Lettres d'Amour
- 15 mai 2023 10:49
Lettres d'Amour
15 mai 2023 10:49

Capusa06
A Juliette le 31 décembre 1851, 8h du soir
Mon doux ange bien aimé, voici l’année qui finit, année de douleurs, année de luttes, année d’épreuves, l’année qui commence sera l’année d’espérance de joie et d’amour. N’en doute pas, car c’est tout mon cœur qui me le dit. Je suis proscrit, banni, exilé, séparé des miens, pauvre, errant, frappé au cœur et pourtant, quand je me tourne vers toi, il me semble que je vois le bon Dieu qui me sourit. Tu as été admirable ma Juliette dans ces sombres et rudes journées. Si j’avais eu besoin de courage, tu m’en aurais donné, mais j’avais besoin d’amour, et sois béni, tu m’en apportais ! Quand, dans mes retraites toujours périlleuses, après une nuit d’attente, j’entendais le matin la clef de ma porte tressaillir sous ta main, j’oubliais tout, je n’avais plus de périls ni de ténèbres autour de moi, c’était la lumière qui entrait ! Ho n’oublions jamais ces heures terribles et pourtant si douces où tu étais près de moi dans les intervalles de la lutte ! Rappelons-nous toute notre vie cette petite chambre obscure, ces vielles tapisseries, ces deux fauteuils côte à côte, ces repas au coin de la table avec le poulet froid que tu apportais, ces causeries si tendres, tes caresses, tes anxiétés, ton dévouement ! Tu t’étonnais de mon calme et de ma sérénité. Sais-tu d’où me venaient cette sérénité et ce calme ; c’était toi. Vois tu, Dieu ne frappe jamais tout à fait, il nous a jeté ici, mais ensemble. Qu’il soit béni.
Dans ces années si vite écoulées, hélas, ton âme a dépensé des trésors de tendresse, de dévouement, de fidélité, de vertu, et pourtant cette belle âme est plus riche que jamais. Tes yeux m’ont donné bien des sourires, ta bouche bien des baisers, et pourtant ton doux visage est plus jeune que jamais. Tu as tout donné et tu as tout gardé. J’ai eu tout et tu as tout. Il n’y a que les astres du ciel qui puissent ainsi donner sans cesse leurs rayons sans diminuer leur lumière. L’année qui vient de finir a été triste. Une moitié de mon cœur est morte. Oh ! Que tu as été douce pour moi dans ces heures d’angoisse ! Que Dieu te récompense et te bénisse ! Ton amour, ô mon ange, ressemble à la vertu.
Je t’attends ce soir avec bien de l’impatience. On dirait que les battements de mon cœur voudraient hâter les pulsations de la pendule pour y arriver plus vite.
Quand je ne serai plus qu’une cendre glacée, quand mes yeux fatigués seront fermées au jour, dis-toi, si dans ton cœur ma mémoire est fixée :
Le monde a sa pensée
Moi j’avais son Amour.
marine
bern515 a écrit :
bonjour marine
je me suis toujours refusé de voir ce film, Gabrielle Russier alias Danielle Guénot dans le film n'avait pas été beaucoup sanctionnée par la justice mais compte tenu du contexte qui la rejetait du monde des gens honorables elle se suicida en 1969, mourir d'aimer c'est triste et mourir de ne pas être aimée ce n'est pas mieux quand je pense à Dalida
(ok pour la conjugaison, merci). Quant au fait de mourir pour trop ou pas assez d'amour, je pense que la souffrance doit être aussi terrible. A choisir, je préfère le trop plein au vide.

annie92200
Bonjour Christian
J'ai eu l'occasion de lire ces lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo .
Aimer de cette façon, totale et inconditionnelle est tout simplement magnifique : au delà des préjugés, des jalousies, au de là de tout!
Juliette a suivi Victor dans tous les moments de sa vie : les bons, les moins bons, les plus terribles , et jusqu'à l'exil . A visiter : la maison de Victor Hugo, Place des Vosges , Juliette a été l'inspiratrice-décoratrice pour une partie de cette magnifique maison .
A visiter : le M
bern515
Misss a écrit :
Par Colette Gouvion (en 1969)
Pour réponse à Vic42
"Tout est en ordre. Gabrielle Russier, ce jeune professeur qui osa étaler publiquement sa passion partagée pour un de ses élèves, ne reprendra pas son poste, le 15 septembre, au lycée Nord de Marseille. Biffé d'un trait, le mauvais exemple !
Et le procureur général n'aura pas même eu besoin, pour cela, d'obtenir, comme il le souhaitait, de la cour d'appel, l'aggravation de la peine - un an de prison avec sursis, pour détournement de mineur - qu'elle avait encourue en juillet.
L'action de la justice s'est éteinte dans le chuintement du gaz qui s'échappe d'un réchaud grand ouvert.
Lundi, Gabrielle Russier s'est suicidée."
cette jeune professeure
bern515
marine a écrit :
Très joli film ! Je me suis toujours refusée à le revoir.
bonjour marine
je me suis toujours refusé de voir ce film, Gabrielle Russier alias Danielle Guénot dans le film n'avait pas été beaucoup sanctionnée par la justice mais compte tenu du contexte qui la rejetait du monde des gens honorables elle se suicida en 1969, mourir d'aimer c'est triste et mourir de ne pas être aimée ce n'est pas mieux quand je pense à Dalida