Avatar janine33

Le lièvre à la royale -3-

janine33 - 3 novembre 2024 04:25

Que les végétariens s’abstiennent de lire la suite, âmes sensibles s’abstenir! … Daniel Zenner

Et la suite des opérations la voilà …

****En ce dimanche de février 1989, un ami médecin légiste commença à dépouiller les bêtes.
Aussi curieux que moi, nous voulions savoir à quoi ressemblait une viande de gibier mortifiée, mais non faisandée .
Cependant les lagomorphes furent pendus par les pattes.
La peau fragile se déchirait par lambeaux, laissant apparaître des chairs fragiles brunes aux reflets verts, irisées par le soleil levant.
Sans forcer, je décapitai l’animal puis d’un geste précis, je fendis la peau du ventre tendue comme un ballon de baudruche.
Les entrailles jaillirent, s’étalant visqueusement au fond d’une bassine. Curieusement, l’animal et ses intimités ne puaient pas.
Une douce odeur montait du récipient, en effluves suaves, mâles, giboyeuses, animales. Mon copain médecin légiste m’expliqua que les cadavres sur lesquels il travaille habituellement, ne sentent vraiment fort que pendant les premières semaines… Après, c’est presque agréable…Dans ce fatras de tripailles, ils nous fallut repérer les foies, les cœurs et les poumons, organes absolument nécessaires dans l’exécution de la recette. Chirurgicalement parlant, Pierre parvint aisément à isoler ceux-ci, ôtant toutes parties ayant eu un quelconque contact avec le fiel.
Ces organes furent bien nettoyés au vinaigre de vin.
Le problème du sang se posa car son emploi était primordial dans la formule. Celui-ci apparaissait bien dans la masse des entrailles, mais se mêlait imparfaitement en caillots glaireux et noirs baignant dans un reliquat de jus verdâtre.
Nous résolûmes donc de ne point isoler ces semblants d’albumine, de lymphe et de plasma et sur le champ, sans aucune forme de procès, je sacrifiais deux gros lapins de mon élevage.
Egorgés proprement, et au nom de la science, je recueillis le sang dans lequel j’ajoutai un peu de vinaigre de vin, en battant doucement à l’aide d’un petit fouet.
Et maintenant que la fête commence! Nous avions les lièvres mortifiés, les foies, cœurs et poumons ainsi que le sang règlementaire.
La daubière de forme rectangle rehaussée de son couvercle nous attendait dans la cuisine en compagnie des autres ingrédients, au travail!

***

Le lièvre à la royale -3-

Avatar janine33

janine333 novembre 2024 04:25

Que les végétariens s’abstiennent de lire la suite, âmes sensibles s’abstenir! … Daniel Zenner

Et la suite des opérations la voilà …

****En ce dimanche de février 1989, un ami médecin légiste commença à dépouiller les bêtes.
Aussi curieux que moi, nous voulions savoir à quoi ressemblait une viande de gibier mortifiée, mais non faisandée .
Cependant les lagomorphes furent pendus par les pattes.
La peau fragile se déchirait par lambeaux, laissant apparaître des chairs fragiles brunes aux reflets verts, irisées par le soleil levant.
Sans forcer, je décapitai l’animal puis d’un geste précis, je fendis la peau du ventre tendue comme un ballon de baudruche.
Les entrailles jaillirent, s’étalant visqueusement au fond d’une bassine. Curieusement, l’animal et ses intimités ne puaient pas.
Une douce odeur montait du récipient, en effluves suaves, mâles, giboyeuses, animales. Mon copain médecin légiste m’expliqua que les cadavres sur lesquels il travaille habituellement, ne sentent vraiment fort que pendant les premières semaines… Après, c’est presque agréable…Dans ce fatras de tripailles, ils nous fallut repérer les foies, les cœurs et les poumons, organes absolument nécessaires dans l’exécution de la recette. Chirurgicalement parlant, Pierre parvint aisément à isoler ceux-ci, ôtant toutes parties ayant eu un quelconque contact avec le fiel.
Ces organes furent bien nettoyés au vinaigre de vin.
Le problème du sang se posa car son emploi était primordial dans la formule. Celui-ci apparaissait bien dans la masse des entrailles, mais se mêlait imparfaitement en caillots glaireux et noirs baignant dans un reliquat de jus verdâtre.
Nous résolûmes donc de ne point isoler ces semblants d’albumine, de lymphe et de plasma et sur le champ, sans aucune forme de procès, je sacrifiais deux gros lapins de mon élevage.
Egorgés proprement, et au nom de la science, je recueillis le sang dans lequel j’ajoutai un peu de vinaigre de vin, en battant doucement à l’aide d’un petit fouet.
Et maintenant que la fête commence! Nous avions les lièvres mortifiés, les foies, cœurs et poumons ainsi que le sang règlementaire.
La daubière de forme rectangle rehaussée de son couvercle nous attendait dans la cuisine en compagnie des autres ingrédients, au travail!

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Avatar Roselyne

Roselyne

3 novembre 2024 15:08
Paul.Bristol a écrit :
Et pour le côté aérien, un peu Maïzéna, et un peu de bière, ou d'eau pétillante..

Dans le Nord beaucoup rajoute un peu de bière. C'est la boisson locale. Mais dans ma famille, on ne le faisait pas.

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Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

3 novembre 2024 14:51
Roselyne a écrit :
Je suis originaire du département 62 Pas-de-Calais, région Nord, enfin Hauts de France maintenant et j'ai toujours vu ma maman, mes grands-mères préparer la pâte à crêpes le matin. Y incorporer de la levure de boulangerie. Et il fallait que la pâte lève. Quand mes grands-mères avaient encore des feux à charbon, elles mettaient même le récipient contenant la pâte derrière pour que ça lève plus vite avec un torchon par dessus. On commençait à faire les crêpes au goûter

Et pour le côté aérien, un peu Maïzéna, et un peu de bière, ou d'eau pétillante..

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Avatar martinemdh

martinemdh

3 novembre 2024 14:42
Ours brun a écrit :
Beurk ! et BON APPÉTIT quand même après de tels préambules...

Si vous ne les aimez pas ,n'en dégouttez pas les autres ....comme dit la chanson ....

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Avatar Roselyne

Roselyne

3 novembre 2024 14:32
martinemdh a écrit :
Ma maman a toujours préparée la pâte à crêpes plusieurs heures avant de faire cuire des crêpes....

Je suis originaire du département 62 Pas-de-Calais, région Nord, enfin Hauts de France maintenant et j'ai toujours vu ma maman, mes grands-mères préparer la pâte à crêpes le matin. Y incorporer de la levure de boulangerie. Et il fallait que la pâte lève. Quand mes grands-mères avaient encore des feux à charbon, elles mettaient même le récipient contenant la pâte derrière pour que ça lève plus vite avec un torchon par dessus. On commençait à faire les crêpes au goûter

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Avatar Ours brun

Ours brun

3 novembre 2024 14:31

Beurk ! et BON APPÉTIT quand même après de tels préambules...

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Avatar martinemdh

martinemdh

3 novembre 2024 11:42

J'apprécie beaucoup la confiture d'oranges amères1¹...j'avais du mal à en trouver ...

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Avatar nandocinqsix

nandocinqsix

3 novembre 2024 10:08
martinemdh a écrit :
Ma maman a toujours préparée la pâte à crêpes plusieurs heures avant de faire cuire des crêpes....

... et elle avait doublement raison .
Après la préparation de la pâte, il faut se reposer !
Avant la cuisson des crêpes, il faut prendre des forces, car c'est un travail pénible .

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Avatar Rosa

Rosa

3 novembre 2024 09:26

Janine, … Vous soulevez un lièvre , en narrant ces faits d’art hautement culinaires! Au demeurant fortement intéressant !!
…. loin de moi de clouer le bec .. de lièvre , bien sûr.
Je vous le dis comme je le sang..
Notre société a changé! Et aujourd’hui , elle court d’autres lièvres… je vous le livre tel quel . à nous les pizzas..couscous …sushis.. tex mex..et tutti quanti…
végane , végétariens..en matière de cuisine, je ne vous apprends rien, il n’y a point de frein et de fin. …

Bon dimanche à vous.

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Avatar martinemdh

martinemdh

3 novembre 2024 09:06

Ma maman a toujours préparée la pâte à crêpes plusieurs heures avant de faire cuire des crêpes....

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Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

3 novembre 2024 07:22

Sans rire, vous êtes très gentille d'avoir répondu à mes bêtises, moins bonnes que celle de Camp Brée..

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