La migraine : une maladie encore mal soignée
- Concrètement, une migraine c’est quoi ?
« C’est plus qu’un gros mal de tête. C’est une douleur qui, généralement, commence sur un seul côté, battante, extrêmement violente, comme le cœur qui tape dans la tête. On est gêné par le bruit, la lumière, les odeurs... Et cela peut s’accompagner de nausée, de vomissement. En fait, le mal de tête classique, c’est, si vous voulez, une période de tension musculaire, une espèce de douleur au casque. La maladie migraineuse, c’est vraiment une douleur extrêmement violente qui tape dans la tête. »
- Pourquoi avoir créé un centre de prise en charge uniquement dédié à la migraine ?
« Je souhaitais traiter la douleur liée à la migraine comme une vraie maladie. Au Centre d’urgences céphalées de Lariboisière, 10 000 patients viennent consulter chaque année, dont 4 700 migraineux. Certains sont déjà suivis, d’autres non, comme sur l’ensemble du territoire, où 47 % des migraineux ont recours exclusivement à l’automédication. Sur les 53 % restants qui ont vu leur médecin, un tiers n’y est jamais retourné. Il ne reste donc au final qu’une minorité de migraineux traités pour ce problème.
Contrairement aux autres services d’urgences, vous ne repartez pas en pleine crise migraineuse avec deux comprimés d’aspirine. Un scanner est obtenu dans le 1/4 d’heure, le doppler dans la matinée, l’IRM dans la journée. Si certains patients s’en vont sans diagnostic, car il y a tout de même 12 % de céphalées inclassables malgré les examens, en revanche tous repartent soulagés. »
- Pour quelles raisons la migraine est-elle encore mal prise en charge ?
« Je pense que les praticiens devraient être davantage sensibilisés aux effets de cette pathologie. Nous devrions d’ailleurs parler de maladie migraineuse car le mot maladie apporte une reconnaissance de la pathologie. Ensuite, les patients doivent parler de la migraine et d’un traitement éventuel à leur médecin et ne pas hésiter à insister. »
- Donc, certaines personnes hésitent à consulter ?
« Il y a comme une espèce de fatalité à avoir des migraines. Pour certains patients c’est presque normal puisque toute la famille en a. Mais il n’y a aucune raison de continuer à subir les conséquences d’une migraine alors que nous avons la chance aujourd’hui de disposer de médicaments efficaces que sont les triptans. Ensuite, près de 60 % des personnes souffrant de migraines se soignent par automédication. Ce n’est pas pour rien que 1,5 à 2 millions de personnes souffrent de céphalée chronique quotidienne par abus médicamenteux ! »
- Guérit-on de la migraine ?
« Si l’on ne guérit pas de la maladie migraineuse, car c’est une maladie génétique, il y a toutefois deux types de traitements possibles. On traite les crises, ce qui permet qu’au lieu que la crise dure 10 heures, 12 heures, 15 heures... elle s’arrête en 1 ou 2 heures. Et on traite l’intensité, la durée ainsi que le nombre de crises par un traitement de fond, que l’on prend tous les jours. »
Et vous, souffrez-vous de migraines ? Avez-vous déjà vraiment consulté pour ce mal ? Avez-vous trouvé le traitement miracle ? N'hésitez pas à témoigner dans l'encadré "Commentaires sur l'article" ci-dessous.
A lire aussi
Cure thermale : et si on s'offrait une vraie parenthèse après 50 ans ?
Passé le cap de la cinquantaine, on commence souvent à ressentir les premiers effets du temps sur notre organisme. Ce n'est pas une fatalit&ea...
17 mars 2026 Lire l'article
Voyance par IA : gadget amusant ou véritable aide à la décision ? Notre test complet
L'intelligence artificielle s'invite désormais dans la sphère spirituelle, promettant des tirages de tarot et des horoscopes personnalis&e...
3 mars 2026 Lire l'article
Recourir à la chirurgie esthétique après 60 ans : Notre avis
Passé 60 ans, beaucoup de choses changent… mais l’envie de se sentir bien dans sa peau, elle, ne disparaît pas. Au contraire. À...
27 février 2026 Lire l'article
Rencontre senior : Comment apprivoiser son corps et s'aimer à deux après 50 ans ?
Retrouver l'amour après 50, 60 ans ou plus est une source de joie immense, mais l'étape de l'intimité réveille souvent une angoisse profonde : celle de dévoiler...
22 février 2026 Lire l'article