Avatar janine33

Pourquoi , malgré les sanctions , les exportations de pétrole russe ne se tarissent pas ?

janine33 - 22 septembre 2025 06:17

Extraits du Magazine Challenge du 19 Septembre ( Nicolas Stiel)
Depuis les débuts de la guerre en Ukraine, les Vingt-Sept multiplient les sanctions contre le pétrole russe.
En vain. Les exportations du brent russe vers l’Europe ont certes drastiquement diminué.
Mais Moscou a trouvé d’autres clients : la Chine et l’Inde

Plus de trois ans après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les Européens continuent à acheter du pétrole russe. Et cela met en rogne Donald Trump. « Je ne veux pas qu’ils achètent du pétrole, a dit dimanche dernier le président américain devant des journalistes. Les sanctions qu’ils prennent (contre la Russie) ne sont pas assez dures. ».
Fin 2022, dix mois après le début des hostilités, l’UE interdisait aux cargos russes de débarquer leur cargaison de brut dans les ports européens.
Pour affaiblir l’économie russe, l’Europe imposait le prix de 47,60 dollars le baril. Un tarif très faible (le brent est à 67 dollars) . Prix rédhibitoire pour la Russie qui préfère écouler ses hydrocarbures ailleurs pour plus cher.
Aujourd’hui, seules la Hongrie et la Slovaquie, deux nations proches du Kremlin, continuent à acheter du pétrole russe via l’oléoduc Droujba , «amitié» dans la langue de Vladimir Poutine).

- Des volumes de pétrole russe arrivent sans doute en Europe via les flottes fantômes (navires opérant sous pavillon douteux, en marge du droit international) , pour des quantités marginales
Depuis la guerre en Ukraine, les volumes d’exportation de pétrole russe ont très peu diminué : 4,3 millions de barils/jour aujourd’hui contre 5 millions en 2020.


-Ce qui a en revanche changé, c’est leur destination. L’Europe qui importait la moitié des volumes avant la guerre n’en achète plus que 10 % « L’Afrique, le Moyen-Orient et la Turquie en prennent 15 %,
La Chine et l’Inde récupèrent le reste, c’est-à-dire les trois quarts. »
Pékin et New Delhi n’ont pas l’intention de cesser leurs échanges avec Moscou. Pourquoi le feraient-ils ?


-En commerçant avec la Russie, ils obtiennent une ristourne d’environ 10 dollars sur le prix du baril.
Ensuite, la Chine et l’Inde apprécient la qualité du brent russe, un pétrole lourd facile à raffiner et à transformer en diesel.


-L’Ukraine le sait parfaitement.
Ces derniers jours, Kiev a concentré ses attaques sur les infrastructures pétrolières russes près de Saint-Pétersbourg.
Le port de Primorsk dont la capacité d’exportation est d’environ un million de barils jours a été ciblé tout comme la raffinerie de voisine de Kirichi.


-Enfin, Pékin et New Delhi importent du pétrole russe pour des raisons politiques.
Avec la montée des tensions au Moyen-Orient et particulièrement en Iran, les deux pays les plus peuplés du monde craignent une fermeture du détroit d’Ormuz où transite près d’un quart des hydrocarbures de la planète.
D’où leur volonté de ne pas fermer le robinet russe


-La Chine et l’Inde ne veulent pas donner raison à Trump
Face à l’Amérique de Trump, « La Chine et l’Inde ne veulent pas entrer dans le jeu de Trump qui consiste à bloquer les exportations de pétrole de la Russie, de l’Iran, du Venezuela .
car , si ce scénario de sanctions devait se produire, ce sont les Etats-Unis, premier exportateur mondial de pétrole qui en sortiraient gagnants»
C’est le paradoxe de cette équation . ».


Aujourd’hui, l’or noir de Poutine apparaît … plus indispensable que jamais.
Et nos intérêts ? Où sont-ils ?
Alors que nous fonçons vers une transition énergétique à vitesse forcée , sans savoir si nous aurons le résultat escompté , mesurons-nous le «bien » que nous faisons à des nations devenues des concurrentes économiques ?

Pourquoi , malgré les sanctions , les exportations de pétrole russe ne se tarissent pas ?

Avatar janine33

janine3322 septembre 2025 06:17

Extraits du Magazine Challenge du 19 Septembre ( Nicolas Stiel)
Depuis les débuts de la guerre en Ukraine, les Vingt-Sept multiplient les sanctions contre le pétrole russe.
En vain. Les exportations du brent russe vers l’Europe ont certes drastiquement diminué.
Mais Moscou a trouvé d’autres clients : la Chine et l’Inde

Plus de trois ans après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les Européens continuent à acheter du pétrole russe. Et cela met en rogne Donald Trump. « Je ne veux pas qu’ils achètent du pétrole, a dit dimanche dernier le président américain devant des journalistes. Les sanctions qu’ils prennent (contre la Russie) ne sont pas assez dures. ».
Fin 2022, dix mois après le début des hostilités, l’UE interdisait aux cargos russes de débarquer leur cargaison de brut dans les ports européens.
Pour affaiblir l’économie russe, l’Europe imposait le prix de 47,60 dollars le baril. Un tarif très faible (le brent est à 67 dollars) . Prix rédhibitoire pour la Russie qui préfère écouler ses hydrocarbures ailleurs pour plus cher.
Aujourd’hui, seules la Hongrie et la Slovaquie, deux nations proches du Kremlin, continuent à acheter du pétrole russe via l’oléoduc Droujba , «amitié» dans la langue de Vladimir Poutine).

- Des volumes de pétrole russe arrivent sans doute en Europe via les flottes fantômes (navires opérant sous pavillon douteux, en marge du droit international) , pour des quantités marginales
Depuis la guerre en Ukraine, les volumes d’exportation de pétrole russe ont très peu diminué : 4,3 millions de barils/jour aujourd’hui contre 5 millions en 2020.


-Ce qui a en revanche changé, c’est leur destination. L’Europe qui importait la moitié des volumes avant la guerre n’en achète plus que 10 % « L’Afrique, le Moyen-Orient et la Turquie en prennent 15 %,
La Chine et l’Inde récupèrent le reste, c’est-à-dire les trois quarts. »
Pékin et New Delhi n’ont pas l’intention de cesser leurs échanges avec Moscou. Pourquoi le feraient-ils ?


-En commerçant avec la Russie, ils obtiennent une ristourne d’environ 10 dollars sur le prix du baril.
Ensuite, la Chine et l’Inde apprécient la qualité du brent russe, un pétrole lourd facile à raffiner et à transformer en diesel.


-L’Ukraine le sait parfaitement.
Ces derniers jours, Kiev a concentré ses attaques sur les infrastructures pétrolières russes près de Saint-Pétersbourg.
Le port de Primorsk dont la capacité d’exportation est d’environ un million de barils jours a été ciblé tout comme la raffinerie de voisine de Kirichi.


-Enfin, Pékin et New Delhi importent du pétrole russe pour des raisons politiques.
Avec la montée des tensions au Moyen-Orient et particulièrement en Iran, les deux pays les plus peuplés du monde craignent une fermeture du détroit d’Ormuz où transite près d’un quart des hydrocarbures de la planète.
D’où leur volonté de ne pas fermer le robinet russe


-La Chine et l’Inde ne veulent pas donner raison à Trump
Face à l’Amérique de Trump, « La Chine et l’Inde ne veulent pas entrer dans le jeu de Trump qui consiste à bloquer les exportations de pétrole de la Russie, de l’Iran, du Venezuela .
car , si ce scénario de sanctions devait se produire, ce sont les Etats-Unis, premier exportateur mondial de pétrole qui en sortiraient gagnants»
C’est le paradoxe de cette équation . ».


Aujourd’hui, l’or noir de Poutine apparaît … plus indispensable que jamais.
Et nos intérêts ? Où sont-ils ?
Alors que nous fonçons vers une transition énergétique à vitesse forcée , sans savoir si nous aurons le résultat escompté , mesurons-nous le «bien » que nous faisons à des nations devenues des concurrentes économiques ?

avatar
Avatar Margaret

Margaret

23 septembre 2025 10:53

Parce que la Russie a des navires pirates qui empruntes d'autres voies.

Répondre·

Avatar poloderouen2013

poloderouen2013

23 septembre 2025 05:12

le pétrole on a besoin et on paye CASH

Répondre·

Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

22 septembre 2025 07:42

Parce que le fournisseur russe à besoin de clients,
et que les clients, ont eux besoin de fournisseurs .
c'est aussi simple que cela .
Lire à ce propos l'excellent livre de Javier BL1S et Jack FARCHY sur la saga des traders en matières premières,, édité par "Novice" en 2025 :Édifiant ! " L'argent n" a pas d'odeur !"

Répondre·