Rentrée littéraire (5ème livre)
mirabelle95 - 28 août 2022 12:13
«Patte blanche», successions
Ça fait toujours énormément de bien de voir les riches s'écharper ou se vautrer dans un bourbier dont eux seuls ont le secret. C'est l'une des clés de la série Succession, l'une des meilleures choses qui soit arrivée au monde de la fiction ces dernières années; et cela fonctionne aussi dans Patte blanche, même s'il faut bien avouer que les Simart-Duteil imaginés par Kinga Wyrzykowska sont loin d'être aussi riches et puissants que le clan de Logan Roy. Côté médiocrité, en revanche, ils assurent.
Parents séparés, enfants qui se cherchent (l'un se rêve en méga influenceur politique sauce bling bling, son frère chirurgien esthétique projette de devenir le maître de ce monde si particulier, et leur sœur cherche un sens à sa vie): chapitre après chapitre, Patte blanche égratigne cette famille apparemment bien sous tous rapports, et fait progressivement monter la sauce. C'est le point d'interrogation du roman, qui s'inspire d'une histoire vraie: comment diable les Simart-Duteil ont-ils fini par s'enfermer tous ensemble dans leur manoir normand pour ne plus en ressortir, se faisant livrer de la nourriture et coupant toute communication avec l'extérieur?
La charge est féroce mais réaliste. Histoires d'héritage, égos froissés, projets ne se déroulant pas comme prévu: tout part à vau-l'eau dans cette famille et dans ce roman, qui s'ancre dans l'histoire de la France de ces dix dernières années. Il n'est même pas impossible d'y croiser, presque fortuitement, un polémiste télévisuel d'extrême droite devenu récemment candidat à l'élection présidentielle. La scène est cocasse, inattendue, presque houellebecquienne. Il faut dire que Kinga Wyrzykowska a du style: Patte blanche est aussi mordant qu'élégant.
Rentrée littéraire (5ème livre)
«Patte blanche», successions
Ça fait toujours énormément de bien de voir les riches s'écharper ou se vautrer dans un bourbier dont eux seuls ont le secret. C'est l'une des clés de la série Succession, l'une des meilleures choses qui soit arrivée au monde de la fiction ces dernières années; et cela fonctionne aussi dans Patte blanche, même s'il faut bien avouer que les Simart-Duteil imaginés par Kinga Wyrzykowska sont loin d'être aussi riches et puissants que le clan de Logan Roy. Côté médiocrité, en revanche, ils assurent.
Parents séparés, enfants qui se cherchent (l'un se rêve en méga influenceur politique sauce bling bling, son frère chirurgien esthétique projette de devenir le maître de ce monde si particulier, et leur sœur cherche un sens à sa vie): chapitre après chapitre, Patte blanche égratigne cette famille apparemment bien sous tous rapports, et fait progressivement monter la sauce. C'est le point d'interrogation du roman, qui s'inspire d'une histoire vraie: comment diable les Simart-Duteil ont-ils fini par s'enfermer tous ensemble dans leur manoir normand pour ne plus en ressortir, se faisant livrer de la nourriture et coupant toute communication avec l'extérieur?
La charge est féroce mais réaliste. Histoires d'héritage, égos froissés, projets ne se déroulant pas comme prévu: tout part à vau-l'eau dans cette famille et dans ce roman, qui s'ancre dans l'histoire de la France de ces dix dernières années. Il n'est même pas impossible d'y croiser, presque fortuitement, un polémiste télévisuel d'extrême droite devenu récemment candidat à l'élection présidentielle. La scène est cocasse, inattendue, presque houellebecquienne. Il faut dire que Kinga Wyrzykowska a du style: Patte blanche est aussi mordant qu'élégant.

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