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Il y a 110 ans

alyde - 21 février 2026 13:00

Verdun,le 21 février 1916 à 7h15,les premiers tirs des 1 291 canons ouvrent le feu,2 millions d'obus,soit 3800 par minute,le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km.
Les pilotes de reconnaissance découvrent un véritable enfer une ligne de feu inimaginable.
Les poilus essaient de survivrent sous ce déluge de fer,sous ces obus soulevant des vagues énormes de terre.
Tout ce qui est autour est projeté dans les airs,des troncs d'arbres déchiquetés,des branches,des pierres,des poutres,des éléments de tranchées,des morceaux de canons,de fusils,des corps humains en lambeaux. Une épaisse fumée mélangée à une poussière irrespirable à remplacée l'air.
Des blessés hurlent dans le fracas des obus.
A 16h,six cent mille Allemands soit 8 divisions avec de nombreux lance-flamme,sortent de leurs tranchées et avancent sur les positions françaises.
Certaines unités traversent les premières positions sans s'en apercevoir,le terrain est tellement bouleversé qu'aucun détail visuel ne permet de savoir qu'il y avait une tranchée à cet endroit.
Ils découvrent un spectacle terrifiant, personne n'aurait pu survivre à cela ...
Mais,à leur grande surprise,des Français ont survécu et ne baissent pas les bras, malgré cela certains poilus sont sourds,noirs de poussière et de boue et à demi-fou,ils trouvent la force et le courage de chercher et de réarmer un fusil.
Comme au bois des Caures ou la résistance héroïque des chasseurs du lieutenant-colonel Émile Driant et impressionnante,ils vont se battrent à 1 contre 10,parfois à 1 contre 20 et pourtant il ne reste que 300 à 400 chasseurs sur 1 300 après le bombardement, mais ils vont tenir jusqu'à l'arrivée des renforts, parfois même en faisant des contres attaques opposant une résistance incroyable en fin de journée,les bombardements s’amplifient.
Le lendemain,les hommes de Driant vont subir un autre pilonnage tout aussi violent, mais ils tiendront, les allemands ne passeront pas.
La bataille de Verdun vient de commencer et durera 10 mois.
Elle fera plus de 600.000 victimes.
Hommage à tous ces héros,honneur, respect et gloire à nos poilus.

Il y a 110 ans

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alyde21 février 2026 13:00

Verdun,le 21 février 1916 à 7h15,les premiers tirs des 1 291 canons ouvrent le feu,2 millions d'obus,soit 3800 par minute,le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km.
Les pilotes de reconnaissance découvrent un véritable enfer une ligne de feu inimaginable.
Les poilus essaient de survivrent sous ce déluge de fer,sous ces obus soulevant des vagues énormes de terre.
Tout ce qui est autour est projeté dans les airs,des troncs d'arbres déchiquetés,des branches,des pierres,des poutres,des éléments de tranchées,des morceaux de canons,de fusils,des corps humains en lambeaux. Une épaisse fumée mélangée à une poussière irrespirable à remplacée l'air.
Des blessés hurlent dans le fracas des obus.
A 16h,six cent mille Allemands soit 8 divisions avec de nombreux lance-flamme,sortent de leurs tranchées et avancent sur les positions françaises.
Certaines unités traversent les premières positions sans s'en apercevoir,le terrain est tellement bouleversé qu'aucun détail visuel ne permet de savoir qu'il y avait une tranchée à cet endroit.
Ils découvrent un spectacle terrifiant, personne n'aurait pu survivre à cela ...
Mais,à leur grande surprise,des Français ont survécu et ne baissent pas les bras, malgré cela certains poilus sont sourds,noirs de poussière et de boue et à demi-fou,ils trouvent la force et le courage de chercher et de réarmer un fusil.
Comme au bois des Caures ou la résistance héroïque des chasseurs du lieutenant-colonel Émile Driant et impressionnante,ils vont se battrent à 1 contre 10,parfois à 1 contre 20 et pourtant il ne reste que 300 à 400 chasseurs sur 1 300 après le bombardement, mais ils vont tenir jusqu'à l'arrivée des renforts, parfois même en faisant des contres attaques opposant une résistance incroyable en fin de journée,les bombardements s’amplifient.
Le lendemain,les hommes de Driant vont subir un autre pilonnage tout aussi violent, mais ils tiendront, les allemands ne passeront pas.
La bataille de Verdun vient de commencer et durera 10 mois.
Elle fera plus de 600.000 victimes.
Hommage à tous ces héros,honneur, respect et gloire à nos poilus.

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alyde

28 février 2026 19:58

28 février 1916, Verdun 8ème jour:
Les blessés sont nombreux. Ils affluent vers les petits postes de secours des bataillons, creusés à même la terre, qui ont été aménagés un peu en arrières des premières lignes. Les blessés les plus légers arrivent à pieds, pour les autres, ils sont transportés sur un brancard ou roulés dans une toile de tente enfilée sur un bâton.
Rapidement, chaque poste de secours est tellement bondé, qu'il est difficile aux médecins de mettre un genou au sol pour déshabiller ou soigner un blessé.
Les diagnostiques sont des plus diverses : plaies pénétrantes de poitrine avec perforation du poumon, plaies du ventre, plaies pénétrantes par balle au crane, carotide sectionné, jambes arrachées avec de nombreux fragment d'os, hémorragie importante, plaies de la face.
Une odeur de sang, de vomi et d'excrément, parce que de nombreux blessés graves ont le corps que se vident, emplie la pièce minuscule.
Les moyens sont très sommaires. Alors que plusieurs blessés sont très choqués, certains hurlent de douleur, d'autres sont pris de convulsions, il n'y a rien comme antichocs. Les transfusions sanguines sont impensables dans un lieu si exigu et mal propre. De toute façon, les groupes sanguins des hommes sont inconnus.
La seule chose à faire est de nettoyer les plaies le mieux possible, souvent à la teinture d'iode, pour fixer le sang, car il n'y a pas d'eau, les médecins n'en n'ont même pas assez pour nettoyer leurs mains pleines de sang et de boue. Puis, faire un solide pansement et activer le rapatriement vers l'arrière, quand les brancardiers sont disponibles et encore en vie.
Au milieu de toutes cette souffrance, des centaines de mouches dansent et se posent sur les plaies, les visages, les mains. Les hommes qui agonisent n'ont pas la force de les faire fuir.
Dehors, le bombardement continue, les parois du poste de secours ne cessent de trembler, produisant une épaisse poussière.
Témoignage de X : " Notre poste de secours regorge de blessés. Nous faisons des pansements sans discontinuer et nous disons par signes ce que nous avons à dire : impossible de placer un mot ; on ne peut même pas s'entendre. Je soigne ceux qui sont étendus sur leur brancard, devant le poste de secours devenu beaucoup trop petit pour les recevoir tous. Un malheureux à qui j'essaie de garrotter la fémorale est blessé d'un éclat profond dans la poitrine pendant que je le panse. Un tout jeune caporal m'arrive, tout seul, avec les deux mains arrachées au ras des poignets. Il regarde ses deux moignons rouges et horribles avec des yeux exorbités. Je tâche de trouver un mot qui le console et lui crie : "Que fais-tu dans le civil ? "j'ai alors la réponse navrante qui me serre le cœur et m'empêche de rien ajouter : "Sculpteur", dit-il ! "
Témoignage de Gaston GRAS : " A la tombée de la nuit, des voix lugubres se font entendre : " Brancardier !... Brancardier !... " appellent longuement des hommes disséminés dans les entonnoirs.
" Maman ! "gémit un autre que l'on devine, ensanglanté, dans l'ombre.
Alors, méprisant les coups de fusils, des brancardiers accourent à l'appel des mourant : leurs longs brancards pliés sur les épaules, ils vont de trou en trou, se penchent, et parfois se relèvent en emportant avec précaution un camarade qui agonise.
Leur besogne se continuera toute la nuit : toute la nuit, à la faveur de l'obscurité, ils recueilleront les blessés transportables, ceux que l'on à quelques chances de sauver en les soignant à temps.
Ceux-là sont amenés dans les postes de secours des bataillons : les petits majors à un galon, les Ichon, les Duval, les Bonnet, vaillants médecins auxiliaires, étudiants improvisés chirurgiens, leur feront le premier et rudimentaire pansement. Travail immense que celui d'établir un premier appareil dans des conditions dénuées de confort et d'hygiène.
Dans les longs couloirs étroits qui précédent les abris, les blessés s'entassent; claquent des dents, pâlis par les hémorragies, grelottant de fièvre. Pas un gémissement, mais un lourd silence où chacun évalue ses misères et ses chances d'en revenir. Parfois, l'un d'entre eux plus valide, pouvant encore marcher, s'en va vers l'arrière, nanti d'une fiche de carton rouge passée dans la boutonnière de sa capote.
Pour celui-ci, le problème reste tout entier : il ne faut pas se faire prendre dans la barrage en descendant vers l'arrière, vers les petite autos sanitaires qui l'emporteront loin de la ligne de feu.
Ensuite, dans les hôpitaux de campagne, les blessés sont pris en charge mais, il n'y a quasiment rien pour déchoquer les malades. On ne peut que les réchauffer avec des rampes de lampes électriques.
Un progrès tout de même qui n'en est qu'à ses débuts, les transfusions sanguines commencent à se faire avec l'appareil d'Emile Jeanbrau. Mais cet appareil reste d'un maniement assez difficile. Malheureusement, le sang manque. La connaissance des groupes sanguins en est à ses débuts, et l'on ne connait pas les groupes Rhèsus. Cinquante grammes de sang sont prélevés à des volontaires de l'ambulance. Uniquement ! pour ne pas trop les affaiblir, mais ce n'est pas suffisant. Par ailleurs, on ne connait ni les sulfamides ni les antibiotiques. Le plasma injectable non plus n'est pas inventé.
(Au début de la guerre, dans chaque régiment, les gradés avaient l'habitude de désigner les futurs brancardiers parmi des hommes qui n'estimaient pas capable de se battre. Cependant, ils se rendirent vite compte que s'était l'inverse qu'il fallait faire. En effet, les brancardiers, à la recherche de blessés entres les lignes, agissaient de manière autonome et en dehors de tout contrôle. Leur rendement était entièrement dépendant de leur sens du devoir, leur dévouement, leur résistance physique et morale, leur courage…
Ils furent alors sélectionnés parmi les meilleurs éléments. ) ...

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alyde

25 février 2026 21:00

Verdun, ou la résistance jusqu’à l’extrême : comment les Poilus ont tenu
Tenir à Verdun ne fut pas un acte héroïque isolé, ni un élan romantique. Ce fut une endurance lente, méthodique, presque inhumaine. Une résistance arrachée jour après jour à la boue, à la peur, à la fatigue et à la mort. De février à décembre 1916, les Poilus n’ont pas seulement combattu l’armée allemande. Ils ont combattu l’épuisement absolu, la désintégration des corps et des esprits, et la tentation permanente de céder.
Verdun est d’abord un enfer matériel. Les hommes vivent enterrés. Les tranchées sont disloquées par l’artillerie, transformées en entonnoirs remplis d’eau glacée, de cadavres, de débris humains. Les obus tombent sans interruption. Les témoignages parlent d’un vacarme continu, d’un sol qui tremble, d’un ciel qui s’effondre. Il n’y a plus de nuit, plus de silence, plus de repères. Les Poilus dorment par tranches de quelques minutes, quand ils dorment. Beaucoup sombrent dans une fatigue telle qu’ils avancent mécaniquement, comme vidés de leur volonté.
À cela s’ajoute la peur constante. Pas la peur de l’assaut, mais celle de l’attente. Attendre le prochain bombardement. Attendre l’ordre de monter en ligne. Attendre l’obus qui vous choisira. À Verdun, la mort est impersonnelle, aveugle. On ne combat pas un homme, mais une machine. Les survivants racontent cette angoisse sourde, permanente, qui ronge les nerfs jusqu’à la folie. Certains craquent. D’autres tiennent, sans savoir pourquoi.
Alors, pourquoi ont-ils tenu ?
Ils ont tenu d’abord par la rotation. Verdun n’est pas une bataille menée par une armée figée, mais par une nation entière. Près des deux tiers des divisions françaises y passent. Le système de relève empêche l’anéantissement total des unités et donne aux hommes une perspective : sortir de l’enfer, même pour y revenir plus tard. Cette mécanique sauve des milliers de vies et maintient une capacité de résistance minimale.
Ils ont tenu grâce à la logistique, élément souvent oublié mais vital. La Voie Sacrée, ce ruban de boue et de pierre entre Bar-le-Duc et Verdun, devient l’artère de survie du front. Jour et nuit, camions, ambulances, munitions, vivres et renforts montent vers la fournaise. Chaque Poilu sait qu’il n’est pas abandonné. Cette certitude, fragile mais réelle, empêche l’effondrement moral.
Ils ont tenu aussi par le commandement. Verdun marque une rupture. Les officiers sont présents, exposés, souvent tués comme les hommes. Le discours change. On ne promet plus la gloire, on exige la tenue. La formule devenue célèbre – « Ils ne passeront pas » – n’est pas un slogan creux. Elle exprime une mission simple, presque primitive : tenir le sol, coûte que coûte. Cette clarté brutale donne un sens à l’absurde.
Mais surtout, les Poilus ont tenu les uns pour les autres. La camaraderie devient une force vitale. On tient pour le copain à côté, pour celui qui partage la gourde, la peur, la boue. L’individu s’efface derrière le groupe. Abandonner, ce serait trahir ceux qui restent. Beaucoup de lettres parlent de cette solidarité silencieuse, de ces gestes simples qui empêchent de sombrer : une blague, une cigarette, une main sur l’épaule.
Enfin, ils ont tenu parce qu’ils savaient ce que représentait Verdun. La ville n’est pas seulement un point stratégique. Elle devient un symbole. Perdre Verdun, c’est admettre que le sacrifice de 1914-1915 n’a servi à rien. Les Poilus n’emploient pas de grands mots, mais ils comprennent l’enjeu. Verdun devient la ligne ultime entre la France vivante et la France humiliée.
Ils ont tenu, mais à quel prix. Verdun n’est pas une victoire triomphale. C’est une victoire d’usure, payée de centaines de milliers de morts, de blessés, de vies brisées à jamais. Ceux qui en sortent vivants n’en sortent pas indemnes. Beaucoup ne parleront jamais de ce qu’ils ont vu. D’autres en porteront les traces jusqu’à leur dernier souffle.
Verdun n’a pas été tenu par des surhommes. Il a été tenu par des hommes ordinaires, poussés au-delà de toute limite imaginable, qui ont continué à avancer, à creuser, à tirer, simplement parce qu’il n’y avait plus d’autre choix.
Et c’est peut-être cela, la véritable leçon de Verdun : quand tout s’effondre, la ténacité humaine peut encore tenir. Mais jamais sans laisser de cicatrices.

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alyde

24 février 2026 16:07

24 février 1916, Verdun 4ème jour:
Comme le 21 février, les Allemands entendent réaliser une nouvelle percée.
Le bombardement, qui n'a pas cessé depuis 3 jours, doit très tôt monter en intensité pour égaler celui des premières heures du 21, et s'étendre jusqu'à la pleine de la Woëvre. Il doit ensuite s'allonger brusquement pour permettre aux troupes de reprendre leur mouvement général vers l'avant, d'un bout à l'autre du front.
Dès 1 h du matin, le bombardement s'intensifie sur Samogneux, déjà pratiquement intenable. S'ajoute le pilonnage en gros calibre (155 mm) des canons du fort de Vacherauville qui est mal renseigné et croit le village aux mains de l'ennemi.
Subitement, dans l'obscurité, l'ennemi part à l'assaut et écrase le 351e R.I. Samogneux et encerclé.
Vers 4 h 15, le 1er bataillon du 60e R.I., tout proche, tente une contre-attaque sur le village mais sans succès. Il se repli sur la cote 344.
A 9 h 45, malgré le bombardement allemand très intense, 2 bataillons de la 51e D.I. se portent à l'assaut du massif de la Wavrille mais ne peuvent l'atteindre.
Vers midi, d'un bout à l'autre du front qui fait maintenant plus 8 km de large, le tir allemand s'allonge et les troupes équipées de lances flamme, s'élancent vers l'avant.
Celles qui sont maître de Samogneux poursuivent leur marche en direction de la cote 344 précédées par un gigantesque barrage roulant.
Là, se trouve les restes du 365e et du 1er bataillon du 60e R.I.
Les hommes sont à bout, fatigué et exténués, mais déterminés à ne pas laisser passer l'adversaire. 3 attaques sont successivement repoussées.
Une charge à la baïonnette est même entreprise par la compagnie Montandon.
Cependant, le courage ne suffit plus, la fatigue, le manque de munition et l'écrasante infériorité ont raison des forces françaises. Au 4e assaut allemand, les survivants sont trop peu nombreux pour tenir la ligne. La retraite est ordonnée et le repli se fait dans la confusion. L'ennemi est alors stoppé face au le bois du Fays.
Témoignage de D. SCHLATTER, soldat au 60e R.I. : "Le 24 février, les blessés commencent à affluer au poste de secours, en arrière de la cote 344.
Quel moral chez ces combattants !
Un sergent, pendant qu'on lui coupait la cuisse, broyée par un éclat, chantait la Marseillaise !

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Avatar Margaret

Margaret

23 février 2026 18:49

Hélas oui, ce sont des souvenirs que l'on ne doit pas oublier.

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Avatar lyvi

lyvi

22 février 2026 14:35

Merci de ce rappel

Mes deux grands pères, mobilisés et décédés des suites de la guerre de 14/18, gazés, ont laissé deux veuves avec des enfants en bas age.
Mon père, mobilisé à la guerre de 39/40 a été fait prisonnier pendant 4 ans.

De part le monde tellement de peuples vivent encore de telles situations dramatiques.

Qu’en sera t’il de la France dans les années à venir ???

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alyde

22 février 2026 12:45

21 février 1916 – Verdun, l’engrenage de l’enfer
À l’aube du 21 février 1916, le ciel de la Meuse s’assombrit sous un grondement jamais entendu. À 7 h 15, plus de 1 200 pièces d’artillerie allemandes ouvrent le feu sur un front étroit d’une vingtaine de kilomètres. En quelques minutes, Verdun disparaît sous un déluge de fer, de feu et de poussière. Les collines, les bois, les villages et les tranchées françaises sont pulvérisés méthodiquement. C’est le début de ce que l’état-major allemand a conçu comme une bataille d’anéantissement.
Pour le chef d’état-major allemand Erich von Falkenhayn, l’objectif n’est pas tant de percer que de saigner l’armée française à blanc. Verdun est choisi pour sa valeur symbolique, historique et morale. Les forts ceinturant la place, réputés imprenables, doivent devenir un piège. Falkenhayn est convaincu que la France ne pourra pas abandonner Verdun sans s’effondrer politiquement et psychologiquement. L’armée française sera donc contrainte de défendre coûte que coûte, jusqu’à l’épuisement.
Face à cette préparation titanesque, les troupes françaises sont surprises par l’ampleur et la violence de l’attaque. Les premières lignes sont écrasées. Les communications sont rompues. Des régiments entiers disparaissent en quelques heures. Le bois des Caures, défendu par les chasseurs du lieutenant-colonel Émile Driant, devient le symbole de cette résistance initiale désespérée. Driant et ses hommes tiennent jusqu’à l’extrême limite, ralentissant l’avance allemande au prix de leur anéantissement presque total.
Très vite, Verdun cesse d’être une bataille classique pour devenir un combat de survie, un affrontement industriel où l’homme est broyé par la mécanique de guerre. Les soldats parlent d’un paysage lunaire, sans arbres, sans repères, où les morts ne peuvent plus être enterrés. La boue se mêle au sang, les obus retournent sans cesse les mêmes mètres de terrain, et la peur devient permanente. Verdun n’est plus un lieu, mais un état.
L’état-major français réagit dans l’urgence. Le général Philippe Pétain est nommé à la tête du secteur. Il impose une règle simple et absolue : Verdun ne tombera pas. Il organise la défense, fait tourner les unités pour éviter leur destruction totale et met en place la célèbre Voie sacrée, axe logistique vital par lequel hommes, munitions et vivres affluent sans interruption. Chaque jour, des milliers de camions montent vers l’enfer, pendant que d’autres redescendent chargés de blessés et de morts.
Ce 21 février 1916 marque ainsi l’entrée de la guerre dans une nouvelle dimension. Verdun devient un gouffre qui engloutit les forces françaises et allemandes pendant dix mois, jusqu’en décembre. Près de 300 000 morts, plus de 700 000 victimes au total, pour quelques kilomètres de terrain disputés sans relâche. Aucune autre bataille ne symbolisera autant la Première Guerre mondiale dans sa brutalité, son absurdité et son coût humain.
Verdun n’est pas seulement une bataille. C’est une épreuve collective, un traumatisme durable, un nom qui, dès ce premier jour de feu, s’inscrit dans la mémoire de la France et de l’Europe comme celui de l’endurance poussée jusqu’à l’extrême. Et face à cette date fondatrice, une question demeure, lourde et silencieuse : pouvait-on encore reculer, une fois l’enfer ouvert ?

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alyde

22 février 2026 12:42

Le 22 février 1916, Verdun.
Les bataillons de chasseurs de Driant ont été quasiment anéantis par le pilonnage d'artillerie et l'assaut de l'infanterie allemande.
Driant ordonne à ses chasseurs survivants de se replier. il couvre ces hommes et part le dernier.
Il tombe vers 15h00 frappé d'une balle à la tempe. Il avait 60 ans.
A 17 h, le bois des Caures est perdu mais la résistance française a été sévère. 110 chasseurs rentreront sur 1200.
Témoignage du colonel GRASSER : " Personne n'est revenu non plus de la compagnie Vigneron, assaillie de front par tout un bataillon, tournée à gauche par une compagnie et à droite par un bataillon. Mais ces braves avaient des munitions et des grenades ; leurs abris ayant été moins éprouvés par le bombardement, leurs fusils étaient encore en bon état. Assez tard dans la soirée, alors que tout le bois était occupé par l'ennemi, on se battait encore de ce côté."
" Descendirent seuls, ce 22 février au soir, du bois des Caures en petites fractions qui se rassemblèrent peu à peu à Vaucheville :
Du 56e bataillon : le capitaine Vincent, atteint de deux blessures et réservé pour une mort glorieuse sur un autre champ de bataille ; le capitaine Hamel, le capitaine Berveiller, le lieutenant Raux et le sous-lieutenant Grasset, avec une soixantaine de chasseurs. Du 59e bataillon : le lieutenant Simon, les sous-lieutenants Leroy et Malavault, avec cinquante chasseurs. C'est tout ce qui restait de douze cents combattants. "

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Avatar dicko28

dicko28

22 février 2026 12:00

Merci pour ce rappel de cette période tragique de la guerre 14-18.

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alyde

21 février 2026 20:35

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alyde

21 février 2026 18:19

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Avatar 2ALAIN

2ALAIN

21 février 2026 17:28

Driant comprenait mieux ce qui se passe ( et surtout ce qui va se passer ) en France ... en 2026 que nos contemporains , pour le reste ne désespérez pas , tout le monde réarme

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Avatar Aurore

Aurore

21 février 2026 17:26

Bel hommage que vous leur faites avec ce topic
Nous ne réalisons sans doute pas la chance de n'avoir connu aucune guerre dans notre vie.

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Avatar alyde

alyde

21 février 2026 13:19

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Avatar Paul.Bristol

Paul.Bristol

21 février 2026 13:07

Beau rappel au devoir de mémoire..

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