SantéCovid-19 : les nouveaux défis du service à la personne
En 2019, le marché français des services à la personne a vu son chiffre d'affaires augmenter significativement, avec des acteurs qui ne cessent de se multiplier pour ainsi répondre à des besoins de plus en plus grandissants. L'année suivante va également dans ce sens, mais seulement jusqu'à ce que les mesures de confinement entrent en vigueur au printemps 2020.
Selon l'enquête flash Covid-19 menée la même année par la Dares (Direction de l'Animation de la Recherche des Études et des Statistiques) en partenariat avec la DGE (Direction Générale des Entreprises), lors du tout premier confinement, seuls 11% des organismes de service à la personne (OSP) ont vu leur nombre d'interventions augmenter et déclarent avoir connu une stabilité. Les autres ont été contraints de cesser leurs interventions (33%), de réduire leur nombre d'interventions (48%) et ont connu au moins une diminution dans une des leurs activités et une augmentation dans une autre (8%).
Aujourd'hui, les différents OSP sont confrontés à de nouveaux défis pour assurer la continuité de leurs services, et bien sûr pour mieux rebondir après avoir été impactés par les deux confinements qui se sont succédé. Faisons un tour d'horizon de ces challenges qui vont redéfinir le marché des services à la personne en France malgré la crise sanitaire liée à la Covid-19 qui persiste encore jusqu'à aujourd'hui.
Informations générales le secteur des Services à la personne
Les services à la personne (SAP) comme ceux proposés par Actiomservice font référence aux 26 activités exercées directement à domicile et qui contribuent à faciliter autant le quotidien des Français que l'accompagnement des enfants et personnes fragiles, handicapées ou âgées. La Dares les scinde en 3 grands domaines bien distincts :
- Vie quotidienne : travaux de petit bricolage, livraison de repas ou de courses à domicile, assistance informatique à domicile, collecte et livraison à domicile de linge repassé…
- Assistance et accompagnement : accompagnement des personnes invalides de manière temporaire, assistance des seniors et personnes handicapées, accompagnement des personnes fragiles en dehors de leur domicile…
- Aide aux familles : soutien scolaire ou cours à domicile, assistance administrative à domicile, garde à domicile d'enfants de plus de 3 ans, accompagnement des enfants ayant plus de 3 ans dans leurs déplacements…
Parmi les différents OSP proposant ces services, figurent notamment les organismes publics, les entreprises, les auto-entrepreneurs, les associations, etc.
Soulignons par ailleurs que le secteur des SAP affiche une croissance annuelle d'environ 7% et qu'il est de surcroît considéré par le Salon Services à la Personne comme l'un des plus grands gisements d'emplois connus.
Un point particulier qui explique l'engouement croissant pour les SAP depuis maintenant une quinzaine d'années est que depuis l'entrée en vigueur de la loi Borloo le 26 juillet 2005, le secteur profite d'un cadre fiscal et règlementaire particulièrement favorable. On peut ajouter à cela le contexte démographique qui se révèle de plus en plus porteur avec une proportion de personnes âgées qui ne cesse de croître dans la population, mais également un réel déséquilibre entre le nombre de naissances et les places en crèche.

Création d'emplois et amélioration du pouvoir d'achat des ménages
Comme nous vous l'avons précisé plus tôt, le secteur des SAP a été particulièrement fragilisé par la crise liée à la Covid-19, à tel point que bien des prestations de services ont fait l'objet d'une suspension ou d'une annulation. Ainsi, dans le cadre du redémarrage post-déconfinement, les OSP sont face à de nouveaux de défis. Parmi ceux-ci, figurent en tout premier lieu la réduction de la crise de l'emploi et l'accroissement du pouvoir d'achat des ménages.
Face à cela, la fédération du service aux particuliers (FESP) a déjà apporté sa pierre à l'édifice de la relance du secteur en encourageant l'administration à accélérer la mise en œuvre de la contemporanéité du crédit d'impôt. Selon cette fédération, c'est un dispositif aussi efficient qu'abouti qui pourrait donner naissance à plus de 200 000 emplois et réduire drastiquement le recours des Français au travail dit dissimulé pour les SAP.
En devenant instantané, le crédit d'impôt permettra aux contribuables bénéficiaires des SAP de s'affranchir des avances de trésorerie au profit d'un avantage fiscal immédiat de leurs dépenses. Cela dit, ils pourront accéder facilement aux prestations de leur choix pour un prix immédiatement réduit à 50%. Par exemple, pour une facture de 100 € d'une société de ménage, un contribuable n'aura plus qu'à débourser 50 € puisque l'avantage fiscal s'applique automatiquement.
Cependant, sa mise en œuvre s'avère tellement complexe que son déploiement officiel ne pourra pas s'opérer avant le début de l'année prochaine. En attendant qu'il soit parfaitement au point, la FESP a mis en place une mesure transitoire : la mensualisation du crédit d'impôt – SAP. Concernant l'ensemble des acteurs et métiers du SAP, ce dernier a pour objectif de redonner rapidement du pouvoir d'achat aux foyers français et de permettre la préservation à court terme des emplois dans le secteur qui est en l'occurrence fragilisé.
Remédier rapidement à la problématique de recrutement dont souffre actuellement le secteur
Actuellement, le secteur des SAP peine à embaucher des auxiliaires, aussi bien dans des services de maintien à domicile que dans ceux visant à faciliter la qualité de vie des Français, alors que la demande croît de manière exponentielle. Or, pour garantir la continuité des SAP, ce secteur n'a pas d'autres choix que de se doter de ressources humaines aussi qualifiées que disponibles. C'est donc l'autre challenge qu'il faut relever pour que l'on puisse placer sur de bons rails le plan de relance.
Pour ainsi aider le secteur des SAP à le relever, la FESP a mis en place une politique de formation/emploi qui est fondée sur 4 grands piliers :
- Insertion dans l'emploi
- Soutien de l'emploi des jeunes par le biais de l'apprentissage
- Développement et enrichissement des compétences des acteurs du secteur
- Valorisation des emplois
Plan de relance post-crise : miser sur la « Silver Economy »
Le nombre de personnes âgées en perte d'autonomie et qui sont par conséquent dépendantes des prestations dédiées au maintien à domicile ne cessant de croître; le secteur des SAP doit surtout accorder une importance particulière à la Silver Economy ou économie des seniors, une filière ayant pour objectif premier d'améliorer la qualité de vie des personnes de plus de 60 ans tout en garantissant le plus longtemps possible leur autonomie et en allongeant leur espérance de vie.
Et puisque les mesures de confinements ont permis à beaucoup de seniors de se familiariser avec les réseaux sociaux, distanciation sociale oblige, l'enjeu prioritaire de la Silver Economy est donc d'en profiter pour toucher ces personnes avec le digital. Autrement dit, la filière doit s'assurer que la technologie puisse être au service du mieux vieillir et lui permettre de conserver le lien avec les seniors. Il peut aussi s'avérer opportun de former ces derniers à la télémédecine et à apprivoiser les objets connectés pour ainsi faciliter et améliorer davantage leur suivi.
En bref, la crise sanitaire qui persiste encore jusqu'à aujourd'hui a fait de la création d'innovations pour et avec les seniors une nécessité pour la Silver Economy, et donc du secteur des SAP.
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