Rentrée littéraire (4ème livre)
mirabelle95 - 28 août 2022 12:07
«Fantaisies guérillères», l'école des Jehanne
Trois centaines de pages rédigées dans un ancien français teinté d'anglicismes, ça vous attire moyennement? Croix de bois, croix de fer: vous devriez tout de même tenter l'expérience, car elle est ahurissante. Avec Fantaisies guérillères (faut-il voir dans ce titre un double clin d'œil à Bashung et Wittig?), Guillaume Lebrun signe un premier roman passionnant, irrévérencieux, très drôle et très queer à la fois.
Tout commence d'une initiative inattendue lancée par Yolande d'Aragon, duchesse d'Anjou: parce que les Anglais (pardon, les Englishes) semblent impossibles à bouter hors du pays et parce que les fantômes de la guerre civile guettent, elle décide de créer sans tarder une académie pour jeunes filles. Après avoir enrôlé quinze gamines qu'elle rebaptise toutes Jehanne, elle les soumet à une éducation militaire et intellectuelle exigeante afin d'en faire des sauveuses de la France. Mais la douzième Jehanne déplacera et dépassera ses attentes, comme on pourra le constater au gré d'un roman plein de souffle, qui contribue à redorer le statut d'icône LGBT+ de Jeanne d'Arc (car c'est bien d'elle qu'il s'agit).
Loin de lasser, le style emballe de plus en plus: la plume de Guillaume Lebrun n'est jamais pesante, les rebonds dramatiques sont nombreux, tout comme les allusions finaudes à la culture moderne –par exemple, la réponse à la grande question du sens de la vie est «quarante-deux». Ne loupez pas non plus les annexes: vous y trouverez notamment les paroles de chansons nommées «Pour retenir l'amour», «Ne le puis» et «Si fol amour comptait». Si vous ne voyez pas de quoi il s'agit, c'est que vous n'avez pas assez écouté les albums D'iceux ou Si on pouvait d'amour se contenter.
Rentrée littéraire (4ème livre)
«Fantaisies guérillères», l'école des Jehanne
Trois centaines de pages rédigées dans un ancien français teinté d'anglicismes, ça vous attire moyennement? Croix de bois, croix de fer: vous devriez tout de même tenter l'expérience, car elle est ahurissante. Avec Fantaisies guérillères (faut-il voir dans ce titre un double clin d'œil à Bashung et Wittig?), Guillaume Lebrun signe un premier roman passionnant, irrévérencieux, très drôle et très queer à la fois.
Tout commence d'une initiative inattendue lancée par Yolande d'Aragon, duchesse d'Anjou: parce que les Anglais (pardon, les Englishes) semblent impossibles à bouter hors du pays et parce que les fantômes de la guerre civile guettent, elle décide de créer sans tarder une académie pour jeunes filles. Après avoir enrôlé quinze gamines qu'elle rebaptise toutes Jehanne, elle les soumet à une éducation militaire et intellectuelle exigeante afin d'en faire des sauveuses de la France. Mais la douzième Jehanne déplacera et dépassera ses attentes, comme on pourra le constater au gré d'un roman plein de souffle, qui contribue à redorer le statut d'icône LGBT+ de Jeanne d'Arc (car c'est bien d'elle qu'il s'agit).
Loin de lasser, le style emballe de plus en plus: la plume de Guillaume Lebrun n'est jamais pesante, les rebonds dramatiques sont nombreux, tout comme les allusions finaudes à la culture moderne –par exemple, la réponse à la grande question du sens de la vie est «quarante-deux». Ne loupez pas non plus les annexes: vous y trouverez notamment les paroles de chansons nommées «Pour retenir l'amour», «Ne le puis» et «Si fol amour comptait». Si vous ne voyez pas de quoi il s'agit, c'est que vous n'avez pas assez écouté les albums D'iceux ou Si on pouvait d'amour se contenter.

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