière effective, à un moment donné. Ce dernier indicateur prend donc en compte les absences et les effectifs réduits. Derrière ces subtilités administratives, le problème de fermetures de lits dans les hôpitaux publics est pourtant structurel, bien plus profond.
80 000 lits fermés depuis 20 ans
« La pandémie n’a fait qu’accentuer les déséquilibres du système hospitalier français, rappelle Jean-Paul Domin, spécialiste de l’Histoire économique de l’hôpital et membre des Economistes atterrés. La réduction du nombre de lits n’est pas apparue pendant le Covid, c’est le résultat d’une politique mise en oeuvre depuis de nombreuses années. » Entre 2000 et 2020, les établissements médicaux publics français ont en effet perdu 79 896 lits d’hospitalisation, soit un quart de leur capacité d’accueil, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
En 2020, 1 369 places d’hospitalisation « de jour » ont été ouvertes et le nombre de séjours en ambulatoire dépassait en 2017 les 3,7 millions, soit près de 58 % des opérations. L’hospitalisation à domicile a dans le même temps connu une « croissance particulièrement vive » de 10,8 %, soit 21 276 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire ». Au détriment, donc, des plus précaires qui n’ont pas un « chez-soi » où ils seront mieux qu’à l’hôpital.
« Les règles du monde de l’hôpital ont basculé vers celui de l’entreprise »
« Sous l’impulsion de la réforme Mattei, dite Hôpital 2007 et de la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires), dite loi Bachelot, votée sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2009, les règles du monde de l’hôpital ont basculé vers celui de l’entreprise », résume Jean Paul Domin. Et l’économiste de poursuivre :
« La tarification des activités, qui est le mode de financement des hôpitaux, repose sur des incitations. Les malades sont rangés dans des groupes homogènes de séjour (GHS) auxquels est associé un certain tarif. Or, si l’hospitalisation d’un malade coûte plus cher que le montant auquel son GHS est tarifié, l’hôpital est perdant. Il existe donc au sein des hôpitaux des services spécialisés dans la valorisation du GHS où l’on étudie le parcours du malade à l’hôpital pour trouver le GHS le plus rémunérateur », pointe le spécialiste de l’économie de la santé.

« Virage ambulatoire »
Cette réduction constante du volume de lits à l’hôpital relève de la théorie néoclassique traditionnelle, relève Jean Paul Domin : « Depuis les années 1980, cette variable a été érigée comme un instrument privilégié pour réduire la dépense hospitalière ». La France est même la championne d’Europe dans ce domaine. Entre 2006 et 2016, les suppressions de lits ont atteint -13,8 % en France contre -9,5 % dans l’Union européenne, selon la Drees. « Cela découle d’une volonté politique. Elle s’inscrit dans un système de contractualisation entre les ARS et les hôpitaux qui implique que la réduction de lits disponibles soit un critère exigé pour bénéficier d’allocations », poursuit-il. « Ce modèle a progressivement conduit au regroupement des services hospitaliers selon une logique de performance financière », analyse l’économiste.
Et à ce petit jeu, ce sont les établissement privés qui s’en sortent le mieux. Les chiffres montrent que la baisse du nombre de lits est plus importante dans le secteur public. Les établissements publics ont vu leur capacité baisser de 25 % de 2000 à 2020, quand la chute n’a seulement été que de 3 % dans le privé à but lucratif, c’est-à-dire générant des bénéfices, les cliniques. Le privé à but non lucratif (les associations ou fondations) connaît, lui, une évolution plus proche de celle du public, avec une baisse de 21 % sur vingt ans.
Jusqu’où ira donc cette politique de fermeture de lits qui épuise les soignants ? Il y a quatre ans, le ministère de la Santé avait fixé un objectif de 70 % de la chirurgie réalisée en ambulatoire sous l’autorité d’Agnès Buzyn. Dans son livre, « L’hôpital à cœur ouvert », publié en 2017, le président de l’AP-HP Martin Hirsch allait même plus loin. Son objectif : construire des hôtels aux alentours des hôpitaux, afin d’y loger les patients. La fermeture continuelle de lits n’est donc pas près de s’arrêter.

https://www.alternatives-economiques.fr/combien-de-lits-reellement-fermes-a-lhopital/00101117?utm_campaign=qda

Combien de lits sont réellement fermés à l’hôpital ?

17 novembre 2021 08:19

Article d' Alternatives Économiques du 17 novembre 2021

Y a-t-il 20 %, 6 % ou 5 % de lits fermés cet hiver ? Derrière cette bataille de chiffres, le constat de la crise de l’hôpital est sans appel : depuis 2000, les établissements médicaux publics français ont perdu un quart de leur capacité d'accueil.
Alors que se dessine le spectre d’une cinquième vague épidémique en France, c’est l’un des rares consensus qui émerge : le Covid-19 n’a pas interrompu la réduction inexorable des capacités hospitalières. Au contraire, la crise sanitaire a amplifié les fermetures de lits d’« hospitalisation complète » pour tous les types de pathologie. Seuls les lits dits de réanimation, pour les patients touchés par le Covid notamment, ont connu une hause de 14,5 % en 2020, portant leur total à 6 219. Est-il pour autant possible de mesurer l’ampleur de la crise qui frappe l’hôpital public, jusque dans ses oscillations ?
C’est ce que suggère l’étude publiée par le professeur Jean-François Delfraissy et le Conseil scientifique, dans son avis du 5 octobre, selon laquelle au moins 20 % des lits disponibles sur le papier sont actuellement fermés dans les centres hospitaliers universitaires (CHU) et centres hospitaliers régionaux (CHR) de France, faute de soignants pour tous les faire fonctionner.
Des études parcellaires
Quelles sont la méthodologie et le périmètre de cette enquête ? « Nous avons recueilli des données concordantes auprès des grandes structures hospitalières du pays, les CHU », affirme à Alternatives Economiques Marie-Christine Simon, conseillère communication du Conseil scientifique, créé à l’occasion de la crise sanitaire pour éclairer le gouvernement dans ses décisions. « Nous voulions indiquer de manière prudente que l’hôpital n’est pas dans des conditions optimales pour affronter une éventuelle nouvelle vague épidémique, mais notre enquête ne prétend pas à l’exhaustivité », poursuit-elle. Une opportunité saisie par Olivier Véran pour calmer le jeu, jugeant le chiffre « erroné » devant l’Assemblée nationale, le 2 novembre.
D’après le ministre de la Santé, un coup de sonde de ses service dans 16 CHU recenserait plutôt 5 % de lits fermés. Reconnaissant des « difficultés réelles », le ministre a même relativisé ce phénomène. Il survient, selon lui, « comme chaque année à la période automnale ». Un diagnostic appuyé par la Fédération hospitalière de France (FHF) qui en dénombre pour sa part 6 %, dans une étude rapportée par le Journal du dimanche.
Pour obtenir ce résultat, l’organe représentant les directions hospitalières se fonde sur des questionnaires envoyés à tous les hôpitaux et auxquels ont répondu plus d’un tiers des CHU et centres hospitaliers, soit 330 établissements au total. Pour autant, les données de cette enquête de la FHF sont elles aussi très parcellaires : elles précisent seulement que les CHU sont les plus touchés (8 % de lits fermés), ainsi que les régions Île-de-France, Pays-de-la-Loire et Grand Est, sans plus de détails.

19 % de lits fermés à l’AP-HP
Entre le Conseil scientifique, le ministre de la Santé et la FHF, la bataille des chiffres fait donc rage. Alors, qui a raison, qui a tort ? Difficile de trancher tant cette polémique repose sur des études loin d’avoir été réalisées en bonne et due forme. Reste une réalité bien quantifiable : selon un communiqué du syndicat USAP-CGT de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris du 29 octobre, 14 % à 18 % des lits sont actuellement fermés en Île-de-France où 83 % des hôpitaux ont dû condamner des lits, dont 3 566 pour l’AP-HP (19 %), qui en compte près de 20 000. Des chiffres confirmés par les services de l’AP-HP auprès d’Alternatives Economiques. Ces lits fermés s’ajoutent à tous ceux déjà perdus pendant le Covid, en raison de la généralisation des chambres à un seul lit. 
En cause, dans ce « naufrage » : l’absentéisme, manifestation du rejet de l’organisation de travail au sein de l’hôpital, qui s’est hissé en moyenne à 11 %, contre 8 % à 9% avant l’épidémie de Covid. La semaine du 11 octobre, 1 074 postes étaient vacants à l’AP-HP.
Dans l’ensemble des unités neurovasculaires (UNV) de Paris, un tiers des lits est fermé faute de personnel et 50 % des postes d’infirmiers ne sont pas pourvus, prévenait-elle au début du mois de novembre, dans un courrier adressé aux cabinets du ministre de la Santé et du Premier ministre, aujourd’hui resté sans réponse.
Dans les autres régions, les fermetures de lits dans les plus grands hôpitaux oscilleraient entre 1 et 12 % selon les chiffres publiés par la conférence de directeurs de CHU fin octobre. Or, rien qu’à Marseille, par exemple, sur les 2700 lits que compte l’APHM, 448 sont actuellement fermés, c’est-à-dire 16 % de leur capacité.
Maquillage administratif
Ces évaluations de la crise au sein des grandes structures confirment que l’hôpital n’est pas dans des conditions optimales pour affronter une éventuelle nouvelle vague épidémique. Mais comment alors expliquer la différence si importante entre les estimations du Conseil scientifique et celles du gouvernement et de son administration ? Principal élément de réponse : pour cacher l’ampleur de la crise, l’administration joue sur les chiffres.
« Les directeurs d’hôpitaux ne communiquent que sur les lits qui sont définitivement fermés, quand il y a des lits qui ferment au jour le jour en raison d’un manque de personnel », regrette la neurologue Sophie Crozier.
L’explication de ce maquillage apparaît dans un message de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France aux établissements, à la date du 29 octobre, que le journal Mediapart s’est procuré. Il compare le « capacitaire installé », correspondant au nombre de lits présents habituellement dans un établissement, et le « capacitaire effectif », qui traduit le nombre de lits ouverts pouvant accueillir des patients de manière effective, à un moment donné. Ce dernier indicateur prend donc en compte les absences et les effectifs réduits. Derrière ces subtilités administratives, le problème de fermetures de lits dans les hôpitaux publics est pourtant structurel, bien plus profond.
80 000 lits fermés depuis 20 ans
« La pandémie n’a fait qu’accentuer les déséquilibres du système hospitalier français, rappelle Jean-Paul Domin, spécialiste de l’Histoire économique de l’hôpital et membre des Economistes atterrés. La réduction du nombre de lits n’est pas apparue pendant le Covid, c’est le résultat d’une politique mise en oeuvre depuis de nombreuses années. » Entre 2000 et 2020, les établissements médicaux publics français ont en effet perdu 79 896 lits d’hospitalisation, soit un quart de leur capacité d’accueil, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
En 2020, 1 369 places d’hospitalisation « de jour » ont été ouvertes et le nombre de séjours en ambulatoire dépassait en 2017 les 3,7 millions, soit près de 58 % des opérations. L’hospitalisation à domicile a dans le même temps connu une « croissance particulièrement vive » de 10,8 %, soit 21 276 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire ». Au détriment, donc, des plus précaires qui n’ont pas un « chez-soi » où ils seront mieux qu’à l’hôpital.
« Les règles du monde de l’hôpital ont basculé vers celui de l’entreprise »
« Sous l’impulsion de la réforme Mattei, dite Hôpital 2007 et de la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires), dite loi Bachelot, votée sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2009, les règles du monde de l’hôpital ont basculé vers celui de l’entreprise », résume Jean Paul Domin. Et l’économiste de poursuivre :
« La tarification des activités, qui est le mode de financement des hôpitaux, repose sur des incitations. Les malades sont rangés dans des groupes homogènes de séjour (GHS) auxquels est associé un certain tarif. Or, si l’hospitalisation d’un malade coûte plus cher que le montant auquel son GHS est tarifié, l’hôpital est perdant. Il existe donc au sein des hôpitaux des services spécialisés dans la valorisation du GHS où l’on étudie le parcours du malade à l’hôpital pour trouver le GHS le plus rémunérateur », pointe le spécialiste de l’économie de la santé.

« Virage ambulatoire »
Cette réduction constante du volume de lits à l’hôpital relève de la théorie néoclassique traditionnelle, relève Jean Paul Domin : « Depuis les années 1980, cette variable a été érigée comme un instrument privilégié pour réduire la dépense hospitalière ». La France est même la championne d’Europe dans ce domaine. Entre 2006 et 2016, les suppressions de lits ont atteint -13,8 % en France contre -9,5 % dans l’Union européenne, selon la Drees. « Cela découle d’une volonté politique. Elle s’inscrit dans un système de contractualisation entre les ARS et les hôpitaux qui implique que la réduction de lits disponibles soit un critère exigé pour bénéficier d’allocations », poursuit-il. « Ce modèle a progressivement conduit au regroupement des services hospitaliers selon une logique de performance financière », analyse l’économiste.
Et à ce petit jeu, ce sont les établissement privés qui s’en sortent le mieux. Les chiffres montrent que la baisse du nombre de lits est plus importante dans le secteur public. Les établissements publics ont vu leur capacité baisser de 25 % de 2000 à 2020, quand la chute n’a seulement été que de 3 % dans le privé à but lucratif, c’est-à-dire générant des bénéfices, les cliniques. Le privé à but non lucratif (les associations ou fondations) connaît, lui, une évolution plus proche de celle du public, avec une baisse de 21 % sur vingt ans.
Jusqu’où ira donc cette politique de fermeture de lits qui épuise les soignants ? Il y a quatre ans, le ministère de la Santé avait fixé un objectif de 70 % de la chirurgie réalisée en ambulatoire sous l’autorité d’Agnès Buzyn. Dans son livre, « L’hôpital à cœur ouvert », publié en 2017, le président de l’AP-HP Martin Hirsch allait même plus loin. Son objectif : construire des hôtels aux alentours des hôpitaux, afin d’y loger les patients. La fermeture continuelle de lits n’est donc pas près de s’arrêter.

https://www.alternatives-economiques.fr/combien-de-lits-reellement-fermes-a-lhopital/00101117?utm_campaign=qda

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Avatar laura

laura

21 novembre 2021 11:46

Heureusement,complémentarités ,ce qui fait que notre pays est beau,diversités,chacun trouve son bonheur ,personnellement c'est suivant les moments.Beau dimanche à vous.

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

20 novembre 2021 22:28
Luc a écrit :
merci Hortensia pour votre article qui nous offre beaucoup d'éléments d'appréciation
il y a quelques jours, sur RTL, Verand osait affirmer qu'il y a plus de lits d'hopital aujourd'hui qu'avant le covid : comment peut on mentir à ce niveau ?

Ce n’est pas un mensonge du tout c’est la stricte vérité,,🙂

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Avatar Luc

Luc

20 novembre 2021 20:59

merci Hortensia pour votre article qui nous offre beaucoup d'éléments d'appréciation
il y a quelques jours, sur RTL, Verand osait affirmer qu'il y a plus de lits d'hopital aujourd'hui qu'avant le covid : comment peut on mentir à ce niveau ?

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

18 novembre 2021 12:07

Hôpital public : revalorisation des salaires des personnels au contact des patients
Publié le 30 septembre 2021 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Illustration 1
Crédits : © Robert Kneschke -stock.adobe.com
Illustration 1
À la suite des accords du Ségur de la santé signés le 13 juillet 2021, la rémunération des personnels soignants, médico-techniques et de la rééducation (infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, orthophonistes, manipulateurs radio...) de la fonction publique hospitalière est revalorisée à compter du 1er octobre 2021. Plus de 500 000 agents publics sont concernés par la revalorisation de leurs grilles salariales.

La revalorisation des grilles salariales au 1er octobre 2021 concerne l'ensemble des personnels soignants (aides-soignants, infirmiers, infirmiers spécialisés, cadres de santé) ainsi que les professionnels médico-techniques et de la rééducation (kinésithérapeutes, manipulateurs radio, ergothérapeutes, orthoptistes, orthophonistes, psychomotriciens ou encore pédicure-podologues).

Annoncée le 12 avril 2021, par le ministre des Solidarités et de la Santé, la revalorisation des carrières pour les personnels paramédicaux constitue le deuxième volet des accords du Ségur de la santé signés en juillet 2020.

Une première augmentation de 183 € net par mois avait été mise en place en fin d'année 2020 pour les professionnels des établissements de santé et des Éhpad (infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, manipulateurs-radio, secrétaires médicaux...) et pour les professionnels sociaux et médico-sociaux des autres secteurs (accompagnement de personnes handicapées, aide à domicile, protection de l'enfance...).

Cette augmentation générale de 183 € net par mois sera élargie à 18 500 autres soignants du secteur social et médico-social, relevant de la fonction publique mais dont les structures ne sont pas rattachées à un hôpital ou un Éhpad.

À savoir : A titre d'exemple :
un infirmier en soins généraux en début de carrière percevra 2 026 € net mensuel, soit 290 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 107 € nets au titre de la revalorisation des grilles de catégorie A.
un infirmier en soins généraux après cinq ans de carrière percevra 2 207 € net par mois, 335 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 152 € net au titre de la revalorisation des grilles de catégorie A.
un aide-soignant en début de carrière percevra 1 760 € net par mois, soit 228 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 45 € net au titre du passage en catégorie B.
un aide-soignant après cinq ans de carrière percevra 1 838 € net par mois, soit 261 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 78 € net au titre du passage en catégorie B.
Et aussi
Rémunération dans la fonction publique
Une prime de revalorisation temporaire pour les agents de la fonction publique hospitalière exerçant dans certains établissements sociaux et médico-sociaux
La vaccination devient obligatoire pour certaines professions
Personnels des hôpitaux et des Ehpad publics : une revalorisation salariale anticipée au 1er décembre

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Avatar didjo

didjo

18 novembre 2021 11:58

il semble que ds ce monde rien n aille!!!!!!!!!faut vraiment garder le moral

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Avatar Lionel102127

Lionel102127

18 novembre 2021 10:14

en quoi la fermeture de lits épuiserait le personnel soignant?
lire l'article https://www.ifrap.org/europe-et-international/depenses-de-sante-france-versus-allemagne
la France dépense 15 milliards de plus que l'Allemagne

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

18 novembre 2021 10:09

A propos des salaires de misère à l’hôpital public 🙄
Je crois que beaucoup en France se trouveraient riches de cette misère la 😉


À savoir : A titre d'exemple :
un infirmier en soins généraux en début de carrière percevra 2 026 € net mensuel, soit 290 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 107 € nets au titre de la revalorisation des grilles de catégorie A.
un infirmier en soins généraux après cinq ans de carrière percevra 2 207 € net par mois, 335 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 152 € net au titre de la revalorisation des grilles de catégorie A.
un aide-soignant en début de carrière percevra 1 760 € net par mois, soit 228 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 45 € net au titre du passage en catégorie B.
un aide-soignant après cinq ans de carrière percevra 1 838 € net par mois, soit 261 € net par mois de plus : 183 € net au titre de la 1re revalorisation du Ségur de la santé + 78 € net au titre du passage en catégorie B.

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Avatar jefdetours

jefdetours

18 novembre 2021 07:27

reproduire un article de la presse de gauche fait avancer le sujet ! de plus indigeste par sa longueur

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Avatar Aurore

Aurore

17 novembre 2021 21:29

Si cette belle progression de suppressions de lits continue, nous aurons bientôt l’hôpital de rue

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Avatar François

François

17 novembre 2021 14:19
marylou77 a écrit :
Je ris et ris encore ne vous en déplaise monsieur
C était bien charles de gaulle qui disait les français sont des .....
Je n ai fait que reprendre
Alllo il y a quelqu un
Oh non il y aura personne
Ce que dis la pleureuse interpellé
Pourquoi veut elle interpeller
Ah on se le demande que pour elle croyez vous
La pleureuse pense que non et que tout être humain
À le droit d etre soigné dignement
Prenez soin de vous

Au hit parade des poncifs les plus éculés sur ce forum, mais pas seulement hélas...
1 - Les français sont des veaux
2 - On ne peut accueillir toute la misère du monde
3 - la vieillesse est un naufrage

Changez de disque, le votre est rayé ! Trouvez des arguments nouveaux plutôt que rabâcher toujours les mêmes rengaines.

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

17 novembre 2021 14:16
marylou77 a écrit :
Je ris et ris encore ne vous en déplaise monsieur
C était bien charles de gaulle qui disait les français sont des .....
Je n ai fait que reprendre
Alllo il y a quelqu un
Oh non il y aura personne
Ce que dis la pleureuse interpellé
Pourquoi veut elle interpeller
Ah on se le demande que pour elle croyez vous
La pleureuse pense que non et que tout être humain
À le droit d etre soigné dignement
Prenez soin de vous

Ça ne me dérange que vous riez,,,
C’est vos pleurnicheries gaulliste qui sont de trop ,,,

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Avatar marylou77

marylou77

17 novembre 2021 13:22

Je ris et ris encore ne vous en déplaise monsieur
C était bien charles de gaulle qui disait les français sont des .....
Je n ai fait que reprendre
Alllo il y a quelqu un
Oh non il y aura personne
Ce que dis la pleureuse interpellé
Pourquoi veut elle interpeller
Ah on se le demande que pour elle croyez vous
La pleureuse pense que non et que tout être humain
À le droit d etre soigné dignement
Prenez soin de vous

Répondre·

Avatar marylou77

marylou77

17 novembre 2021 13:01
hervé Nono a écrit :
Je suis un veau madame ne vous déplaise et vous une pleurnicheuse pour d’autres ,,,vous savez dans certains spectacles on paye des pleureuses 😭😭😭😭

Monsieur
Les pleureuses qui piquent sont aussi rieuses ne vous en deplaise

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

17 novembre 2021 12:40

A bas la hiérarchie militaro-infantantilisante dans la fonction publique et ailleurs
A bas l,élitisme égyptolo-pyramidal des scribes et des grammairiens,,,,tristes et insolents de suffisance ,,,😀😅

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

17 novembre 2021 12:14
marylou77 a écrit :
Les soignants injectes sous la contrainte sont en burn out en depression
D autres ont flanqué leur démission ce mois ci
Quant aux médecins en ville saturent
Tout ça devant le silence assourdissant de certains français
Allo ,
Il y a quelqu un .
Non il y a personne , les urgences ferment la nuit dans certains établissements
Allo il y a quelqu un Non il y a personne

Je suis un veau madame ne vous déplaise et vous une pleurnicheuse pour d’autres ,,,vous savez dans certains spectacles on paye des pleureuses 😭😭😭😭

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