Afghanistan : cet officier français dont les Américains auraient dû s’inspirer

- 9 septembre 2021 13:17

LETTRE DES ARMÉES. La chute de Kaboul, tombée aux mains des talibans, constitue une excellente raison de se pencher sur la théorie de David Galula, mort en 1967.

Né à Sfax (Tunisie) en 1919 dans une famille juive non religieuse, David Galula entre à Saint-Cyr en 1939. Il est radié des cadres de l’armée en raison des lois antijuives. Réintégré en Afrique du Nord en 1943, il participe aux campagnes d’Italie et de France avant de partir en Extrême-Orient, où il devient l’adjoint de l’attaché militaire français en Chine, non sans avoir auparavant appris le chinois. Allant au contact de l’APL (Armée populaire de libération) maoïste, il est capturé à deux reprises, expérience qui contribuera à sa rédaction, en 1947, d’un rapport remarqué sur la guerre que conduit Mao Zedong. Ce dernier l’impressionnait tant qu’il le qualifiait de « maître », comme le rappelait en 2012 son biographe canadien Alain Cohen.

Galula étudiera par la suite, sur le terrain, les insurrections en Grèce, aux Philippines, et bien sûr en Indochine. Il aura l’occasion de mettre ses observations en application lors de son commandement en Kabylie (1956-1958), expérience qu’il relatera dans une étude commandée par la Rand Corporation – qui l’avait repéré de longue date – et publiée en 1963 – mais classifiée durant plus de quarante ans –, Pacification in Algeria, 1956-1958.
Guerre contre-insurrectionnelle

Sous le titre Pacification en Algérie, cet ouvrage n’a été publié qu’en 2016, par les éditions Les Belles Lettres. Sa traductrice et préfacière, la romancière Julia Malye, note qu’au sein de l’armée française, « tout au long de sa carrière, son dossier militaire déborde de citations et de notations élogieuses vantant son courage au feu, son intelligence, sa curiosité et ses talents de linguiste ». Sauf que ses compatriotes ne perçoivent pas son œuvre comme celle d’un théoricien d‘importance. Galula n’est pas prophète en son pays. Tout à l’inverse, ses collègues américains lui prêtent une attention soutenue.

Dans la préface de sa biographie, John A. Nagel, l’un de ses lointains disciples officiers, résume les apports de David Galula à la conduite des opérations contre-insurrectionnelles : « Ses enseignements sont essentiellement pratiques. L’objet de la guerre contre-insurrectionnelle, c’est la population. Le renseignement qu’elle fournit est la clé du succès dans cette forme de guerre des plus frustrantes. Les zones concernées doivent être progressivement dégagées de la présence ennemie et ensuite tenues pour devenir sûres et loyales aux forces gouvernementales. »

Accord ou soumission de la population

En clair, la population doit être protégée, non combattue. Dans son ouvrage Contre-insurrection, théorie et pratique, publié en 1963 aux États-Unis et en français en 2008 seulement, l’officier français remarque, en adepte convaincu de la stratégie maoïste, que l’insurgé ne peut raisonnablement affronter directement les forces étatiques : « La logique veut qu’il porte l’affrontement sur un terrain différent, sur lequel il aura plus d’occasions de compenser son désavantage matériel. La population constitue ce terrain différent. Si l’insurgé parvient à dissocier la population du loyaliste, à la contrôler physiquement et à obtenir son soutien actif, il gagnera la guerre. Au bout du compte, la possibilité d’exercer un pouvoir politique ne dépend que de l’accord tacite ou explicite de la population ou, au moins, de sa soumission. »

Bien que ces théories aient convaincu des générations d’officiers américains, elles n’ont pas été mises en application durant la guerre du Vietnam, dont David Galula, mort prématurément d’un cancer en 1967, à 48 ans, ne verra pas le terme. Pas davantage en Irak. Ni en Afghanistan. Durant cette dernière guerre qui vient de connaître son terme avec la victoire sans conteste des insurgés, deux responsables américains, à tout le moins, avaient pourtant gardé en tête les enseignements de Galula.
Spécialiste des opérations spéciales, le général Stanley McChrystal commanda à Kaboul les troupes de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) de juin 2009 à juin 2010. Il avait lu Galula et tenta, suivant vainement son enseignement, de « gagner les cœurs » de la population afghane, au profit des armées de la coalition. Dans une interview au Figaro, il déclarait en 2009 : « Revenons aux leçons données par les Français Lyautey et Galula en matière de contre-insurrection ! Notre affaire, ce n’est pas de tuer le maximum de talibans, mais de protéger la population. Il faut qu’elle réalise que notre seule préoccupation est de la protéger. Autant contre l’ennemi que contre le mal que nos armes peuvent lui infliger involontairement. »

Les quatre lois

Successeur de Stanley McChrystal à la tête de la coalition anti-taliban en Afghanistan, le général David Petraeus était tout aussi partisan des Galula. Dans sa préface de Contre-insurrection, théorie et pratique,il va jusqu’à le qualifier de « Clausewitz de la contre-insurrection ». Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et on ne peut pas dire que, treize ans avant la défaite des États-Unis, Petraeus se soit montré très optimiste sur le sort promis aux forces américaines et leurs alliés : « La religion peut constituer un ferment d’insurrection plus dangereux encore que le nationalisme qui motivait les contemporains de Galula. Tandis que l’on pouvait souvent venir à bout d’insurgés nationalistes par la négociation, on ne maîtrise généralement les fanatiques religieux qu’en les emprisonnant ou en les tuant. » Sauf que cette stratégie a échoué en Afghanistan où, loin d’être anéantis, les talibans sont revenus au pouvoir, en vainqueurs désormais incontestés. La guerre sera toujours la guerre…

S’ils avaient suivi Galula, les stratèges américains se seraient-ils trouvés en mesure de gagner leur guerre afghane ? Et s’ils suivaient à la lettre ses leçons, ses successeurs français guerroyant au Sahel seraient-ils en capacité de réduire les djihadistes à merci ? Pas sûr. Dans Pacification en Algérie, Galula établit quatre « principes fondamentaux de la contre-insurrection ». La « première loi » qu’il définit est on ne peut plus claire : « Il faut viser la population. C’est là que la guerre se joue. » Deuxième loi : « Le soutien de la population n’est pas spontané et doit toujours être organisé. On ne l’obtient que grâce aux efforts d’une minorité de la population qui se montre en faveur du loyaliste. » Troisième loi : « Cette minorité n’émergera et ne sera suivie par la majorité que si et seulement si le loyaliste est considéré comme le seul et unique vainqueur possible. » Quatrième loi : « L’attitude de la population dépend non pas des mérites propres aux deux camps adverses, mais de la réponse que l’on peut apporter à ces deux questions : Quel camp va l’emporter ? Qui se montre le plus menaçant et qui offre la plus grande protection ? »

Penseur ou passeur ?

Dans la notice biographique qu’il a consacrée en 2019 à David Galula dans la revue Archives juives, Élie Tenenbaum, spécialiste des guerres irrégulières, reconnaît les apports de l’officier français mais nuance son apport novateur en le rattachant aux officiers français théoriciens de la guerre révolutionnaire, comme le furent, avec des différences, Charles Lacheroy ou Roger Trinquier : « Si les idées qu’il [y] développe sont relativement originales aux yeux du public américain, elles reprennent en réalité une bonne part des conclusions de la doctrine française des années 1950, ce qui fait de lui un “passeur” plutôt qu’un “penseur”… stratégique. »

Jean Guisnel - Le Point 07/09/2021

Afghanistan : cet officier français dont les Américains auraient dû s’inspirer

9 septembre 2021 13:17

LETTRE DES ARMÉES. La chute de Kaboul, tombée aux mains des talibans, constitue une excellente raison de se pencher sur la théorie de David Galula, mort en 1967.

Né à Sfax (Tunisie) en 1919 dans une famille juive non religieuse, David Galula entre à Saint-Cyr en 1939. Il est radié des cadres de l’armée en raison des lois antijuives. Réintégré en Afrique du Nord en 1943, il participe aux campagnes d’Italie et de France avant de partir en Extrême-Orient, où il devient l’adjoint de l’attaché militaire français en Chine, non sans avoir auparavant appris le chinois. Allant au contact de l’APL (Armée populaire de libération) maoïste, il est capturé à deux reprises, expérience qui contribuera à sa rédaction, en 1947, d’un rapport remarqué sur la guerre que conduit Mao Zedong. Ce dernier l’impressionnait tant qu’il le qualifiait de « maître », comme le rappelait en 2012 son biographe canadien Alain Cohen.

Galula étudiera par la suite, sur le terrain, les insurrections en Grèce, aux Philippines, et bien sûr en Indochine. Il aura l’occasion de mettre ses observations en application lors de son commandement en Kabylie (1956-1958), expérience qu’il relatera dans une étude commandée par la Rand Corporation – qui l’avait repéré de longue date – et publiée en 1963 – mais classifiée durant plus de quarante ans –, Pacification in Algeria, 1956-1958.
Guerre contre-insurrectionnelle

Sous le titre Pacification en Algérie, cet ouvrage n’a été publié qu’en 2016, par les éditions Les Belles Lettres. Sa traductrice et préfacière, la romancière Julia Malye, note qu’au sein de l’armée française, « tout au long de sa carrière, son dossier militaire déborde de citations et de notations élogieuses vantant son courage au feu, son intelligence, sa curiosité et ses talents de linguiste ». Sauf que ses compatriotes ne perçoivent pas son œuvre comme celle d’un théoricien d‘importance. Galula n’est pas prophète en son pays. Tout à l’inverse, ses collègues américains lui prêtent une attention soutenue.

Dans la préface de sa biographie, John A. Nagel, l’un de ses lointains disciples officiers, résume les apports de David Galula à la conduite des opérations contre-insurrectionnelles : « Ses enseignements sont essentiellement pratiques. L’objet de la guerre contre-insurrectionnelle, c’est la population. Le renseignement qu’elle fournit est la clé du succès dans cette forme de guerre des plus frustrantes. Les zones concernées doivent être progressivement dégagées de la présence ennemie et ensuite tenues pour devenir sûres et loyales aux forces gouvernementales. »

Accord ou soumission de la population

En clair, la population doit être protégée, non combattue. Dans son ouvrage Contre-insurrection, théorie et pratique, publié en 1963 aux États-Unis et en français en 2008 seulement, l’officier français remarque, en adepte convaincu de la stratégie maoïste, que l’insurgé ne peut raisonnablement affronter directement les forces étatiques : « La logique veut qu’il porte l’affrontement sur un terrain différent, sur lequel il aura plus d’occasions de compenser son désavantage matériel. La population constitue ce terrain différent. Si l’insurgé parvient à dissocier la population du loyaliste, à la contrôler physiquement et à obtenir son soutien actif, il gagnera la guerre. Au bout du compte, la possibilité d’exercer un pouvoir politique ne dépend que de l’accord tacite ou explicite de la population ou, au moins, de sa soumission. »

Bien que ces théories aient convaincu des générations d’officiers américains, elles n’ont pas été mises en application durant la guerre du Vietnam, dont David Galula, mort prématurément d’un cancer en 1967, à 48 ans, ne verra pas le terme. Pas davantage en Irak. Ni en Afghanistan. Durant cette dernière guerre qui vient de connaître son terme avec la victoire sans conteste des insurgés, deux responsables américains, à tout le moins, avaient pourtant gardé en tête les enseignements de Galula.
Spécialiste des opérations spéciales, le général Stanley McChrystal commanda à Kaboul les troupes de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) de juin 2009 à juin 2010. Il avait lu Galula et tenta, suivant vainement son enseignement, de « gagner les cœurs » de la population afghane, au profit des armées de la coalition. Dans une interview au Figaro, il déclarait en 2009 : « Revenons aux leçons données par les Français Lyautey et Galula en matière de contre-insurrection ! Notre affaire, ce n’est pas de tuer le maximum de talibans, mais de protéger la population. Il faut qu’elle réalise que notre seule préoccupation est de la protéger. Autant contre l’ennemi que contre le mal que nos armes peuvent lui infliger involontairement. »

Les quatre lois

Successeur de Stanley McChrystal à la tête de la coalition anti-taliban en Afghanistan, le général David Petraeus était tout aussi partisan des Galula. Dans sa préface de Contre-insurrection, théorie et pratique,il va jusqu’à le qualifier de « Clausewitz de la contre-insurrection ». Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et on ne peut pas dire que, treize ans avant la défaite des États-Unis, Petraeus se soit montré très optimiste sur le sort promis aux forces américaines et leurs alliés : « La religion peut constituer un ferment d’insurrection plus dangereux encore que le nationalisme qui motivait les contemporains de Galula. Tandis que l’on pouvait souvent venir à bout d’insurgés nationalistes par la négociation, on ne maîtrise généralement les fanatiques religieux qu’en les emprisonnant ou en les tuant. » Sauf que cette stratégie a échoué en Afghanistan où, loin d’être anéantis, les talibans sont revenus au pouvoir, en vainqueurs désormais incontestés. La guerre sera toujours la guerre…

S’ils avaient suivi Galula, les stratèges américains se seraient-ils trouvés en mesure de gagner leur guerre afghane ? Et s’ils suivaient à la lettre ses leçons, ses successeurs français guerroyant au Sahel seraient-ils en capacité de réduire les djihadistes à merci ? Pas sûr. Dans Pacification en Algérie, Galula établit quatre « principes fondamentaux de la contre-insurrection ». La « première loi » qu’il définit est on ne peut plus claire : « Il faut viser la population. C’est là que la guerre se joue. » Deuxième loi : « Le soutien de la population n’est pas spontané et doit toujours être organisé. On ne l’obtient que grâce aux efforts d’une minorité de la population qui se montre en faveur du loyaliste. » Troisième loi : « Cette minorité n’émergera et ne sera suivie par la majorité que si et seulement si le loyaliste est considéré comme le seul et unique vainqueur possible. » Quatrième loi : « L’attitude de la population dépend non pas des mérites propres aux deux camps adverses, mais de la réponse que l’on peut apporter à ces deux questions : Quel camp va l’emporter ? Qui se montre le plus menaçant et qui offre la plus grande protection ? »

Penseur ou passeur ?

Dans la notice biographique qu’il a consacrée en 2019 à David Galula dans la revue Archives juives, Élie Tenenbaum, spécialiste des guerres irrégulières, reconnaît les apports de l’officier français mais nuance son apport novateur en le rattachant aux officiers français théoriciens de la guerre révolutionnaire, comme le furent, avec des différences, Charles Lacheroy ou Roger Trinquier : « Si les idées qu’il [y] développe sont relativement originales aux yeux du public américain, elles reprennent en réalité une bonne part des conclusions de la doctrine française des années 1950, ce qui fait de lui un “passeur” plutôt qu’un “penseur”… stratégique. »

Jean Guisnel - Le Point 07/09/2021

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Avatar margaret

margaret

11 septembre 2021 01:29
CLARAMARIA2 a écrit :
Vous vous trompez complètement. L'Afghanistan se compose de provinces qui se cotoient et qui sont devenues musulmanes après la religion Hindoue il y a plusieurs siècles Ils n'ont pas envahi l'Afghanistan ! Ce n'est pas Daesh ou Al Quaida mouvements intégristes terroristes qui sont nés à l'étranger et sont venus un temps prêter main forte aux Afghans pour chasser Russes et Américains et qui qui "colonisent" des parties du monde en Asie et en Afrique entre autre !
Daesh revendique le dernier attentat sur l'aéroport, pas les Talibans .
Les Talibans sont DES afghans provenant des communautés qui forment l'Afghanistan éduqués dans des écoles musulmanes intégristes,( hors le Panchir qui est moins rigoriste et a été "défendue" par Massoud contre leur intégrisme). ils sont donc dans LEUR pays d'origine et prétendent se différencier de Daesh ou Al-Quaida qu'ils ne voudraient plus accueillir sur le sol Afghan, même s'ils pratiquent tous la charia

wikipédia: " ll existe en Afghanistan principalement quatre peuples : les Tadjiks, les Ouzbeks, les Hazaras (d'origine mongole, mais parlant un dialecte persan et à majorité chiite), et les Pachtounes. Les Ouzbeks sont présents au nord ainsi qu'en Ouzbékistan, les Tadjiks parlent une langue iranienne et sont en majorité sunnite, vivant dans l'Ouest, le Nord-Est et au Tadjikistan. Les talibans sont issus majoritairement des Pachtounes, estimés à 15 millions d'habitants. Le « noyau dur » du mouvement vient des tribus pachtounes du Sud, qui ont fourni une grande partie des réfugiés au Pakistan. Selon leurs vicissitudes, les talibans obtiendront, puis perdront le soutien de la plupart des chefs tribaux pachtouns.

En 1980, les Soviétiques envahissent l'Afghanistan dans le but, selon certains, de rallier ce pays au bloc soviétique, pour d'autres, de répondre, à ses frontières, au soutien actif des États-Unis d'Amérique aux moudjahidines luttant contre le régime communiste de Kaboul.Les talibans sont des Afghans qui ont été éduqués dans des écoles religieuses intégristes ......"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Talibans
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_islamique_(organisation)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Qa%C3%AFda

Bonsoir, merci pour toutes ces informations, je ne connaissais pas tout ça.

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CLARAMARIA2

10 septembre 2021 17:17

Pour compléter: ce texte du correspondant de Guerre jean-Marie- Montali qui connaît bien l'Afghanistan : toute guerre a des buts économiques et politiques
et elle apporte les aides souvent très onéreuses pour ses intérêts

"ECHECS AMERICAINS
En 1979, lorsque les Soviétiques envahissent l'Afghanistan, les Etats-Unis saisissent l'occasion pour affaiblir le bloc de l'Est en aidant les moudjahidines, promus pour l'occasion champions du monde libre.
Aide militaire (fourniture d'armes, notamment de missiles sol-air qui vont changer la donne) et, bien sûr, financière : ils vont dépenser plus de 600 millions de dollars. A première vue, cette aide est une réussite : la défaite russe en Afghanistan est la première brique enlevée au Mur de Berlin. La victoire de la Résistance va donner des idées d'indépendance à d'autres républiques soviétiques. Bientôt, l'URSS va s'écrouler.

Seulement voilà : histoire de ne pas trop s'impliquer sur le terrain, les USA ont délégué leur politique afghane à leur allié dans la région le Pakistan.
Pour des raisons idéologiques et religieuses, le Pakistan a toujours soutenu, armé et aidé les milices les plus extrémistes pachtounes. Pour des raisons ethniques aussi : d’un côté de la frontière, il y a les Pachtounes (afghans), de l’autre les Pathans (pakistanais), dont les noms diffèrent pour des raisons linguistiques, mais qui appartiennent à la même ethnie.
Le Pakistan à d’abord soutenu le Hezb-e-Islami, de Gulbuddin Hekmatyar (surnommé le “Boucher de Kaboul”). Mais Hekmatyar, malgré ses crimes et l'aide généreuse du Pakistan a été incapable de défaire Massoud et de prendre Kaboul. Il a fini par fatiguer les Pakistanais, qui lui ont tourné le dos avant de créer, au milieu des années 90, le mouvement taliban. De le créer, de l’armer, de l'entraîner et de le manipuler, faisant de lui un groupe de mercenaires à sa solde.
L'âme des Taliban n'est pas et n'a jamais été afghane. Elle est pakistanaise ( talibans= afghans formés dans écoles religieuses souvent basées au Pakistan) .

Les Etats-Unis ont accompagné le mouvement : le Pakistan assurait Washington que la victoire des Taliban installerait la paix en Afghanistan en mettant hors service les autres groupes armés.
Et permettrait ainsi, entre autres, la construction du fameux gazoduc (chantier à capitaux mixtes américains et saoudiens). Un chantier à trois milliards de dollars dont on espérait d'énormes retombées : après le Golfe et la Sibérie, cette région d'Asie Centrale serait l'une des plus importantes réserves gazière du monde. "

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CLARAMARIA2

10 septembre 2021 16:34
margaret a écrit :
Oui, mais ce ne sont pas des afghans mais des terroristes qui viennent d'ailleurs, ils ne forment pas la majorité des communautés afghanes.

Vous vous trompez complètement. L'Afghanistan se compose de provinces qui se cotoient et qui sont devenues musulmanes après la religion Hindoue il y a plusieurs siècles Ils n'ont pas envahi l'Afghanistan ! Ce n'est pas Daesh ou Al Quaida mouvements intégristes terroristes qui sont nés à l'étranger et sont venus un temps prêter main forte aux Afghans pour chasser Russes et Américains et qui qui "colonisent" des parties du monde en Asie et en Afrique entre autre !
Daesh revendique le dernier attentat sur l'aéroport, pas les Talibans .
Les Talibans sont DES afghans provenant des communautés qui forment l'Afghanistan éduqués dans des écoles musulmanes intégristes,( hors le Panchir qui est moins rigoriste et a été "défendue" par Massoud contre leur intégrisme). ils sont donc dans LEUR pays d'origine et prétendent se différencier de Daesh ou Al-Quaida qu'ils ne voudraient plus accueillir sur le sol Afghan, même s'ils pratiquent tous la charia

wikipédia: " ll existe en Afghanistan principalement quatre peuples : les Tadjiks, les Ouzbeks, les Hazaras (d'origine mongole, mais parlant un dialecte persan et à majorité chiite), et les Pachtounes. Les Ouzbeks sont présents au nord ainsi qu'en Ouzbékistan, les Tadjiks parlent une langue iranienne et sont en majorité sunnite, vivant dans l'Ouest, le Nord-Est et au Tadjikistan. Les talibans sont issus majoritairement des Pachtounes, estimés à 15 millions d'habitants. Le « noyau dur » du mouvement vient des tribus pachtounes du Sud, qui ont fourni une grande partie des réfugiés au Pakistan. Selon leurs vicissitudes, les talibans obtiendront, puis perdront le soutien de la plupart des chefs tribaux pachtouns.

En 1980, les Soviétiques envahissent l'Afghanistan dans le but, selon certains, de rallier ce pays au bloc soviétique, pour d'autres, de répondre, à ses frontières, au soutien actif des États-Unis d'Amérique aux moudjahidines luttant contre le régime communiste de Kaboul.Les talibans sont des Afghans qui ont été éduqués dans des écoles religieuses intégristes ......"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Talibans
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_islamique_(organisation)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Qa%C3%AFda

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margaret

10 septembre 2021 10:08
CLARAMARIA2 a écrit :
les talibans sont chez eux; ils forment la majorité des communautés afghanes et donc du peuple afghan même si, dans les villes, il y a une opposition ; ce ne sont pas des envahisseurs; vous voulez les "chasser" pour les faire immigrer où? La guerre fait partie de leur philosophie de vie . De quel droit irions-nous les chasser de chez eux ? 20 ans d'envahisseurs et d'argent jeté en pature pour les séduire , ça n'a pas suffi .....

Oui, mais ce ne sont pas des afghans mais des terroristes qui viennent d'ailleurs, ils ne forment pas la majorité des communautés afghanes.

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Avatar Claude-

Claude-

10 septembre 2021 08:39

Félicitations pour ce long texte bien documenté

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Avatar Dan

Dan

10 septembre 2021 07:18

Cet article du point m'apparaît d'une belle platitude. Par contre je me souviens :
-) de l'histoire de Lyautey et de sa glaoua
-) d'un phare de la pensée humaine (dixit Giscard président des français) disant : « Comme la guerre la fornication prolonge la vie. Le chef de ma garde personnelle, Wang Dongxing, sait trouver les jeunes filles sottes que j’affectionne, surtout les filles de paysans pauvres, mes préférées. Elles se pâment à l’idée de venir sur ma planche de bois et se foutent de ce que je ne me lave jamais, pas même les dents. ».

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CLARAMARIA2

10 septembre 2021 06:08
margaret a écrit :
Oh là là, c'est un roman, oui mais les afghans ne peuvent tous partir, ce sont les talibans qu'ils faut chasser.

les talibans sont chez eux; ils forment la majorité des communautés afghanes et donc du peuple afghan même si, dans les villes, il y a une opposition ; ce ne sont pas des envahisseurs; vous voulez les "chasser" pour les faire immigrer où? La guerre fait partie de leur philosophie de vie . De quel droit irions-nous les chasser de chez eux ? 20 ans d'envahisseurs et d'argent jeté en pature pour les séduire , ça n'a pas suffi .....

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CLARAMARIA2

10 septembre 2021 06:03

Pour être passeur ( de culture, de civilisation différente.... encore faut-il que l'apport soit attirant pour la population-"cible " ( terme marketing qui va bien à la guerre) ; Or, les Talibans sont dans un rejet viscéral de tout changement / leur doctrine de base qui exclut toute liberté et toute pensée individuelle; la personne en tant que telle n'existe pas . Ce cher Galula semble penser pour une " colonisation" des idées et avec les Talibans, ce n'est pas gagné; seuls des intérêts économiques pour nourrir- faire survivre le pays permettra quelques "ouvertures". ... Ceci pour mon avis ... nous sommes encore là dans le rêve de "coloniser" les idées, les philosophies de vie du monde..... y'a qu'à faut qu'on .... ça fonctionne rarement me semble-t-il .... Le peuple doit d'abord faire lui-même sa révolution intérieure s'il le souhaite .... et donc, les femmes aussi et que ça a l'air compliqué !

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margaret

10 septembre 2021 01:35

Oh là là, c'est un roman, oui mais les afghans ne peuvent tous partir, ce sont les talibans qu'ils faut chasser.

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Avatar Vieuxchat

Vieuxchat

9 septembre 2021 14:10

Quand les pays comprendront-ils que la meilleur armée du monde ne vaincra jamais un autre pays, sous prétexte de l'aider, encore moins pour protéger des Entreprises étrangères ? La population locale a un état d'esprit différent des soldats envahisseurs (voir Napoléon, Hitler, Les Russes en Afghanistan, la France en Afrique qui pense qu'elle évite des attentats sur notre sol ! Quelle idiotie qui coûte cher en vies humaines et en argent !)

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