Comment tendre la main à un conspirationniste

- 13 novembre 2021 11:00

Entendre sa sœur ou son meilleur ami véhiculer des idées qu’on trouve totalement délirantes est une expérience pénible, convient Louis Audet Gosselin, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

On peut ressentir de l’incompréhension, de la déception et de la frustration à l’égard de ce proche qu’on croyait pourtant connaître. Mieux vaut toutefois maintenir le contact, dans la mesure du possible. « Autrement, une fois coupée de son cercle social de base qui lui offrait d’autres perspectives sur le monde, la personne a toutes les chances de s’embrigader davantage. »

Inutile de tenter de lui faire entendre raison, cela mènerait à un dialogue de sourds. « Généralement, les gens qui adhèrent à des théories du complot ont fait leur choix ; ils se sont beaucoup renseignés et tiennent un discours cohérent à leurs yeux, alors tout affrontement idéologique est stérile. » On peut garder le dialogue ouvert en évitant les sujets susceptibles de déraper, pour se concentrer plutôt sur le lien affectif — par exemple en discutant des sentiments qu’éprouve la personne depuis le début de la crise, de ce qui se passe à son travail, ou encore en évoquant des souvenirs communs. « C’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut tenter de distinguer la personne des idées qu’elle professe, et lui montrer qu’on s’intéresse à elle même si on ne partage pas du tout ses vues. »

Cet investissement en vaut la peine, assure le sociologue de formation, qui voit régulièrement des gens se désengager de mouvances extrémistes. « Une fois que les rapports sociaux normaux seront rétablis, je crois qu’une partie des adeptes du complotisme n’éprouveront plus le besoin de cultiver ce genre de théories. Surtout si l’adhésion idéologique n’était pas très forte au départ — on peut penser que beaucoup sont surtout frustrés et fragilisés par la crise. »

*****

Quelle attitude adoptez-vous lorsqu'un de vos proches émet des idées délirantes ?

Comment tendre la main à un conspirationniste

13 novembre 2021 11:00

Entendre sa sœur ou son meilleur ami véhiculer des idées qu’on trouve totalement délirantes est une expérience pénible, convient Louis Audet Gosselin, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

On peut ressentir de l’incompréhension, de la déception et de la frustration à l’égard de ce proche qu’on croyait pourtant connaître. Mieux vaut toutefois maintenir le contact, dans la mesure du possible. « Autrement, une fois coupée de son cercle social de base qui lui offrait d’autres perspectives sur le monde, la personne a toutes les chances de s’embrigader davantage. »

Inutile de tenter de lui faire entendre raison, cela mènerait à un dialogue de sourds. « Généralement, les gens qui adhèrent à des théories du complot ont fait leur choix ; ils se sont beaucoup renseignés et tiennent un discours cohérent à leurs yeux, alors tout affrontement idéologique est stérile. » On peut garder le dialogue ouvert en évitant les sujets susceptibles de déraper, pour se concentrer plutôt sur le lien affectif — par exemple en discutant des sentiments qu’éprouve la personne depuis le début de la crise, de ce qui se passe à son travail, ou encore en évoquant des souvenirs communs. « C’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut tenter de distinguer la personne des idées qu’elle professe, et lui montrer qu’on s’intéresse à elle même si on ne partage pas du tout ses vues. »

Cet investissement en vaut la peine, assure le sociologue de formation, qui voit régulièrement des gens se désengager de mouvances extrémistes. « Une fois que les rapports sociaux normaux seront rétablis, je crois qu’une partie des adeptes du complotisme n’éprouveront plus le besoin de cultiver ce genre de théories. Surtout si l’adhésion idéologique n’était pas très forte au départ — on peut penser que beaucoup sont surtout frustrés et fragilisés par la crise. »

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Quelle attitude adoptez-vous lorsqu'un de vos proches émet des idées délirantes ?

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Avatar Odile

Odile

13 novembre 2021 12:39

Effectivement je suis dans cette situation. Un de mes proches qui n'habite pas en France n'a toujours reçu aucune injection. Au tout début nous étions en accord (plutôt contre le vaccin) puis quand ma tranche d'âge est arrivée pour la 1ère dose... nos chemins se sont séparés. Nous discutons très régulièrement sur le sujet, chacun sur sa position... de temps en temps je me retrouve assez en accord sur certaines de ses positions. Ainsi va la vie, chacun sa position, chacun sa vérité, ça ne mérite pas de se "faire la guerre "

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Avatar CLARAMARIA2

CLARAMARIA2

13 novembre 2021 11:56

l'expression " tendre la main" à quelqu'un qui n'en ressent nul besoin pensant que c'est à vous qu'il devrait au contraire "tendre" la main " , est ce une bonne idée ... défendre une idéologie et tout interpréter pour que ça y rendre est une position fréquente y compris chez nos médias , en politique., en adhésion fanatique
Seule une analyse qui se recherche " objective", factuelle, peut-elle ébranler? vous dites "non " et je crois en effet que chacun se raccroche à ce qu'il a BESOIN de croire , pour dénoncer les autres comme parias et autres ... .
Votre thème ne serait-il pas plutôt " comment continuer à communiquer avec les conspirationistes quand on ne l'est pas soi-même " ... et vous donnez une " solution" valable pour toutes les relations en danger de par leurs différences de croyances.... Pas si facile, ça réussit peu, voir la vieille Mireille Knoll qui accueillait si bien son assassin .... Alors faut-il accepter les ruptures relationnelles, abandonner l'idée que chacun a besoin d'accueil et de reconnaissance...car le danger reste toutefois.... voilà pour mon avis . Continuer avec vigilance ?

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