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La légende de La Fondial

Jean Claude - 4 mars 2026 07:05

La légende de La Fondial

Cette année, en février, il pleut …
Alors, j’ai voulu voir comment c’est du côté du Marais
et de La Fondial à Chauffour.
Saint-Martin est toujours en place. Enfin… sa statue
qui tourne le dos au Marais.
Et alors ?
Alors, ça me rappelle l’histoire que m’avaient contée
ma maman et la Marthe, sa copine. Dans les
années 1910, elles usaient ensemble du droit de
pacage dans les près du Marais pour leurs moutons
et leurs chèvres. Et beaucoup plus tard, elles
aimaient raconter cette histoire de La Fondial qui se redisait d’une génération à une autre.
En ces temps où la mémoire des Hommes, - et surtout des Femmes ! - jouaient le rôle des téléphones portables qui, si vous leur demandez gentiment enregistrent et répètent ce qu’ils veulent… Enfin … ce qu’ils ont enregistré !

Alors, conte-nous cette histoire de La Fondial !

C’est que ça vient de loin , et même de haut … Un jour, Dieu eut cette drôle d’idée de descendre voir sur Terre comment le monde s’arrangeait pour vivre.
Pourquoi La Fondial ?
Peut-être qu’il avait entendu dire que le monde de La Fondial n’était guère charitable ?
… Tiens, au passage, ça me fait penser qu’il ferait bien de redescendre faire un tour sur Terre …
- Il aurait tant d’endroits à visiter, là où les vilains font tout et n’importe quoi… Alors, il préfère regarder de là-haut le monde se dépatouiller !
( Ça, c’est Saint-Pierre qui me l’a glissé dans le creux de l’oreille ! )

Pour sa visite à La Fondial, Dieu avait pris l’allure d’un pauvre homme, comme il y en avait tant dans ces temps où les crève - la-faim allaient d’un village à l’autre demander un morceau de pain …

De ces temps-là, dans le village de La Fondial, au beau milieu du Marais, ça ne sentait pas trop la misère. Ça se voyait jusque sur le ventre rebondi de bien des hommes , jusque sur les chiens dont on ne voyait pas les côtes …
Et puis, il y avait encore dans l’air, comme une bonne odeur de pain qui est sorti du four.

Non, à La Fondial, ça ne sentait pas la misère !

Notre homme, enfin notre traîne-misère tapa à la première porte.
… Elle ne s’ouvrit pas !
Dieu se dit
- Les pauvres … Ils sont peut-être sourds !
A la 2ème porte, une femme risqua un œil :
- Qu’est ce que vous voulez ?
- N’auriez pas un bout de pain pour un pauvre homme
- N’ai rien du tout !
Et vlan, elle lui ferme la porte au nez !
A la 3ème porte, ce fut pire encore …
Un homme à la figure guère avenante fut carrément désagréable :
- Tire-toi de là, feignant !
- Mais , votre chien …
- Quoi , mon chien ?
- Il n’a pas l’air de crever de faim, alors, pour moi …- Pour toi, y a rien , et tire-toi que le chien pourrait bien te mordre !
Et comme ça, de porte en porte, Dieu, enfin le pauvre crève-la-faim se fit renvoyer promener…
Et Dieu reçut ainsi confirmation :
- Ils n’ont guère de piété à La Fondial … il n’y en a pas un pour racheter l’autre!
Mais, tiens ??? il y a cette maison, à l’écart, au dessus de là où sort l’eau de La Fondial.
A peine, eut-il frappé à la porte que celle-ci s’ouvrit .
Il y avait là une pauvre vieille qui, de maison en maison, contre quelques travaux, récupérait de quoi vivre sa pauvre vie de pauvre femme …
- Il ne vous resterait pas quelque petit bout de pain pour un pauvre crève-la-faim ?
- Achevez d’entrer, brave homme que vous allez m’aider …
- Ah ? Comment puis-je vous aider ?
- Figurez-vous que j’ai trouvé quelques champignons de mars, mes poules m’ont pondu trois œufs, une brave femme m’a donné une chopine de vin parce que je lui avais fait sa lessive, un homme m’a coupé un chanteau de pain qui sortait du four …

- Et à moi, ils n’ont rien voulu me donner !- Faut les comprendre, brave homme, ils me le disent bien assez :
- Les temps sont durs …

Mais, allez, on passe à table !
Et pour un bon repas, ce fut un bon repas …
A la fin, quand la brave vieille eut proposé à son invité de passer sa nuit sur le grenier à foin, Dieu tint à la vieille ce curieux discours :

- Je vous remercie , brave femme…
Vous êtes la meilleure entre toutes les femmes.
Cette nuit …
….
- Quoi, cette nuit ? lui demanda la brave femme.
- Cette nuit, n’ayez pas peur …
- Peur de quoi ?
Commença à s’affoler la pauvre femme .
- Va y avoir un grand bruit , mais, vous, vous … ne risquez rien .

Et la nuit, comme l’avait dit l’Homme, ça fit un grand bruit !
Bradadaou !!!

Mais la pauvre vieille ne s’en inquiéta pas …

Et le matin ?
Le matin , quand elle mit le nez dehors …
Elle ne vit rien …
Plus rien …
Le village n’était plus là …
Il n’y avait plus rien que les près.
Et sur le grenier à foin, il n’y avait pas l’Homme qui avait partagé avec
elle l’omelette de champignons de mars .

Alors, si vous passez par La Fondial, arrêtez-vous : - Vous entendrez
peut-être tinter la cloche de l’église . Et … on ne sait jamais :
Si quelque pauvre crève-la-faim vous demande
un morceau de pain, donnez-lui , donnez-lui …
Parce que le Bon Dieu vous a à l’œil !

La légende de La Fondial

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Jean Claude4 mars 2026 07:05

La légende de La Fondial

Cette année, en février, il pleut …
Alors, j’ai voulu voir comment c’est du côté du Marais
et de La Fondial à Chauffour.
Saint-Martin est toujours en place. Enfin… sa statue
qui tourne le dos au Marais.
Et alors ?
Alors, ça me rappelle l’histoire que m’avaient contée
ma maman et la Marthe, sa copine. Dans les
années 1910, elles usaient ensemble du droit de
pacage dans les près du Marais pour leurs moutons
et leurs chèvres. Et beaucoup plus tard, elles
aimaient raconter cette histoire de La Fondial qui se redisait d’une génération à une autre.
En ces temps où la mémoire des Hommes, - et surtout des Femmes ! - jouaient le rôle des téléphones portables qui, si vous leur demandez gentiment enregistrent et répètent ce qu’ils veulent… Enfin … ce qu’ils ont enregistré !

Alors, conte-nous cette histoire de La Fondial !

C’est que ça vient de loin , et même de haut … Un jour, Dieu eut cette drôle d’idée de descendre voir sur Terre comment le monde s’arrangeait pour vivre.
Pourquoi La Fondial ?
Peut-être qu’il avait entendu dire que le monde de La Fondial n’était guère charitable ?
… Tiens, au passage, ça me fait penser qu’il ferait bien de redescendre faire un tour sur Terre …
- Il aurait tant d’endroits à visiter, là où les vilains font tout et n’importe quoi… Alors, il préfère regarder de là-haut le monde se dépatouiller !
( Ça, c’est Saint-Pierre qui me l’a glissé dans le creux de l’oreille ! )

Pour sa visite à La Fondial, Dieu avait pris l’allure d’un pauvre homme, comme il y en avait tant dans ces temps où les crève - la-faim allaient d’un village à l’autre demander un morceau de pain …

De ces temps-là, dans le village de La Fondial, au beau milieu du Marais, ça ne sentait pas trop la misère. Ça se voyait jusque sur le ventre rebondi de bien des hommes , jusque sur les chiens dont on ne voyait pas les côtes …
Et puis, il y avait encore dans l’air, comme une bonne odeur de pain qui est sorti du four.

Non, à La Fondial, ça ne sentait pas la misère !

Notre homme, enfin notre traîne-misère tapa à la première porte.
… Elle ne s’ouvrit pas !
Dieu se dit
- Les pauvres … Ils sont peut-être sourds !
A la 2ème porte, une femme risqua un œil :
- Qu’est ce que vous voulez ?
- N’auriez pas un bout de pain pour un pauvre homme
- N’ai rien du tout !
Et vlan, elle lui ferme la porte au nez !
A la 3ème porte, ce fut pire encore …
Un homme à la figure guère avenante fut carrément désagréable :
- Tire-toi de là, feignant !
- Mais , votre chien …
- Quoi , mon chien ?
- Il n’a pas l’air de crever de faim, alors, pour moi …- Pour toi, y a rien , et tire-toi que le chien pourrait bien te mordre !
Et comme ça, de porte en porte, Dieu, enfin le pauvre crève-la-faim se fit renvoyer promener…
Et Dieu reçut ainsi confirmation :
- Ils n’ont guère de piété à La Fondial … il n’y en a pas un pour racheter l’autre!
Mais, tiens ??? il y a cette maison, à l’écart, au dessus de là où sort l’eau de La Fondial.
A peine, eut-il frappé à la porte que celle-ci s’ouvrit .
Il y avait là une pauvre vieille qui, de maison en maison, contre quelques travaux, récupérait de quoi vivre sa pauvre vie de pauvre femme …
- Il ne vous resterait pas quelque petit bout de pain pour un pauvre crève-la-faim ?
- Achevez d’entrer, brave homme que vous allez m’aider …
- Ah ? Comment puis-je vous aider ?
- Figurez-vous que j’ai trouvé quelques champignons de mars, mes poules m’ont pondu trois œufs, une brave femme m’a donné une chopine de vin parce que je lui avais fait sa lessive, un homme m’a coupé un chanteau de pain qui sortait du four …

- Et à moi, ils n’ont rien voulu me donner !- Faut les comprendre, brave homme, ils me le disent bien assez :
- Les temps sont durs …

Mais, allez, on passe à table !
Et pour un bon repas, ce fut un bon repas …
A la fin, quand la brave vieille eut proposé à son invité de passer sa nuit sur le grenier à foin, Dieu tint à la vieille ce curieux discours :

- Je vous remercie , brave femme…
Vous êtes la meilleure entre toutes les femmes.
Cette nuit …
….
- Quoi, cette nuit ? lui demanda la brave femme.
- Cette nuit, n’ayez pas peur …
- Peur de quoi ?
Commença à s’affoler la pauvre femme .
- Va y avoir un grand bruit , mais, vous, vous … ne risquez rien .

Et la nuit, comme l’avait dit l’Homme, ça fit un grand bruit !
Bradadaou !!!

Mais la pauvre vieille ne s’en inquiéta pas …

Et le matin ?
Le matin , quand elle mit le nez dehors …
Elle ne vit rien …
Plus rien …
Le village n’était plus là …
Il n’y avait plus rien que les près.
Et sur le grenier à foin, il n’y avait pas l’Homme qui avait partagé avec
elle l’omelette de champignons de mars .

Alors, si vous passez par La Fondial, arrêtez-vous : - Vous entendrez
peut-être tinter la cloche de l’église . Et … on ne sait jamais :
Si quelque pauvre crève-la-faim vous demande
un morceau de pain, donnez-lui , donnez-lui …
Parce que le Bon Dieu vous a à l’œil !

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Avatar FAE

FAE

5 mars 2026 09:06

Bonjour à tous ! 😃
Merci Jean-Claude pour cette belle histoire !
J'espère que vous en aurez d'autres à nous conter .

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Avatar violettamadona

violettamadona

5 mars 2026 08:46
Jean Claude a écrit :
Anicet écrit "trop long" ...
Certes, mais c'est en compensation de celles et ceux qui se limitent à publient un lien du Net ...
Montre en main et en occitan "causé " durée 5 minutes ...
Et de mémoire, j'ai reecrit l'histoire qui m'avait été contée
Chiche, Anicet, contez nous une histoire de votre crû ...

Merci Jean Claude pour cette belle histoire …
Pour moi ce sont des souvenirs réels de ma petite enfance à la campagne
et sans la punition de Dieu.
Ma mère avait toujours une assiette de soupe chaude au coin du feu
pour le mendiant qui frappait à la porte .

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Avatar Jean Claude

Jean Claude

4 mars 2026 16:13

La guerre ?
Que nenni !!!
En quête de sujet pour le magazines occitan de Radio Vicomte, je suis passé par la Fondial et je me suis remémoré cette légende que me connaît ma maman ...
Rien a voir avec la triste actualité !!!
GIF

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Avatar 2ALAIN

2ALAIN

4 mars 2026 13:03

A chaque guerre " on " nous ressort ce genre d'histoire , genre ......

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Avatar Jean Claude

Jean Claude

4 mars 2026 10:54
Anicet a écrit :
Trop long !

Anicet écrit "trop long" ...
Certes, mais c'est en compensation de celles et ceux qui se limitent à publient un lien du Net ...
Montre en main et en occitan "causé " durée 5 minutes ...
Et de mémoire, j'ai reecrit l'histoire qui m'avait été contée
Chiche, Anicet, contez nous une histoire de votre crû ...

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Avatar Roselyne

Roselyne

4 mars 2026 10:15
huarsy a écrit :
C’est une belle histoire dans la mesure où ces personnes errantes souhaitent un peu de nourriture.
Souvent le souhait est d’avoir quelque argent.
La dernière fois un grand costaud avait frappé à ma porte vendant des calendriers.
Jeune je lui demande pourquoi il ne travaille pas.
Non ma sœur a fait imprimer des calendriers pour moi les vendre.
C’était parti d’une bonne intention
.
Reconnaître les faux des vrais.
J’avais vu des pauvres faire la manche, habillés comme des gueux, sur une place de marché.
Une fois fini, derrière l’église le couple s’était déshabillé, reprendre leur Mercedes.
Désolée pour le Bon Dieu je ne fais pas dormir un inconnu chez moi.

Oui, c'est le gros problème, comment démêler les vrais qui sont vraiment dans la panade et les faux, les escrocs qui font feu de tous bois. Ce sont toujours les bons qui payent pour les mauvais comme dans toutes choses. Je donne une pièce de temps en temps, ou j'achète un sandwich mais on ne peut pas donner sans arrêt sans se pénaliser soi même, quand on a pas un gros budget.

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Avatar huarsy

huarsy

4 mars 2026 09:58

C’est une belle histoire dans la mesure où ces personnes errantes souhaitent un peu de nourriture.
Souvent le souhait est d’avoir quelque argent.
La dernière fois un grand costaud avait frappé à ma porte vendant des calendriers.
Jeune je lui demande pourquoi il ne travaille pas.
Non ma sœur a fait imprimer des calendriers pour moi les vendre.
C’était parti d’une bonne intention
.
Reconnaître les faux des vrais.
J’avais vu des pauvres faire la manche, habillés comme des gueux, sur une place de marché.
Une fois fini, derrière l’église le couple s’était déshabillé, reprendre leur Mercedes.
Désolée pour le Bon Dieu je ne fais pas dormir un inconnu chez moi.

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Avatar Roselyne

Roselyne

4 mars 2026 08:34

Ça me rappelle une autre histoire que nous racontait ma mère à ma sœur, mon frère et moi. C'est Saint Médard qui frappe aux portes également pour demander un morceau de pain et qui se fait chasser. Il lance une imprécation, chaque année à cette même époque, à partir du jour de la Saint Médard, il pleuvra pendant 40 jours et 40 nuits. Et chaque année, c'est ce qui se passe. A moins que le gentil Saint Barnabé, lui coupe l'herbe sous le pied. C'est à dire que 3 jours après le début du déluge, le jour de la Saint Barnabé, il arrive à faire en sorte que pendant une journée, il ne pleuve pas. Et si c'est le cas, ça stoppe l'imprécation de Saint Médard

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Avatar Anicet

Anicet

4 mars 2026 07:35

Trop long !

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