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Parti socialiste : petit meurtre en famille

Pimaly - 30 octobre 2022 10:53

Dans « Autopsie du cadavre », le journaliste Olivier Pérou enquête sur les raisons de la débâcle du PS à la présidentielle. Et cherche le coupable.

⏳ Temps de lecture : 2 min

Les meurtres en politique ont toujours fasciné. Il y a les meurtres réussis, comme celui de Chaban-Delmas par Chirac en 1974 ou celui de Giscard par le même Chirac, décidément tueur en série ; il y a les meurtres ratés, comme celui de Le Pen par Mégret en 1998 ou de Chirac par Séguin et Pasqua en 1990. Et il y a ceux qui passent complètement inaperçus. Olivier Pérou s'intéresse à l'un d'eux dans Autopsie d'un cadavre (Fayard). Le journaliste de L'Express se transforme en enquêteur dans un récit à la Agatha Christie avec la précision d'un procès-verbal. La victime : le Parti socialiste, tombé le 10 avril 2022 avec le pire score de son histoire (1,7 %). Les suspects : ils sont sept et ont tous de bons mobiles pour avoir tué une institution qui a structuré depuis 50 ans la politique française. « Il ne reste plus grand monde pour pleurer, ni électeurs à l'évidence, ni vieille garde non plus, ni ex-présidents, ni militant », constate l'auteur.

L'enquête nerveuse du commissaire Pérou revient sur la débâcle d'Anne Hidalgo qui, auréolée de sa victoire aux municipales de 2020, se laisse convaincre d'y aller. La campagne ressemble à un chemin de croix entre erreurs de débutante, coups dans le dos et trahison. Très vite, la maire de Paris est disculpée : elle n'est que la conséquence d'un désastre amorcé depuis longtemps. Reste des suspects hauts en couleur : l'élégant velléitaire aux beaux costumes (Bernard Cazeneuve), le cabotin délitant (Arnaud Montebourg), la sauveuse orgueilleuse (Christiane Taubira), l'adepte du double jeu (Olivier Faure), le revanchard morbide (Jean-Luc Mélenchon) et le chassé-chasseur (François Hollande). Tous ont de bonnes raisons de tuer le PS : Cazeneuve par désertion, Montebourg par inconséquence, Taubira par autolâtrie, Faure par calcul, Mélenchon par vengeance, Hollande par nostalgie. Pérou oublie cependant un suspect évident : Emmanuel Macron. Le président de la République, venu de la gauche et adopté par la droite, aura résolu, pour un temps, la quadrature du cercle (de la raison) et rendu le recours socialiste obsolète.

« Si un jour vous abandonnez l'idée de socialisme, ne soyez pas surpris, il se trouvera une âme aussi charitable que désintéressée pour ramasser le drapeau », prévenait François Mitterrand. Car à lire Pérou, le vrai crime est celui des idées : elles sont totalement absentes. Aucun logiciel de pensée ne ressort de ces 250 pages. Trop absorbés par les querelles de personnes et de domination, les socialistes, comme les Républicains d'ailleurs, ont totalement abandonné le travail conceptuel, idéologique et culturel et demeurent incapables de trancher sur la ligne à suivre : sociale-démocrate, radicale, écologiste, etc. La lente agonie du PS, commencée au mitan du mandat de François Hollande, s'est terminée avec le piteux score d'Anne Hidalgo. Olivier Pérou enquêtait sur un meurtre ; après une contre-expertise, il s'agit en fait d'une euthanasie.

Florent Barraco – Le Point, 30/10/2022

Parti socialiste : petit meurtre en famille

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Pimaly30 octobre 2022 10:53

Dans « Autopsie du cadavre », le journaliste Olivier Pérou enquête sur les raisons de la débâcle du PS à la présidentielle. Et cherche le coupable.

⏳ Temps de lecture : 2 min

Les meurtres en politique ont toujours fasciné. Il y a les meurtres réussis, comme celui de Chaban-Delmas par Chirac en 1974 ou celui de Giscard par le même Chirac, décidément tueur en série ; il y a les meurtres ratés, comme celui de Le Pen par Mégret en 1998 ou de Chirac par Séguin et Pasqua en 1990. Et il y a ceux qui passent complètement inaperçus. Olivier Pérou s'intéresse à l'un d'eux dans Autopsie d'un cadavre (Fayard). Le journaliste de L'Express se transforme en enquêteur dans un récit à la Agatha Christie avec la précision d'un procès-verbal. La victime : le Parti socialiste, tombé le 10 avril 2022 avec le pire score de son histoire (1,7 %). Les suspects : ils sont sept et ont tous de bons mobiles pour avoir tué une institution qui a structuré depuis 50 ans la politique française. « Il ne reste plus grand monde pour pleurer, ni électeurs à l'évidence, ni vieille garde non plus, ni ex-présidents, ni militant », constate l'auteur.

L'enquête nerveuse du commissaire Pérou revient sur la débâcle d'Anne Hidalgo qui, auréolée de sa victoire aux municipales de 2020, se laisse convaincre d'y aller. La campagne ressemble à un chemin de croix entre erreurs de débutante, coups dans le dos et trahison. Très vite, la maire de Paris est disculpée : elle n'est que la conséquence d'un désastre amorcé depuis longtemps. Reste des suspects hauts en couleur : l'élégant velléitaire aux beaux costumes (Bernard Cazeneuve), le cabotin délitant (Arnaud Montebourg), la sauveuse orgueilleuse (Christiane Taubira), l'adepte du double jeu (Olivier Faure), le revanchard morbide (Jean-Luc Mélenchon) et le chassé-chasseur (François Hollande). Tous ont de bonnes raisons de tuer le PS : Cazeneuve par désertion, Montebourg par inconséquence, Taubira par autolâtrie, Faure par calcul, Mélenchon par vengeance, Hollande par nostalgie. Pérou oublie cependant un suspect évident : Emmanuel Macron. Le président de la République, venu de la gauche et adopté par la droite, aura résolu, pour un temps, la quadrature du cercle (de la raison) et rendu le recours socialiste obsolète.

« Si un jour vous abandonnez l'idée de socialisme, ne soyez pas surpris, il se trouvera une âme aussi charitable que désintéressée pour ramasser le drapeau », prévenait François Mitterrand. Car à lire Pérou, le vrai crime est celui des idées : elles sont totalement absentes. Aucun logiciel de pensée ne ressort de ces 250 pages. Trop absorbés par les querelles de personnes et de domination, les socialistes, comme les Républicains d'ailleurs, ont totalement abandonné le travail conceptuel, idéologique et culturel et demeurent incapables de trancher sur la ligne à suivre : sociale-démocrate, radicale, écologiste, etc. La lente agonie du PS, commencée au mitan du mandat de François Hollande, s'est terminée avec le piteux score d'Anne Hidalgo. Olivier Pérou enquêtait sur un meurtre ; après une contre-expertise, il s'agit en fait d'une euthanasie.

Florent Barraco – Le Point, 30/10/2022

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Avatar Remi

Remi

2 novembre 2022 14:49

A l’époque , quand j’ai voté Rocard ( 3%) , Deferre faisait- il´ beaucoup mieux?

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Avatar Cathy 77

Cathy 77

1 novembre 2022 20:48

Bloqués, pardon !

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Avatar Cathy 77

Cathy 77

1 novembre 2022 20:48
Remi a écrit :
C’est le mouvement de l’Histoire.
Il reviendra.

Sans rapport avec Lula; même si la démocratie au Brésil me semble fonctionner aussi bien que la nôtre …au plan des élections.

Je dirais plutôt les USA.
La prise du Capitole avortée...
Les moyens de communication sont bloquées au Brésil.
Wait and see..

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Remi

1 novembre 2022 20:03

C’est le mouvement de l’Histoire.
Il reviendra.

Sans rapport avec Lula; même si la démocratie au Brésil me semble fonctionner aussi bien que la nôtre …au plan des élections.

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Avatar Barbara

Barbara

1 novembre 2022 11:59

Très joliment écrit et tout-à-fait vrai. Bravo!

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Avatar aranjuez

aranjuez

31 octobre 2022 15:01

Il est écrit dans l'énoncé de la discussion :
“Trop absorbés par les querelles de personnes et de domination, les socialistes, comme les Républicains d'ailleurs, ont totalement abandonné le travail conceptuel, idéologique et culturel et demeurent incapables de trancher sur la ligne à suivre : sociale-démocrate, radicale, écologiste, etc. ”

A mon avis ce n’est pas le seul mal. Quand on entend, surtout à l’approche des élections, leur argument majeur qui est de voter pour eux pour faire barrage à l’extrême droite on se dit qu’ils n’ont rien d’autre à proposer . Et ça marche pas mal. Pourquoi devraient-ils se creuser la tête ? Ils ont ajouté à cela l’union de la gauche comme une fin en soi, sans se mettre d’accord ni sur le pourquoi ni sur le comment d’une telle union. C’est le degré zéro de la politique

Ils n’ont plus la capacité de regarder la réalité de la société française et de sortir des poncifs bien-pensants qui ont été appliqués depuis plus de quarante ans par les uns et les autres et qui amènent le pays au bord de l’explosion.
Charles Gave, essayiste, chef d’entreprise, financier dont la parole sort des sentiers battus et apporte toujours une analyse pertinente, écrit dans un de ses livres :
“Le patient socialiste est mort, l’électro-encéphalogramme est plat, mais
qui va lui dire ?”

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Avatar alain

alain

31 octobre 2022 08:49

Depuis le 05/03/1972 ( obsèques de P Overney ) l'ultra gauche , l'extrême gauche , la gauche n'existent plus ... " Et la fête continue " ( Antoine in " la guerre " ) par horreur du vide ( la droite ? °

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

30 octobre 2022 15:41

Constat remarquable à mon point de vue...Et que dire des Communistes ? Toute la Gauche est en déclin, depuis Mitterrand ? Ce n'est pas avec des Mélenchon vociférants qu'elle va aller mieux...Et comme elle est contrée par un Macron qui fait du Gauche-Droite-Droite-Gauche, elle ne sait plus où donner de la tête... 😏

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Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

30 octobre 2022 13:12

Les courants ont écartelé une fois de plus ce parti, qui n'en est pas un !

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Avatar janine33

janine33

30 octobre 2022 11:32

Au centre de cette cause : le manque d’idées .
Bon , c’est pareil à droite . Ne disait-on pas que la droite perdait parce que toutes les idées étaient à gauche . Du coup la France , par esprit du milieu était gouvernée au centre .
Jusque là , on suit .
Mais quand on fait 30% partout … c’est un tourment .
Moi je pense que lorsque presqu’en tous les problèmes ont été abordés et tranchés ,il n’y a peut-être pas besoin d’avoir encore des idées pour phosphorer sur l’absence d’idées .
Une société qui a conquis , la paix, les libertés individuelles , l’égalité , la démocratie , peut peut-être s’en satisfaire … Ah , oui , on est tellement occupés à analyser le manque d’esprit belliqueux , que pendant que les auto-satisfaits s’égosillent à La Tribune , on a oublié de fermer la porte qui s’est mise à grincer et que bientôt on ne pourra plus refermer . Ah ! Que de légèreté !

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