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22 février 1944 : à Paris, Robert Desnos est arrêté par la Gestapo.
Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 dans le 11e arrondissement de Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie un mois après la libération par l'Armée rouge.
Autodidacte en rupture avec sa famille et l'école, Robert Desnos est introduit au début des années vingt dans les milieux littéraires modernistes et rejoint en 1922 l'aventure surréaliste. Il participe de manière éclatante aux expériences de sommeils hypnotiques et publie sous le pseudo Rrose Sélavy ses premiers textes, sur ce même personnage créé par Marcel Duchamp. Rédacteur de La Révolution surréaliste depuis 1924, il travaille comme journaliste pour plusieurs journaux, réinventant la critique comme un acte littéraire. En 1929, il est exclu du mouvement par un André Breton engagé dans la voie du communisme.
Grand amateur de musique, il écrit, à l'instar de Max Jacob, des poèmes aux allures de chanson qui renouent avec l'enfance. Le 3 novembre 1933, la diffusion par Radio Paris de La Complainte de Fantômas, qui annonce un nouvel épisode de la série Fantômas, est un succès radiophonique retentissant.
Devenu rédacteur publicitaire, il se préoccupe de la montée des périls fascistes en Europe et rejoint dès 1934 le mouvement frontiste. Il adhère à l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires puis, après les élections de mai 1936, au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. En 1940, la France défaite par l'Allemagne nazie, il est compté parmi les artistes dégénérés honnis de Vichy et survit avec Youki, sa compagne depuis neuf ans, grâce à des complaisances au sein du quotidien collaborationniste Aujourd'hui, qui publie sous pseudonyme ses dessins.
De juillet 1942 jusqu'à son arrestation, le 22 février 1944, il participe au réseau de résistance AGIR. , auquel il transmet des informations confidentielles parvenues au journal, tout en fabriquant par ailleurs de faux papiers pour des Juifs ou des résistants en difficulté.
En 1943, il est averti que ce réseau est infiltré (nombre de ses membres furent d'ailleurs dénoncés, arrêtés et déportés), mais il en demeure membre tout en se rapprochant, sous la recommandation du poète André Verdet, du réseau Morhange, créé par Marcel Taillandier. Dès lors, aux missions de renseignements qu'il effectue pour le premier s'ajoutent très certainement des missions bien plus directes et violentes. Sous son nom ou sous le masque de pseudonymes, il revient à la poésie. Après Fortunes (1942) qui fait le bilan des années 1930, il s'adonne à des recherches où poème, chanson, musique peuvent s'allier. Ce sont les couplets d'État de veille (1943) ou les Chantefables (1944) à chanter sur n'importe quel air. Puis Le Bain avec Andromède (1944), Contrée (1944), et les sonnets en argot, comme Le Maréchal Ducono, virulente attaque contre Pétain, qui poursuivent, sous des formes variées, sa lutte contre le nazisme. « Ce n'est pas la poésie qui doit être libre, c'est le poète », dit Desnos. En 1944, Le Veilleur du Pont-au-Change, signé Valentin Guillois, pousse son vibrant appel à la lutte générale, quand le poète est arrêté, le 22 février.
Ce jour-là, un coup de téléphone d'une amie bien placée l'avait averti de l'arrivée imminente de la Gestapo, mais Desnos avait refusé de fuir de crainte qu'on emmenât Youki, qui se droguait à l'éther. Interrogé rue des Saussaies, il finit à la prison de Fresnes, dans la cellule 355 de la deuxième division. Il y reste du 22 février au 20 mars. Après d'incroyables recherches, Youki retrouve sa trace et parvient à lui faire porter des colis. Le 20 mars, il est transféré au camp de Royallieu à Compiègne où il trouve la force d'organiser des conférences et des séances de poésie (il y écrit Sol de Compiègne). De son côté, Youki multiplie les démarches dans de nombreux services de la police allemande et obtient que le nom de Desnos soit rayé de la liste des transports. Mais, le 27 avril, le poète fait partie du convoi dit « des déportés tatoués », un train de mille sept cents hommes dont la destination est Auschwitz. Desnos est redirigé le 12 mai vers Buchenwald, y arrive le 14 mai et repart deux jours plus tard pour Flossenbürg : le convoi, cette fois, ne compte qu'un millier d'hommes. Les 2 et 3 juin, un groupe de quatre-vingt-cinq hommes, dont Desnos, est acheminé vers le camp de Flöha, en Saxe où se trouve une usine de textile désaffectée reconvertie en usine pour carlingues de Messerschmitt fabriquées par les prisonniers. De ce camp, Desnos écrit de nombreuses lettres à Youki qui, toutes, témoignent de son ardente énergie comme de son désir de vivre. Le 14 avril 1945 sous la pression des armées alliées, le kommando de Flöha est évacué. Le 15 avril, cinquante-sept d'entre eux sont fusillés. Vers la fin du mois d'avril la colonne est scindée en deux groupes : les plus épuisés - dont Desnos - sont acheminés jusqu'au camp de concentration de Theresienstadt, à Terezin (Protectorat de Bohème et Moravie), les autres sont abandonnés à eux-mêmes. Épuisé par deux semaines d'une marche de la mort qui l'a amené fin avril 1945 à Theresienstadt,
À Theresienstadt, les survivants sont soit abandonnés dans les casemates et les cellules de fortune, soit expédiés au Revier, l'infirmerie. Desnos est de ceux-là. Les poux pullulent, le typhus fait rage.
Le 3 mai 1945, les SS prennent la fuite ; le 8 mai, l'Armée rouge et les partisans tchèques pénètrent dans le camp. Les libérateurs traînent avec eux quelques médecins et infirmiers afin de sauver qui peut l'être encore. Sur une paillasse, vêtu de l'habit rayé de déporté, tremblant de fièvre, Desnos n'est plus qu'un matricule. Plusieurs semaines après la libération, un étudiant tchèque, Joseph Stuna, est affecté par hasard à la baraque no 1. En consultant la liste des malades, il lit : Robert Desnos, né en 1900, nationalité française. Stuna sait très bien qui est ce Desnos. Il connaît l'aventure surréaliste ; il a lu Breton, Éluard… Au lever du jour, l'étudiant se met à la recherche du poète au milieu de deux cent-quarante « squelettes vivants » et le trouve. Appelant à l'aide l'infirmière Aléna Tesarova, qui parle mieux le français que lui, Stuna veille et tente de rassurer le moribond au péril de sa vie. Desnos a tout juste eu la force de se relever en entendant son nom et de souffler « Oui, oui, Robert Desnos, le poète, c'est moi. »
Au bout de trois jours, il entre dans le coma. Le 8 juin 1945, à cinq heures du matin, Robert Desnos meurt.
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Quelques jours après l'exécution de Missak Manouchian, communiste et résistant, avec ses camarades au Mont Valérien par les Allemands le 21 février 1944, Albert Camus journaliste à Combat écrit cet édito dans le numéro 55 de mars 1944.
"On ne ment jamais inutilement. Le mensonge le plus impudent, pourvu qu'il soit répété assez souvent et assez longtemps, laisse toujours sa trace. C'est un principe que la propagande allemande a pris à son compte et nous avons aujourd'hui encore un exemple de la façon dont elle l'applique. Inspirée par les services de Goebbels, haboyée par la presse des domestiques, mise en scène par la Milice, une formidable campagne vient de s'ouvrir qui, sous le couvert d'une lutte contre les patriotes des maquis et de la Résistance, vise à diviser une fois de plus les Français. On dit aux Français : "Nous tuons et nous détruisons des bandits qui vous tueraient si nous n'étions pas là. Vous n'avez rien de commun avec eux."
Mais si le mensonge, tiré à des millions d'exemplaires, garde un certain pouvoir, il suffit du moins que la vérité soit dite pour que le mensonge recule. Et la vérité la voici : C'est que les Français ont tout en commun avec ceux qu'on veut aujourd'hui leur apprendre à craindre et à mépriser. Il n'y a pas deux France, l'une qui combat et l'autre qui juge le combat. Car quand bien même certains voudraient rester dans la position confortable du juge, cela n'est pas possible. Vous ne pouvez pas dire "Cela ne me concerne pas". Car cela vous concerne. La vérité est qu'aujourd'hui l'Allemagne n'a pas seulement déclenché une offensive contre les meilleurs et les plus fiers de nos compatriotes, elle continue aussi la guerre de totale contre la totalité de la France, totalement offerte à ses coups.
Ne dites pas "Cela ne me concerne pas. Je vis à la campagne, et la fin de la guerre me trouvera dans la paix où j'étais déjà au début de la tragédie." Car cela vous concerne. Écoutez plutôt. Le 29 janvier, à Malleval, dans l'Isère, tout un village, sur le seul soupçon que des réfractaires avaient pu s'y réfugier, a été incendié par les Allemands. 12 maisons ont été complètement détruites, 11 cadavres découverts, une quinzaine d'hommes arrêtés. Le 18 décembre en Corrèze, à Chaveroche, à 5 km d'Ussel, un officier allemand ayant été blessé dans des conditions obscures, 5 otages ont été fusillés sur place et deux fermes incendiées. Le 4 février, à Grole, dans l'Ain, les Allemands n'ayant pas trouvé les réfractaires qu'ils recherchaient, ont fusillé le maire et deux notables.
Voilà donc des morts français que "cela ne concerne pas". Mais les Allemands ont décidé que cela les concernait et de ce jour ils ont fait la preuve que cela nous concernait tous. Ne dites pas : "cela ne me concerne pas ; je suis chez moi avec ma famille, j'écoute tous les soirs la radio et je lis mon journal." Car on viendra vous chercher sous le prétexte qu'un autre homme, à l'autre bout de la France, n'a pas voulu partir. On prendra votre fils que cela non plus ne concerne pas et on mobilisera votre femme qui croyait jusqu'ici qu'il s'agissait d'une affaire d'hommes. En vérité cela vous concerne et cela nous concerne tous. Car tous les Français aujourd'hui sont liés par l'ennemi dans de tels liens que le geste de l'un crée l'élan de tous les autres et que la distraction ou l'indifférence d'un seul fait la mort de dix autres.
Ne dites pas : "Je sympathise, cela suffit bien, et le reste ne me concerne pas." Car vous serez tué, déporté ou torturé aussi bien comme sympathisant que comme militant. Agissez, vous ne risquerez pas plus et vous aurez au moins ce coeur tranquille que les meilleurs des nôtres emportent jusque dans les prisons.
La France ainsi ne sera pas divisée. L'effort de l'ennemi est en réalité de faire hésiter les Français devant ce devoir national qui est la résistance au S.T.O. et l'appui des maquis. Il y réussirait si la vérité ne se dressait pas devant lui. Et la vérité, c'est que l'action conjuguée des assassins de la Milice et des tueurs de la Gestapo n'a eu que des résultats dérisoires. Des centaines de milliers de réfractaires résistent encore, luttent et espèrent. Ce n'est pas quelques arrestations qui changeront cela. Et c'est cela que doivent comprendre les 125 000 jeunes gens que l'ennemi se propose de déporter tous les mois. Car ils sont tous visés par la même arme et les classes 44 et 45 que l'ennemi appelle avec une belle franchise "un réservoir de main-d'œuvre" donnent l'exemple de cette France que l'Allemagne unit dans la même haine.
La guerre totale est déclenchée et elle demande la résistance totale. Vous devez résister car cela vous concerne et il n'y a pas deux France. Et les sabotages, les grèves, les manifestations organisés avec la France toute entière sont les seules façons de répondre à cette guerre. C'est cela que nous attendons de vous. À l'action dans les villes pour répondre à l'attaque des campagnes. À l'action dans les usines. À l'action sur les voies de communicat
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Il y a deux ans, Missak et Mélinée Manouchian ont fait leur entrée au Panthéon, honorés comme 𝐬𝐲𝐦𝐛𝐨𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐢𝐬𝐞 et de tous ceux qui ont combattu pour la Liberté.
Pour Missak, 𝐚𝐫𝐫𝐢𝐯𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐌𝐚𝐫𝐬𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐧 𝟏𝟗𝟐𝟒 après avoir échappé au génocide arménien, cette ville portuaire a été le premier bout de sol français à l’avoir accueilli, avant qu’il ne s’engage dans la lutte contre l’Occupation. Mélinée quant à elle arrive à Marseille 1 an plus tard et est scolarisée à l'école Tebrotzassère, dans le quartier de la Capelette.
Le couple de résistants, 𝒎𝒊𝒍𝒊𝒕𝒂𝒏𝒕𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒕𝒂𝒏𝒕𝒔 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒍𝒂 𝒍𝒊𝒃𝒆𝒓𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑭𝒓𝒂𝒏𝒄𝒆, écrit à Marseille les premières lignes de leur histoire avec leur pays choisi.
𝐌𝐚𝐫𝐬𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞 𝐝’𝐡𝐨𝐧𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐚𝐠𝐞 𝐜𝐞 𝐬𝐚𝐦𝐞𝐝𝐢 𝟐𝟏 𝐟𝐞́𝐯𝐫𝐢𝐞𝐫 𝐚̀ 𝟏𝟎𝐡𝟒𝟓, 𝐚𝐮 𝐒𝐪𝐮𝐚𝐫𝐞 𝐌𝐢𝐬𝐬𝐚𝐤 𝐌𝐚𝐧𝐨𝐮𝐜𝐡𝐢𝐚𝐧 (𝟕𝐞).
https://www.marseille.fr/.../entree-de-missak-manouchian...
alyde
21 février 1944 : exécution du groupe Manouchian
👉 Pour en savoir plus sur ces photographies historiques, découvrez l’article de Denis Peschanski sur le site de l’ECPAD : https://www.ecpad.fr/.../sur-les-photographies-du-mont.../
Armée française - Opérations militaires Franz Stock
ONaCVG Ministère des Armées Hauts lieux de la mémoire nationale en Île-de-France
#GroupeManouchian #Afficherouge
#SecondeGuerremondiale

2ALAIN
" j’ai été menacée par l’OAS, ce qui est fort, parce que l’OAS ça date de la guerre d’Algérie et que Mme Rousseau est née en 1972, donc soit cette dame est la réincarnation de quelqu’un de plus ancien, Nefertiti, Zebulon, Guy Lux, soit ces salauds de l’OAS menaçaient Sandrine Rousseau 10 ans avant sa naissance, ce qui serait une forme d’acharnement. "
alyde
Hommage à Manouchian...
L’engagement de Missak Manouchian dans la Résistance et son martyre rappellent le rôle majeur joué par les immigrés dans l’histoire de France. Ouvrier, poète, militant communiste et membre des FTP-MOI, il a combattu le nazisme, le fascisme jusqu’au sacrifice ultime.
Fusillé avec 22 de ses camarades par les nazis, au Mont-Valérien, le 21 février 1944, son combat est devenu un symbole universel de courage et de liberté.
📰 Avec la participation d’écrivains, d’auteurs, d’historiens, d’universitaires et de journalistes, L’Humanité publie un hors-série exceptionnel retraçant son parcours et son héritage.
🏛️ Son entrée au Panthéon avec son épouse Mélinée marque une reconnaissance juste et nécessaire de son combat et de celui de tous les résistants de l’ombre.
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Vive la Vie !*
(*Marcel Rajman, ouvrier, étranger, juif, communiste, résistant, 1er mai 1923-21 février 1944.)
«La mort n’éblouit pas les yeux des partisans..» (Louis Aragon, Strophes pour se souvenir, 1955.)
Introduction /
Jeune immigré juif venu de Varsovie, Marcel Rajman incarne l’engagement radical d’une génération confrontée au nazisme et à l’Occupation. Membre du groupe Missak Manouchian au sein des FTP-MOI, il participa aux actions armées les plus audacieuses de la Résistance parisienne. Fusillé à vingt ans au Mont-Valérien, il demeure l’un des visages les plus bouleversants de l’Affiche rouge et de la Résistance immigrée.
Jeunesse et formation /
Marcel Rajman naît le 1ᵉʳ mai 1923 à Varsovie, en Pologne, dans une famille juive modeste. À l’âge de huit ans, il arrive en France avec ses parents et son frère, s’installant à Paris dans le XIᵉ arrondissement, rue des Immeubles-Industriels, un quartier populaire proche de la place de la Nation. Très tôt, il est intégré aux milieux ouvriers. Il travaille comme tricoteur avec son père, et s’investit dans des activités culturelles et sportives, Pionniers, Yask, liées au milieu ouvrier juif et communiste. Dès son adolescence, il adhère aux Jeunesses communistes et à l’Union de la Jeunesse Juive, organisations qui servent de base à sa conscience politique et à son engagement antifasciste.
L’engagement dans la Résistance /
Dès 1940, la clandestinité s’organise face à l’Occupation allemande et au régime de Vichy. Marcel Rajman s’impose progressivement comme un militant actif. Il participe d’abord à des actions de propagande (tracts, collages, papillons), et à l’aide aux familles juives victimes des rafles. La rafle du 20 août 1941 marque un tournant personnel. L’arrestation et la déportation de son père vers Auschwitz renforcent sa détermination à combattre l’occupant. En mars 1942, Marcel Rajman entre dans le 2ᵉ détachement juif des FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’Œuvre Immigrée), organisation communiste de résistance armée composée majoritairement d’étrangers. Dans ces structures, il se distingue non seulement comme combattant mais aussi comme formateur et chef d’équipe. Son adresse au tir et son sang-froid lui valent rapidement des responsabilités accrues, notamment à la tête de l’équipe spéciale, chargée des opérations les plus délicates.
Actions armées et actes de sabotage /
Entre 1942 et 1943, Marcel Rajman participe à une série d’opérations contre les forces d’occupation. Mars 1942 : attaque à la grenade contre un Soldatenheim, place de la Nation. Février-mars 1943 : attaques contre des batteries de DCA à Levallois-Perret et grenades lancées contre un camion de la Wehrmacht. 3 juin 1943 : avec un camarade, il lance des grenades sur un autocar transportant des marins allemands, rue Mirabeau. À partir de l’été 1943, il intègre l’équipe des combattants d’élite avec Léo Kneler, Spartaco Fontanot et Raymond Kojitski. C’est dans ce cadre que se déroule le 28 septembre 1943, avenue de la Bourdonnais, l’opération contre le général SS Julius Ritter, responsable du Service du travail obligatoire (STO) et figure symbolique de la répression allemande. C’est Marcel Rajman qui de plusieurs balles de pistolet, abat Julius Ritter.
Arrestation, procès et exécution /
Rajman est repéré par la police française à l’été 1943. Le 26 novembre de la même année, il est arrêté rue du Docteur-Brousse à Paris, en compagnie d’Olga Bancic, et trouvé porteur de faux papiers ainsi que d’armes et de munitions. Livré aux autorités allemandes, il est jugé par un tribunal militaire à Paris avec d’autres membres des FTP-MOI. L’effort de propagande nazi aboutit à la célèbre Affiche rouge (février 1944), qui cherche à décrédibiliser les résistants en les présentant comme une armée du crime étrangère. Marcel Rajman y apparaît avec la mention «Juif polonais : 13 attentats». Le 21 février 1944, à 20 ans, il est fusillé au fort du Mont-Valérien avec 21 de ses camarades.
Dernières lettres : humanité, amour et sérénité face à la mort /
Dans l’attente de son exécution programmée, Marcel Rajman écrit plusieurs lettres adressées à sa mère, à son frère Simon et à des membres de sa famille. Ces textes, conservés et publiés dans des recueils de lettres de fusillés, sont une source unique pour comprendre son état d’esprit des derniers instants.
a) À sa mère..
«Ma chère petite maman,
Quand tu liras cette lettre, je suis sûr qu’elle te fera une peine extrême, mais je serai mort depuis un certain temps et tu seras consolée par mon frère qui vivra heureux avec toi et te donnera toute la joie que j’aurais voulu te donner. Je ne puis te dire qu’une chose, c’est que je t’aime plus que tout au monde et que j’aurais voulu vivre rien que pour toi. Je t’aime, je t’embrasse, mais les mots ne peuvent dépeindre ce que je ressens. Vive la Vie !»
b) À son frère Simon..
«Mon cher Simon,
Je compte sur toi pour faire tout ce que je ne puis faire moi-même. Je t’embrasse, je t’adore, je suis content, vis heureux, rends Maman heureuse comme j’aurais voulu le faire si j’avais vécu. J’aime tout le monde et vive la vie. Que tout le monde vive heureux. Maman et Simon, je vous aime et j’aurai tant voulu vous revoir..»
c) Une lettre élargie à la famille..
«Chers tous,
Au moment où vous lirez cette lettre je ne serai plus. Je vais être fusillé aujourd’hui à 15 heures. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait. Je suis tout à fait tranquille et calme, je vous aime tous et j’espère que vous vivrez heureux. Ici, on est tous en joie. Je suis sûr que cela vous fera plus de peine qu’à nous. Vive la Vie !»
Hommages, mémoire et postérité /
Dès aout 1944, lors de l'insurrection parisienne, une compagnie FTP porte son nom, signe de l’influence symbolique qu’il avait rapidement acquise auprès de ses pairs. Le combat et le sacrifice de Marcel Rajman ont été commémorés de nombreuses fois depuis 1945. Des cérémonies annuelles sont organisées en son honneur dans le XIᵉ arrondissement de Paris et au Mont-Valérien. Un square du XIᵉ arrondissement porte son nom (Square Marcel-Rajman), inauguré en 1994, avec un buste en son hommage. Il a reçu à titre posthume la médaille de la Résistance et la croix de guerre avec étoile de vermeil. La mémoire de Rajman reste liée à celle de ses camarades du groupe Manouchian qui incarnent la diversité des résistances françaises et l’engagement des étrangers contre l’occupation nazie. Le 21 février 2024, 80 ans, jour pour jour, après leur exécution, Missak Manouchian, son épouse Mélinée, et les noms de leurs camarades FTP-MOI, dont Marcel Rajman, entrent au Panthéon.
Un symbole de courage /
Marcel Rajman n’est pas seulement un nom dans l’histoire de la Résistance. Il est le symbole de toute une génération de jeunes immigrés juifs et communistes qui, confrontés à la violence du nazisme et à la politique antisémite du régime de Vichy, choisirent l’action directe malgré leur jeunesse et les risques extrêmes. Sa vie courte mais intense, de l’agitation politique dans les cafés et rues de Belleville aux combats clandestins et à l’exécution au Mont-Valérien, raconte une histoire de courage, d’engagement et de sacrifice, au cœur de l’une des périodes les plus sombres mais les plus héroïques du XXᵉ siècle.
Conclusion /
La vie et le sacrifice de Marcel Rajman rappellent que le combat contre le fascisme ne se limite pas au passé. Jeune immigrant juif, il a choisi la Résistance face à la barbarie nazie, affirmant dans ses dernières lettres son amour de la vie et sa détermination. Aujourd’hui encore, des forces extrémistes se manifestent ouvertement, comme la marche du 21 février 2026 à Lyon, rassemblant extrêmes droites, néonazis, antisémites et racistes. Ces événements montrent que le fascisme n’est pas seulement historique. Il persiste sous de nouvelles formes et dans l’espace public. Marcel Rajman nous enseigne que l’antifascisme est un devoir vivant, collectif et urgent. Face aux idéologies de haine, oui, il faut que la jeunesse relève la garde, oui, il faut de nouveaux Marcel Rajman, prêts à défendre la liberté, l’égalité et la dignité humaine. La mémoire de la Résistance n’est pas une nostalgie. C’est une alerte et un appel à l’action..
Richard Garro, 21 février 2026.
alyde
🇫🇷 🇫🇷 Février 1944, l'Affiche Rouge 🇫🇷 🇫🇷
Comment l’Affiche Rouge a transformé Manouchian en héros ?
Le 21 février 1944, Missak Manouchian était fusillé au Mont-Valérien.
Malgré la propagande de l’« Affiche rouge » et un procès à sens unique, les nazis n’ont jamais réussi à le faire passer pour un simple malfaiteur, bien au contraire. Son entrée au Panthéon, ce mercredi 21 février, sonne comme un ultime hommage.
Cet article est tiré du prochain numéro d’Esprit défense publié fin février 2024.
« Ils ne sont pas parvenus à leur faire de sales gueules1. » Devant l’une des affiches placardées dans toute la France, une femme interpelle son compagnon.
Cette affiche, c’est « l’Affiche rouge », dont les 15 000 exemplaires ont été collés par les Allemands sur tous les murs du pays, à la mi-février 1944.
Elle met en scène les portraits de dix hommes. Encore méconnus de la plus grande partie de la population, ils sont qualifiés tour à tour d’« Espagnol rouge », de « communiste italien » ou encore de « juif polonais ».
L’un d’eux tient une place centrale. Il est arménien et répond au nom de Missak Manouchian, un « chef de bande » supposément responsable de 56 attentats, 150 morts et près de 600 blessés.
« Voici la preuve. Si des Français pillent, volent, sabotent et tuent… Ce sont toujours des étrangers qui les commandent. Ce sont toujours des chômeurs et des criminels professionnels qui exécutent. Ce sont toujours des juifs qui les inspirent. C’est l’armée du crime contre la France », ajoutent des tracts distribués en parallèle sur la voie publique, à propos des hommes figurant sur l’Affiche....
Pour lire le dossier complet, le lien qui va bien :
http://www.defense.gouv.fr/.../comment-laffiche-rouge...
alyde
CE FORUM CONCERNE :
21 FÉVRIER 1944 → 21 FÉVRIER 2026
« Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants.
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie Adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient LA FRANCE en s'abattant »
LOUIS ARAGON (1955) – LÉO FERRÉ (1959)

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Louis ARAGONLouis ARAGONPERSÉCUTÉ PERSÉCUTEURPERSÉCUTÉ PERSÉCUTEUR
PRÉLUDE AU TEMPS DES CERISES
I
Le long des Rivieras hortensiées
rôde le spectre aux mains très blanches
aux ongles soigneusement manucurés
Décor décor toi qui enchantes
Rien ni fumée azur ni boue
ne trouble le conte de fées
Tout sur mesure jusqu’au ciel et l’essence
rare des arbres fait rêver les villas arabes
l’univers a l’air d’un briquet
Dunhill
Incrustations
Voici le paradis sur terre
Nulle ombre aux pieds du mannequin qui tourne
Le soleil est bien élevé
Mesdames Messieurs l’idéal
Entrée interdite aux ouvriers
Sage précaution qui s’élève des siècles passés
avec la douce gravité protectrice et réfléchie
de ceux qui tiennent du firmament
la roulette
L’idéal Messieurs et Mesdames
L’idéal Monaco de toute philosophie
Abstraites régions de lumière ultraviolette
Le goût se pavane avec son triple menton de porc
sur le gravier égal des promenades
Un peigne d’or à ces cheveux du sud enlève
jusqu’au souvenir lointain des violences
L’idéal Armide
L’idéal Armoire
L’idéal Armure L’idéal
Murmure L’idéal tout armé
sort de la tête du dieu sans mémoire
Mesdames et Messieurs La valse
a trois temps
l’argent l’oubli l’art
le triple menton
l’art l’argent l’oubli
l’oubli l’art et l’art
Mesdames Messieurs
l’art le sport les cieux
Musique
Ceux qui voudraient détruire
qui rêveraient dans leurs insanes et sacrilèges rêveries
détruire détruire ceci disperser
l’ordonnance de ces lumineux rivages
ceux qui voudraient chasser de ces bords sans blasphème
les grosses dames et les pensifs adolescents
mais qu’on les supprime
ces pouilleux ces matérialistes
insensibles à ce qui est éther éternel et beauté
II
Il n’y a pas d’idéal abstrait
L’hortensia Madame est un chou teint
Vous êtes laides
Vous êtes tous très laids Les péristyles
de vos ridicules palais ne valent pas
qu’on meure de faim pour en contempler les colonnes
Vos tableaux vivants soulèvent le cœur
par leur bêtise atroce et la bassesse incroyable de vos désirs
Ta gueule ô Lakmé
Vous êtes la honte des miroirs
et le taffetas de vos dominos volés cache mal
la pourriture de vos corps qui croyez-moi ne ressusciteront
pas d’entre les morts
Futur engrais d’une moisson qu’aucun de vous n’imagine
Oh je sens déjà le charnier des rues où se décompose
votre défroque bien soignée un soir d’octobre
il me plaît que ce soit encore un octobre
marqué du sceau de la mort violente
qui ne respecte rien pas plus que le loup la louve
ni les louveteaux
Les petits enfants des riches
font très joli dans le tableau
Il faut bien qu’au pied des vainqueurs
on jette des roses coupées
Parfois je me complais à la convention poétique
Il y a dans le soleil du devenir
plus de beauté pour les jours de poudre et de tempête
quand le Prolétariat armé
et organisé
balaye d’un grand geste sanglant vos folies dramatiques
Bourgeois
que dans le décor de théâtre où s’inscrit la pensée
de vos bergsons dans la perspective des casinos
Il y a plus de beauté dans le spectacles de vos demeures
détruites
que dans le spectacle de vos gymkhanas en août
Il y a plus de beauté dans le spectacle de vos demeures
détruites
que dans celui de vos demeures debout
Vos batailles de fleurs préludent à une revanche du printemps
qui n’est pas celle que vous croyez
Présidentes d’Œuvres sociales Ordures parfumées
Ce printemps
il me plaît je le répète que ce soit
un octobre et la rafale rouge
des feuilles fera qu’à peine on remarque le sang
Il y a plus de beauté dans votre agonie au carrefour
que dans votre vie au vent des plages Il y a plus
de beauté dans la hotte qui se pose en passant
sur le délié de vos narines
que dans vos narines habituées au bonheur Il y a plus
de beauté dans la matière que dans
l’idéal défendu par des tanks qui gardent
l’hortensia Monte-Carlo où Lakmé
Ô clochettes
dépense sans compter les fleurs céruléennes de l’idéal
III
Il s’agit de préparer le procès du monstre
D’un monde monstrueux
Aiguisez demain sur la pierre
Préparez les conseils d’ouvriers et soldats
Constituez le tribunal révolutionnaire
J’appelle la Terreur du fond de mes poumons
Pas un cri pas un mot de ces animaux supérieurs
qui ne fument que le Nil
et ne boivent que l’or
ne doit être oublié de ceux qui guettent la défaillance
du pachyderme roi du monde
Notez bien tout
La lettre de Monseigneur Verdier pour les funérailles
Des soudards Le Brix et Mesmin par exemple
a son importance
Une grimace de pitre un essai de Paul Valéry
une fête de charité de l’Intransigeant
un geste de passante
n’oubliez rien camarade n’oubliez rien
Si quand les feuilles d’Octobre seront tombées
sur l’Occident vous alliez oublier vraiment
l’histoire
et l’épouvantable mascarade d’aujourd’hui
Si vous alliez
oublier camarades
Alors que la vermine dans ses oripeaux se relève
Vous verrez que jusqu’aux enfants épargnés
jusqu’aux innocentes putains
l’idéal aura pris la forme d’un poignard
N’oubliez rien n’oubliez rien
Dès maintenant ce qu’il vous faut à vous
l’ombre
à vous les témoins du repas
les serviteurs d’ombre du repas
c’est un livre où marquer vos comptes
Je chante le Guépéou qui se forme
en France à l’heure qu’il est
Je chante le Guépéou nécessaire de France
Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
Je demande un Guépéou pour préparer la fin d’un monde
Demandez un Guépéou pour préparer la fin d’un monde
pour défendre ceux qui sont trahis
pour défendre ceux qui sont toujours trahis
Demandez un Guépéou vous qu’on plie et vous qu’on tue
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou
Vive le Guépéou figure dialectique de l’héroïsme
qu’on veut opposer à cette image imbécile des aviateurs
tenus par les imbéciles pour des héros quand ils se foutent
la gueule par terre
Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
Vive le Guépéou contre dieu chiappe et la Marseillaise
Vive le Guépéou contre le pape et les poux
Vive le Guépéou contre la résignation des banques
Vive le Guépéou contre les manœuvres de l’Est
Vive le Guépéou contre la famille
Vive le Guépéou contre les lois scélérates
Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
Caballero Boncour Mac Donald Zœrgibel
Vive le Guépéou contre tous les ennemis du Prolétariat
VIVE LE GUÉPÉOU
Aurore
alyde a écrit :
..... un 21 février les héroïques membres du groupe Manouchian furent fusillés au Mont-Valérien. 
23 membres, considérés par l'extrême droite collaborationiste de l'époque comme des "racailles apatrides et communistes", 23 êtres humains admirables qui montrèrent à la France, par leur courage, ce qu'était justement le courage alors que tant de nos compatriotes, face à la barbarie, l'avaient oublié !
Ces 23 là le payèrent de leur vie. Gloire à elle et eux à jamais !
Et honte à celles et ceux qui tolèrent ou encouragent cette terrible tentation d'un retour en arrière.
👏👍👍👍
alyde
Ce forum est dédié au 21 février 1944 !
https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/guerres-traces-m%C3%A9moires/shoah-mises-au-point/21-f%C3%A9vrier-1944-photographier-une-ex%C3%A9cution-au-mont-val%C3%A9rien
abuela33
alyde a écrit :
..... un 21 février les héroïques membres du groupe Manouchian furent fusillés au Mont-Valérien. 
23 membres, considérés par l'extrême droite collaborationiste de l'époque comme des "racailles apatrides et communistes", 23 êtres humains admirables qui montrèrent à la France, par leur courage, ce qu'était justement le courage alors que tant de nos compatriotes, face à la barbarie, l'avaient oublié !
Ces 23 là le payèrent de leur vie. Gloire à elle et eux à jamais !
Et honte à celles et ceux qui tolèrent ou encouragent cette terrible tentation d'un retour en arrière.
👋