
daniellem
jplotton a écrit :
Il serait bon de rappeler que cet hommage ne devrait pas concerner un seul homme mais tous les résistants et tous ceux qui ont été victimes du nazisme .
Tous ont été évoqués et leurs noms resteront affichés au côté de M.Manouchian...
Article "France Culture" du 21/02/2024
En réponse aux critiques, une plaque sera également inaugurée dans la crypte, non loin de Missak et Mélinée Manouchian. Elle rend hommage aux 22 autres résistants étrangers tombés avec Missak Manouchian en novembre 1943, et à Joseph Epstein, chef des Francs-tireurs partisans de la région parisienne.
daniellem
Hier soir , deux émissions de qualité pour comprendre et réfléchir sur une période de l'Histoire qui montrent que certains ont été exemplaires et d'autres beaucoup moins ... aujourdh'ui , ça ne serait pas vraiment différent ...
https://www.linternaute.com/television/documentaire-manouchian-et-ceux-de-l-affiche-rouge-p6369289/
https://www.linternaute.com/television/documentaire-la-police-de-vichy-p4770662/la-police-de-vichy-e4345292/
chanelle3
trés émouvant sa lettre et quel courage je ne connaissais pas son histoire ni son parcours quel respect à son encontre pas le cas de certains jeunes vivant chez nous que l on le transfère au panthéon pour honorer sa mémoire entièrement d accord malgré certains résistants pas dans le bon sens !!! je crois que Edmond Rostand a fait un recueil de poésie par rapport à sa lettre .....
yalow
Pierre-Paul a écrit :
Dernière Lettre de Missak Manouchian. Le 21 février 1944.
Lettre écrite à sa femme Mélinée le 21 février 1944 à la prison de Fresnes, quelques heures avant qu’il soit fusillé au fort du Mont Valérien
Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15
heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je
ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la
Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la
Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront ho-
norer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre
le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et
comme récompense.
Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne
durera plus longtemps. Bonheur à tous...
J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi,
comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un
enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse
te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes ne-
veux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme,
car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui va-
lent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec
mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien
tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine.
Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je
dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous
ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour rache-
ter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis
qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu.
Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel.
P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes
dettes et donne le reste à Armène. M. M.
Merci pour ce témoignage
Pierre-Paul
Dernière Lettre de Missak Manouchian. Le 21 février 1944.
Lettre écrite à sa femme Mélinée le 21 février 1944 à la prison de Fresnes, quelques heures avant qu’il soit fusillé au fort du Mont Valérien
Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15
heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je
ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la
Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la
Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront ho-
norer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre
le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et
comme récompense.
Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne
durera plus longtemps. Bonheur à tous...
J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi,
comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un
enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse
te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes ne-
veux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme,
car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui va-
lent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec
mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien
tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine.
Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je
dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous
ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour rache-
ter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis
qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu.
Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel.
P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes
dettes et donne le reste à Armène. M. M.

piron
Pour etre complet ; a la télé ce soir :21h12
mardi
20
février
Manouchian et ceux de l'Affiche rouge 77
Histoire de Hugues Nancy
Durée : 1h41mn
Pays de production : France
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Résumé
En février 1944, dans une cour de la prison de Fresnes, les Allemands organisent une mise en scène pour stigmatiser un groupe de résistants communistes, tous étrangers et juifs pour la plupart, arrêtés quelques semaines plus tôt. La propagande vise à discréditer ces combattants pour en faire des terroristes et des criminels, eux qui étaient parvenus à multiplier dans Paris les attaques contre l'occupant. L'affiche rouge placardée à des milliers d'exemplaires partout dans le pays va les faire entrer dans la légende. C'est au Mont-Valérien, près de Paris, qu'ils seront ensuite exécutés. Missak Manouchian, l'Arménien qui dirigeait ces combattants, incarne désormais ce groupe dans la mémoire collective en faisant son entrée au Panthéon, au nom de tous ses camarades, 80 ans après leur exécution.

piron
Figure emblématique de la Résistance communiste étrangère, poète apatride rescapé du génocide arménien, Missak Manouchian entrera au Panthéon le 21 février 2024. 80 ans plus tôt, les 23 camarades du Groupe Manouchian étaient fusillés au Mont Valérien après avoir « crié la France en s’abattant ».
Que raconte la panthéonisation d’un ouvrier communiste, membre des FTP-MOI, sinon l’aboutissement d’un long combat pour reconnaître dans le héros de l’Affiche rouge l’invincible libérateur, figure de proue de l’engagement des étrangers·ères dans la Résistance française ?
Missak Manouchian entre ainsi au Panthéon aux côtés de sa Mélinée et de tous ces invisibles, « et nos frères pourtant », souvent sans papiers, sans ressources, sans asile, qui ont courageusement lutté contre le fascisme et l’oppression nazie. Parmi ces invisibles, les femmes étrangères subissent une double-peine, maintenues à la lisière de l’histoire de la Résistance parce que minorées du fait de leur genre et occultées du fait de leur origine. Cette journée d’hommage entend réhabiliter leur rôle fondamental de résistantes & de libératrices dans le sillage de Mélinée Manouchian.