

piron
RELIRE, COMME ÇA, ÉTIENNE DE LA BOÉTIE:
[…] C’est chose merveilleuse que les peuples se laissent aller si promptement, pour peu qu’on les chatouille. Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.
Ce moyen, cette pratique, ces allèchements étaient ceux qu’employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi les peuples abrutis, trouvant beaux tous ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir qui les éblouissait, s’habituaient à servir aussi niaisement mais plus mal que les petits enfants n’apprennent à lire avec des images brillantes. […]
Discours de la servitude volontaire - 1576
Henri
À propos d'un adagio
Philippe Cirseil à écris
Ecouter ces pièces exquises, c'est abolir le déferlement de bruits et d'images du quotidien pour entrouvrir l'espace d'un ailleurs où la contingence et la représentation cèdent la place à l'immatérialité du sensible. Une fois refermée la porte sur l'agitation du monde, un silence sous-jacent s'installe, une lenteur saisit, prélude à une dilatation de la perception et de la conscience. Dans le courant du fleuve des notes qui nous traverse, le pouvoir expressif de l'architecture sonore rompt avec toute forme de transcription du réel pour s'attacher à l'expression d'un univers impalpable. Couleurs, composition, rythme, constituent un langage qui donne véritablement voix à l'exaltation.
Je trouve cela très beau (adagio et commentaire)