Rentrée littéraire (6ème livre)
mirabelle95 - 28 août 2022 12:18
«Ils vont tuer vos fils», my own private Finistère
On le voit, les récits autobiographiques sont très nombreux en cette rentrée littéraire. Mais la plupart ont le bon goût de ne pas se suivre, et surtout de ne pas se ressembler. Le livre de Guillaume Perilhou, dont le titre fait référence à une chanson de Lou Reed, tire lui aussi son épingle du jeu. C'est l'histoire de Guillaume, 15 ans, qui finit en foyer, ignoré par un père semblable à tellement de pères et délaissé par une mère fracassée. Et ça ne s'arrête pas là.
La vie de Guillaume est riche, trop riche. Il y a ce noyau familial salement éclaté, ce qui a évidemment un impact sur lui. Il y a l'éveil sexuel –ahurissante scène de première fois, avec deux garçons en même temps. Il y a ce double qu'il s'est fabriqué, ou qui est sorti de lui, une certaine Raffaella, qu'il incarne avec conviction. Et puis il y a l'hôpital psychiatrique, les médicaments et les électrochocs. Le narrateur brûle sa vie par les deux bouts, mais a-t-il vraiment le choix?
L'écriture est intense et sèche, pleine de verve et de rage. Ils vont tuer vos fils semble fait pour être lu d'une traite –mais si par petits morceaux, c'est très bien aussi. C'est un roman qui souffle en permanence le chaud et le froid, entre la joie d'être en vie et l'angoisse de constater à quel point rien n'est simple. Même l'histoire d'amour et de désir avec Clément, un autre patient, fait autant de mal que de bien. Mais Guillaume Perilhou est très fort pour donner corps à ces montagnes russes existentielles.
Rentrée littéraire (6ème livre)
«Ils vont tuer vos fils», my own private Finistère
On le voit, les récits autobiographiques sont très nombreux en cette rentrée littéraire. Mais la plupart ont le bon goût de ne pas se suivre, et surtout de ne pas se ressembler. Le livre de Guillaume Perilhou, dont le titre fait référence à une chanson de Lou Reed, tire lui aussi son épingle du jeu. C'est l'histoire de Guillaume, 15 ans, qui finit en foyer, ignoré par un père semblable à tellement de pères et délaissé par une mère fracassée. Et ça ne s'arrête pas là.
La vie de Guillaume est riche, trop riche. Il y a ce noyau familial salement éclaté, ce qui a évidemment un impact sur lui. Il y a l'éveil sexuel –ahurissante scène de première fois, avec deux garçons en même temps. Il y a ce double qu'il s'est fabriqué, ou qui est sorti de lui, une certaine Raffaella, qu'il incarne avec conviction. Et puis il y a l'hôpital psychiatrique, les médicaments et les électrochocs. Le narrateur brûle sa vie par les deux bouts, mais a-t-il vraiment le choix?
L'écriture est intense et sèche, pleine de verve et de rage. Ils vont tuer vos fils semble fait pour être lu d'une traite –mais si par petits morceaux, c'est très bien aussi. C'est un roman qui souffle en permanence le chaud et le froid, entre la joie d'être en vie et l'angoisse de constater à quel point rien n'est simple. Même l'histoire d'amour et de désir avec Clément, un autre patient, fait autant de mal que de bien. Mais Guillaume Perilhou est très fort pour donner corps à ces montagnes russes existentielles.

