Derrière chaque grand homme...

- 26 juin 2021 07:46

... il y a une femme, a-t-on coutume de dire.

Robert Schneider brosse dix portraits d’égéries méconnues - Maîtresses et femmes d'influence (Ed Perrin)

Clemenceau, Blum, Talleyrand… sous influence

Quand de Gaulle apprit le 28 juin 1940 qu'Hélène de Portes, la maîtresse de Paul Reynaud, avait eu un grave accident de la route, il eut ce mot charitable : « J'espère qu'elle a crevé, la salope. » Il est vrai que la fille du fondateur des Grands Travaux de Marseille lui avait mis plus d'un bâton dans les roues. Son réduit breton proposé en juin 1940 en pleine débâcle ? Une ineptie, ce qu'elle avait osé lui dire en face. Sa fusion franco-anglaise ? Une trahison. « Qu'il aille se mettre à la tête de ses chars, celui-là, il nous faut l'armistice », lâcha-t-elle à Georges Mandel quand elle apprit la présence du général de brigade au conseil des ministres le 12 juin. L'armistice, elle l'obtint, cette anglophobe qui avait poussé dans l'entourage de son amant les plus défaitistes, Dominique Leca, Paul Baudouin, jusqu'à Pétain – elle fut l'une de ses agentes zélées –, dont les voix pesèrent lourd lors des derniers conseils des ministres de juin 1940. Hystérique, elle l'était sans doute, se mêlant de tout jusqu'à rendre fou Paul Reynaud pourtant très indulgent, mais qui ne lui consacra pas une ligne de ses Mémoires.

L'infatigable Léonie Léon

Spécialiste des premières dames, Robert Schneider lui dédie le dernier chapitre – ce « personnage » mériterait un livre à elle seule – de ses dix égéries dans l'ombre de nos politiques. Éclipsées, elles l'ont été, par définition, à tort. Elles influençaient, comme Thérèse Pereyra, maîtresse cachée et socialiste de Léon Blum, qui l'incita à abandonner la critique théâtrale pour la politique. Elles comprenaient, comme Marguerite Baldensperger, le dernier amour, platonique, du vieux Clémenceau. Elles admiraient et soutenaient, comme l'infatigable Léonie Léon, double modeste du très entouré Gambetta. Elles intriguaient, comme la valeureuse Polonaise Marie Walewska ou la splendide et trouble Italienne Virginia de Castiglione, poussées dans le lit des deux Napoléon, pour des raisons patriotiques. De toutes, la plus brillante fut sans doute la romanesque duchesse de Dino, nièce par alliance de Talleyrand, qui écrivait : « C'est rare d'avoir quelqu'un tout à soi, sans une arrière-pensée, sans un secret, sans un intérêt séparé. » Venu du diable boiteux, le compliment fait mouche !

François-Guillaume Lorrain
Le Point 26/06/2021

Derrière chaque grand homme...

26 juin 2021 07:46

... il y a une femme, a-t-on coutume de dire.

Robert Schneider brosse dix portraits d’égéries méconnues - Maîtresses et femmes d'influence (Ed Perrin)

Clemenceau, Blum, Talleyrand… sous influence

Quand de Gaulle apprit le 28 juin 1940 qu'Hélène de Portes, la maîtresse de Paul Reynaud, avait eu un grave accident de la route, il eut ce mot charitable : « J'espère qu'elle a crevé, la salope. » Il est vrai que la fille du fondateur des Grands Travaux de Marseille lui avait mis plus d'un bâton dans les roues. Son réduit breton proposé en juin 1940 en pleine débâcle ? Une ineptie, ce qu'elle avait osé lui dire en face. Sa fusion franco-anglaise ? Une trahison. « Qu'il aille se mettre à la tête de ses chars, celui-là, il nous faut l'armistice », lâcha-t-elle à Georges Mandel quand elle apprit la présence du général de brigade au conseil des ministres le 12 juin. L'armistice, elle l'obtint, cette anglophobe qui avait poussé dans l'entourage de son amant les plus défaitistes, Dominique Leca, Paul Baudouin, jusqu'à Pétain – elle fut l'une de ses agentes zélées –, dont les voix pesèrent lourd lors des derniers conseils des ministres de juin 1940. Hystérique, elle l'était sans doute, se mêlant de tout jusqu'à rendre fou Paul Reynaud pourtant très indulgent, mais qui ne lui consacra pas une ligne de ses Mémoires.

L'infatigable Léonie Léon

Spécialiste des premières dames, Robert Schneider lui dédie le dernier chapitre – ce « personnage » mériterait un livre à elle seule – de ses dix égéries dans l'ombre de nos politiques. Éclipsées, elles l'ont été, par définition, à tort. Elles influençaient, comme Thérèse Pereyra, maîtresse cachée et socialiste de Léon Blum, qui l'incita à abandonner la critique théâtrale pour la politique. Elles comprenaient, comme Marguerite Baldensperger, le dernier amour, platonique, du vieux Clémenceau. Elles admiraient et soutenaient, comme l'infatigable Léonie Léon, double modeste du très entouré Gambetta. Elles intriguaient, comme la valeureuse Polonaise Marie Walewska ou la splendide et trouble Italienne Virginia de Castiglione, poussées dans le lit des deux Napoléon, pour des raisons patriotiques. De toutes, la plus brillante fut sans doute la romanesque duchesse de Dino, nièce par alliance de Talleyrand, qui écrivait : « C'est rare d'avoir quelqu'un tout à soi, sans une arrière-pensée, sans un secret, sans un intérêt séparé. » Venu du diable boiteux, le compliment fait mouche !

François-Guillaume Lorrain
Le Point 26/06/2021

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Avatar Rod

Rod

27 juin 2021 17:52

C'est très bien tout cela, mais que voulez vous prouver ?

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Avatar Claude-

Claude-

27 juin 2021 09:09

Sont ce les hommes qui font les grands événements ou les grands événements qui font les grands hommes ?

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Avatar vieunovis

vieunovis

27 juin 2021 08:38

qu'est-ce-que "un grand homme"? Grand un jour, honni le lendemain....

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Avatar Vamycrons

Vamycrons

27 juin 2021 07:24

Derrière chaque grand homme...! ? peut-être... mais pas seulement et qui petit ou grand regrette de femmes avoir eu... trop, pas assez ou tant ?
Je ne saurais qu'être le témoin de ce que, autour de moi je n'ai fait qu'observer durant plus de 60 ans. Qui avait raison, qui avait tort ? De la hiérarchie, à tout les rangs, des cocu-e-s des cocufiages il y en avait à tout les étages.
Pour ma part je ne puis comme je l'ai toujours été, qu'être admiratif pour un beau gars de mes connaissances qui arrive à ses 60 ans et a toujours évolué dans une profession à grosse, très grosse majorité féminine.
Il est toujours resté fidèle à sa petite femme. A celle-ci je tire mon ch^peau et lui dis BRAVOS. 😄

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Avatar poloderouen2013

poloderouen2013

27 juin 2021 05:50

Si je puis me permettre tenté d'en parler avec Mme Clementine-Portier Kaltenbach ( écrivaine caustique) qui selon toute vraisemblance serait susceptible de vous écouter voire entendre. jean claude de Rouen fidèle lecteur de Clementine, que j'espère bien voir un jour a Paris.

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

26 juin 2021 14:41

Comme Eve derrière Adam ?

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Avatar marine

marine

26 juin 2021 12:39

Dorénavant on devra dire "à côté ..." Question d'égalité. 😊 Merci pour cet article intéressant.

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