
sik
Bah...voyez-vous mon bon monsieur, pour lui la vie a été une chienne féroce.
Sa marquise fut emportée par les remous de l'Histoire, enveloppée dans son mystère après s'être nourrie de toute sa.passion. Il ne lui reste plus que la colère et la frustration.
Si vous vous donniez la peine de l'observer au delà de ce qui est visible, vous verriez une énorme absence à l'adresse du cœur, et si vous insistiez vous seriez frôlé par la douleur fantôme de l'amputé.
Comment ne pas sentir sa poursuite éperdue du bonheur de sa bohème?
sik
Les amours furtives qui vous suent leur vertige glaçant en plein mois d'Août, qui vous compriment les vertèbres ,vous perdent la raison sous les flots de la transe fatale.
Quant tous vos clignotants s'affolent et que votre peau n'a plus de prix.
Quand, de tous vos points sublimes partent les flux transcendants et irréversibles pour s'unir en un seul . Qu'ils tendent vos sens et courbent votre corps à le rompre.
Quant vos doigts s'agitent, vous échappent, parlent et vous traduisent.... et que votre souffle brûle dans la gorge et claque dedans vos yeux le chant merveilleux...vous ne pouvez plus oublier.
sik
Il a failli me clamser entre les pognes, le bougre.
Faut vous dire Monsieur qu'il est fait comme ça, tout d'un bloc, un paquet de nerfs, un vibreur atomique vous dis-je.
Avec tout ça, un caractère de cochon, une fripouille, menteur comme un arracheur de dents. Il passe ses vies à fomenter des putschs, à comploter avec les démons qui squattent les bas-fonds de son esprit malade.
La défensive est son état permanent à croire que la planète entière est à ses trousses; et cela dure depuis quelques décades autour du globe, depuis ce fameux mois de Mai où les camarades ont envahi Praha et noirci la Moldau.
Je crois avoir compris de ses délires ,le peu de temps qu'il s'endormait parfois, qu'à cette époque-là , et à peine âgé de 15 ans, il avait éprouvé les premières brûlures de la passion... en poursuivant le corps de déesse de la femme d'à côté dans tous les coins de la maison où elle l’entraînait pour étancher dans la peur du danger leur soif d'amour.
Ils n'avaient pas le verrou de Fragonard et le mari pouvait leur tomber dessus à chaque seconde.
Tragique et tellement passionnant.
sik
Viens par ici ma graine d'ananar et laisse moi voir comment mettre de la couleur sous ton front obtus et du caramel sur la haine de ton regard .
Et ne crains plus rien. La Castrafiole n'est plus qu'une nappe qui s'éloigne vers l'étroit ,poussée vers les cloche-merles par les vents et les grands blancs où, enfin, les algues des vespasiennes se chargeront de la recycler en pépites d'oxygène...
C'est alors, miracle des éléments, que tu entendras de nouveau chanter les ouïes des sargues et des pageots moqueurs.
sik
Le givre qui enserrait ses tempes vola en milles éclats sous l'irruption du volcan de joie .Celle-là même qui se nourrissait d'espoir abrité dans un recoin douillet des plissures de sa cervelle bien mal en point .
Il se détendit tel une catapulte perse et vint s'abattre si brutalement contre son pauvre compagnon de misère qu'il manqua de peu de le réduire en potée bantou.
Le Thrace avait beau se démener de toute sa fureur tel un diable, qu'il était.., il continuait à l'étouffer sous ses accolades de brute épaisse et ses embrassades sur le nez ,le crâne, les genoux calleux,..puis , toujours agrippé à ce qui ressemblait maintenant à un vulgaire paquet de nippes suintantes, il l’entraîna dans un tourbillon de roulements sur le pont.
De sa voix rauque s'échappaient des onomatopées sonores et inintelligibles qui tonnaient comme des jurons de charretier faisant penser davantage à un chapelet d’obscénités qu'à des formules d'accueil, de bienvenue ou d'amabilité.
sik
Sous l'effet de l'angoisse ,ses pupilles dilatées et injectées étaient une fuite désarçonnée et ridicule de crinières fauves sur le fil, de pic en pic, en sauts disgracieux tout le long de la crête des névés. L'énormité du mépris qu'il éprouve vis-à-vis de lui-même, la honte incommensurable qui le submerge par tous ses "ports", ce sentiment étrange, et jamais connu auparavant, de sa propre vacuité..Voilà l'inutile, susurrait le Grand Jacques, sans cesse.....
-Quel abruti, vraiment! Et dire que pendant ce temps, les bonzes "paisiblent" et "riziblent" leurs petits pas safranés sur les contreforts du Toit du Monde...
Pourquoi? Hein? Pourquoi moi?
-Pourquoi? Tu as fait le mauvais choix mon prince, voilà tout
sik
Oui..j'en conviens sans réserve; les seules vraies histoires d'amour sont les histoires tragiques. Le bonheur tranquille à la tiède fadeur me renvoie si peu de sens. Il me faut le goût affolant du risque, l'incendie dans le ventre, l'explosion des frontières, lâcher mon Berlioz...
Si seulement....
sik
La Catherine me disait à propos d'Andy qu'il était la méfiance incarnée; mais toi mon p'tit loup tu le bats à plate couture. Regarde-toi , tu es tellement serré, compressé dans ta sauvagerie que bientôt une feuille de Kât mâchouillée sera plus dodue que tes fesses de rat formolé...
sik
Allons...mon petit crabe cramoisi, il vous faut une eau plus douce, celle de Matchado. Peut-être quelques restes de Racine sur le chemin. Baissez donc votre fureur, cessez d'en vouloir au monde entier, Privilégiez un grand champ de blé au soleil... de Vincent, un oratorio gorgé d'absinthe au long-cours. Le Temps...oui le temps est compté. Quant à Mélusine, elle ne vous a rien pris finalement, elle n'a été qu'un simple point de jonction et chacun est reparti dans son histoire.