
Coccyvette
Le cœur solitaire (1896).
L'amour nous fait trembler comme un jeune feuillage,
Car chacun de nous deux a peur du même instant.
« Mon bien-aimé, dis-tu très bas, je t'aime tant...
Laisse... Ferme les yeux... Ne parle pas... Sois sage... »
Je te devine proche au feu de ton visage.
Ma tempe en fièvre bat contre ton cœur battant.
Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant
Ta gorge nue et sa fraîcheur de coquillage.
Ecoute au gré du vent la glycine frémir.
C'est le soir ; il est doux d'être seuls sur la terre,
L'un à l'autre, muets et faibles de désir.
D'un baiser délicat tu m'ouvres la paupière ;
Je te vois, et, confuse, avec un long soupir,
Tu souris dans l'attente heureuse du mystère.
Charles Guérin.
Coccyvette
A l’horizon
Didier Sicchia
J’ai encore souvenance de ces navires,
Voilures chahutées par de fiers aquilons,
Éthers qui enjôlaient l’ivresse de ces sbires ;
Ces marins râblés, l’épiderme macaron.
– J’ai encore souvenance de ces navires…
Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Tant de véhémence – Tephillim tympanon
Qu’en finalité létale elles se fendirent
Et délivrèrent aux océans leurs cargaisons.
– Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent…
Les terribles aventures des longs gréements,
Aujourd’hui résonnent fort et comme un airain ;
Fabuleux voyages aux propos captivants
En mon esprit agité – un sang de mutin.
– Les terribles aventures des longs gréements…
Vois ! A l’horizon se profilent les chalands,
Vierges sacrifiées à de pénibles destins.
Aussi on devine dans les nuages blancs
Quelques équipages le mouchoir à la main.
– Lors, à l’horizon se profilent les chalands…
J’ai encore souvenance de ces navires :
Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Les terribles aventures des longs gréements ;
Vois ! A l’horizon se profilent les chalands.
Coccyvette
Tous ces mots que l'on ne dit pas
J'aurais tant aimé te dire à quel point je t'aimais et je t'admirais
Combien ta présence me réconfortait
Jour après jour
Éclairant mes nuits
Ainsi que mes jours les plus gris...
Combien ton sourire
Que trop souvent je ne te rendais point
Car assaillie par mille angoisses et chagrins
Illuminait mon cœur
Lui qui était en état de souffrance absolue
Me sentant démunie et ne sachant comment t'aider
Face à ce mal qui n'avait d'autre finalité
Que celle de nous séparer...
Tous ces mots que l'on ne dit pas
Et que l'on regrette ensuite de n'avoir pas réussi à prononcer
Quand il était encore temps
Et qui laissent à présent
Notre cœur et notre esprit emplis de regrets
A ne pas avoir réussi à exprimer ses sentiments
Du fait...
De tous ces mots que bien trop souvent
On ne dit pas...
A.Fabretti ( La Plume d'Albaline).
suzon
Vieillir
Se lever un matin
Sans penser aux tristesses
qu’on aime presque bien,
Avant
Marcher
Et ne plus voir la mer
sans devenir les autres
car on ne rêve plus,
Avant
Sombrer
Dans le creux de l’oubli
aux milles éclaboussures
qu’on voit plus que soi-même,
Avant
Porter
Milles rocs luminescents
et invisibles aux Dieux
qui ne sont pas les mêmes,
Avant
Partir
Comme partent les fées
dans ces contes maudits
qui ne se lisent plus,
Avant
Etait le vent
Etait la peine
Etait le temps
Et maintenant
Voilà
l’Après
Winston Perez
Coccyvette
NE PAS DISCUTER AVEC LES ÂNES
" L'âne dit au tigre :
"L'herbe est bleue."
Le tigre répondit :
"Non, l'herbe est verte."
La discussion s'enflamma et les deux décidèrent d'aller voir le lion, le roi de la jungle.
Déjà avant d'atteindre la forêt, où le lion était assis sur son trône, l'âne se mit à crier :
« Son Altesse, est-il vrai que l'herbe est bleue ?
Le lion répondit :
"C'est vrai, l'herbe est bleue."
L'âne se dépêcha et continua :
"Le tigre n'est pas d'accord avec moi, me contredit et m'énerve, s'il vous plaît, punissez-le."
Le roi déclara alors :
"Le tigre sera puni de 5 ans de silence."
L'âne sauta gaiement et reprit son chemin, content et répétant :
"L'herbe est bleue !"
Le tigre accepta sa punition, mais il demanda au lion :
"Votre Majesté, pourquoi m'avez-vous puni ? Après tout, l'herbe est verte."
Le lion répondit :
"En fait, l'herbe est verte."
Le tigre demanda :
"Alors pourquoi me punis-tu ?"
Le lion répondit :
"Cela n'a rien à voir avec la question de savoir si l'herbe est bleue ou verte. La punition est qu'il n'est pas possible pour une créature courageuse et intelligente comme toi de perdre son temps à se disputer avec un âne, et en plus de venir s'embêter." moi avec cette question. "
La pire perte de temps est de discuter avec l'imbécile et le fanatique qui ne se soucie pas de la vérité ou de la réalité, mais seulement de la victoire de ses croyances et de ses illusions. Ne perdez jamais de temps avec des arguments qui n'ont aucun sens... Il y a des gens qui, peu importe la quantité de preuves et de preuves que nous leur présentons, ne sont pas dans la capacité de comprendre, et d'autres sont aveuglés par l'ego, la haine et le ressentiment, et tout ce qu’ils veulent, c’est avoir raison même s’ils n’ont pas raison. Quand l’ignorance crie, l’intelligence se tait. Votre paix et votre tranquillité valent plus. »
